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Full text of "The McGill Daily Francais Vol. 84 No. 059: February 14, 1995"

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VOL. 84, NO 59 



14 FÉVRIER 1995 



■Les libéraux sont des mauvais coups depuis 1977 ( 



MCGILL DAILY 

:ais 



La science, un vomitif ? 

Une virante 
recherche au 
virage de la 
technologie 



Véronica Lê-Huu 

L es astronautes sont pris du mal de l’espace 1 
De la terre à la lune, le voyage est long. Les 
gravols de l’espace, est-ce pour bientôt ? En fai- 
sant des recherches sur les causes de ce mal, le Doc- 
teur Douglas Watt contribuera sans doute à la décou- 
verte d’une solution à cet inconvénient nauséo-spatial 
La plupart des installations dans son laboratoire 
requièrent la participation de sujets vivants qui, bon 
gré mal gré, seront pris de malaises ou de vomisse- 
ments dans les heures qui suivront. Le Docteur Watt 
est un éminent chercheur de la Faculté de physio- 
logie de l’Université McGill. Il travaille en tant aue 
neurophysiologiste au sein de 

E n ce jour de la St-Valentin, que vous 
soyez en amour ou seul dans votre 
p’tit coin, sachez que i'équipe du McGill 
Daily français vous AIME ! 

Donc soyez de bons p’tits cœurs et ve- 
nez corriger, écrire, dessiner, photogra- 
phier, mettre en page, rigoler, etc. 
Réunion, ce soir à 17h30, au local B-03, 
dans la cave du sombre pavillon 
William Shatner. 

Cette semaine : choix du numéro spé- 
cial. Venez nous inspirer. Une bière gra- 
tuite à quiconque réussira à battre le su- 
jet de Thomas ! 



Les libéraux 

L es libéraux fédéraux ont 
facilement remporté les élections 
partielles tenues dans les comtés de 
Saint-Henri/Westmount et Brome- 
Missisquoi au Québec et dans le 
comté de Ottawa-Vanier en Ontario. 
Aucune surprise n’était attendue dans 



Les élections partielles du 13 février 

font d’une pierre 

Saint-Henri/Westmount et dans Ot- 
tawa-Vanier, deux bastions libéraux. 
Lucienne Robillard et Mauril Bélanger 
ont été facilement élus avec des 
majorités écrasantes de plus de 60 
p. cent. 

La seule véritable course, dans le 



trois coups! 

comté de Brome-Missisquoi, a aussi 
été remportée par les forces libérales. 
Le Bloc québécois, l’ancien titulaire du 
siège, a été la victime de la polarisa- 
tion des votes et de la faiblesse du 
vote pour le Parti conservateur. 



Vous laisseriez-vous enfu- 
mer par des allUmeuses ? 

Ou bien redoutez-vous 
d’être victime d’une guerre 
chimique ? Pour ou contre 
la cigarette ? Voir 
les éditoriaux 
pages 6 | 










U université à 
F aube d’une 
révolution ? 

Le coloré ministre de l'Éducation 
bouleverse le milieu universitaire 



Jean-Philippe Dionne 

L e ministre Jean Garon a tenu, h l’Assemblée 
nationale, des propos qui ont eu l’effet d’une 
véritable bombe dans le milieu de l’éducation 
supérieure. Il s’est attaqué de façon virulente à la 
centralisation excessive des établissements univer- 
sitaires ainsi qu’à la qualité de l’enseignement qu’on 
y offre. 

« Les professeurs sont de plus en plus dans la re- 
cherche et de moins en moins dans l’enseigne- 
ment. », déplore-t-il. « Le contact avec les profes- 
seurs est très important. » Le ministre se plaint du 
fait que le corps professoral délaisse sa charge d’en- 
seignement à des chargé-es de cours, qui n’ont pas 
de bureau à l’université, et qui ne sont donc pas dis- 
ponibles pour les étudiants et étudiantes. « C’est sûr 
qu’à la FEUQ [Fédération étudiante universitaire du 
Québec] on tend plus vers une mission d’enseigne- 
ment, tout en restant conscient que la recherche est 
une facette importante de l’université. Le rôle de 
l’université est bien sûr de faire des EnnHIEZ3^ 



Le conflit au Sahara Occidental 



Toujours en attente du référendum promis par FONU 



D epuis près de 20 ans, le 
gouvernement marocain 
se livre à une guerre sans 
fin contre les populations rebelles 
du Sahara Occidental. Ce conflit, 
qui a débuté avec l’abandon du ter- 
ritoire par l’Espagne en 1975, a op- 
posé le Maroc et la Mauritanie au 
mouvement rebelle du Polisario (le 
front populaire pour la libération 
du Saguia el Hamra et du Rio de 
Oro). 

Lors du retrait espagnol, la 
Mauritanie et le Maroc se sont en- 
tendus pour séparer le territoire en 
deux (un tiers à la Mauritanie et 
deux tiers au Maroc). Toutefois, la 
population locale s’est regroupée 
sous les ordres de Mohamed 
Addelaziz, le leader du mouvement 



du Polisario. La guérilla du Polisa- 
rio a alors affronté les armées des 
deux pays envahisseurs. 

En 1980, à bout de ressources, 
le gouvernement mauritanien a 
déridé de se retirer du conflit. Le 
Maroc a continué la lutte seul. On 
a estimé que de 1980 à 1985,legou- 
vernement marocain a dépensé 
plus d’un million de dollars par 
jour pour financer les opérations de 
ses 100 000 soldats installés en per- 
manence au Sahara Occidental, soit 
près de 45 p. cent de son budget. De 
son côté, le Polisario ne comptaient 
que 20 000 rebelles dans ses rangs. 

En 1984, le Polisario et la Répu- 
blique arabe saharaouie démocra- 
tique (soutenue par le Polisario) 
ont été officiellement reconnus par 



Tristan-E. Landry 

l’Organisation de l’unité africaine 
(OUA), et ce, malgré les protesta- 
tions de Hassan II, le roi du Maroc. 
L’Organisation des nations unies 
(ONU) a tenté de résoudre le con- 
flit en 1986 en votant une résolu- 
tion à l’Assemblée générale deman- 
dant au gouvernement marocain 
de retirer ses troupes de la zone du 
conflit. Toutefois, cette demande 
fut ignorée par Hassan II et son 
gouvernement. L’ONU voulait 
aussi soumettre la question d’indé- 
pendance du Sahara Occidental à 
la population locale par la voie d’un 
référendum, une proposition for- 
tement critiquée par le Maroc. 

De 1991 à 1994, l’ONU a tenté 
à de nombreuses reprises de tenir 
ce référendum, mais sans succès. Le 



Maroc a continué de ralentir ce 
processus afin de pouvoir établir de 
nouveaux colons dans la zone con- 
testée et ainsi faire pencher le vote 
du référendum en sa faveur. 

Le processus de l’ONU a aussi 
marginalisé la position du Polisario. 
L’ OUA, qui fut pourtant la première 
organisation internationale à re- 
connaître la légitimité des mouve- 
ments rebelles, serait à la veille de 
revenir sur sa décision. De plus, 
avec la chute de l’URSS, le Polisa- 
rio a perdu son meilleur allié et 
fournisseur d’équipement militaire. 
L’Algérie et la Libye ont aussi retiré 
leur support aux forces rebelles. 

De son côté, le gouvernement 
marocain a dû répondre à de gra- 
ves accusations de torture infligée 



à des prisonniers du Polisario et 
même de meurtre. Selon Amnistie 
Internationale, il y aurait plus de 
800 prisonniers de guerre qui 
auraient été tués par les autorités 
marocaines et plus de 1000 encore 
détenus, et ce, malgré le cessez-le- 
feu en vigueur depuis 1991. 

Les derniers rapports de l’ONU 
estiment que le référendum devrait 
avoir lieu en février 1995, une date 
qui sera fort probablement repous- 
sée en raison de la difficulté d’ef- 
fectuer un recensement dans une 
zone de population nomade. 

Sources: Le Monde diplomati- 
que, The Economist Intelligence 
Unit, The Third World Guide et le 
rapport d’ Amnistie Internationale 
1992. 




Science 



WM 

Une virante recherche au virage de la technologie 



14 FÉVRIER 1995 



l’unité aérospatiale. 

Ses recherches actuelles portent 
sur la réponse et aussi sur l’adapta- 
tion du corps soumis à l’absence de 
gravité. Les résultats sont obtenus 
par la stimulation du système qui 
régit l’équilibre du corps (le système 
vestibulaire dans l’oreille interne). 

Les faits, bien connus depuis les 
tout premiers lancements de fusées 
spatiales, démontrent que la plu- 
part des astronautes en orbite dans 
l’espace souffrent de nausées qui les 
empêchent de travailler efficace- 
ment durant plusieurs heures, voire 
même plusieurs jours. Afin d’étu- 
dier ces phénomènes, on rétablit les 
conditions en se servant de centri- 
fugeuses et du vol parabolique. 
Mais l’utilisation de ceux-ci est oné- 
reuse et on ne peut soutenir ces con- 
ditions que pour un laps de temps 
très limité. 

Par contre, la technique mise sur 
pied par le Docteur Watt et son 



Suite de la page 1 

équipe s’avère être une alternative v 
efficace, intéressante et peu coû- 1 
teuse. t 

Avec l’approche du Docteur l 
Watt, on essaie, dans un premier c 
temps, de provoquer le phénomène t 
de « mal des transports » et, dans p 
un deuxième temps, de compren- 
dre ce qui permet l’adaptation du t 
corps soumis à de telles conditions. [ 
Dans le laboratoire, les sujets uti- p 
lisés sont tenus d’effectuer des mou- c 

vements rythmiques de la tête pen- f 
dant plusieurs minutes. Ceci sem- p 
ble provoquer un dérèglement du l 
système vestibulaire et peut causer h 
de profonds malaises à l’individu . p 
Quelquefois, on change le rôle a 
du système vestibulaire de façon si t 
déterminante que sa fonction nor- e 
male ne revient pas immédiate- t 
ment. En ce sens, les dernières ex- 
périences ( effectuées en piscine) se r 

sont avérées plutôt révélatrices. El- r 
les démontrent qu’en position in- c 



versée (les pieds vers la surface de 
l’eau), un mouvement rotatif de la 
tête de bas en haut évoque chez tous 
les sujets examinés une sensation 
de nausée accompagnée d’une apa- 
thie ou d’une profonde déprime 
psychologique. 

Le Docteur Watt a lui-même 
tenté l’expérience. « Hors de l’eau 
[après l’expérience], je perds com- 
plètement le désir de faire quoi que 
ce soit et je suis extrêmement con- 
fus, raconte-t-il. Ceci peut durer 
plusieurs heures et les malaises sont 
le plus prononcés environ deux 
heures après que je sois sorti de la 
piscine. » Ces symptômes sont 
aussi ceux connus par certaines dé- 
butantes en nage synchronisée, car 
elles passent la plupart de leur 
temps en position inversée. 

Après ces épeuves, les données 
recueillies sont analysées afin de 
mettre le doigt sur ce qui déclen- 
che de tels malaises. Il a souvent été 



ARTS UNDERGRADUATE SOCIETY 



ELECTIONS 



MARCH 7, 8. 9 




EXTENDED NOMINATIONS FOR ALL POSITIONS 
UNTIL FRIDAY, FEBRUARY 17 AT 3PM 



POSITIONS STILL AVAILABLE: 

PRESIDENT 

VICE PRESIDENT (ACADEMIC) 
VICE PRESIDENT (FINANCE) 

VICE PRESIDENT (INTERNAU 
VICE PRESIDENT (ADMINISTRATION) 
ARTS REPRESENTATIVES TO SSMD (3) 



NOMINATION FORMS CAN BE PICKED UP AT THE AUS OFFICE: 
1085 DR. PENFIELD, RM 304, 10:00 - 3:00 



I 



ALL CANDIDATES MEETING ON 
MONDAY, FEBRUARY 13, 3:30 - 5:00PM, SHATNER 435 



INQUIRIES CAN BE MADE AT THE AUS OFFICE 
OR BY CALLING GEORGE (CRO) AT 398-1993 



VOLUNTEERS HEEDED TO STAFF POLLS 



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suggéré que < 

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de I 

on constate Lg Docteur Douglas Watt 
que le sys- 
tème vestibulaire pourrait être ter à la situation. En ce qui con- 



'•* . . 

^ v > 



Le Docteur Douglas Watt 



grandement responsable du dé- 
clenchement du mal des trans- 
ports et aurait aussi un rôle à jouer 
dans les malaises des astronautes 
en apesanteur. 

La prochaine étape sera de 
comprendre de quelle façon on 
peut s’adapter à de telles condi- 



cerne la prochaine mission spatiale, 
le Docteur Watt est en charge d’une 
expérience qui consistera à enregis- 
trer les mouvements relatifs des 
yeux, de la tête et des épaules de 
chacun et chacune des astronautes 
œuvrant en apesanteur. La série 
d’expériences qui ont germé au sein 



tions. Ainsi, une connaissance ap- de ce laboratoire sont complexes et 
profondie du phénomène d’adap- requièrent beaucoup de prudence 



tation pourra peut-être servir à 
déterminer quel-les astronautes se 
trouveront indisposés une fois 



et de dextérité. Mais malgré toutes 
les difficultés rencontrées, il n’est 
pas exclu que naissent d’autres dé- 



soumis à l’absence de gravité. S’il couvertes et d’autres applications 
lefaut,onessaieradelespré-adap- dans avenir plutôt rapproché. 



MAITRISE m 

/ 




RÉGIME COOPÉRATIF 

avec stages rémunérés en milieu de travail 

Orienté vers l'intervention professionnelle en milieu de travail, 
le programme coopératif de maîtrise en économique offert par 
l'Université de Sherbrooke vise à former des économistes 
spécialisés en économie appliquée, capables de travailler au sein 
d'équipes multidisciplinaires dans les entreprises des secteurs 
public et privé. 

Trois sessions d'études et deux stages rémunérés en milieu 
de travail. 

Durée totale 
20 mois 

RÉGIME RÉGULIER 

dans le cheminement "recherche" 

Le programme de maîtrise de recherche permet à l'économiste de 
se spécialiser dans un domaine spécifique de l'économie grâce à 
l'analyse de travaux publiés dans son domaine, et à l'élaboration et 
à la réalisation d'un projet de recherche sous la supervision 
d'un directeur de recherche. 



Condition d'admission 

Grade de 1 er cycle en économique ou formation jugée équivalente 

Renseignements Le directeur de la maîtrise 

Téléphone Département d'économique 

(819) 821-7233 Faculté des lettres et sciences humaines 

Télécopieur Université de Sherbrooke 

(819) 821-723 8 Sherbrooke (Québec) J1K2R1 



m 



UNIVERSITÉ DE 

SHERBROOKE 













F 

14 FÉVRIER 1995 dossier « Garon » 

□ 



L’ université à l’aube d’une révolution ? 




Le McGill Dali/ fiançais encourage la repro- 
duction de ses articles originaux à condition 
d'en mentionner la source (sauf dans le cas 
d'articles et illustrations dont les droits 
avalent auparavant été réservés - incluant 
les articles de CUP et de la PEQ). Les opi- 
nions exprimées dans ces pages ne reflètent 
pas nécessairement celles de l'Université 
McGill. L'équipe du Daily n’endosse pas 
nécessairement les produits dont la publi- 
cité parait dans ce journal. 

Imprimé par David Martin Development Inc. 

Le Darkest membre fondateurdela Canadian 
University Press * CUP •. de la Presse étu- 
diante du Québec « PEQ », de Publl-Peq et de 
i| Campus Plus. 

| Imprimé sur du papier recyclé à 20 p. cent. 

ISSN 11924608 

■ 

l 

Le McGill Daily françala 

rédaction en chef 

Marlo-Loulse Garlépy 

rédaction nouvelles 

Jean-Philippe Dlonne et Atïm Leén 

rédaction culture 

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correction 

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Trlstan-E. Landry, Thomas Lavler 
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Véronlca Lê-Huu, Waya Qulvlger, 
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Le McGill Daily 

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coordination de la rédaction nouvelles 

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Télécopieur: 3988318 




suite de la une 

découvertes, mais avant tout de transmettre des 
connaissances », affirme François Rebello, le pré- 
sident de la FEUQ. 

Pour sa part, Monsieur Garon considère que la 
cause de ces problèmes réside dans la taille déme- 
surée de nos universités. « Il n’est pas nécessaire 
d’avoir des universités qui partent de la théologie, 
et qui vont de l’art dentaire à la géographie. Les 
universités devront se spécialiser davantage », 
lance-t-il. Une façon idéale de réaliser cette spé- 
cialisation serait selon lui de créer une multitude 
de campus spécialisés se livrant concurrence. « Je 
pense que le monopole universitaire n’est pas une 
bonne chose. Il est peut-être temps au Québec 
qu’on ait plus de concurrence. Par exemple, Bos- 
ton-Cambridge, une région qui a à peu près la 
même population que Montréal, a 71 universités », 
mentionne le ministre. 

Par contre, Monsieur Garon ne va pas jusqu’à 
admettre qu’il faudra démanteler le réseau univer- 



sitaire actuel, mais plutôt qu’il faudra le décentra- 
liser. « Une décentralisation au sein même des uni- 
versités permettra de donner plus de pouvoirs aux 
facultés », soutient-il. François Rebello de la FEUQ 
reconnaît la longueur d’avance de l’Université 
McGill à ce sujet. « Tandis qu’à l’Université de 
Montréal le pouvoir semble être concentré au ni- 
veau du rectorat, à McGill, c’est beaucoup plus au 
niveau des facultés. » 

Une trop grande concentration de pouvoirs au 
niveau du rectorat inquiète, puisqu’on reproche 
souvent à celui-ci d’être loin des préoccupations 
de la population étudiante. « Combien de doyens 
enseignent encore dans nos universités ? », se de- 
mande le ministre Garon. François Rebello ques- 
tionne quant à lui la provenance de la plupart des 
recteurs. « Dans les universités francophones, bien 
souvent un sous-ministre devient vice-recteur, puis 
recteur. Il chevauche des postes administratifs sans 
jamais connaître le travail d’enseignant-cher- 
cheur. » Encore là, McGill se surclasse car, selon lui, 



« à McGill les doyens enseignent, ce qui n’est pas 
le cas à l’Université de Montréal par exemple. Ça 
leur permet de rester en contact avec le milieu de 
l’enseignement » 

Tous ces facteurs, ajoutés à la course folle aux 
subventions de recherche, mènent souvent à un en- 
seignement ou à des programmes inadéquats. Le 
ministre Garon critique entre autres le maigre taux 
de réussite aux examens de comptabilité. « Est-ce 
qu’il va falloir payer pour cinq diplômes pour avoir 
un comptable ? », se demande-t-il. 

Le ministre n’a donc pas toujours tort II a par 
contre semblé manquer de tact et de diplomatie. 
De plus, il y a lieu de se demander si les proposi- 
tions du ministre ne font que détourner l’atten- 
tion du véritable débat concernant les universités : 
le financement Reste à savoir quelles mesures se- 
ront débattues lors des Etats généraux sur l’édu- 
cation qui devront avoir lieu prochainement. La 
décentralisation ne saurait renflouer les coffres vi- 
des. 



L’ opposition condamne Garon sans réserve 

Nicky Adle 



L e discours du ministre Jean 
Garon, concernant les uni- 
versités québécoises, pro- 
noncé le 3 février dernier à l’Assem- 
blée nationale, ne cesse de soulever 
la colère dans le monde de l’éduca- 
tion et dans le monde politique. 
D’après Henri- François Gautrin, 



député libéral de Verdun et critique 
officiel de l’opposition en matière 
d’Éducation supérieure et de 
Science, il existe plusieurs raisons 
qui motivent l’opposition au minis- 
tre Garon. « Tout d’abord, si vous 
voulez créer des universités, vous 
devez prendre l’argent des subven- 



tions aux autres universités », sou- 
tient Monsieur Gautrin. Or la ma- 
jorité des universités étant sous-fi- 
nancées actuellement, la consé- 
quence pourrait être désastreuse 
pour le système universitaire québé- 
cois. 

« De peine et de misère, on a 



réussi, au Québec, à avoir un réseau 
d’universités de calibre internatio- 
nal, des endroits où on fait de la re- 
cherche et des activités de rayonne- 
ment ». Selon lui, de telles activités 
s’avéreront impossibles dans le cas 
d’une décentralisation des universi- 
tés et des fonds qui leur sont alloués. 

En plus d’offrir de telles activi- 
tés, une grande université possède 
ce qui est « éminemment forma- 
teur » : l’interaction entre les étu- 
diant-es qui forment une « masse 
critique », ainsi qu’une vaste gamme 
de cours annexes offerts en option, 
peu importe la faculté. Ces avanta- 
ges risqueraient de disparaître dans 
l’éventuelle réforme que propose M. 
Garon. 

Moins alarmé que le ministre de 
l’Education, M. Gautrin constate 
que « le corps professoral, dans les 
universités du Québec, si on le com- 
pare avec il y a dix ou quinze ans, 
s’est amélioré. De plus, même s’il y 
a des abus, des cas où l’encadrement 
est déficient, il ne faut pas pour 
autant détruire le système ». 

« Je pense que cette histoire 
démontre très clairement que M. 
Garon ne connaît pas le monde uni- 
versitaire. Je ne pense pas qu’il es- 
saie d’améliorer la qualité de l’en- 
seignement par ses propositions. » 

Tout en espérant améliorer le 
« tauxdediplomation »,M. Gautrin 
affirme que ce n’est pas à l’État de 
prendre les responsabilités de l’uni- 
versité. « Il ne faut pas avoir une vi- 
sion centralisée de l’État. L’État de- 
vrait demander aux universités 
d’améliorer leur “taux de 
diplomation”, mais n’a pas à lui sug- 
gérer les moyens pour le faire. En re- 
vanche, celle-ci doit faire une ré- 
flexion pour dire au gouvernement 
comment elle va s’y prendre pour 
améliorer ce taux. L’État ne doit pas 
faire les suggestions lui-même, mais 
demander de voir les résultats ». 



Bernard Shapiro en conférence 

L’université a- 1- elle un avenir ? 



Guillaume Perreault 



B ernard Shapiro, le recteur de l’Université McGill, 
a exposé ses vues sur l’avenir des universités. Dans 
un discours prononcé jeudi dernier, Monsieur 
Shapiro s’est interrogé sur ce qui justifie la priorité des 
fonds alloués à l’éducation supérieure. Il a cherché à 
définir le rôle de ce qu’il déclare être la plus importante 
des institutions de la société. 

Son attention s’est portée sur l’« université de recher- 
che », par opposition aux collèges techniques, aux aca- 
démies et aux autres institutions d’enseignement. Selon 
Monsieur Shapiro, les gouvernements ont tendance à ne 
voir en l’université de recherche qu’une « machine à en- 
seigner ». On croirait entendre ici un écho aux récentes 
paroles du ministre Jean Garon, qui lançait un appel 
pour qu’on « fasse le ménage » dans les budgets des uni- 
versités pour mettre fin au « gaspillage des fonds pu- 
blics ». 

Pourtant, l’université étant une institution, elle re- 
flète la société dans laquelle elle prend place. Monsieur 
Shapiro a orienté ses propos vers l’idée d’une société en 
changement perpétuel et rapide, ce qui représente pour 
l’éducation supérieure un défi nouveau et croissant : tou- 
jours suivre ce qui est en changement. Une compétence 
est à peine enseignée qu’elle est déjà dépassée, soutient 
le recteur. Par société, il entend non seulement un groupe 
humain, mais aussi une entité économique. Conséquem- 
ment, l’université de recherche doit être un facteur « sou- 
tenant la croissance économique ». 

Cette particularité de l’université de recherche, de re- 
fléter la société où elle œuvre, devient particulièrement 
significative quand Monsieur Shapiro aborde la ques- 
tion du financement et des contraintes budgétaires. 
« Est-ce que l’université présente une valeur ajoutée qui 



justifie la priorité qu’on accorde aux fonds qui y sont al- 
loués ? ». Oui, répond-il, à condition que la distribution 
des ressources soit faite d’une manière qui reflète les prio- 
rités que la société se donne. 

D’une part, cela implique des « choix cruciaux », et 
ici tout le monde peut apprécier la portée de cette ques- 
tion : où couper ? D’autre part, Monsieur Shapiro évo- 
que le danger d’aborder séparément le financement de 
la recherche et celui de l’enseignement « Au sein d’une 
institution ou d’un département particulier, les diverses 
fonctions telles que l’enseignement et la recherche sont 
si intimement liées l’une à l’autre (...) que cela nuirait 
(...) à la productivité de les séparer », explique-t-il. 

Dans l’assistance, quelqu’un a demandé si on devrait 
distinguer la recherche en sciences pures et appliquées, 
qui permet d’espérer des retombées intéressantes, et celle 
en sciences humaines, autrement rentable. Monsieur 
Shapiro s’est défendu, en précisant « qu’il serait crimi- 
nel » de faire une telle distinction. Il ajoute pourtant que 
l’universitaire, face à des contraintes budgétaires, se trou- 
vera forcément devant une situation embarrassante. 

On est tenté d’en conclure que Monsieur Shapiro 
consent au diktat industriel quant aux choix des domai- 
nes où investir plus ou moins d’argent. Puisqu’on re- 
connaîtra une priorité à la recherche qui laisse présager 
des retombées intéressantes, nous pouvons nous inquié- 
ter de l’étendue que prendra cette priorité. 

Par conséquent, Monsieur Shapiro souligne que si un 
programme de formation très spécialisée peut produire 
une main-d’œuvre dernier cri mais ne fait pas avancer 
les connaissances actuelles dans le domaine en question, 
il n’a pas sa place dans une université de recherche telle 
que McGill. 




14 FÉVRIER 1995 



Culture ? 



Comment se faire pardonner 
d’une St- Valentin ratée ? 



Anne Caporal 



V ous devez décommander ce fameux dî- 
ner aux chandelles promis à l’être aimé 
ce soir ? Vous craignez ses représailles ? 
Sa vengeance sera terrible si vous ne lui offrez 
pas une soirée fantastique pour compenser ? 

Voici une idée qui entraînera son pardon à 
coups sûrs : unesoirée romantique à. . . l’opéra. 

Vous avez de la chance, dès samedi, La Bo- 
hème, célèbre œuvre de Giacomo Puccini, 
prend l’affiche à l’Opéra de Montréal. Rien de 
mieux qu’une belle histoire d’amour pour sé- 
duire l’être cher. Une St-Valentin en retard mais 
inoubliable en vaut bien deux ! 



Avec les presta- 
soprano Lync 
dans le rôle de 
du célèbre ténor 
Brubaker, dans 
celui de 






tions de la 
Fortin, 
I Mimi, et 
Robert 



l’effet sera garanti ! Votre bien-aimé-e va vibrer, 
l’émotion l’emportera sur sa rancœur et il ou 
elle ne pourra s’empêcher de vous enlacer et de 
vous murmurer des milliers de « merci » dans 
le creux de votre oreille. 

La Bohème, c’est une belle histoire d’amour, 
mais aussi celle d’une amitié poignante. C’est 
le conte de la rencontre exaltée de Mimi et de 
Rodolpho, jeunes étudiants à l’aube de la vie, 
que seule la mort tragique de Mimi séparera. 

Giacomo Puccini s’est inspiré d’un ouvrage 
de Henry Murger, Scènes de la vie de bohème , 
pour écrire cet opéra en quatre actes. 

C’est probablement une des plus belles par- 
titions du compositeur, car on y sent bien l’élé- 
ment autobiographique de sa vie. Cet opéra, 
composé entre 1892 et 1895, représente le 
summum de 



romantique, l’abnégation absolue pour l’être 
aimé. Au delà de l’histoire d’amour, on y célè- 
bre la vie de bohème : cette étape essentielle dans 
la vie de tout artiste de l’ère romantique. C’est 
l’occasion pour vous de vous laisser aller... 

Cette soirée inoubliable ne sera pas donnée 
(le prix du billet varie de 2 1 ,50 $ à 85,00 S), mais 
avouez que votre dulcinée ou votre prince char- 
mant mérite bien un petit effort.. . surtout pour 
la St-Valentin. 



Rodolpho 




La Bohème sera chanté en italien avec surtitres 
français et anglais à la salle Wilfrid-Pelletier les 
18, 20, 23, 25 février et les 1er et 4 mars à 20h00. 
Réservations à L’Opéra de Montréalau(514) 985- 
2258 et à la Place des Arts au (514) 872-21 12 ainsi 
qu'aux comptoirs Admission au (514) 90-1245 ou 

au 1-800-361- 
4595. 



•/ *■ .'.v * 





La St-Valentin de vos rêves en cinquante étapes ! 



1- Vous êtes toute seule cejour-là. 

2- Mononcle Gérard, qui habite à 
côté, sait que vous êtes toute 
seule. 

3- 11 vous téléphone dix fois par jour. 

4- Mononcle Gérard vous envoie un 
chocolat en coeur. 

5- Mononcle Gérard dévore votre 
chocolat en coeur. 

6- Se sentant coupable, il vous in- 
vite chez Weight Watchers. 

7- La poudre Ultra Slim Fast vous 
écœure. 

8- Ayant réussi à semer Mononcle 
Gérard, vous soupez toute seule 
chez vous parce que tous les res- 
taurants de la ville sont pris d’as- 
saut par les p’tits couples. 

9- Vous n’osez pas pénétrer dans le 
cinéma de peur que tous les p’tits 
couples ne vous dérangent avec 
le bruit de leurs baisers mouillés. 

10- Malheur ! Mononcle Gérard 
vous a aperçu à l’entrée du cino- 
che. 

11- Il vous court après. 

1 2- Vous vo us barricadez chez vous 
(toute seule heureusement 1). 

13- Votre chat vous a rapporté un 
cadeau de St-Valentin : un beau 
p’tit mulot étranglé pour votre 
souper intime. 

14- Désespérée, vous vous aimez 



dans votre solitude. 

15- Ça ne vous tente pas de vous 
aimer toute seule. 

16- Votre ancienne flamme vous té- 
léphone deux ans après vous 
avoir plaquée sans que vous ne 
sachiez pourquoi. 

17- Vous voulez le revoir parce que 
vous vous sentez en appétit... 

18- En sortant de votre appartement, 
vous devez, encore une fois, af- 
fronter Mononcle Gérard qui 
vous attend dans le corridor. 

19- Vous réussissez à vous échapper 
et vous vous jetez dans les bras de 
votre ex qui vous semble tout à 
coup beau comme un adonis 
mais vraiment trop niaiseux. 

20- Ça ne lui tente pas. 

21- Pour émoustiller votre prince 
charmant, vous devez porter cette 
foutue guêpière rouge en dentelle 
qui vous donne de l’urticaire. 

22- Ça ne lui tente toujours pas. 

23- « Pas ce soir, ma chérie, j’ai mal 
à la tête », dit-il. 

24- L’amant de votre prince char- 
mant débarque dans votre nid 
d’amour. 

25- Il pique une crise de jalousie et 
vous met à la porte. 

26- Vous portez toujours la guêpière 
qui pique. 



27- Mononcle Gérard vous voit avec 
votre guêpière. 

28- En voulant lui échapper encore 
une fois, vous perdez la maîtrise 
de vos talons aiguilles. 

29- Vous dégringolez l’escalier du 
bloc. 

30- Arrivée en bas, vous vous cassez 
les deux jambes. 

31- Mononcle Gérard en profite 
pour vous donner un gros bec 
mouillé. 

32- Vous détraquez votre Amigo en 
assommant Mononcle Gérard 



amphétamines. 

40- Le médecin de garde s’est sauvé 
en vous voyant. 

41- En attendant qu’on vienne vous 
chercher, vous finissez de lire 
l’histoire de Céline Dion. 

42- On vous donne une chambre : 
elle est pleine d’adeptes de Raël. 

43- Ils et elles veulent vous convertir 
à la méditation sensuelle. 

44- Vous tirez sur la corde d’urgence 



avec. 

33- Vous composez le 91 1 pour avoir 
une ambulance. Pas de réponse. 

34- Les ambulanciers sont encore et 
toujours en grève. 

35- Finalement, vous rampez jusqu’à 
l’urgence et on vous couche sur 
une civière dans le corridor. 

36- Vous attendez 9 heures avant 
d’être soignée. 

37- Pour passer le temps, vous es- 
sayez de pogner un vieux Sélection 
du Reader’s Digest, mais la petite 
table est trop loin et vous êtes 
condamnée à lire le 7 Jours -Spé- 
cial mariage de Céline Dion.. 

38- Le médecin de garde n’a pas 
dormi depuis deux jours. 

39- Le médecin de garde est sur les 



pour qu’on vienne à votre se- 
cours. Pas de réponse : l’infir- 
mière de garde est en break syn- 
dical. 

45- In extremis, un infirmier qui 
passait par là vous sauve. 

46- C’EST MONONCLE GÉRARD ! 

47- Il vous kidnappe et vous amène 
dans son 2 1/2. 

48- Les deux pattes dans le plâtre, 
vous ne pouvez plus vous échap- 
per. 

49- Mononcle Gérard s’occupe de 
vous et vous bourre de chocolats 
en coeur. Vous en tombez amou- 
reuse. Vous l’épousez. 

50- Quinze St-Valentin et des tonnes 
de chocolats plus tard, vous vous 
transformez en Matante 
Rolande... 



A quand remonte la dernière 
fois que vous avez parlé de 
sexe ? Trente secondes, dix 
minutes, trois heures, certainement 
pas plus. Notre société a placé le sexe 
au centre des considérations amou- 
reuses et négb'ge donc la valeur de ce 
cher érotisme. C’est ainsi qu’en ce 
jour de la Saint-Valentin, le Théâtre 
de l’Esquisse redonne à l’érotisme et 
à l’art de conter leur juste valeur. Il 
nous présente, ce soir seulement, des 
contes érotiques du Moyen Age et du 
Moyen-Orient. 

Fabliaux érotiques du Moyen Age 
et du Moyen-Orient, en tant qu’évé- 
nement théâtral, tente de revalori- 
ser la beauté de la relation entre une 
homme et une femme pour le pur 
et simple goût de séduire. Qui n’a 
point déjà ressenti ce désir d’éro- 
tisme ? Même Ghandi, qui avait fait 
vœu de chasteté, s’est réveillé trans- 
formé par son premier rêve érotique 
à l’âge de soixante ans ! 

Les conteuses, en compagnie de 
leur directeur artistique, Geraldo 
Sanchez, ont fait une recherche dans 
les vieux textes du Moyen Age et du 
Moyen-Orient traitant d’érotisme. 
Suivant la tradition orale de cette 
époque, les artistes rapportent les 



Poème 



à Richard. 



Mes doigts dansent sur to 



Papillons euphoriqi 
Voltigeant 

Au dessus de tes paupièr 
Effectuant 

Une Danse folle et irrét 



Parfois, l’index, plus auc 
Ose effleurer une lèvre sc 
Un léger frémissemei 
Pffft! Envol instantané du dt 



Sourires complices éch 
Dans leNoir. 








14 FÉVRIER 1995 



St- Valentin 



« L’homme propose, la femme dispose » 



e, raison de vivre oubliée 



Emmanuelle Latraverse 



Que faire d’original pour la Saint-Valentin 

Aimez vous 
les uns les autres 

Blanche-Neige, Boucle d'Or et le Grand Méchant Loup 



contes au public. (Malheureuse- 
ment, les textes présentés ne parlent 
que d’érotisme hétérosexuel.) 

Serait-ce de la porno archaïque, 
voire religieuse ? L’émission Bleu 
nuit adaptée de la télévi- 
sion à la scène ? Détrom- 
pez-vous, la pornogra- 
phie n’est pas de l’éro- 
tisme, et c’est justement 
ce que désirent exprimer 
et raconter les trois con- 
teuses du Théâtre de l’Es- 
quisse. 

« L’érotisme, c’est 
tout simplement la ri- 
chesse du langage pour 
attiser le désir. Parler du 
plaisir avec plaisir », ex- 
plique Sylvie Belleau, 
une des con teuses. De son 
côté, Gérardo Sanchez 
ajoute que « l’érotisme 
comporte tout un con- 
texte de respect et d’ac- 
cord avec l’autre. C’est 
l’extase, l’énergie qui 
précède la consommation de la 
chose. » On est bien loin de la per- 
formance pornographique. Tout est 
dans la façon de dire les choses. Ça 
se trouve à mille lieues de la vulga- 



rité et de ces explicites conversations 
de sexe que l’on entend si souvent à 
la table voisine d’un café. « L’éro- 
tisme, c’est notre raison d’être, pas 
seulement la reproduction. C’est 




c 

nés . 



ir ton visage. 

niques 

t 

pières closes 
t 

irrésistible 

audacieux, 
re soyeuse... 
'.ment et 
'u doigt détecté! 

point 
'< bien 

échangés 

ir. 



Waya Quiviger 



comme la bouffe » 

Au Moyen Age et au Moyen- 
Orient, dans ces mondes où les 
structures sociales étaient si rigou- 
reuses, les femmes devaient faire 
preuve d’imagination et avoir re- 
cours à des astuces biscornues afin 
de séduire. La fantaisie était reine et 
le conte érotique la célébrait. Men- 
tionnons que l’oppression exercée 
par l’Église sur les moeurs sexuelles 
date de l’aube de la renaissance, alors 



que ses prêtres étaient tous atteints 
de M.T.S., à cause leur débauche... 

Aujourd’hui, nous évoluons dans 
un monde d’apparences où, avec la 
révolution sexuelle, la femme a forgé 
sa sexualité sur 
celle de 

l’homme. 
Dans un tel 
environne- 
ment, la 

crainte du re- 
jet, du ridi- 
cule, a assas- 
siné le goût du 
défi associé à 
la séduction 
du sexe op- 
posé. Trop 
souvent, l’acte 
sexuel est con- 
sommé no- 
nobstant les 
sentiments 
éprouvés, dans 
le seul but de 
jouir des plai- 
sirs de la chair. Le respect, souvent 
relégué au placard des antiquités, fait 
place à la culpabilisation. 

L’érotisme célèbre donc l’art de 
courtiser, le recours à l’imaginaire, 
le respect mutuel qui permet l’aban- 
don : choses qui se font si rares de 
nos jours. Seules quelques chanceu- 
ses se trouvent en présence de rares 
phénomènes masculins catalogués 
comme romantiques. Notre société 
a remplacé l’art de la séduction par 



1. Aimez vous. 

2. Trompez vous. 

3. Braquez une banque. 

4. Donnez tout l’argent aux pe- 
tit-es frères-sœurs des pauvres. 

5. Gardez tout l’argent, et partez 
en Jamaïque. 

6. Faites l’amour sur internet. 

7. Peignez le Pavillion Shatner en 
rouge. 

8. Mettez des culottes rouges. 

9. Trouvez vous un vampire. 

10. Jouez au docteur. 

11. Fantasmez sur ( avec ) Nick. 

12. Lisez une bande dessinée. 

13. Louez un film ( Gorges pro- 
fondes 3 ). 

14. Abonnez vous au Club Z. 

15. Faites du body painting. 

16. Mangez des fraises. 

17. Lisez le spécial sex. 

1 8. Lisez le spécial Saint- Valentin. 

1 9. N’oubliez pas la Saint-Valen- 
tin. 

20. Libérez les prisonniers des 
prisons latino-américaines. 

22. Imaginez ce que Bill Clinton, 
ou une autre de vos personna- 
lités politiques préférées est en- 
train de faire en ce moment. 

23. Appelez Jojo. 

24. Trouvez-vous un nouveau si- 
gne astrologique. 

25. Dépensez tout votre crédit ; 
une demi heure plus tard , dé- 
clarez votre carte perdue. 

26. Jouez au billard sans vête- 



ments. 

27. Déclarez votre flamme. 

28. Devenez terroriste. 

29. Allez au Sir Winston’s sur la rue 
Crescent. 

30. Sacrez votre camp de chez Sir 
Wintston’s. 

31. Faites qu’il fasse chaud. 

32. Achetez vous un billet de 6/49 
( ceci n’est pas une publicité ) 

33. Allez à Venise 

34. Trouvez-vous une nouvelle re- 
ligion. 

Faites l’amour 35 cœurs de suite 

36. Prenez le métro, c’est intelli- 
gent. 

37. Allez à un karéoké, et chantez 
du Céline Dion en anglais. 

38. Allez à l’Opéra. 

39. Faites l’amour sous la douche. 

40. Faites le dans un guichet auto- 
matique. 

41. Épanouïssez-vous. 

42. Offrez-lui un bouquet de bal- 
lons. 

43. Venez corriger nos articles. 

44. Susurrez-lui des mots doux à 
l’oreille. 

45. Faites-lui une sérénade sous la 
fenêtre. 

46. Achetez-lui un poisson rouge. 

47. Embrassez une photo de Jac- 
ques Parizeau. 

48. Venez à- notre réunion - c’est 
aujourd’hui à 17h00. 

49. Dormez toute la journée. \ 

50. Pis faites l’amour ! 



N’ayez plus peur de vous mouiller ! 



Jean-Philippe Dionne 



V ous n’avez jamais osé lui 
avouer vos sentiments, de 
peur de mettre votre rela- 
tion d’amitié actuelle en péril ? 
Vous avez toujours éprouvé ce pro- 
fond désir de partager une nuit avec 
elle, mais vos bonnes manières vous 
ont toujours empêché de le lui 
dire ? Ou vous avez tout simple- 
ment peur d’un refus ? 

Voilà le remède idéal pour vous : 
une agence de rencontre informa- 
tisée ! L’ordinateur fait figure de 
confident. Vous lui dites qui vous 
intéresse ainsi que vos intentions 
envers cette personne, que ce soit 
une relation amoureuse, sexuelle 
ou simplement amicale. L’ordina- 
teur ne dévoile que les résultats ré- 
ciproques. Si elle ne veut rien savoir 
de vous, elle ne saura pas que vous 
lui offriez votre coeur. Si, par con- 
tre, il partage avec vous ce besoin 
d’amitié, l’ordinateur vous le fera 
savoir à tous les deux. 



Le mode d’emploi est simple : 
vous vous réunissez avec un groupe 
d’amis puis vous démarrez le logiciel. 

Tour à tour, vous entrez votre 
nom ainsi que votre code secret, qui 
vous permettra d’aller vérifier vos 
résultats. Une fois tous les noms en- 
registrés, l’ordinateur appelle cha- 
que personne à venir faire ses deux 
choix, le premier choix et le choix 
de consolation. La liste de tous les 
participants et participantes est af- 
fichée avec un numéro associé à 
chaque nom. Répondez simple- 
ment aux questions. Une fois cette 
étape terminée, l’ordinateur ana- 
lyse les réponses puis attend qu’une 
personne entre son code pour lui 
afficher ses résultats. 

L’écran ne doit évidemment être 
visible qu’à une seule personne à la 
fois, et toute information confiden- 
tielle s’efface au fur et à mesure. 

Ce programme vous intéresse ? 
Copiez-Ie, essayez-le, faites-en ce 



que vous voulez. Il a été écrit en lan- 
gage BASIC, inclus sur tout système 
DOS des ordinateurs compatibles 



PC. Il vous procurera des heures de 
plaisir et, qui sait, peut-être 
l’amour de votre vie ! 



20 as : wr mmt a rasotaî ht 
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120 PKNT *, VOTIF VM2NTW(E) EST * NOMJ(Oa(TOU, MATOKTOU*))) 

1)0 F AMOUOOU, MATCHCTOUQ) • 1 AND AMOUXOttpOU* MATQKTOUJX MATOKCHEfTOU, MATOKTOU)))) • 1 
THEN PINT *AM0ir 

140 F SEXEfTOU, MATOKTOU)) - 1 AND $E»(Oa(T0U, UATO<TUU)X HATOKOOfTOU, MATOKTOU))))) • 1 
THEN PINT *SEŒ* 

ISO F AMfTpU, MATOKTOU)) • 1 ANO AM(Ott(TÜUI, MATOKTOU )X HATOKOttfTOU, MATOKTOU)))) • 1 TKN 
MO NPUT ’APPina SU ENTET! Ut: OS 1 GOTO 270 




14 FÉVRIER 1995 



éditorial 



Les Allumeuses ! 



C ombien d’entre-nous de- 
meurent adeptes des plai- 
sirs liés au tabac ? Harcelés, 
chassés, incompris et trahis, les 
gens qui osent encore fumer en 
public se font rares. Plus personne 
ne se porte à leur défense : les droits 
des « êtres » non-fumeurs priment. 

Ici même, au sein d’un journal 
étudiant - autrefois paradis des 
cendres volages, les fumeuses de . 
l’équipe se voient restreintes à A 
braver le froid pour pouvoir M 
jouir de leur nicotine. Kj 

Et que dire des commen- Kl 
taires de ses « ami-es » ! K|j 
Quand ce n’est pas un violent 
« pas encore une autre ciga- K 
rette ? » à votre deuxième allu- K 
mette craquée de la soirée, ce ^ 
sont des mains qui balancent la 
faible expiration de fumée comme 
s’il s’agissait d’une émanation fé- 
cale. Bien sûr, lorsqu’on fume, on 
a appris à se moquer de ce genre 
d’attaques. 

Toutefois, la nostalgie nous 
prend. Où est passée l’époque de 
gloire de la cigarette ? Sûrement en 
enfer, monde de feux et de cendres ! 
Là -bas, le cercle des célébrités ayant 
fait leur marque une cigarette au 
bec — mortes du cancer du pou- 



mon bien sûr — s’allument des do- 
pes à volonté sans remords d’em- 
boucaner leur voisinage. 

Ici, chez les vivant-es, il reste 
bien quelques chanteurs à la voix 
éraillée, quelques femmes fatales 
tirant d’un étui doré les pourvoyeu- 




ses de nicotine. Mais en général, la 
mode est à l’abstinence. Et cela dé- 
passe le rayon de la cigarette. On ne 
boit plus, on ne baise plus, on ne 
se drogue plus, on ne se bat plus; 
bref, on devient des anges. Voir le 
disait il y a quelques semaines : la 
mode est aux anges ! 

Et bien nous, les fumeuses du 



McGill Daily français, on a en 
marre 1 Laissez nous fumer nos ci- 
garettes en paix. Est-ce que, à cha- 
que fois que vous ouvrez un Coke, 
on vous décline la liste des ingré- 
dients chimiques et no- ~T 

cifs qui s’y trouvent ? 11 

On fume par choix et dtudl 
par plaisir. Et oui ! FU- cendl 

MER C'EST AGRÉA- l'éq 

BLE ! On n’a pas assez brave , 

• vanté les mérites 

d’une bonne ciga- 

rette. C’est une caresse dans 
I la gorge. Une toute petite 
ivresse vous prend à coup sûr 
' lors de la première inhala- 
tion. Parfois, lorsque la fumée 
traîne sur son chemin, un 
arôme rappelant l’odeur de 
l’encens se glisse jusqu’à votre 
nerf olfactif. 

Une cigarette, c’est une pause, 
c’est une virgule à votre journée, 
c’est une excuse pour se reposer. 

Une cigarette, c’est une manie 
élégante, c’est un brin de préten- 
tion, c’est une célébration égocen- 
trique. 

Une cigarette, c’est la touche fi- 
nale qui suit la ripaille, c’est une al- 
légresse supplémentaire après 
l’amour, c’est la meilleure amie du 



i a en vin et de la bière, 
losd- Fumer, quel délicieux petit plai- 
à cha- sir naïf ! C’est se laisser guider par 
i Coke, l’impulsion du moment en consu- 
ingré- mant instantanément son désir. 

Ici même, au sein d'un journal 
étudiant — autrefois paradis des 
cendres volages, les fumeuses de 
l'équipe se voient restreintes à 
braver le froid pour pouvoir jouir de 
leur nicotine. 

e dans Oui nous les allumeuses sommes 
petite des petites jouisseuses hédonistes, 
up sûr Que nous importe le fait de 
nhala- carboniser nos poumons ? Nous 
fumée aurons éventuellement le temps 
in, un d’y penser. En attendant, nous fai- 
:ur de sons des volutes qui rejoignent 
i votre l’infini, le temps de marquer un 
laps momentané de la raison. La 
pause, mort est bien loin... peut-être 
urnée, auprès de Dieu, sacré fumeur de 
oser. Havanes. 

manie Que Gainsbourg, Ferré et Bo- 

iréten- gart dorment en paix. Il existe en- 
gocen- core des prêtresses pour sacrifier 
leur corps aux plaisir des délices 
iche fi- d’une cigarette ! 
une al- Les allumeuses du McGill Daily 

ap rès français pour tous ceux et celles qui 
mie du aiment fumer. 



L es libertés individuelles font 
partie de ces choses bien mal 
réparties. Un peu comme le 
gros bon sens. Certaines personnes 
semblent en avoir plus que d’autres. 
Ainsi, les fumeurs et les fumeuses 
semblent être plus libres que les 
autres. 

Ce qui est dommage dans le dé- 
bat actuel sur la cigarette, c’est 
qu’on a tendance à en oublier le 
point central : la liberté des fu- 
meurs et des fumeuses se termine 
là où commence celle des autres. Ça 
ne devrait pas être l’inverse. Les 
voisins fautifs sont ceux et celles qui 
font trop de bruit, pas les silen- 
cieux-euses. 

Il s’agirait donc tout simplement 
de faire reconnaître aux personnes 
qui fument qu’elles dérangent les 
autres. Ainsi, elles iraient fumer 
ailleurs ou ne fumeraient pas du 
tout. 

Et tout serait réglé. 

Peu nous importe que l’on fume 
ou que l’on ne fume pas, que l’on 
boive ou que l’on prenne des 
Tylenols pour dormir. Ce qui nous 
dérange, ce qui nous rend crack- 
pot, c’est qu’on nous enfume notre 
atmosphère personnelle, notre bulle 
d’air intime ! 



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14 FÉVRIER 1995 



éditorial 




Nous qui ne fumons pourtant pas : 



tine notre concubine 



Ce petit détail anodin semble 
échapper à la plupart des fidèles de 
la nicotine. C’est lamentable. C’est 
même très triste qu’on en soit ar- 
rivé à faire des lois qui, tout 
compte fait, restreignent encore un 
peu plus les droits les plus élémen- 
taires de tout un chacun. Bien en- 
tendu, le groupe qui se sent visé 
s’insurge, crie à l’assassinat et part 
en croisade pour revendiquer 
son droit le plus « fondamen- À 
tal». Æ 

Ce que ces gens intransi- fl 
géants oublient, ce sont tou- flf 
tes ces années où l’on a dû 11 
« fumer » avec eux, en si- flj^ 
lence. Aussi, toutes ces an- fl 
nées où, gentiment, on leur a fl 
demandé de ne pas fumer pen- ^ 
dant les réunions ou dans les 
lieux publics. 

Pour le clan non-fumeur, il ne 
s’agit pas de se faire l’apôtre du 
« bon », du « bien » ou du 
« sain »? De quel droit peut on 
dire à autrui ce qui est « bon » ou 
pas ? Tout individu a le droit de 
respirer ce qu’il veut. 

D’autre part, signe des temps, 
on entend des discours du genre : 
« interdisez les cigarettes, après 
tout ce sont nos taxes qui payent 
pour les malades !» ou « il se dé- 
pense 400 milliards S US par an- 



Des professeurs 
chercheurs 
chevronnés 



née en cigarettes alors qu’il n’en 
faudrait qu’une quinzaine pour 
nourrir tous les enfants qui ont 
faim dans le monde ! ». Mais il ne 
s’agit pas non plus de se justifier 
en termes strictement économi- 
ques. Un tel discours consacre le 



mépris des questions sociales au 
nom des valeurs économiques. 

Tout aussi condamnable est la 
campagne de terrorisme psycholo- 
gique sur les paquets de cigarettes. 
Si on en veut autant à la nicotine, 
pourquoi ne pas l’interdire tout 
simplement ? N’en a-t-on pas fait 
de même avec le cannabis ? C’est 
vrai qu’avec 38 p. cent de la popu- 
lation québécoise qui fume, l’inter- 



diction de la cigarette relèverait 
d’un choix politique important. 
Peut-être trop important... Car s’il 
est vrai que nos taxes payent pour 
soigner les victimes de la nicotine 
et du charbon, l’industrie du ta- 
bac, elle, est une source de riches- 
ses et d’emplois phénoménale. 

Mais la question n’est pas là. Les 
arguments socio-économiques et 

psychologiques, si facilement 
L empruntés, ne font que traves- 
tir le problème. Les adeptes 
fl de la nicotine sont aussi res- 
»fl pensables de leurs actes que 
y* les autres. C’est en personnes 
)fl responsables qu’ils et elles 
fl devraient penser à autrui. 
U Plutôt que de chercher unique- 
f ment à combler leur petit vice 
personnel, les disciples de la ni- 
cotine devraient se rendre compte 
qu’ils et elles empoisonnent leur 
entourage. 

Le Petit Robert nous dit que la 
liberté morale est celle qui nous 
permet d’agir « avec pleine cons- 
cience et après réflexion ». C’est 
ainsi que le peuple québécois a ac- 
cepté de réfléchir en cette année ré- 
férendaire. Les fumeuses et les fu- 
meurs accepteront-ils, un jour, de 
réfléchir ? 

Atïm Leôn pour une partie de 
l’équipe du McGill Daily français. 



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L’ Erotisme, 
raison de vivre... 

suite de la page 5 

de la séduction par l’art de la per- 
formance. Après combien de coups 
un bon amant peut-il arrêter ? 

« L’avantage du conte c’est qu’il 
est très léger. Une relation directe 
d’intimité s’installe entre le public et 
la conteuse », explique Sylvi Belleau. 
Contrairement à la télévision et au 
cinéma, qui désamorcent 
l’inventivité d’un public devenu pa- 
resseux, le conte permet de faire re- 
vivre l’imaginaire. Les mots suggè- 
rent, l’imagination élabore. Aussi, les 
contes choisis ont été adaptés à no- 
tre langue moderne et les artisans et 
artisanes du spectacle ont pris plai- 
sir à les travailler, de les peaufiner. 

L’expérience sera répétée au 
mois de mars avec des contes éroti- 
ques de la littérature de l’Orient et 
au mois d’avril avec celle de la Re- 
naissance. On parlera de la même 
chose, n\ais de façons différentes. 

Fabliaux érotiques du Moyen 
Age et du Moyen-Orient : ce soir à 
20 heures 30, 1650 Marie-Anne est. 
Réservations : 527-5197. Prix : 14$ 
régulier, 10$ étudiants 



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Le théJtrc de la Grenouille présente 
Jacques et sort maître, par Milan Kundera, 
du H au 18 février au théitre Players’, au 
Je étage du pavillon Shatner. Les billets 
sont au coût de 6 S pour les étudiants et 
de 12 $ pour les billets réguliers. Pour 
information ou réservations : 398-6813. 

le réseau Walksafc tiendra sa première 
collecte annuelle de charité de la St- 
Valentin pour le Réseau pour les enfants 
disparus, ce soir, entre 6h45 et 20h00. 
Prés de 140 bénévoles de Walksafc se 
promèneront sur le campus , et vendront 
du chocolat et des bonbons au Roddick 
Gates pour recueillir des fonds. Des 
activités se dérouleront aussi à l’intérieur 
du pavillon Shatner. Venez appuyer les 
bénévoles. 

Si la cause des francophones à McGill te 
tient à coeur, joins-toi au caucus 
francophone. Nous y menons une série de 
projets ayant pour but de faciliter 
l’intégration des francophones à McGill 
ainsi qu’à recruter plus d’étudiants et 
étudiantes francophones des cégeps. 
Informations : Jean-Philippe Dionne au 
663-2683 ou par courrier électronique au 
BKNW0M USICB.MCG1LL.CA. 



Une belle petite 
St-Valentin 

-Way a Qj C'est de loi que je suis fou, 
JJgve, Richard W. 

-Monbijoualcsycuxphisbcauxque 
le temps. jflJi 



f? 



Èjuée.yi.c 



-Ma petite puce, tu m'as pi 



-On te la souhaite grande, brune et 
bien ordonnée. M.'ÙÆ. 

-Tas de beaux yeux tu sais Ijljl 
pourXjs. 



-Mveen renmen Vf... f jfl 




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