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Full text of "L'union"

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Feuilleton de L’UNION _ Page 55 

et dix prisonniera y compris Cabrera. Les autres avaient saut4 par-dessus 
bord dans l’espoir de regagner leur navire. 

Quand le capitaine eut assisti au pansement de ses blesses, ef qu’il eut 
vu que tout avait M. remis en ordre sur le pout, il descendit k la cabine pour 
changer ses vStements couverts de sang et en lambeaux. En le voyant 
eutrer dana la cabinc, Clarisse fondit en larraes; elle voulut parler, inaia son 
Emotion dtait trop forte. Son amie, assise sur le sofa, n’avait pas la force 
de se lever et ne touvait pas une parole pour exprimer an capitaine tout ee 
qu’elle ressentait de reconnaissance. Sir Qnsford vint tendre la maiu & Pier¬ 
re et lui dit: "Vous dtes mon aini”! ^ 

—J'aceepte; maintenant permette que j’aille changer de toilette, dit 
le Capitaine, en montrant sa chemise tachie de sang et son gilet en lambeaux; 
et si vou8 le voulez bien, nous prendrons un riveillon ensemble. 

Trois quart d’heure apris, un splendide rivcillon fut servi par le 
maitre d'H’fitel. Le champagne et toutes les riehesses de M. Lafond, le 
maitre d.hotel, furent mis en requisition, et contribuerent puissamment k 
bannir les sombres reflets, qui restaient encore, dea seines dont le Ziphyr 
avait itc si recemment le theatre. Im conversation roula tout naturellement 
sur ce qui itait arrive au malhenreux comte d’Alcautara. 

—11 parait, capitaine, quo le chef de ces brigands est en ce moment 
prisonnier et en vos mains, demands Sir Gosford. 

—Oui, monsieur, et e’est un terrible homme. C'cst dommage qu'il 
se soit laiBse entrainer a ce genre de vie, il aurait pn jouer un rfile dans la 
sociiti. 

*—Et que pensez-vou* qu'on en ferat 

—Oh! ils eeront pendus lui et le6 autres prisonniera, c ’est le sort qui les 
attend. 

—Je serais bien curieux de le voir. 

—Eh bien! si voua le voulez suivez-moi. Ils sont en ee moment sur 
le pont, liis et garrott&i aupris du cabestan. 

Clarisse et Sara se preasirent contre Sir Gosford ct suivirent le capi¬ 
taine. 

Quand ils arrivirent aupr^s dn cabestan, Cabrera retouma fiirement 
la tctc vers lea noureaux arrivants. Sara pressa convulsivement la main de 
(Clarisse, lacha un cri dechirant ct tomba sans connaissance dana les bras de 
Sir Gosford, en mnrmurant le nom "d'Antonio”. 

En ce moment la lune sc levait,*et la brisc commeu;ait a se faire sentir. 


CHAPITRE Vm. 


LA REVUE DBS TROUPES 


cr 


Depuis deux il trois mois, un jeunc homme avait fait I'acquisition 
d’une des plus belles plantations des environs de la ville de Matanee. Citait 


8’abonner k TOHION, o’eat contribuer a maintenir la langue franq&ise at par 
le fait mime difendre le droit dee Oanadiens-fr&n^aia au Canada.