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Full text of "L'Université de Paris"

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http://www.archive.org/details/luniversitdepOOIiar 




LES-GMNDES^^?' 
^INSTITUTIONS^ 
DE-FFAKCE^ 



LOUIS LIARD 



L'UNIVERSITÉ 



DE 



PARIS 




J B.C. i 

I CAT. NO Lf.^S]°—'=-L 

\ 

H ^^^ HO 



IfciLT^URENS • EDIT£:UF^1 



L'UNIVERSITÉ 



DE 



PARIS 



MÊME COLLECTIOiN 



Parus : 

Les Gobelins et Beauvais. par Jules Guiffrey, de llnstitut. 

L Hôtel des Monnaies. i);ii* Fcrnand Mazekolle, archiviste à la Monnaie. 

L Institut de France. 2 vol., par Gaston Boissier, Gaston Dahboux, Georges 
ri:iuuiT. Geortzes IMcor, Henry lloujox, secrétaires perpétuels, et A. Fhan'klin, 
administrateur honoraire de la Bibliothcque Mazarine. 

La Bibliothèque Nationale, 2 volumes, par Henry Makcel, administrateur 
général, Henry Uol'ciiot, Ernest Babelon, Paul Margiial et Camille Coudeuc, 
conservateurs et conservateur adjoint. 

La Manufacture de porcelaine de Sèvres, 2 volumes, par G. Leciievallier- 
CiiEvir.NARD, secrétaire de la manufacture. 

Le Musée du Louvre. Les peintures, les dessins, la chalcog)aphie, par Jean 
Guiffrey, attaché au Musée du Louvre. 

En préparation : 

Le Musée du Louvre (4 volumes). Le Palais. Histoire générale du musée. 
— Antiquités égyptiennes et orientales. — Antiquités grecques et romaines. — 
Sculptures et objets d'art du moyen âge, de la Renaisscnce et des temps modernes. 



ÉVnEU.\, IMl'RIMEFUE Cil. HÉUISSEY, l'AUL HÉlilSSEV, SCCC 



LES GRANDES INSTITUTIONS DE FRANCE 



L'UNIVERSITE 



DE 



PARIS 



LA VIEILLE UNIVERSITE — LA NOUVELLE UNIVERSITÉ 
LA NOUVELLE SORBONNE 



PAR 



LOUIS LIARD 

Membre do l'Institut, 
Vicc-rccteur de rAcadéiiiie de Pari; 



Volume illustré de 65 gravures. 



PARIS 

LlBUAIiUK UKNOUARI) — 11. LAURKNS, KDITEl'R 

0, lU' K 1)K l'OlUNON. () 
Tous ilioiU (le Ir.uiiiclion t»l île roproiiiictioii risor\cs. 



L'UNIVERSITÉ DE PARIS 



PREMIÈRE PARTIE 

LA VIEILLE UNIVERSITÉ 



Les origines. — Le moyen âge. 

L'Université de Paris est à la fois une très jeune et une trJ's 
vieille personne. En sa forme actuelle, elle date seulement de 181)6. 
Par ses origines, elle remonte au xn'' et peut-être au xi^ siècle. En ces 
temps lointains, dans l'ile de la Cité, autour de la premier»' éiilise 
Notre-Dame, celle qui avait succédé au temple d'Esculape de Tan- 
tique Lutèce, il s'était formé, par le fait et sous Tautoi-ité de rKvtMjuc 
de Paris, des écoles pour apprendre aux clei'cs ce (jue les clercs 
devaient savoir. On y enseignait ce ([ui aloi's était toute la sagesse 
humaine, pi'ofanc et sacrée, d'abord les scj// (ir/s librraux : au 
premier degré, la grammaire, la dialectique ou arl de laisouiicr, la 
rhétor ique, ou ait de parler et d'écrire ; au second degré, rarilhmé- 
tkj^ue, la musi(iue, la géoméiric et raslronouiic. les seules sciences 
ou fragments de science connus au inoveii âge: [dus lard, au-ilcssus 
<les arts, la théologie, savoii' jtropi-e du (deie. puis le droit «Muon, 
savoir également ch'rieal, et eiilin la uiedeciiie. 

Ouvrir une l'ccde ('lait alors fort sim[»le. Il sullisail de la permibSioii 
de rK\èque ou de son délégué, le (Ihaucdier de Nt>lie-Danie. Un« 
I. i 



2 I.'IM VriJ^ITr DK l'A 15 1 s 

lois rrWv /iccNCC (•hit'imc. le iiiailic avail dioil <1<' |»;iilri-: vcnail 
I riili-ii.li'.' <iiii \onlail. Il pailail laiilol m plein ail", «lans imr rue, 
plact» ou carrcfoiii'. mii' uim' lioiiic. ou mii- la [(iciic d un iiionloir, 
laiilol à <(»u\rrl. m>us un cloîli»', ou tlan> une salle i:ai-ni(' dune 
chail'e nu illlii esciilieau. a\e(' des holles de paille p(»UI' les éli'NCS. 
Tri'S l(Uii:leiiip>. ces écoles «'piscopales de Palis, sans aulie lien (jue 
leui- dt'pentlaiice coinriiune \ is-à-\ is de rKv«''(iU(; ou du Chancelier 
de rSotie-Daine. lurent le> principales écoles du royaume et des pays 
de V'ranc»'. lîienhil leur l'eiioin se piopaj^ea dans loule I Europe, cl 
c'est jiai inilliers (jue se coniplî'renl leurs écoliers. Ils restaient aux 
école> dix ans. (|uin/.e ans, viii^iit ans. j)arl"ois davantage, comme 
aujoui-d luii encore, les ('ludianls des zdotfia musulmanes. « Heu- 
reuse citt'. — dil un contemporain. IMnIij)pe de llarvengl, abbé de 
jionn»' Ivsix'iaiice. — où les étudiants sont en si g-rand nombre (jue 
leui' nnilliluile en \ienl presijue à déj)asser celle des habitants 
laï(ju«'s. )• 

C'étaient j)res(jue tous des clercsou de futurs clercs, c'est-à-dire des 
i:ens «rK-'^lise; mais liens d'Eulise souvent de mcrurs peu ecclésiasli- 
ques, et (jui feraient aujourd'hui scandale. Hon nombre, certes, étaient 
aidenis à l'i-lude et avides de savoir. Le moyen âg'e intellectuel s'est 
forme prescjue tout entier à Paiis. Mais beaucoup aussi travaillaient 
peu el liu\aienl ierme. « l^oui" boii-e et man|ier. dit un ])rédicat<'ur 
du lem[)s, ils n ont pas leurs pareils; ce sont des dévorants à table, 
non des «lévots à la messe Au lra\ail. ils baillent: au festin, ils ne 
craij.:nent personne. Ils abhorrent la nu'dilalion des lixics di\ ins ; 
mais ils aiment ii mùv le vin pt''lillei- dans leurs veri'es. » Malins et 
spirituels, ils couîposent, récitent et clianteid des fabliaux; souvent, 
la nuit, ils se promî-neiil dans b's lues, enfoncent les poi'tes des 
bourgeois, vont se ré-jouii' avec des lilles, toujoui's prêts à recevoir 
dos coups, prêts Ji en «lonnei-, tuibulents. combatifs, héiissés comnje 
des co(|s. faisant bon niafilit' île leur \ ie et de celle d autrui, hardis 



LA VIEILLE UNIVERSITÉ 3 

el braves, au point que Pliilippe Auguste disait d'eux : « Ils sont 
plus hardis que les chevaliers. Ceux-ci, couverts de leurs armures, 
hésitent à se battre. Les clercs à la tète tonsurée, qui n'ont ni haubert 
ni heaume, se jettent les uns sur les autres en jouant du couteau. » 
Cela n'empêchait pas l'École de Paris d'être tenue dès ce temps-là 
pour laa serre chaude de l'Esprit », le « promontoire du Parnasse ». 




Scènes (le la vif dos éliuliaiils au luoycii j'ij^e \iii" siècle;. 
(Nolrc-Dame de l'ari>. poilail Saiiit-Marccl. ' 



la « Sainte Jérusalem toute embaumée (raiomalcs iiilcllcclutdlt's ». 
et de grandir en renom dans tous les pays d'Europe. 

Cette foule mobile, grossie cha(jU(î aniirc. naNail pai- taidé à 
déborder lun-s de la Cit(', mais seiilcmciil >iii' la ii\«' gaiiclic di' la 
Sciiu', par le Petit-Poiit. beaucoup irélaiciil [las iVichcs de mr!lic 
la ri\ ii'rc entre eux et l;i rude autorilt' du Cliancclicr de .\v>li('-l> •!!!''. 
Peu à peu cl de Iri'S bomir liciirc. pai' leur genre dr \ ie même el !<• 
besoin de se sentir les eoudes, maiires el «''coliei's asaien' pris l ha- 



4 (/r M Vr.MSl IK 1)1. l'AHIS 

l»llii<l'' ili' ^ unir fiilir rii\. iralx^rd siii\;iiil leur juins (r()ri«i;iii(', puis 

siiivaiil la n-ihirr «Ir leurs l'Iinlrs. 

Knlin un ra|tjti(HlH'iiiriil plus L:t''ii«'ial s"«''lail accompli le jour où. 
sur le liane Noid (le la Moula^iie Saiiile-('ieiie\ ii'\ c, des inaHi'es 
roiniue (iuillauine d»' Cliauipeaux e| surtout AlM'lard, avaicul altirc 
à eux les foules eludiaules et soule\('' leui* enl liousiasMio. (]v jnui*- 
là. «Il elles a\ail paiu connue la conscience d'une unité. De ces 
unions el m-oujtenienls spontanés sorti! Il iii\ersité de J*aris. En ce 
temps-là. iuridi<iu<'uient imircrs'i/r siiiniliait ro/'/>om//o?i; le mot /////- 
rrrsi/a<, — tous enseniMe. s'op|)Osait ;i Texpression sitif/tt/i ut 
si/n/tf/i, — seul à seul, (hi disait dans le Midi iinircrsifas civiion 
pour Jésijrnei- lensiMuhle des citoyens d'une* ville s'administrant eux- 
inènn's : dans le Nord, on disait univcrsitas incnatontm pour dési- 
irncr une corjioi'ation avant s(>s pi'ivilefi;es. A partir du xrn'' siècle, 
il V i'ut la corporation des maîtres et des écoliers de Paris, et ce fut 
ri iii\ ersiti' de Paris. 

l\lle nafjuil de deux actes, l'un du pouvoir royal, l'autre du 
pouvoir pontilical, et d'une fa(;on qui montre quels étaient déjà la 
force et l'esprit politique de la corporation naissante \ 

V la suite d'une querelle et d'une échaufl'ourée, il y avait eu mort 
de jdusieurs écoliers, aux environs de l'Abbaye de Saint-Germain-des- 
Prt's. La foule des maîtres et des écoliers fut assez puissante pour 
imposer au roi Philippe Auguste l'octroi d'une cbarte qui ralfranchis- 
sait de la police nuniicipale et des juges dulioi. Par cet acte de l'année 
I2ti0, l'Université, soustraite à la juridiction civile, est soumise 
exclusivement aux juaes d'Église. Défense estfaite au Prévôt de Paris 
de niellie la main sur un écolier, si ce n'est en cas de flagrant délit, 
et encore devra-t-il alors le livrer sur-le-cliamp à la justice ecclé- 



\. Sur celle période. V. A. Lucliaire, i\ii\\>, lUs loi re de France i\(i Lavisso, l.lll. h' p.: 
— Cli.-V. Langlois, ih'nl.. I. III, i' p. 



LA VIEILLE l'NIVERSITÉ 5 

siastique. En aucun cas et sous aucun prétexte les maîtres de l'Uni- 
versité ne pourront être arrêtés par les gens du Roi. Les laï({ues 
devront protection et assistance aux écoliers, toutes les fois (jue 
ceux-ci seront attaqués ou molestés. Enfin le Prévôt et les Ijuui-geois 
de Paris sont asti-einls à jurer, en présence de l'Université, qu'ils 
observeront de bonne foi. en toute circonstance, les clauses (b- cr 




Pliolû Neunlfiu. 

Scènes de la \h' ^W'< (JUuliaiil.^ au luuyon àgo ciiiu' siècle). 
(Nolro-l)aiu(' de l'aris. poilail Saiiil-Marccl.) 



pii\ ib'«ie. C'était l)i('ii un lùat dans l'Etat (jui Ncnail de se le\ei. 
A peine alb'ancbie de l'autorité civile et lovale. ILnix t'rsit»' rêve 
d'un autre alliancbissiMnent. Eautorilé (b' laqueUe elle iele\ ait dt'sor- 
mais pour sa Aie ci\ile, comme pour sa \ ie st'olaii'e. ('tait celb' de 
l'Evè(jue. Elle ne pousail s'en (b'taeber imiili(|uement et pit'tenthf à 
exercer elle-nu''me sui' elle-même une juiidictimi piopi'e. Mais I aulo- 
rih' ('pisco|)ale était triq» jirocbe : elle axait rir \\\[\> dune lois sé\ère 
et uK-me injuste : dans lii collation des c^ licences d"enseii:n«'r >. elle 



6 i/iM VKiJsrn i»i: i'\ins 

avail t'I»' S(Ui\ ciil |iiirli.ilf »•! Iialitjiiaiilt' Ll iii\ nsil»'. (|ui n'asail pas 

«»rnM»r«' tl«' ilroil inlciin'. cii nduIuI un, «'1 c'csl au l'a[)(' (ju elle lo 

(loiiiaiula. 

A t'«'lt»' «''|MK|u«'. les «''\r(ju<'s iit'lau'iil pas ciitiricinciil sous la 
il«''p«'ii(lan('«' (les jiajirs. Mais, dans !«' clci-iir, pour t'fliaj)p('i* à leur 
Ivrannir, \ tdoiilins. ou s'adicssail au Pape, coinnu^ à rautorité 
supériouir. Lrs (udrcs uiouasliijues s élaiciil ainsi constitués. L Liii- 
v«'i>il('' (!«' Paris, poui- sallrancliir en partie »!«' I K\è(jue, eut recours 
au Pap«'. «'I en 1:21."). un caidinal, Koheil de Coureon, lui délé<^ué 
poui' lui ajtjMirlci la huile (jui la ronstituait eoniiue/corporation ecclé- 
siasli(jue. Inulilc de itdah'i- ici les divers articles de cette constitu- 
licui. II sulliia d t'\i nolei" une disposition essentielle : droil était 
reconnu aux niailics et étudiants de Paris de se confédérer entre 
eux. ou a\ec d "aulrcs el de fermer les écoles dans des circonstances 
dt'h'iininces, pai' exemple si un maître ou un écolier était tué ou 
Idessé, s'il recevait injure i»rave, si justice lui était refusée. 

Apirs raUVanciiissenient de la police et de la justice civiles, c'était 
K' droil de coalition, impliquant le droit de réunion; c'était aussi le 
drtdt de grève. Ainsi, après roctroi émancipateur du Roi, s'affirmait 
et s'accroissait, par un acte du Pape, l'indépendance de l'Univer- 
sité. (Ju Un ne s'y trompe pas cependant, elle reste chose d'Église. 
C'est une cor|)oration ; mais c'est aussi une confrérie. Elle est com- 
posée presque exclusivement de clercs, tous tonsurés. Elle est, à 
paît les rares jjhî/siciens ou médecins qu'elle contient, essentielle- 
m«Mit organe de l'Église. C'est à ce titre qu'elle a voulu s'all'rancliir 
de l'autorité royale; si elle s'allVanchit partiellement de l'autorité 
locale de PÉvèque, c'est en se plaçant sous l'autorité plus lointaine 
et |)lus haute, mais toujours ecclésiastique du Pape. Le sceau qu'elle 
:>, se donna le mar([ue hieiy Avoir un sceau particulier était alors un 
des signes de l'indépendance corporative. Quelques années avant les 
actes de 1200 et de 121o, les maîtres de Paris s'en étaient fait fahri- 



LA VIKILLE UMVERSITK 7 

quel* un. Le Chancelier Je Notre-Dame, au sceau duquel ils devaient 
recourir, le lit briser solennellement. Après la bulle de 1215, il ne 
pouvait contester à l'Université le droit d'en avoir un. Celui (ju'rilc 
se donna est très signilicatif : tout en haut, la croix, puis dans 
un compartiment impair, la Yierj^e, patromie de Notre-Dame : 
au-dessous, en deux compartiments jumeaux, à droite, l'Kvr'que, 




Sceau do l'Université en 1292. 



crosse en main, à gauche, une sainio nimbée, enfin tout en bas, les 
docteurs et les écoliers. 

Charte royale, bulle pontificale, nt^ pouvaieni étir aux iimiiis de 
la jeune Université triomj)hante ({u'armes de combat cl de conquête. 
La lutte était iné\itablc entre elle et ll^Néque en [)arlie (b'qiosstMb''. 
L'Université acceptait, et ne pouvait laii'e aulicmenl, sa juridiction 
disciplinaire et judiciaire. L'Kvè(|ue, hii, ne recomiaissail pas à 
riFiix crsité le plein di'oit de se lii^uer et coaliser (juc lui a\;iil 
accordé le Pape. Dès 1210, le coidlil «'clale. L'lùè(|ue cl le (^bance- 
lier déclarèrent exconnnunii'' (juicoiniue aurait \u des écoliers cou- 
rir en armes, la nuit, par les rues, sans les dénoncer à la justice 



X I. IMX I M>ITI l»i: l' Ains 

ri-(l«''siii>li.|iir ; cfl.i. cfl.iil .II' Li ili><i|.liiir, ri le (lr(»il li(»ii\(';in (le 
Il iii\«Tsih'' n'i'lail |'ii> \ioIt''. Mais en iiiriiir Iniips <''liii('iil «'.xcom- 
iiiiiiiii's. |»ar a\;«in'«'. iiiailrrs ou ('colicis. (jiii. iisaiil «lu dioil. se 
li::iiriairiil. |»ai' siTinml. sans laiiloiisalion <lr raiiloi'ilr ('|»is('(»i>ale. ^ 

Son (lin il ainsi nifCdMiiii. I l'iiiN i'r>ih'' ne |)()ii\ iiil (|iM'n a|»|»«'lor au 
Pa|M' INmi- rn\n\fi lin dt-lt-iint' à Koiiir. clic ()ii\ rc mu' soiisciiplion. 
Li- r.liancclirr liposlc en ('xcitiiinniniaiil les iiiailrrs et (''colicrs (jiii 
sous('rii-(Mil : il Ifur inlcidil niriiic le conlcssionnal. (irand (-moi dans 
I l iiiv.'isih' : I.' rlia|»ili(' inh-rx it-nl . Inllrxihlt'. rh^r-ijuc suspend a 
sftrris d«'S juorrsst'Uis. iiirl m prison des écoliers. L l nixcrsilé 
n axait (jiiiinc n''[Mtnse. son droil de «zri'vr l'die ordonne la cessalion 
irriH'ialc d«'s cours, el «dic linil par oldcnir liain de cause. Le Paj»(^ 
li'Nc Irs arirls d'cxcoiii muiiical ion el donne ordre au ('liancelier et 
à « ses <-onipliccs » — le mol esl ilur — de venir se juslidei- à Home. 
Ainsi s'ariiniH' à la lois laulorih' du Pa]»e sur ri^vè(|ue de Paiis el 
riiiili-priidancr de la coiporalion uni\ eisilaiiT. Quelques années i)lus 
lard, en \21'2. ajuis de nouNcaux conllils moins g-raves, une nou-, 
velle bulle coiiipli'le ranVancliissement. L"Kvêque conserve sa juri- 
diclion discijdinaire el Judiciaire sur ILniversilé: mais défense lui 
esl faile d'incarcérer ju'évenlivemenl les maîtres et écoliers accusés 
ou susyiech'S ; ils sonl admis à donner caution. Enfin il esl enjoint 
au ("diaiicelie!- de diMiiolii- hi maison (ju il a\ail fait conslruii'e. 

l'ji même lemps. une aulie hrèclie était laite dans son autorité 
déjà bien démanlidé»'. ('/était IP^éque ou, ])ar lui. le Chancelier de 
Notre Dame (pii coniV'iait la « maîtrise » el la « licence » d ensei- 
pner. Désormais il ne devra les donnei- (|u aux candidats dont 1 apli- 
lude aura été attestée par un Juin de [)rofesseurs. En outre il était 
mis lin à son monopole de la collation des ♦ii-ades. Sur la rive ^au- 
cjie, laMjé de Sainle-(iene\ iîve. (jui était seigneur d'un vaste terri- 
toire. a\ait lui aussi le dioil de conlérei-. en ce territoire, maîtrises 
et licences. Quand les écoles euienl. en gi-and nomlu'e, passé le 



LA vu: IL LE u>.'ivi:hsitk 

Potil-Pont cl répandu 
leurs foules sur la rive 
ii'auchc, elles se trou- 
.vèrent sous la jurirliclion 
de labbi'. Toul naLurcl- 
lement, elles lui deman- 
dèrent des grades. 11 en 
conféra; mais le ('diaii- 
oelier de Notre-Dame nr 
les reconnut pas. Laclf 
de 1222 lui enjoiiiiiail de 
les reconnaître et de 
laisser aux maîtres qui 
les possédaient loiil droit 
denseigner. 

A Ainsi aflrancliie du 
Roi et de rEvètjue. ne 
dépendant ]dus uuère 
(jUf du J*aj)e, la démo- 
cratie universitaÎL'e. ré-- 
pandue, sans places 
iixes . sans Làtimeiils 
spéciaux, dans la (]\[v et 
sur la Montagne Sainte- 
(iene\ ii've , s ' organise 
i 11 I ('l'i e u re men t et se 
donne j)eu à peu la 
forme sous la(juelle (die 
vi\ ra pendant des siJ'(des. 
SpontaïK'ment . on la \ ii 
plus liaul. s't'taient rap- 




Il) [/i M V l'IIS m: m: i'aims 

l)I•(l'•ln'•«^ l«'> iiiiiilit'S >iii\.iiil lii (•(iiiiiiiimaiih' ilr leurs «'tihlt'S. Crs 
jîrmi|M'iin'iils, m se i-('ss«'iiaiil. (Ir\ iiiitiil les lanilh's : la baciilté 
.I.N AïK. la [dus lu>llllt^^ll^^ de lonirs. la l'ariilh' de Dioil canon, 
la l'a<-iill«'' "If Mi'.Irciiir cl la l'a<iilh'' <lc Thcoloi^ic Dans la Faculté 
«!<•> Ails, s't'laicnl Ininn's d auli'cs i:rou|»cinciils, suivant les oi*i- 
Liincs dc> niailrcs cl des t'ctdici's. ( ",c l'ui-ciil les natioits. Il y en 
axait (jualrc : la .Nation de Normandie, coniprenanL Normands et 
lirelons ; la Nalioii de l*icai-die, j*icards et Wallons ; la Nation 
d' \ii-le|rii c . (|iii clianuca de nom à la guerre de (lent Ans et 
dr\iiil Nation d Allemaiine, Allemands, Anglais, Suédois ; enlin la 
Nation de l'iance. com[)renant les Français (h's évecliés de Paris, 
IU»uri:es, Sens, Tours et Reims, et tous les universitaires de race 
latin»'. 

(dia(|iie nation a\ait s()i\ jjructfrcf/r, élu par elle, et chargé de pour- 
voir à ses intérêts. Plus tard, clia(|ue faculté eut son cio//en, éiiale- 
ment (du par elle. Kniin, dès 1245, les quatre nations des arts se 
doimèrenl un ( lie!" temporaire, le rccleifr^t'la pour (|uei([ues mois, et 
(jui ne tarda pas à devenir le chef de toute la confrérie universitaire. 
11 était (du à deux degrés. Au premier degré, les délégués des quatre 
nations des arts et des autres facultés se réunissaient dans une 
é^:lise, tant(H c(dle des Mathurins, tantôt celle de Saint-Julien-le- 
Pauvre. et ( hoisissaient, pour clia<{ue groupement, quatre électeurs. 
Aussitôt élus, ces grands électeurs ou intranls se réunissaient en 
conclave, et avant la lin du jour ils élisaient le recteur. Lne fois 

• du. celui-ci était proclamé solennellement, au nom du Père, du Fils 

• t du Saint-Esprit, par son prédécesseur, et il recevait de ses mains, 
le béret sur la tète, la mante d'hermine sur les épaules et, en 
sautoir, Técharpe au sachet de velours contenant avec le sceau de 
1 1 niversité la clef de la caisse commune. Ses pouvoirs étaient courts ; 
mais ils étaient considérables. Aux xiv'' et xv'' siècles, il sera un 
pejsonnage redouté. Son rôle était surtout de maintenir, envers et 



LA VIEILLE UNIYl::USrn- 

contre lous, les pii- 
vilèges (le la oorporti- 
tion. il avait le pouvoii' 
«le déclarer la lirève 
«générale des cours, 
dans les cas où ces 
priv^ilèges étaient violés 
ou menacés. 

L'Université n'avait 
pas sa maison propre. 
Chacfue maître, libre 
d'ensei<iner, une fois 
pourvu de la [termis- 
sion ou licence, ensei- 
g'nait oh il voulait. 
Quand une congréga- 
tion particulière, nation 
ou faculté, avait besoin 
de délibérer, elle se 
réunissait dans un 
cloître ou dans le j-('lVc- 
toire d un couvent ; 
(juand la fédération 
entière teiuiil des as- 
sises, elle se réunissait 
dans une église, le plus 
souvent au.\ Matburins 
ou à Saint-Julien- Ic- 
J*au\ re. C'est de Saint- 
Julien - le- Pau\ re (jue 
parlai! , à la fête du 



11 




^ 

5 r 



-3 - 



\i I. iM \ i:i{si II hi; i'Aiu> 

Lrll.lll. irch'UI en Irh' illOIlli' SUT UlU' IIImIc. I i I il tllli i lia l)l(' jirO(«'S- 

Moii t|«' I l iii\ri>ih' ;ill;ml à Sailli Denis aclirlcr les parclicmins. 

Vers II- iiiilii'ii (lu Mil' sii'clr ap[»arii!('nl les (•olU''^es. Ce ne 
lurml pas au ih'lml «les iiiaisoiis (rtMisfi^nmiriil, mais des maisons 
liosjùlalirres. l)aii> la Ittulc (1rs «'colicrs venus de loutes les parties 
(lu MKMidr ciNilisi'. il \ a\ail des «'ludiaiils riches : mais la plupai'l 
rlaicnl iuil |»au\rcs. IJcaucoui». venir*' vide cl dcnls loiiizues. mcn- 
diait'iil irur |iain. couchaicnl dans des <'aves ou suus les poi'clies des 
églises, el jn)U!- ('Imle. lisaient les missels enchaînés derrière des 
Ireillis de lec. à la poiie des églises, uu les manuscrits exposés aux 
l)Outi(|ues des lihraiit'S-jurés de la rue Saint-Jacques. En faveur 
de cerlains (reiilic eux s'ouvrirent (juehjues collèges, où ils Irou- 
vaii'iil le gîte, un lieu d'étude et la nourriture. Les premiers furent 
crjM's jiar (h's étrangers. ])uur des étrangers, Danois, Suédois, et 
autre liens du Nord. liienloL il en fut fondé d'autres, par de hauts 
personnages, pour les écoliers pauvres de leurs diocèses ou de leurs 
provinces, ceux des Bernardins, des Prémonti'és, de Cluny, d'Har- 
courl. de .Navarie, de Baveux, du Cardinal Lemoine, de Presles, de 
-N'arbonne. du IMessis^ de Marmoutier, de Cornouailles, d'Arras, de 
Bourgogne, de Tours, des Lombards, de Lisieux, de Dormans. 
d Autun, etc. 

Primitivement, les écoliers v vivaient connue à l'hôtel, sous 
l'aulorilé dun principal^ chef de la maison, et allaient rue du 
Touaire ou rue de la liûcherie aux écoles des maîtres. Peu à peu, 
les maîtres, surtout ceux de la Faculté des Arts, quittèrent leurs 
vieilles rues et vinrent s'établir dans les collèges. Sans cesser d'être 
de> maisons hospitalières, ceux-ci devinrent donc des maisons ensei- 
gnantes, (jui liniient par avoir chacune un jeu complet de maîtres 
ou régents, et à former ainsi de petites collectivités dans la république 
ledérali\e de l'Université. Peu à peu le caractère des collèges se 



LA VIEILLE UNIVERSITI-: 13 

moclifia. Les boursiers, objet des fondations, en restèrent le noyau : 
mais autour d'eux, il v eut d'autres écoliers, pensionnaires, et ex- 
ternes; comme pensionnaires, des camèriste^ ou chambriers, jeunes 
gens riclies avec des précepteurs particuliers, ayant chambres spé- 
ciales, et se nourrissant à leurs frais; des conneteurs ou portionnistes, 
payantpension pour le dortoir etla table commune; comme externes, 
des martinets, ainsi nommés pour leur humeur vagabonde, écoliers 
de l'école buissonniëre, ne paraissant guère au colIèg^e que pour 
retirer les attestations nécessaires au moment des examens; eniin 
des fjaloclies ou porteurs de sabots, étudiants amateurs, vieillissant 
sous le harnais scolastique. Dans ces collèges des arts, la discipline 
était rude. Ijc fouet public y était en usage; un des agents aux ordres 
du principal était cliargé de l'administrer. Un de ces fouetteurs fui 
célèbre en son temps ; c'était Tempête, le grand fouetleur de Mon- 
taigu, ce collège où tout était aigu, le lieu, les dents et les esprits, 
nions acutiiSy dentés aciUi^ mentes acutie. 

Parmi les collèges du xni^ siècle, celui de Sorbonne mérite une 
mention spéciale. Il fut fondé par un pieux personnage, J^oberl dr 
Sorbon, pour recevoir « seize pauvres maîtres ès-arts, aspirants au 
doctorat en tliéologie ». Outre une lin chaiitable et pieuse, son fon- 
dateur se proposait de perpétuel' la race des théologiens séculiers 
que le succès croissant des ordres mendiants semblait men;icer. 
Asile de théologiens à l'origine, la Sorbonne, rebàlie el agrandie 
plus tard par Richelieu, resta, tout le long de lliistoire de il iiiversilé 
de Paris, une maison de théologiens, et ne lut pas aulic chose 
C'est uiiicjuemeiit par ses disputes théologiciues. par ses seiiliMices 
docti'inales, (ju'elle devint plus lard la maison la plus ct'li'bie de rTni 
versité'. 

Ainsi, au coui's du moven ^^^.^^ se construisit, moi'ceau par mor- 
<*eau. au hasard des fondations jueuses, sur loule la Montagne 
8ainte-(iene\ ii'\«', la cil»'* des collèges. Ainsi jxui à peu la foule 



u i.iM vi:nsiTi i)i; paris 

niuliilr ri l'ilimif <lt'•^ (''liidiaiils se lion\a li\»''r pai- pclils iiioupt's, 

<laii> (1(«> maisons il T'ilid»*. 

Ces >it'(l(s <lii iii(»\«ii Àiic. le MII% Ir \1N' ri le XV% l'uiVllt pOlll' 
Il iii\ri>ilr (Ir Paris, iiiir jx'Tiode d'incomparahle s|)l('n(leur v\ dt* 
puissanci' iiicrox ahir. I)(''iiii)(iali(' l)alaill('us('. allrancliic du Jloi, 
alliaiicliif de ri\\t'(|n<'. >(Miiiiis(' sciilciiiciil à l'aiiloi'itr Irrs lointaine 
du !*a|M', liaiitaiiic. aiioi^anU), ie'niic sur ses droils cl pri\ ilc^cs. 
aidt'iilr ;i la dis|)uic, ardcnic à l'aclion. pénétrée du sentimenl de sa 
lorct'. la i«''|iul»li(jiit' scolaire de Paris se l'ail redouter tour à lourdes 
pou\i)ir.s (|(ii I axaient aUVancliie. l'allé est une puissance dans TEtal, 
el n«* néiilij^c aucune occasion de le laii'e sentir. Elle intervient dans 
toiiles l('> (|u<'r('ll('s publiques, se prononçant tantôt poui* le Pape, 
tantôt jjour le Koi Ainsi, au déhul du xiv^ siècle^ elle se déclare en 
niajiu-ité poui- !Miilipj)e-le-Bel contre IJonitace ^ NI. IMus tard^ eUe 
>ria p(»ui- les lK)ini;Liiu lions contre les Arinaj^nacs. Elle en viendra 
à diriger par ses ambassadeurs les conciles de Pise et de Constance, 
ri à jiit'lt'iidi'e. aux jours du schisme, devenir l'arbitre de la Papauté, 
en se prononcani sur les j)rétentions rivales à Tliérita^e de Saint- 
Pit-n'e. 

II 

Les Temps Modernes. 

A ces trois sii'cles de vie intense, (Téclat et de puissance, succèdent 
trois siècles d engourdissement, de déclin, de ruine lente el conti- 
nu»'. 

loul d'abord, ;i mesuie que l'autorité royale s'élargit et s'élève, 
l l nivtTsité perd en puissance. Elle est encore dans les textes et sur 
les panli. filins v la lille ainée des rois », mais elle devient fille 
sujrllf. Dès 144*». une ordonnance de Charles YII l'enlJ've à la juri- 
diction ecclésiasti(|ur cl la soumet, en droit connnun, à la juridiction 



LA Vfi:iLLE UNIVEKSFTI': lîi 

du Parlement. Un peu plus tard. Louis XI lui fait retirer, par une 
bulle pontificale, ce qu'une bulle pontilicale lui avait accordé, le 
droit de suspendre ses leçons. Sous Henri II, il apjiaraît nettement 
(jue son rôle politi(jue est fini. Une écliauflourée avait eu lieu, au 
Pré-aux-Clercs, entre bouriJ:eois, gens de police etétudiants. Naguère 
encore, connue sous Pbilippe Auguste, elle eut réclamé baut et obtenu 




Aiiieinli' lionui'abli' faili' eu 144U i)a.r los siTiiculs du i»ri''vùl île l'aria, en r<'i>aiatii)U 

(le rijiriacli(jii des privilèfj;es iiiiiveisilaires. 

I Uiis-iclief il l'ccolc des l!caa\-Arls.) 

répai'ation. Cetle fois, elle est forcée daller demander pardiMi au 
Roi. Enfin, à la lin du xvi'^ sii-cle, sous Henri l\ , la roxauté satirifiue 
le droit de régler elle-mènu' et seule, l'éducalion de la jeunesse 
ilans le royaume, (le pouvoir est déclaré « un de ceux i|ui imporleni 
le plus au bien de IMlat ». Dès lors, il es! icliri' à l'Kglise. el. [tour 
la pi-einii-re lois, il «Milre, pour n'en plus sorhr. dans la compétence 
4lu mauislral ci\il. Sans doute, l'édiicalion reste i'bo>e rtdiuirux*. 
4'onfi('e principaleuïcnl ;i des prèln^s. Mais loule inler\enlion du 
Pape dans son gou\ ('i"nemenl es! abolie l)e>ormai> 1«' pou\(ur 
tulélaire ri direcirur de ri'ni\ crsité sera le l\oi el >on Parlement. 



46 I. iM vi;i;si II': i»i-: i»aius 

Mais raocroissfiiitiil <!«• rauloiih' i«t\alt' n'rxpliijiM'rait pas srul un 
h'I chaiiLZiMiiriil INuir suliii- sans s«' rchcllrr, sinon sans niurniurer. 
ri'lh' mainmise <lu pouNoir ciNil. poui' se laisser enlever morceau 
|»ar nioit-ean son anlorih' coi-poralivo, il lallail (jue II ni\(M'siLé de 
Paris senlil en ell«'-nième un (h'clin de son auloiilt' morale. 

Klle a\ail. en ellel, rapidennuit décliné sous l'action de causes 
diveises. l'ille de la scolaslicjuc, (die avait vécu de scolastique et 
pour la scidaslicjue, sans s'a[)ercovoii' que dans les esprits comnien- 
i.aient à j)arailre d'autres façons de penser. L'imprimerie était inven- 
|(''«'. et avec elle le li\ re avait paru. Des navigateurs avaient décou- 
v«'i t des teires nouvtdles et bouleversé les idées sur les limites de la 
terre. La Kenaissance avait remis au jour des auteurs grecs et latins^ 
inconnus ou méconnus du moyen âge, et l'antiquité retrouvée 
n'excitait pas moins d'enthousiasme par la liberté de ses idées que 
par la beauté de sa forme. La Héforme, venait de placer les esprits, 
lace à face, avec la Bible et le Nouveau Testament, sans conmien- 
laires interposés, si bien que Luther pouvait dire que « les langues 
sont les fourreaux qui renferment l'esprit » et aussi qu'il avait^ « par 
r/'lude des, langues, retrouvé la vraie doctrine ». Or, tout cela, 
(ju était-ce, sinon la fin de la scolastique, la ruine de sa base et de 
ses procédés ? 

Poui' base elle avait l'autorité. Des textes sacrés, qui s imposent 
à la foi du croyant, l'autorité était passée aux textes profanes. Aristote 
était devenu le tHattrc, auquel il faut croire, parce qu'il a dit. Par 
une seconde transposition, elle était passée du maître à ses commen- 
tateurs, et les esprits s'épuisaient à apprendre, par cœur, pendant des 
années et des années, textes et commentaires. Le raisonnement s'appli- 
tjuait non à des réalités, à des idées concrètes, mais à des abstractions, 
à des mots. La grande affaire philosophique du moyen âge avait été 
la question des unirersau./, qui sont les termes par lesquels, dans le 
langage, nous exprimons les idées générales, et la (juerelle des réa- 



LA VIEILLE UNIVERSITK 17 

listes et des nominalistes, c'est-à-dire de ceux pour qui les universaux 
étaient les réalités mêmes, et de ceux pour (jui ils n'étaient que des 
mots, jlatm vocis. On raisonnait en forme syllog'isti(|ue de omnl re 
scibili et quibusdam aliis, en baroco, en cesare, en cameslro^, en 
baralipton, tirant subtilement des idées tout ce ({u'elles contenaient. 




L. 



y V CClClJ/ ^'ifl 'imi^frf.it ',/r Pan.' 



sans jamais un roj^ard sur les réalités, et connue alors les idées j;éné- 
rales étaient, non pas des expériences coordonnées, mais des cons- 
tructions (i i^riurl do l'esprit, on nvn lii'ail iialiii'ellenieiil. en longues 
chaînes de syllo'^ismes, (|ue ce (jue res|)ril \ ;i\;iil mis A marcher 
ainsi, on n'avançait pas. Knire res[)ril et les réalités s'inlerposail, 
voilant les réalités, une trame serrée et conliiuie d'idées artilicielh^s. 
Pédantisme, subtilité, stérilité, le j;rand ail de Kaymond Lullc, «le 



|g I. I MVKHSITI IH: TARIS 

tiui I)r.soarU'>. «Ir-li inhni .li- «ts idoli's ^M)llii(jurs. drv.iil din* (|u"il 

:i)i|)nMiail à pjirltT «It* Imil.'- . li.i>,.>s sans licii saxoir cl à se faire 
ailmiivr <l«*s plus {«rnoranls < 

Contre un»' h'Ilr «Mlnculion s'i-lcx aicnl avec les inllueiices géné- 
rales |»lns liaul t'nmiH'iJ'rs des \(ti\ icteiil issaiiles ou jXM'suasives, 
parlaiil français, erllrs dr Halndais ri de Montaigne, d'aiilres encore, 
soiiii's dr rt'iMM'isili' rllr-iiirnn', parlani encore lalin. comme 
rrllr d»- lianiiis. mais jiarlanl niodeiiH' m lalin. l^amus. en 1^)1^1), 
• jualiliera cniinml d ri rnii s 1rs id/'cs d'Aiislole : « i)uaecumque ah 
Ari^toteh dit tu rssf/t/ ( nmtncn/ifia rsse ». Hahelais charge à fond 
t-ontr»' r«MUi(alion xolasliijiic : il souille sui- les brouillards : aux 
harbouHlaiiicittd Sro/i. comme il dit des dissertai ions des tliéolo- 
'jiens v\ des jdiilosoplics. il oppose la wn' des réalités, soit dans 
l«* miroir t\t'> IrlUrs païmiirs (|u il adore, soil dans la nature elle- 
même, «ju'il sait \(iir cl icujirder. Monlaigne, soi'li à treize ans 
maître es aiU du (icdli'gc de (iiivenne, fail lui aussi, d'une ironie 
pluN douce mais non ni(»iiis pénétrante, la guerre à ïergofisme. 
V C'e>l harmn el hurahiifon . dil-il, (jui rendent leurs supposts 
aussi croltez el enfumez. » Il veul «'carter du chemin des enfants 
ces « espines et res lonces n el les conduii-e « à hi sagesse par 
•h's roules mnhreuses et gazomiées ». 

Ares infhiences diverses, l'opinion, si Ion peut dire, élail dau- 
lanl jdus sensilde. ,|ue la clienlile de l'Université s'était profon- 
dément modifier. Cr n'élaienl |)lus exclusivement des clercs ou de 
futurs clercs qui peuplaient les écoles; à côté des clercs, destinés à 
I Kghse, il y avait des enfants, des jeunes gens destinés à vivre 
dans le siècle, fils de mdih's, (ils de bourgeois. Et puis l'Université 
n était plus la grande école internationale du moyen âge. Autour 
d'elle, rn Fran<e, il s'en était constitué d'autres, à Orléans, à Heims, 
à Montpellier, ailleurs encore. Il s'en étaitcréé h l'étranger, à Oxford. 
à Cambridge, e( naturellement, les écoliers de ces pays, trouvant 



LA VIEILLE UNIVERSITÉ 19 

chez eux pâture d'esprit, ne venaient plus à Paris, sauf les bour- 
siers soucieux du bénéfice des fondations. 

Endormie dans la f^loire de son passé, fermée à Tespiitdes temps 
nouveaux, T Université était stérile en nouveautés. Le souffle de la 
Renaissance ne l'avait pas animée ; elle n'avait même pas senti le 




t 



DOC ILL II 



■ n Médecine i j S c 



besoin de (b'X'eloppei- en elle renseiiineiiient du i^vvc. Mlle se («uili- 
niiil dans Ic-lude du droil canon, el irenseiuiiail pas le droit natio- 
nal. J^llJe a\ail pi'Ovo(jU('' ainsi la créalioii. pai- l'iani-ois I". de Av - 
hnrs nu/au.r (\\x\ lornnTenl le Colli'ii'c Koxal ou C.idlt'izc de l'iancc : 
lai! nra\(' dans son histoire, (jui siizniliait (|u aux \t'U\ du lioi elle 
ne sullisait plus à tout el (jue I uni(|ue nio\ en (b' taire ce ((u'emp«"M-hail 
sa routine était de le taire en (bdu)rs dtdie. au ln'soin contre «die. Au 



»o i/rMVKHsiTi: ni: paris 

lUMiil.iv .1.- .lru\ lout .l"al.oi.l. iiii pour 1 hrluvu, un pour If iircc. les 
|.rofi'ssi'urs ou lorlrurs rn\an\ luivnl hirulùl au nombre de dix, un 
pour l.' .Imil fraisais, un pour I.' laliu. un pour la philosophie, 
.laulres pour les nialhénialhiijues el la lur.lecinc. (Kilic un esprit 
nouveau el des ni.'lhodes nouvelles, rviW créalion apportail deux 
•rraniles nouveautés : les professcuis el lecteurs royaux étaient des 
laïijues : ils n.- l'aisait-nl i)as pa\ei- h'urs élèves, mais étaient appoin- 
tés par le Koi. Ct-tail le couimeneenuMil, en Traïu'e, d'un véritable 
enseignement sup»''i-ieur di's lettres el «les sciences, allranchi de Tes- 
prit d'autoiité cl domié' pai- IKtal. 

liienlôt allait suriiir une coneurrence autrement redoutable. La 
Société de Jésus était fondé-e par liiiiace de Loyola en lo")!). Dès le 
déliul, l'éducation drs eid'ants et des jeunes gens des classes riches 
fut un de srs movens pour réaliser son dessein de domination uni- 
verselle, h. s ir.iil. lonL;lemj)s avant (jue lût a(dievé son règlement 
déludi's. rlli' «''tait autorisée à s'établii' à Paris. Son succès tut si 
rapide (|ue dix ans jtius laid, un protestant, Hubert Longuet, pou- 
vait dire : » Les .jésuites éclipsent en réputation tous les autres 
professeurs, et peu à jieu ils font tond^er les Sorbonniens dans le 
mépris ». 

Klle avait peu souci des facultés supérieures, théologie, décret 
t't médecine. \ ce degré, les esprits sont déjà formés. Ce qui lui 
impJM'tait, c'était de les modeler «dle-mème à làge où ils sont plas- 
ti«iues. Aussi n'eul-elle guère (jui' des établissements correspon- 
«lantànotre enseignement secondaire actuel, c'est-à-dire aux collèges- 
«le la l'acuité des Arts. Klle s'applicjua, avec un succès grandis- 
sant, à s'y assurer, dès l'enfance, la possession des âmes. 

Très vile, le constraste fut grand entre ses collèges et ceux de 
l'Université : ils étaient spacieux et sains, bien tenus et scrupuleu- 
sement surveillés ; la vie y était douce, régulière, agréable : les- 
éludes cnlremèlées d'exercices physiques, ceux du gentilhomme,. 



LA VIEILLE L'NIVLRSITK 21 

la natation, l'escrime, l'équitation ; les semaines coupées de lon- 
gues promenades à la campagne ; le travail excité sans cesse par 
Témulation, récompensé par des divertissements; l'esprit d'obéis- 
sance insinué par tous les détails d'une vie paisible et pleine, et 




IjCuCCilL àc l'I'niurnne^ t{e Sanj 



aussi par l'exemple, cliez les maîtres, du zèle professionnel, de l'ab- 
négalion el de l'accord des volonti's. 

Le cadre des études reste à peu près le même (jue dans les col- 
lèges dt' ri'nivej'sité, eu tout se})! un huit classt'S. Mais le contenu 
en dillere sensiblement, et la mélbode el la lin y sont loules ditb- 
renti's. On v parle t'ii lalin, rien ({n'en lalin, connue dans les col- 
lèges de la Facullé Mes Arts. iMais rnire les liois années de ui'arn- 
maire, pai* les(|uelles débnh' rtMisriuiieincnl. cl les deux i)U Ii'ims 



*;; I. I NiVKiisn K hi: pahis 

ans .II- |.liih»si»|.lur ii\.'. lu. lions .Ir mallirinaliiiues, i)ar lesciiit'lles 
il SI' rlôl. >*inl»'nal»' la irrainlr noiivraul»'. la classe «riiiiinaiiiLt'S v[ 
la rlu'tori«|Uf onlirrriii'iil iriioiu .li'»'. La Renaissance a passé siu* 
rKuropt», lui n'vrlanl la bcaiilc des lettres antiques. Le charme ne 
sera |»lus ronijMi Mais cmimn' il peut inclinei" les ànies vers les idées 
mêmes de ranli(|uilé. les .lésiiiles le ca|»lenl ««t le tournent vers l'idéal 
chrélien IN liiisi'iil ou .l.'sail iculeiil I<'s (r'uvres païennes, et ils en 
font apjirendi-e à leuis «'«IJ-ves non ce «jui [)einl riiomnie d'Athènes ou 
i\r KoMie. dans son milieu, avec ses idées, avec ses mœurs, mais ce 
i|ui exprime lliomme en uV'néral. l'homme de tous les temps, avec 
ses penchants, ses \ ices et ses vertus. Les lettres antiques devien- 
nefït les letlies humaines, ltinnaniorcs litterac ; la llenaissance 
liiurne court ; ell«' lait place à l' limiuinisniv, culture élégante, mais 
jiuit'men! loiinelle. loule en lieux connnuns. volontairement étran- 
j;ère aux laits po>itit's. VA voilà un nouveau moule (réducation hvi'mé 
et fermé poin- plusi«'uis sii'cles. 

(lliassés du royaume aprt'S l'attentat de Jean Chàtel sur la per- 
sonne du Hoi, les Jésuites devaient l'entrer tout au déhut du 
wii siJ'ch'. J^'attrait de leur enseignement était déjà si grand, 
qu ayant ouvert des collèges hors du royaume, à Douai, à Pont-à- 
.M«msson, nomhre de lamilles nohles v envoyaient leurs enfants, 
malgré les dt-lenses du Pailement. C'est pendant cette éclipse par- 
tielle (ju'intervint la réforme de l'iiiiversité de Paris par Henri IV, 
en lîillS et !6<H>. De cette réforme nous avons déjà dit ce qui avait 
Irait au statut général de Tlniversité en regard du pouvoir royal. 
Il faut l'u dire hrii-vement ce qui se rapportait à l'intérieur de lins- 
titulion '. 

Pour les facultés supérieures, théologie, décret et médecine, peu 
de choses à noter. Dans la partie des statuts qui touche à la 

i. Sur ceUc pOr ':h. Jourdain, Histoire de l'Université de Paris au AT//'^ c/ au 



LA VIEILLE UNIVERSITÉ 23 

Faculté de Théologie, le fait le plus saillant est l'oniissiou du nom 
du Pape. On prescrit que, dans l'enseignement, « rien ne sera 
contraire aux droits et à la dignité du Roi et du Royaume de 
France )>. La Faculté de Décret reste C(î qu'elle était, religieuse et 
théologique, avec six professeurs. A part les Institiites de Jusli- 
nien en première année, son ohjet demeure les Drcrélales et les 
Clémentines, c'est-k-dire le droit canon, le droit des clercs; ce qui 
importe avant tout, c^est l'orthodoxie des candidats. Aucune modi- 
fication profonde n'est faite dans la médecine. « Les étudiants en 
médecine assisteront fréquemment aux disputes et aux leçons puhli- 
ques )). En cinq ans, ils devront suivre au moins deux séances 
d'anatomie. Donc pas d'études réelles, mais des disputes verhales. 
La scolastique survit. On traite 1 homme malade par voie syllogis- 
tique. Vraiment, Molière n'outrera pas. En revanche, on réglemente 
les examens, l)accalauréat, licence et doctorat. A noter, connue 
indice, cette prescription : les bacheliers en médecine (|ui voudront 
être achiiis aux examens de licence, « rendront respectueusement 
visite au Parlement et à chacune de ses Chambres, aux membres 
de la Cour des Comptes et de la Cour des Aides, au Prévôt de Paris, 
au Prévôt des Marchands, aux membres du Corps municipal et à 
tous les dignitaires de la Ville ». 

Plus intéressant h; règlement des collèges de la Faculté des 
Arts. L'inlluence de la Renaissance s'y fait sentir et aussi le l)esoin 
d'améliorer, après les nouveautés retentissantes de hi Société de 
Jésus. L'ordre des études et hi nature des exercices scolaires son! 
réglés minutieusement. Tout d'abord, l'obligalion de parler en 
latin, l'intei'diction de parler en français. A colé du lalin. le gie»-, 
mais ;ni second phm. Connue (*\ercices, h's tliènies, h» vers hiliFi. la 
composition latine, l'explication des auleurs. a\ec re('oniinan<lation 
de choisir des auteiu's « d'une latinité pure » : d'amples récitations, 
des déclamations, lies revisions. La ni/'inoire deuieure rinstrumtMit 



il L I M V iKsi 1 1; ni: r.Mus 

|ii-iii(-i|ial. Apivs h*s éUnlt's tlassi(|U('s. la jiliilosopliic (|ui <liii'<' (1<'UX 
ans : vu pn-mirn' aniirc. la lo«ri(|in' «M r»''llii((iM' ; ru st'conde, la phy- 
.si<HH' v{ la iiM'IapliN M«|iH', siii\aiil la ili\isi(Hi consacrée. Toulc sur- 
vivaiici" (le la sc(»lasliijuc n'a (loue pas disparn. Il en reste encore 
«•elle (ihliiralion jmiiii- 1rs < ainlidals à la maîtrise es arls de répondre 
puldh|in'iiirnl à toiil Nfiiaiil. sur loule (jueslioii de loi;i(jue. de 
inorule, de plivsit|ue el de iinlapliN sicjiie. Pas plus dhisloire, moins 
de scionros encore (jiie clicz les .h'suiles. Ku seconde aimée de j)hi- 
losophie. à riinii»' Iri's malinalc de six lienres, (juel(jues notions sur 
li's premiers li\rrs d'iùiclidc cl siii" la sphère. 

Cotlr reslauralioii iif lui j)as un j-cuouNcau pour l'Université de 
Paris. Le corps inaiH{uail de \ ic Tout le long du wiT siècle, son 
histoire esl h'i Ile, sans i^iaiuleui". A peine (juelques faits notuhles, 
j»ai- cxempl.' : la l'econslruclioii el Fa^irandissenient, par Richelieu, 
du Colli'f:»' lln''cilui:i(juc de Surbonne; la création par Mazarin. du 
hi'au (Àdlège des Oualre-.Xalions, sur la rive gauche de la Seine, face 
ail LouvF'e. pour la jeunesse des piovinces annexées, Italie, Flandre, 
Alsace, (ierdaiine el Uoussillon, avec une dotation princière ; la 
créalion, en KiT'i, par la volonté de Louis XIV, à côté du droit 
canon, d'un enseignement du droit civil romain et du droit français, 
« lel (ju'il est contenu dans les Ordonnances et dans les Coutumes >. . 

hn elle-mèiiM'. la \ ie de l'Université continue d'être médiocre. Ce 
sont, «l'un houl à Tanhe du siècle, rivalités de doyens et de profes- 
seurs, coidlils dans les collèges, divisions entre facultés et nations, 
procès pour la propriété d'un champ, pour le droit de conserver des 
messagers jurés Toute laideui- qu'elle peut avoij' encore se con- 
centre dans la balailh' contre les Jésuites. A peine rentrés, elle veut 
les empèclier d'avoir des collèges à Paris, en dehors d'elle. D'abord 
virlorieuse, puis battue, elle veut arrêter leur développement. 
Allaiiues, défenses devant le Parlemenl, en cour de Rome, elle met 
en n-uvre tous moyens de résistance, procédures de droit, condam- 



LA VILlLLi: UNIVERSITÉ ^j 

nations lliéologiques, le toul en pure perte. En 1661, le Collège de 
Clerniont, ouvert à Paris parles Jésuites, avait plus de trois mille 
pensionnaires. La modération de son gallicanisme retienl l'Univer- 
sité de prendre un parti bien accentué dans les grandes querelles 
lliéologiques du xvn'^ siècle. Toul pour elle est subordonné à la lutte 
contre la congrégation rivale et détestée. 




'VdJu et pf4\^r,,^itii,, J,- 1^1 J^,rl,^nn^ ,Coii(urf huHm i/n*'i-f pur /*■ l ut ,/t/uU i-if '. Xit-fudru en (an 16^:: 



La Sorbonne de Uicheliou. Vue cxlcrieurc. 
(D'après la gravure d'Aveline.) 

Cette concentration de son ellort l'cmpéche de voiries nouveautés 
intellectuelles et pédagogiques qui se produisent autour d Cil»'. v[ 
d'en proiiter pour sa rénovation, lille est inditléreiite, sinon hostile, 
au cartésianisme, le l'ait intellectuel le plus consiilérable. non pas 
seulement du \\\f siècle, mais de l i're moderne. puis(ju*il substi- 
tuait la raison humaine à laulorih'' dans la l'echeiche de la xt'iité. 
Elle a\ ail subi une certaine inliltration de res[»rit de la Kenaissance. 
Elle subira de même, à son insu. j»eul-(Mre à son ei)rps délVuilanl. 
une inlilli'ation de l'esprit eaitc'sien. mais plus Icnleinenl eiu'ore. et. 



if I I MS LU-lii: DK l'A m S 

• |U.iii*l v\U' s»' «ItM-i.lria il I'imi^^jm'itium-. I.i plivsicuir dr Dcscailes aura 

.li*|iiiis lonj^'h'iiips «It'ià fail placr h la pliysiiiuc «le Ncwloii. 

A c'olr <r»'Il.'. un.' «'onj^rr^alion nom elle. I.i corporalioii nationale 
des Onilorit'iis, inaumiic un «'iisciiiiH'iinMil vraiinrnt nouveau, 
tMii|>l«M «lu franrais «-omnie laniiue usuelle. «'Unie approfondie de la 
lanuu»' nialiTiielle, é«ralih' <lii uiec el du latin, enseii-nement coni- 
l.m.-drs seienres el des Irlhcs. élude de la cliionologie, de l'histoire 
el lie la gé(»grapliir. l*i('>(ju«' en nirnir temps, Messieurs de Poi'l- 
Hoval, par espiil d«' «liaiih' et de u dévotion envers les enfants », 
ouvrent 1rs Prlih's Mcolrs. (pli sont aussi une grande nouveauté, 
|iuis(|ue. rt'scdnnMMil . louh' «'lude y est faite en IVaneais, puis(|u à 
l'art d'tMiirr m latin rst substitue* l'art d'écrire en français, puis- 
t|u'oii \ suppi'inii' le \(Ms latin. «|u'on v reni[)lace la traduction écrite 
des lexles «rrees rt latins par la traduction parlée, et qu'on y intro- 
duit la iiraiumaire liéiUM'ale et une loi^icjue débarbouillée de scolas- 
lique. «'rlan»'"»' d t'sprit cartésien. 

(idiilrr 1rs uns, contre les autres, les Jésuites, sentant le péril. 
t»uvreiit la lutte, modérée contre les Oratoriens, féroce et sans merci 
jusqu'à ilestiuction, contre i*ort-Royal. L'Université de Paris ne 
«•oniprend pas (juellc torce elle eût pu tirer de ces innovations. 3Ial- 
gré ses sympathies pour Messieurs de Port-Royal, elle assiste, trop 
iudill.'nMilr ri trop prudente à ces luttes, espérant peut-être qu'elles 
allaibliraient son adversaire, alors cjue ie seul moyen de redevenir 
fort»' était de se renouveler elle-même, ou de son propre fonds ou 
j)ar emprunts à (jui faisait mieux (ju'elle. 



Le déclin. — La fin. 



Au xviii' siècle, l'Université de Paris continue de se traîner sans 
f' sans élan. Un instant, Rollin attire sur elle quelque atten- 



LA VIEILLE UMVERSITi: 27 

tion. Son Traité des Etudes est de 1726. Ce n'est pas l'œuvre d'un 
réformateur. Le pieux et candide Rollin, tout appliqué à sou devoir 
quotidien, n'avait rien d'un révolutionnaire. Après avoir enseigné 
quarante ans de suite, il voulait simplement dire ce qu'il avait ensei- 
gné, conmient il Tavait enseigné, et quelles innovations modestes il 
avait expérimentées, estimant qu'après lui de plus jeunes pourraient 
tirer parti de son expérience. Son Traité des Études eut pu devenir, 
pour les collèges de T Université, un manuel et un guide. Il n'en lut 
rien. Rollin sans doute fut, dans l'Université, une autorité qu on 
invoque et dont on se pare : mais il ne fut que l'autorité d'un nom. 
Trente ans après la publication du Traité^ un contemporain pouvait 
écrire : « Presque personne n'a mis à exécution le plan de M. Kol- 
lin ; personne n'a prolité des leçons qu il a données en composant 
ses deux histoires. Oii sont les collèges où l'on apprend la langue 
française par principes? Oii sont ceux où l'on apprend suffisamment 
la géographie, l'histoire, la chronologie, la fable ?... Tout se borne 
à traduire du latin en français, à mettre du français en latin, à arran- 
ger des mots pour en faire des vers et à faire tout au plus une cen- 
taine d'amplifications en latin et en français. » 

Si l'Université restait sourde aux voix sorties d'elle-même, com- 
ment aurait-elle entendu les voix de l'extérieur ' ? Elles parlaient 
pourtant haut, ces voix du dehors, et disaient des paroles non encore 
proférées, l'indépendance absolue de la raison humaine, son droit 
à tout examiner, même les choses de la religion cl de la foi. A\ec 
Montes([uieu, avec J -J. Rousseau, avec d Alembeil, Dideiol. \ (d- 
taire et les Encyclopédistes, les sciences morales el les sciences de 
la nature gagnaient <lii champ sur les léserves intangibles de 
naguère ; les |)roblèmes i'(datifs à l'homme, à la sociél»', se posaitMit 
avec même liberté que des problèmes niiilh(''inali(|iies : b^s nM'lboiies 

\. Sur cctlt' ])t'riotIt\ V. Louis LianL L'enseif/neititnl siipcrieur en Frunct'. l7Sy-liilf>i. 



*S L L'MVLU>I1I. 1)1, l'A in s 

l'XlMMiiiH'nlalrs. sans a\o'\i [Hi»'liiil rficor»' <lrs liiiils <-(Hiipai'al)l«'s a 
ri'ux (lu MX" sii'i-It', rniiiinrinMinil à iiionlicr It'Ui' h'i'ondité. Celait 
|iarl»»ul, dans loul»'s \vs d\vvc['w\\>. \'v>yn\ d»' la sciciirt', t't une nou- 
vt'llf orirnlalion «ir l'opril Imniaiii. (-cl aii" iiouxcau circuh' autour 
ilr llniversilé «Ir l*aris sans jn'iirlicr en elle. 

(Jurl ronU-asIc ciilrc Irlal de la scirnc»' vi cvhi'i de Tenseijine- 
nirnt î En ce sii-clc (jiii cul des iiiallicnialicicns connue Leihnitz, 
Ni'wlon. HciMMUiilli. Kiilcr. dAlcnihcil cl Taylor, sont laites dans le 
doniaini'di- la naluif. les d('C(»u\ crics inilialcs (]o toutes les sciences 
nmdernes, la iriavilalion cl le sysliinc du monde, les lois de l'op- 
lii|ue, dr la clialcui- laMunianlc et dr la chaleur latente, la mesure 
du cali)ri<jin', les piriniti-cs lois de lélectricité, la mesure des 
anirlcs des minéiaux. la détermination de la forme de la terre, 
la décdUNcrlr des sexes et de la fécondation des plantes, la classifi- 
cation l>i)lain(jue : eiiliu. chose sans précédent et d'une portée incal- 
«•ulahle. I hiunmc et la société deviennent objets de science, et, en 
tout ctda. Il niversilc de Paris n'est pour rien, et, fait plus grave, 
tout cela nesl presque rien pour elle. Le xviii^ siècle s'est fait tout 
cnlicr en dtdiois d'elle et sans elle. Xon seulement elle ne contribue 
pas à la science par son activité, mais elle n'en admet que très dif- 
licilfinent et tris tardivement les résultats. « Plus de soixante ans, 
a dit M.-.l. Cbénier, s'étaient écoulés entre l'époque où Newlon 
publia les principes de la philosophie naturelle et l'époque où l'au- 
teui- des Institutions ncwtonieimes professa le premier la nouvelle 
physique k l'Université de Paris. » La Faculté de Droit semble igno- 
rer que les sciences morales sont nées. Jamais ne se vil pareil écart 
cnlre le degré des connaissances et le niveau de l'enseignement. 

Kn 1702, se produisit un événement par lequel, en d'autres temps, 
l»»so!i de rUniversité eût pu être changé. Les Jésuites furent expul- 
sés du royaume. On lui donna le Collège Louis-le-Grand, qui était 
on en (il son collège central; on y réunit les boursiers de 



LA VIEILLE CNIVERSITK 2'.) 

ceux (le ses collèges qui n'étaient pas de plein exercice et qui furent ' 
supprimés. Mais il était trop tard. L'institution vieillie, languissante, 
ne pouvait se ranimer et refleurir. 

D'ailleurs les idées sur le but et sur les moyens de l'éducation ) / 
s'étaient modifiées du tout au tout. Au xvii'' siècle, comme au moyeu f 
âge, former des chrétiens était le but de TUniversité. Tout le reste 




Le collège des Quatre-Nalions. 
(Daprùà la gravure de r*(?relle.) 



était subordonné à cette lin. Au milieu du wnr siècle, on commenct' 
à assignej' une autr e^tin, un e lin nationale, à l'instruction publi(jue. 
C'est pour la société, pour la nation, pour la patrie (lu'clb' doit être 
donnée. Sur ce point, les Parlementaires sont nets et décisits. • Il 
s'agit, dit Guvton de Morveau, de formel' des citovens. de gra\»'r 
dans 1 àme de l'enfant l'image de la patrie et ib' lui donner des con- 
naissances (jui le prépai'enl aux (bverses b)n('lions de la\ieci\ib\ '> 
— (( Les eid'ants de l'Ktat doivenl élic (Uevés par des membres »b' 
rÉtat )), dit dans le même sens La lîbalolais. u J^es enfants éîevrs 
dans les collèizcs naissent citovens ■ , dt'-clare le l*arleineiil tîe (ne- 



30 L i M\ i:K>ri I. Di: rAiu> 

nolilr; parsuilf, « l«'s iiMilirs «loi\.'nt i'\ve cilox cns et lU' (l»'j>or)(li'e 

(|ii(' «II* I htal ». 

Aussi n«»ls ri plus aiiri'ssifs soni les Imh yclnpiMiislcs ri les philo- 
sonlii'S. l*roiin>li'iiis (!♦• r«'sjnil ikhimmu. ils |)ouisiii\ «Mil. vu la [mt- 
soniu* «II' rrnivt'rsil»' <!«' I*aris, la lra«lili(ni. la roulinc cl la irsis- 
lancM» il la sciiMirt'. « .!«' icrdimais «It'Jà le (l<Hi:l dr Dieu dans la 
hrlisr <!»• la Sorhomu'. rciil N «illaiic à (rAIcinhert, apirs la critique 
«lu Jit'lisait'e «le Marimmlrl : ces polissons sont lopprobre de la 
Fran«'e. » I)idei-ol \\'vs\ jcis jihis i-(''v<''rcn('ien.\ : « La FacuUé de 
Tliéolojrie, dil-il. a r«'i:l(' les «'Uidcs sur les circonstances présentes ; 
elles sont Iniinn'cs vers la conli'overse avec les protestants, les 
lulliéri«'ns, l«'s sociniciis. les lluMstes el la nuée des incrédules 
niodiMiiis. ICIIc csl clic iiicnic une excellente école d'incrédulité. Il y 
a peu «le .sorbonisles (jiii ne r«''cJ'lenl. sous leur fourrure, ou le déisme 
«m lallu-iMiic. Ils \\\'i\ soiil (jiic plus intolérants et plus brouillons » 
La l'aculh' de Droit csl u niisérai)le. On \ né«ili«^e tout ce (jui pour- 
rail iiilén'sser les citoyens. Elle nbabile plus un vieux bâtiment 
•î«»llii(jiic : mais elle parle i^otli sous les superbes arcades de l'édifice 
uiud«'rnc (|iinn lui a ('levé. » Poui* la médecine, « il n'v a point 
«l'élude ou de |trali(|ue, écrit Vic(j d'Azyr dans V Encyclopédie, où il 
se soi! introduit autant d'abus ». Quant à la Faculté des Arts, c'est 
«laus ses écidcs. écrit Diderot, a (ju'on étudie encore aujourdbui. 
sans les ai)preiidre, sous le nom de belles-lettres, des lan^iues 
niorh's (|iii ne sont utiles (juii un Iri'S {)etit nombre de citoyens, que, 
sou> le iiuni dr rli.'-lori(iue, on enseigne l'art de parler avant Fart de 
penser, vi celui de bien dire avant que d'avoir des idées; que, sous 
le nom de loirique. on se remplit la tète de subtilités d'Aristote, que, 
sous le nom de métapbysique, on agite sui* la durée, l'espace, l'être 
en général, la possibilité, l'essence, l'existence, la distinction des 
<leux substances des llieses aussi frivoles qu'épineuses, premiers 
élémenls du sceplicisrae et du fanatisme, ueriue de la mallieureuse 



LA vieilli: UXIVERSITK 31 

facilité à répondre à tout ». Mauvais sons de cloche pour l'Univer- 
sité. Ce n'était pourtant pas encore le ^las: mais il approchait. 

Fait à remarquer, dans les cahiers de doléances et de vo^ux 
dressés pai' les trois ordres avant la réunion des Ktats Généraux de 
1 7.89, personne ne demande la suppression des universités. On 
signale leurs ahus,. leur langueur, leurs insuffisances, leurs routines. 
^Fais on ])arail croire que. sous l'impulsion de l'Etat et Taclion de 




yx-. *m ^-.-. ^ 



Le collrpro (le isavuiro. 



l'opinion, elles pourroni se réformer et se raniiiit'r. (Connue it'iornu's 
générales, on demande Tétahlissement d'une cducalion nationale, el 
d'un plan uniforme d'enseignement: « Ce |)laii, twaminé el adoplé par 
le gouvernement, deviendrai! le Code de rrnst'iiiin'inciit national ». 
(Clergé de Reims^ ; « que Téducalion soil dirigée \«'is les dcxoiis 
(jue la morale prescrit à I lioinim' cl (juc \v »ilu\(Mi contiactr en nais- 
sant eiiMM's sou priucc cl sa j>ali'ic » \(^hlesse {\v Kcuus : — u (juc 
Téilucaliou puhli(|ut' soil Icllcuicul luodiljj'c, (ju Clic jtuisse coiivein'i' 
aux états de tous les ordres, et rornicr des hounues mtIucux cl utiles 
poui' toutes les classes de la socic'lt' » Tiecs hltat de la Kochelle; : — (jue 



32 i/rMvi:iisiTi: m: i-aius 

1rs Klals (iiMUM'aux s'ofriijn'nl « <l«'s inoyi'ns d'iiispirt'i' un rartictÎTC 
nutional par «l«'S «-liaiipMiH'iiN ihms r/'din'aliou de Wiw ri l'auli'c 
sexe, laijuelle sera ronsliluiM' siii- «les |niii(i|M's rrlalils à la destina- 
lion |»ri''suiin''e de ces enfauls » /Noblesse de Lyon\ 

A relie dalr de ITS'.I, *>ii (jii«d <''lal se Irouxail l'Cniversité de 
l»jrig7 — |;||,. ;i\ail lmijt)iii-.> t|ua(i(' l'aciillés: la (liéolog;ie, le droit, 
la inédeeiiie el U's arls, el dans la Facullé des Ails, au moins nomi- 
naleriient. qnalre nations, l'rance. Picardie, Normandie et Allemagne. 
La Faeullé d»' Tintdogic avait onze proiesseurs, sept en Sorbonne et 
qualr»' <'n Na\iii ir. I.;i l'anilh' de Dioit en avait sept, six pour le 
droit eaiion •( Ir ilioil romain, un seul pour le droit francjais, avec 
le eoiieour> de ddu/r duch'urs aiirégés. La Tarulté de Médecine, à 
la fois «M-idi' «'I COI |Kti alion jtrol'essionnidle, conjprenait cent qua- 
raiitc-liuit dnctruis rt''i:ciils, ne it'sidant pas tous à Paris: sept étaient 
allih-fs pour rnseiujier les accouchements, la patliologie, la phv- 
siologie. la pliai-macic. la chirurgie française et la matière médicale. 
La Faculh" des AiU n'a\ai! phis ((ue seize collèges, dont dix seu- 
b'inenl de pji'in exercice, les Collèges d'Harcourt, du Cardinal- 
Lemoinr, d.' Navarre, de Lisieux, du Plessis-Sorbonne , de la 
.Marche, des (irassins. Montaigu, Mazarin et Louis-le-Grand. Dans 
chacun de ces dix colli'ges, à peu près même nombre de maîtres, 
un pour cluKiue classe, de la sixième à la rhétorique, parfois deux 
pour la jdiilosophie (jui durait deux ans et réunissait à la philoso- 
phie proprement dite les mathématiques et la physique. De pro- 
fesseurs spéciaux, il Fi*y avait (ju'au Collège de Navarre et à Louis- 
le-Grand pour la physique. 

<>n ne sait que de façon incomplète et indécise le nombre des 
écoliers et des étudiants. A la Faculté de Droit, le nombre des récep- 
ïionsesl, en i78«.8î). de oG:^ savoir 283 pour le baccalauréat, 278 
pour la licence et 2 pour le doctorat. A la Faculté de Médecine, on 
relève V)8 inscriptions au premier trimestre, 92 au second, 81 au 



LA VIEILLE UNIVERSITÉ 33 

troisième, et 102 au qualrièiiie. En liros. les seize collèges du la 
Faculté des Arts avaient ensemble environ o.OOO élèves. 

Le prix des études et des [irades varie suivant les facultés. Peu 
élevé à la Faculté des Arts, il est formidable à la Faculté de Méde- 
<Mne ; pour la série des examens et les cérémonies qui accompagnent 
le dernier, il s'élève à 7.000 livres. Et quel décompte ! J'v relève : 
pièces aux suisses et concierge de Notre-Dame, à ceux de l'arcbo- 




Lc collège d'Harcourt. 
(D'après la gravure île Marliiiel.) 



vèclié, 37 livres, 4 sols ; boîtes de dragées au doveii, au cbancchCi' 
et à rarclievè(|ue. 62 livres; tentures et tapisseries. ['M) livres: (b'-jcii- 
ners et dîners, 1()7 livres, 4 sols ; location de l'dbes, 4 livres, i sols : 
carrosses, 23 livres, 8 sols;bii're. vin, «'chiiudés, petits pains. 21 li\ res, 
10 sols ; location et blancbissage des rabats dont les i'andidal> ont 
lait usage, it) livres, 12 sols. 

Cependant la condition des proi'esseuis ('lail modeste. iiK-diotTe 
même. A la Faculté des Arts, les i'ég««nts de philosophie et (h' i lu'to- 
ri(|ue louchaient 2 40ll lisfes, 1rs autres. 2 UIM) sculrnicnl. Ea tor- 



54 L L.MVtKSITi: DE l'A H IS 

tune (11* rriiiNi'i^ih'' n'/'taif pas cniisid.'raltlt'. On a sos coniples pour 
It's anniM'Sijuipivct'iitMil la U»''\oluli(m. Kii laiil (jii.' pcrsoniK» collcclivc 
elIetMiraissa,iMi l"Si), iO :". I".» livres .Ir i.'vemis, 2."». 00(1 coniine loyers 
iriiinin*ul>I<*s, le reslo comme rentes sur la ville, lespostes, les tailles, 
ailles el^Mbelles. laferiiu' <hi parchciiiiii. etproduits de (juelques legs. 
Sur ces recettes, rllc avail à jk>ui\ »»ir à (juehjues fondations, environ 
un niilli«M' «le li\i«'s. au pi(''fi|»ut «lu recteur, variant entre 1.200 et 
I.8UU livres, à une icnle de \ '2i\i) livres à la Faculté de Médecine, 
aux affiches. irnptMs. dépenses du tiiltuiial universitaire, enti'etien de 
ses imiiieuhles. Irais de carrosses, de dîners et de cérémonies. 

Kn dehors <lu corps «olleclir. on ignore ce (|ue pouvaient posséder 
en propie les Taculh-s de Théologie, de Médecine et de Droit. Quand 
l'Assemblée Constituante établit une contribution patriotique, égale 
au (juarl du i-eveiiu net de cbaciue citoyen, la Faculté de Théologie 
et celle de Droit se taxi'reiit chacune à 300 livres, ce qui implicjuait 
[lourchacune un revenu net de 1 :^<M}. La Faculté de Médecine déclara 
que ses dépenses nécessaires « surpassant de beaucoup ses revenus 
fixes et même casuels, elle se trouvait hors d'état de contribuer ». 
Plus rii'hes étaient les seize collèges de la Faculté des Arts : leurs 
revenus s'élevaient à environ 1.100.000 livres, vingt-huitième du 
produit de la ferme des postes, octroyé par le Roi en 1719, pour 
établir la gratuité des études dans les collèges, en remplaçant par 
des gages fixes les rétributions auparavant payées aux régents par 
les écoliers, environ 300.000 livres, et le revenu des fondations 
pour bourses, (ju'on peut évaluer à 800.000 livres en moyenne. Sur 
ces ressources, outre les bourses, ils payaient les traitements de 
leurs principaux, procureurs et régents, et subvenaient aux dépenses 
de matériel. 

L'ensemble des immeubles qu'occupait alors TUniversité de Paris 
peut être évalué à quinze millions. La Faculté de Théologie avait la 
Sorbonnc; la Faculté des Arts, les seize collèges dont il a été ques- 



LA VIEILLE ENIVERSITÉ 35 

tion plus haut. La Faculté de Droit était installée depuis 1775 dans 
l'édilice de Soufllut, qu'elle occupe encore aujourd'Iiui. La Faculté 
de Médecine, abandonnant son vieil et étroit logis de la rue de la 
Bùcherie, l'avait remplacée dans les bâtiments à demi ruinés de la 
rue Jean-de-Latran. Pendant des siècles, l Université, en tant (|ue 
cof]^s collectif, n'avait, pas eu de domicile propre. Au moyen âge, 
et plus tard encore, elle se réunissait au couvent des Mathurins, 
à côté de Cluny. Après l'expulsion des Jésuites en 1762, elle trouva 
unjasiie au Collège de Clermont. Mais elle n'y était ni cliez elle, 
ni au large. Quand eurent été approuvés les plans de Souftlot par 
la Faculté de Droit, elle demanda qu'on lui construisit, en face et 
symétriquement, là oh se trouve la mairie du Y*^ arromlismcni, un 
autre édifice oi^i elle aurait eu salle de réunion générale, salle pour 
son tribunal, dépôt (Farcbives et greffe, salles spéciales pour cha- 
cune de ses quatre facultés et chacune des nations de la Faculté des 
Arts, galeries pour la bibliothèque, lialle aux parchemins et appar- 
tements pour le recteur, les ofhciers généraux, les bibliollu'cairrs 
et les professeurs émérites. Des plans furent dressés el présmités au 
Roi. Mais ce fut tout. 

C'est en l'état ci-dessus ((ue la l^évolulion saisil TLinNersiléde 
Paris. Elle était morlellemeni touchée. 

Trois actes de l'Assemblée Constituante le lui liiciit sentira i'é\i- 
dence. Elle était une corporation |)i'ivilégiée, un roi'[)s indt'pcndaiit. 
Le décret du 22 décembi'e 1789 la mit. clic el les au! l'es coi'pora- 
lions. sous la surveillance de l'admiiiisti'at ion (h'paileiiieiitale. File 
avait le droit de posséder el elle j)0ss(''dait . J^es lois du 2 iio\embre 
[~H\) el du 22 a\iil 179(1 t laiish'ii'reul à la Nation les biens des coi- 
porations el des congrégations, h^lle consei's ail I adminisi lalion des 
siens, mais seulement « poui" la pi't'-senle aniu'-e, el jus(|u'à ce (ju'il 
v\\ ail ('h' auli'emenl ordonnt' par le pou\oii- législatif)), lùilin la 
loi du 2'\ mai 1791. (jni cn'ail les minisli'ics. la liait direclemenl 



i 



36 L IMYKUSITK D K PAlUS 

aux |H»UM»irs nouveaux, m ialla. haut au Miiiisli'rc de riiih'i-icui'. 

Conlri» iiiauvaisr foiium'. rlh» rsseya lion \ isaiic sinon hoii (•(rur-. 
Après la prise «le la Ua>lill<'. rllc \ ;i m ri)i\)s clic/ 15aiMv cl chez 
Lafavrllt» pour les IV-liciliT cl mcllrc sous icui- |)i-olcclioii ses droils 
el st's inicrcts. Oucl(|U(\s jours plus lard, clic envoie à Versailles 
une «lépulalion à rAsscnihlt'c nationale « |»oui" lui j)i'csenler l'Iioni- 
ina^'e île son respect », el l'assuiMT (ju'cllc recevrait a avec Iransporl 
le «lépôl juV'cicux cl sacn'' de li-duciit ion nalionale ». A (juoi le Pj'é- 
sideiil répondit. n«»n sans ii-onic, seniblc-t-il, « ((ue l'Assemblée ne 
«loule pas (juc ri in\ crsih' de ]^aiis lU' serve ses intentions patrioli- 
(jues avec le zi'lc (ju'cllc a lail voir jus(ju"ici dans l'enseignenienl 
des lettres ». 

Bientôt sur\ienl la constitution ci\ile du clerjié el le serment des 
prêtres L'antauDuisnic. latent jus(ju'aloi-s, éclate soudain. Le rec- 
teur cl (|uel(jucs prolesseuis prêtent le serment. La plupart le l'efu- 
senl Du lait. d«'iiiissioinjaires, destitués ou iiderdits, le nombre des 
maîtres est diininu»' sensiblement, et la fonction de TUniversité mise 
vn soullVance. Son existence même se trouve, peu après, mise en 
question. I.e dt-cict. du 18 août 1"1)2 maintient pr(n isoii*ement les 
établissements d'instruction, nuiis ordonne que les membres des 
congrégations employées dans renseig^nement ])ul)lic n'en pour- 
ront continuel- « l'exercice (ju'à litre individuel ». En même temps 
surgissent pour l'organisation de l'éducation nalionale, de grands 
projets, crux de Tallevrand. de Condorcet. (jui l'ont table rase des 
-aniversilés et tracent les plans de tout autres édilices. 

Ainsi l'Université perdait successivement ses privilèges, ses 
biens, sa constitution, son indépendance, son régime propre. 
Llle n'était plus qu'une ombre. Ses facultés spéciales avaient été 
atteintes par d'autres lois encore : la Faculté de Théologie, par 
celle du 12 juillet 17ÎH) sur la constitution civile du clergé, qui la 
rendait iiuitile <'ti faisant obligation aux évéques d'avoir des 




LA VIEILLE UNIVERSITE -^ 37 

séminaires pour le recrutement de leur clergé ; les Facultés de 
Médecine et de Droit, par celle du 2 mars 179J, qui proclamait la 
liberté des professions, sans conditions légales d'études, de grades 
et de diplômes. 

Cependant elle subsistait toujours, appauvrie, vidée, attendant le 
coup final. Il parut porté le soir du 15 septembre 1793. A la suite 
d'une séance confuse, la Convention avait décrété : « Les collèges 
de plein exercice et les Facultés de Tbéologie, de Médecine, des Arts 
et de Droit sont supprimés sur toute la surface de la République )>. 
Mais, dès le lendemain, cette loi avait été suspendue. Légalement, 
l'Université continuait donc de subsister. Mais toute vie acbevait de 
se retirer d'elle. On ne parlait plus de ses Facultés de Tbéologie, de 
Droit et de Médecine ; elles étaient tenues pour disparues. A la 
Faculté des Arts, il ne restait guère que les boursiers et les (juelques 
professeurs ayant pi'èté serment. On les payait encor<'. Hientot, on 
cessa de les nourrir. Le II nivnse au II, au Collège des Quatre- 
Nations, « le défaut de fonds avait fait cesser la nourriture ». On 
alla ainsi jusqu'au 1"' veniôse an III. Ce jour-là, la loi qui créait les 
Écoles Centrales ordonnait : « Tous les anciens établissements con- 
sacrés à l'instruction publi(jue, sous le nom de collèges salariés par 
la nation, sont et demeurent supprimés dans toute l'étendue de la 
Républi((ue. » C'est ainsi (jue l'Université do Paris, la vive lumière 
du moyen âge, acbeva de s'éteindre. 



/ 



DEUMK.Mi: l'AU] lE 

l.A .\()r\ KLLE UNIVERSITÉ 



La Renaissance de l'Université. 

C<mU ans plus tard, achevail df se consliluor, par l'effet d'une loi 
j^^i'iu'ialc, la imuNcllc l'iii\ ersilé de Paris. Comme l'ancienne, elle 
est un corps collectif, formé de facultés et écoles diverses. Mais là 
s»' Imh!!»' la rcsscinldancc. Tout le reste est différent. 

Avant loiil. IVspril d'où elle est sortie. La vieille Université avait 
été, à l'ori^Mue, et pendant des siècles, l'organe de la scolastique et 
delà tJjéolojrie.Mènie après la lienaissance^après Thumanisme, après 
le carlésianismr, jiprès la fermentation scientifique du xvii'' siècle, 
ollr avait uardé profondément la niar(jue de ses orii;ines. La nou- 
vtdlf Uni\ crsilt' de Paris est lille de la science. Elle est une tenta- 
livr jinui- n'aliscr cette conception des philosophes du xviu*' siècle, 
pailiculii'rcnK'nt des Encyclopédistes, passée de leur cerveau en 
celui drs léjj;islatcurs de la Révolution. (|ue toutes les sciences sont 
solidaires, et (|ue par suite les établissements où elles sont cultivées 
et ensei«:nées en doivent reproduire à la fois la multiplicité et l'unité, 
si bien qu'aujourd'hui le mot université semble avoir changé de 
sens et désigner la confédération des sciences, et non plus, comme 
i\\i moyen â^e, celle des maîtres et des étudiants. 



LA Nt~>UVELLE UNIVERSITÉ 39 

La vieille Université comprenait toutes les écoles, les écoles de 
loul deg^ré. On entrait enfant, à neuf ou dix ans. dans les collèges 
de la Faculté des Arts : on sortait homme de la Faculté de Théologie 
ou de celles de Médecine et de Décret. La nouvelle Université est 
exclusivement vouée à l'enseignement supérieur. Par là encore, 
elle relève des idées de la Révolution française. C'est en etfet dans 
les projets de 1 Assemblée Légisk^tive et de l'Assemblée Consti- 
tuante que se trouve énoncée nettement, pour la première fois, la 
distinction des trois ordres ou degrés d'enseignement, l'enseigne- 
ment primaire, pour tous, avec le minimum de connaissances élé- 
mentaires nécessaires à tous, l'enseignement secondaire, pour un 
moins grand nombre, avec des connaissances plus élevées, pour 
l'exercice des professions oii l'esprit a plus de part que la main, 
entin. pour une élite, l'enseignement supérieur, à la fois producteur 
et propagateur dos sciences, destiné il devenir, avec l'esprit scient i- 
lique et pour la vérité rationnelle, ce que les universités avaient 
été au moyen âge, pour la foi. avec l'esprit théologique. 

La nouvelle institution tient encore à la Révolution par les 
principes de droit public, suivant lesquels elle est construite, et 
comme établissement d'enseignement et comme établissement 
public. Sous l'ancien régime, les institutions d'enseignement étaient 
l'œuvre de corporations religieuses ou de sociétés à caractère reli- 
gieux. Même ijuand le pouvoir royal se fût attribué sur elles ilroit 
de tutelle et de contrôle, elles ne devinrent pas les organes d'un 
service public. Avec la Révolution, sont inscrites pour la première 
fois dans la loi les maximes naguère mises en avant par les Parle- 
mentaires : (( L'ense igaemeut es t^une fonction nationale ». ^^ Cette 
fonction est pour la puissance publicjue un devoir de justice >^ Df-s 
lors, l'enseignement est un devoir pour l'Ltat. Conséijuences ^ les 
établissements d'enseiîxnement sont au premier chëFTles établisse- 
ments d'État. Ils doivent être créés, organisés, administrés par 



10 i.TMvi: n<i ri: ni: r.v iii< 

I Ij.il. l/l*J.il 'Inil siilivriiir il Inirs «I.'jm'iis.'s. Leurs inoIVsscurs 
ilui\tMit «Hr»' aireiils .!.• ri'!l;il. rrs|»(.iis;il>lrs (Irviiiil I l'Jal. .lacohiii, 
ronsulairo ou iuipérial. r'fsl l.'i !.• .lioil '1<' la l-rancr iiouvril.'. uiir 
ri in.livisililf. parlaiil .riilralisj'r. Coiiiinr nous l(> venons plus loin, 
1rs l iii\ersil«''S françaises <le la loi .le \H\W> sont des ceuvres de 
iliVt'nlralisalion. Mlles n\'i\ resleni pas moins oriianes de l'Etat, 
d'un Klal un, el non morcelé eonmie la l'^rance de raneieii réj^inie, 
Uf^issaiit par. lois ir«''n«''iales, el lintli'pendance (jn'elles ont reeue est 
un inoven «Ir mii-nx a^suiei* la Fonclioii (jui leui* est assignée par 

IKlal. 

Trois fois doue. «'Iles deseendeni d<' la I{('Volution. Dès lors, on 
peut s'éloinit'i- (jni'llcs soicnl lu-es seulement cent ans après elle. 
Ce fait sV.\pli<|ii<' par «les causes liislori((ues. 

L'idée d'«''«((l«'s uiii\ eiselles où seraient groupés, suivant leurs 
aflinités, tous les objets du savoii" liuFuain, se trouve pour la pre- 
mière fois dans les i-appoits de Tallexrand à l'Assemblée Consti- 
tuante el (l«* (À)ndorcet à l Assemblée Législative. Que tel fut l'idéal 
de la Hé\t)lulioii. on n'en saurait douter, cette conception du haut 
enseiL^nemenl élanl conforme à la pliilosopbic; du wuf siècle, d'oii 
sortait la Kévolulion. De tout autres idées n'en avaient pas moins 
été mises en avanl. Aux écoles encyclopédiques, d'autres, plus sou- 
cieux des applications de la science (|ue de la science elle-même, 
préféraient des écoles sjjt'ciales, constituées chacune en son particu- 
lier pour umr science particulière et sa prali({ue. Tbéoriquement, de 
ces deux conccjttions, la jueniiJ're avaitles préférences des assemblées 
révolutioimaires ; elle lut même adoptée un instant par la Conven- 
tion, î n pi'u jilus lard, elle fut reprise et soutenue par Daunou et 
par Roger Martin, sous le Diredoire. Mais les ressources manquant 
pour la réaliser, ressources en liomnies, ressources en argent, les 
nécessités du fait l'emportèrent sur la doctrine. Dès la fin de la 
Convention, sous la pression des événrnK.'iils, au hasard des circons- 



LA NOUVELLE UNIVERSITÉ 41 

:ances, les hommes d'action créèrent des écoles spéciales. Ainsi, 
de l'ancien Jardin du Roi, on lit le Muséum, école spéciale des 




■r. 



Z'. 



sciences (le la Nalurc. -- (hi iiiaii(|iiail .rin^V-iiinirs iiiililain-^ : If 
Comité de Salul piiMic iinjU'ovisa Wx^A^^ IN>I\ I.M-lini((U«v — On avail 



4i i/cMvnisiTi: m: iv\nis 

|»«'ii «11' profi'sst'urs : on <I«m rda llvol»' Noiiiial»'. — De loiilcs paris 

\ montait unr plaiiilr rDiilrr rincajiacih' «les int-drciiis cl les crimes 
• les charlatans; «m «'-laMil Irois Kcolcs sp«'cialcs Ar Saule ;i i^aris, à 
Montpellier, li StrasbourL:. 

Le (ionsulal suïn il celle iiiijnilsion. Aux «'coles spéciales de la (^oii- 
venlion, il ajoula d'autres éndes sj)éciales. poui' le dioiL el poui' la 
pharmacie. Son (eu\ re pi'opre. en ce domaine, fui le rélahlissemenl 
vi l'or^anisalion des grades. J^a luA (dulion les avait supprimés, pro- 
rlamanl lihies louhs les |)i-oressions libérales. De cette liberté 
n'étaient sortis (|ue mécomptes el mét'ails. Pour y remédier, TEtat, 
litii'le à sa fiuiction nouNelle. rt'tablil les grades, doctorat en méde- 
cine, lici'nce en didil, elc. ; il les impose comme condition à lexer- 
cic»- de cerlaines piofessions . el. pour (''\iter le retour des abus 
d"aulr«'lois. il .s'en atliii)ue le monopole. Désormais, les grades, exigés 

' pai- lui à lenlri'e de cerlaines cai-rii'res publiques, seront ^rrades 
4/tlat Ils seront son eslamj)ille sur les produits de ses écoles. Les 
fxijjreanl. il les garaiitiia ; les garantissant, rt les délivrera dans les 
conditions déterminées par lui, sur la foi de juges nommés par lui. 
Napoléon eut peu souci du baul enseignement. On sait (jue pour 
assurer, renseignement public dans tout l'Empire, il avait institué 
1 l niversité impéiiale, mu* et indivisible, comme l'Empire même, 
sorte lie congrégation laïque, sans vœux, centralisée à outrance sous 
la main d un (iiand Maître. Dans cette organisation générale, l'en- 
seignement supérieur eut une place, une toute petite place, oh il 
devait vacjuer juste à la fonction étroite qu'on lui assignait, oi^i il 
manquait de la liberté (ju'exigent les recherches de l'esprit et le pro- 
jrrès des sciences. Des Écoles spéciales de Santé, de Droit, qui exis- 
taient, on lit, par un simple changeuKnl de nom des Facultés de 
.Médecine et de Droit. On leur ajouta des Facultés des Sciences et 
(les Facultés des Lettres, suilout comme mécanismes de la collation 
des grades, sans leur assigner une destination savante, sans même 



LA NOUVELLE UNIVERSITÉ 43 

leur donner de professeurs en propre. A Paris, la Faculté des Sciences 
fut composée de deux professeurs de l'École Polytechnicjue, de deux 




professeurs du CoUé^f d»' rianct', de deux piofcssciiis du Muséinu 
v\ de deux professeurs de in;ilhéniati(|U('s des Inc.'m's. La l'acuUe îles 
Lettres, df trois professeurs du CnlU'i^v d.' l'i aurc cl .1.' liois profes- 
seurs i\c Ix'lles-lt'lhvs .les lycées. 111. dans cIkkiuc .•cnli e acadéini.jU.', 



44 I. I M Vi:il>l I I IH I' \ IMS 

t'Iianinr •!«' »*••> lai'ulU'S, droit, iiifilcinif. scinicfs cl Icllrcs, rcsia 
uni» iM'oli' spt'rial»'. itnislilih'-c à pail. sans lapporls axcc les aiilres, 
el «1«» rliarmio, saut" «laiis le dioil cl la iin'tlccinc où il y a\ail des 
t'iuiliants. la |iiiu(i|iali'. iiarfois niriiir rniii(|n<' allaii'c, lui de Iciiir. 
('iiat|U(> aniHM'. des sessions irexameiis. 

On pense liieii ijin' la lieslaiii'alioii n Cul cure d'ain'iner ces corps 
fraL^nienlaires el inei-les. (Icpciidaiit sous la Hcslaui'alioii, l ensei^ne- 
iiH'iil siipérit'ur parisien hiilla il un vitéclal. Par une heureuse con- 
jonclion. il un in^lanl donne, se li'ouvJ'i'cnl i'«'unis. à la b'aculté des 

I Lellres, à la Scultonnc. Mois jeunes professeurs de grand talent, élo- 
<ju«'nls Ictus h'N Irois, chacun à sa nianièi'e, tous les trois d'idées 
lihérales, «'u accord axcc le lihéralisine montant de l'opinion, Guizot, 

., (Cousin, Villeinain A leur parole, la jeunesse accourut, commet 
aulref(»is les foules du moyen àiic h la parole (l'A])élard. Leurs leçons 
étaient lecunllies, jiuhliées, disti'ihuées dans toute l'I^urope, et à 
W einiar, iioelhe les attendait chacjue semaine comme un événement. 
Ce succès oratoire ne lut pas seulement un épisode ])rillant dans 
l'histoire de la Faculh' des Lettres de Paris; il donnait un moule aux 
protesseurs des Facultés des Lettres, et fixait pour longtemps «leur 
manière ». Sans étudiants, sans apprentis, ils allaient s'adresser 
au « g-rand puhlic » et faire pour lui, souvent avec talent, des leçons 
non de science, non de méthode, mais de vulgarisation, jusqu'au 
jour cil de \ lais »HudianLs \ icndraient leur demander autre chose. 

Sous h' Urnivernement de Juillet, Guizot, Cousin, Ministres de 
i Instruction puhlitjue, rrvèrent, à la place des facultés isolées, 
(rnniversités complètes, à la mo.lei-ne, « grands foyers d'études et 
de vie intellectuelle. » Ce ne furent ({ue de simples velléités, tant 
l'opinion puhli.|ue était indiiférente irces choses de la science et de 
l'esprit. 

Sous le second Empire, de grands noms, de grandes découvertes 
doivent être in.scrits au compte de l'enseignement supérieur de 



LA NOL'VELLE UNIVERSITÉ i5 

Paris. Les génies naissent quand ils naissent, et la pénurie des 
moyens matériels n'est pas pour eux une entrave. Mais alors (|ue 
dans tout le reste de l'Europe, surtout en Allemagne, les universités 
se développaient, s'enrichissaient, produisaient à lenvi, en France, 
les facultés, mal venues, mal organisées, mal logées, mal outillées, 
mal dotées, mal pourvues en personnel, restaient languissantes et 




Nouvelle Sorbonne : Grand vestibule. 



aux trois (juarts stériles. Des contemporains non suspects ont tracé ( 
le tableau <!<' Icui- misère à la Tm du second Kmpire. A Pai'is. la 
Faculté de Di'oit s'abrite toujours dans le massif édilice consliiiit 
poui' (die par Soulllot. au (l'oisirnic liiMS du wm siridc. C'est la 
mieux logée : mais elle n'a pas de jtlace pour tous ses cours, ni 
poui" sa l)il)lioth(Mjue. La l'acullé de Médecine a ses elini(ju«'s dans 
divers li(')pitaux. Sou aiupliillu'àli'e d'analomie esl uii charuier iid'ect 
(|ui euipoisoinie loul un (juaiiier : sur lui > Ouxcenl ie-^ l'eurli'es de la 



1. iM \ 1. ii<iTi: i)i: i'Ai;is 
('lini(|iii' «l^•*^ itiiiiiif» i-ii < uiii lies. |-]||(« îi'm |tas dr laboraloii'cs pour la 
(ilivsioloirir. pour la «hiiiiic, ptnir !a plis sicjuc. El ccpciKlaiil c'csl le 
liionitMit (»ù, par (llaiulr Hmianl. les sciences expériineiUales et 
li'iirs iin'lliotles «•onmiriiceiil à s'aj)pli(ju«'r à la ini'dcciiie. J^'Ecole 
siip'*Tit'urr lit' IMiariiiacic uih' rue ilr l'AibalMc dans une \ icille 
maison hranlaiile. porlaiil tous srs plaiiclins sur «Hais. La Faculté 




Nouvelle Sorboiine : Giund escalier. 

(les Lettres a, dans la Sorbonne, des salles Je cours, la grande salle 
«le Guizot, de Cousin et de Villemain, (jui ne sert guère, et une 
autre, plus petite, h la lois pour les cours et les examens; en face, 
pour les séances du doctoral, une toute petite salle au plafond bas, 
craccès Jifliciie. Dans la niènie Sorbonne, la Faculté des Sciences 
fait tous ses cours de sciences expérimentales dans le même amphi- 
lliéàlre; die a ioj^'é ses collections dans des greniers; comme labo- 
ratoires, elle n'a qu'un bara(iuement dans une cour humide, obs- 
^urpîomhéo par les vieilles maisons de la rue Saint-Jacques. 



LA NOUVELLE UNIVERSITÉ 47 

Les ressources pour matériel sont à l'avenant. A la Faculté de 
Droit, l.UUO francs pour achat de livres et de périodicjues. Aussi 
n'a-t-on aucun périodi([ue étranger. A la Faculté des Sciences 
8.930 francs pour les frais de cours et de laboratoires : l.oOO 
pour les collections, 160 pour abonnement aux périodi([ues savants. 

Le nombre et la nature des enseignements sont loin de répondre à 



...: ( 




Nouvelle Sorbonne : Péristyle du premier étage. 



l'iiolo NeurdeiD. 



Tétat de la science, moins encore à ses besoins. La liste des chaires 
des diverses facultés de Paris, en 1870. est courte, tiés courlt'. sur- 
tout si on hi compare à celles des grandes universiti's élrangi'res à, 
la même date; à la Facultt'' de Droit, onze enseigncnnMits. à la 
FacnU('5 de Médecine, vingt et un; on/c à la l'\icullt' «les L('lti-cs,j 
onze également à la Facull»' des Sciences. 

Cependant, à la lin du second Em|>ii-c. des \oi.\ autorisées, ctdle 
d ini .Ministre rc'foj'inaleur, N'ictor l)uiu\ . cn'atcuf de l'Fcole «les 
Hautes-Etudes, ccdles des plus gi'ands sasanls, Pasteur, (daudt* 



48 L'UNI vi:n SI Ti: i>i: I'ahis 

1 Bernard, Sainl*' (ilairr Drxillr. s'rlJ'Vcnl j)()iii' (Iriioiiccr la iiiisi-rc. 
On rominiMicp h sT-moiivoii-. Ajnî's la uin'ire do 1870, on s'ôincul 
davanlafT*' stuis la coiuiclion i\\\t' <c (jiii a Irioniphc' à Sadowa et à 
Sedan, r*«'sl respril allnnaiid. Iilsde la scinicc allrniaiidc, cl i)i(Milol 
la reslauralitin <!«' rt'ii^t'iLiiirmciil sii|»«''iiriir IVaiir.ais apparaît à l'olile 
roninn- uih* nrci'ssilé j)uldi(|ii('. coniiiir une des loiincs du rtdrvc- 
nieiil nalional. A jH-iin' la U«'jnil>li(|U(' proclainrc cl les républicains 
an\ all'ain's, on se mcl à r(cnvi-c avec une ardeur confiante cl de 
Iniius e>p(tir>. I*('iidaiil \iiiul ans. sous riinj)ulsion de jninis- 
iH's connne .liili-s I'citn-, lien»' Cuddct, Bcrlhelot, pour ne dire 
ijue IfN noms drs nioris. sous l'aclion conlinuc d<' la Direction 
d»* r«'nseii:iieni«'nl supt-iicur. N'ille et h^lat rivalisent pour construire 

^ des facultés nouvtdies. A Paris, s't'li'venl la nouvelle Sorbonne, la 
nouvtdie Kctdr de Pliarniacie. la iionvelle Faculté de Droit, la nou- 
\«dl»' Faculii" de .Mt'decine. dépense voisine de <'ent millions. Clia- 
«jue aimée, le budi:et de reiiseig-neuient supérieur s'accroît de plu- 
sieurs millions. Si liien (|u'en 1890, le (iouvervement de la Répu- 
bliijue pouvait. a\ec une léiiitime fierté, dire de la République devant 
le Sénat : <( Dans ces (|uinze dei-nii-res années, elle a refait les bâli- 
nienls des facultés ; elle a constitué à peu près de toutes pièces leur 
outillage, Imrs laboratoires, leurs collections, leurs bibliotbèques ; 
elle a élariii et eiiiicbi les cadres de leurs enseignements ; elle a 
plus (|ue dimblé leur liuiluel : (die a rendu meilleure la situation 
des personnes et doté les enseignements de ressources indispen- 
sables: rlle a riéé deux catégories d'étudiants, autrefois inconnues 
en France. 1rs .'lutliants en lettres et les étudiants en sciences; 
elle a mis plus de science (jue par le passé là oii dominait autrefois 
le souci des éludes professionnelles, et (die a donné une taclie pro- 
fessionnelle aux ordres de facultés (jui n'en avaient pas; elle a 
icndu aux facultés la personnaUté civile (ju'un pouvoir défiant leur 
^^' "t* ; elle a rendu possible leur rajiprocbement ])Our une 



LA NOUVELLE UNIVERSITÉ 40 

œuvre commune; elle a donné toute liberté à la science et aux doc- 
trines ; elle a favorisé le groupement des étudiants aussi bien que 
celui des maîtres; enfin, elle a vu le nombre de ses étudiants s'éle-/ 
ver par milliers et les étrangers revenir à ses écoles. » ' 

Et si ce témoig'nage paraissait partial, en voici un auti*e, ii'i'écu- 
sable, celui d'un étranger bien informé, écrivant quelques années 




Nouvelle Sorbonne : Péristyle du pi-eiuior ttagc 



plus tard: « Quel que puisse être le jugement définitif des bistoriens 
de la Ré[)ublique, ses pires détracteurs ne pourront contestei' ce fait 
que seule la Prusse, après léna, fut capable de reconstituer el ilc 
régénérer d'une manièi'e aussi beureuse et aussi rapide chaque 
brandie de son enseignement su[)érieur. » 

F^a (in de l'entreprise, c'était la consliliilioii, en Ti-ance, d'un cci- 
tain nombre (rimiversités analogues à celles \\r l'iMianger. non |'a>, 
<'i)iiHne on la dit inexacleinenl et iiijusleinciil. jiar iinilali : 'ivib* 
(le ri'lranger, u cette maladie des peuples \aincus », mais i c «jue 
la forme universitaii'e, où les sciences diNcises et les diseï tlisci- 



:,o LIN I V i:M>;rn m: r \ i; i^ 

|»liiu»S soiil iiiiifs ri cocutlimiHTS. sriiiblail. rxjK'rit'ncc lailr, le 
mt'ill.'iir iiiMM'ii «rassuiTi- la dilliision ri le juomi'S «les sciciict'S. 
C«*H univiTsiU'S. uiir loi «'ùl pu les ilt'cit'lcr di's le (l(''l)ul. Mais la loi 
nt» rriM» pas !.•< lud'iiis. ri. dans les ranilh'S. les iiKPurs élaient alors 
h'Ili's «ju'rii viMianl jui-iiia! iiifinriil les iiiiiNcrsih'S russriil risqué 
.1 . !ii« larlirrs ri sh'iilrs. Au lien d'en laiic le prélude dr la i-érornir. 
.11 rul la saiit'SS*' d'j'ii laiic ir hM'nic. Avant dallarliL'i' réliquelU' 
sui' <l«'s «'taldisspnKMits encore dt'iun's de l'espril universitaire, on 
résolut dr pi-o\o(juer en eux cet esprit et de l'aire en sorte (jue peu 
à peu la eouslilulioii des uiii\('rsilés Unît par apparaître comme la 
rouséqut'uee drs pioniis ri'alist'S et (jue, le nionient \enu, la loi eût 
moins à les cn'ci- (ju à les consacrer. 

Il sérail inléressani de sui\i-e une ta une toutes les ^relies de 
celle épiirénèse. Ici. il sullira d'indiijuer les principales. On com- 
mence, rn !8S.-). pai- reslaurcr l;i pejsonnalité des facultés, tombée 
en désuétude. En même temps, on les autorise à recevoir des sub- 
ventions et à en l'aire usaiic pour la création de nouveaux enseigne- 
ments, pour b's dépenses des laboratoires, bibliotliè(jues et collec- 
tions et pour dc> (ruvres en faveur des étudiants. Comme on pou- 
vait prévoir (jue des libéralités seraient faites indivises aux facultés 
)d'une uièm<' ville, pour m léuler l'emploi, on institue, en cbaque 
centre académique, un conseil général des facultés. 

('/était la prcmiJ-rr ébaucdie de l'organe central indispensable aux 
futures univeisiLés. Bientôt on le développe, on l'organise, on en 
étend les fonctions. On décide qu'il sera composé du recteur, prési- 
dent, des doyens et de délégués élus de cbaque faculté. A la fonction 
moileste et intermittente de la première beure, on ajoute des fonc- 
tions scientilicjues, des fonctions scolaires, des fonctions administra- 
tives. Iri's délibérément, on met ainsi en expérience un organe de 
vie commune entre facultés d'un même groupe. 

A tout ctda, le pouvoir, réL'-lementaire, comme disent les juristes,. 



LA NOL'VELLE UNIVERSHK 51 

suffisait. Puisqu'on procédait expérimentalement il parut sage de 
s'en tenir d'abord à ce qu'il permettait. Pour aller plus loin, il fallait 
la loi. Aller plus loin, dans cette voie, c'était, pour chaque faculté, 
obtenir un buduet propre, pour la réunion des facultés, devenii* un 




yU'<U) Nounl.-in. 

Ndux'oIIi' Sorhumic : ITtisI ylo du premier t'iaitc 

coi'ps, investi hii aussi (b' la prrsoiniahlt' civilt'. cl n'élre phis iiiu' 
jiixlaposilioii (b' jMMSoinics. (jiialrc ans jdiis lanl. en ISSD, la loi de 
Hnaiices ('lablil b's budgets des raculli's cl (It-cida quN seraient vei- 
sés les ciM'dils oiixci'ls au Miiiisli'ic de 11 nsliucl i(Ui pubb(ju«' ptuir 
b' niah'rirl de ces (''lablisseiiiculs (Jualre ans plus lar«l, «mi ISOit.nou- 



5* I 1 N I \ I KSI II. 1)1. l'A lus 

veau proj^iî'S <*l «It'ci^il ; la l<»i <1'' liiiaiiccs cii'c dans cIkkjuc ressort 
araïU'initjUi' !•' corps ilt's r;i(iill<''>. le <l<''(lar<' jjcisoiiih' cIn ilc cl le 
nom \«)il tl'uii IhuIl:»'!. \ iiliirllt'iiinil. les iiniscisili'S étiiient l;iih's. 
(JUf iiiaiH|iiail il à ers corps poui- rlic <l<'s uiii\ nsilrs ? Trois 
rlio.scs sriilcnn'iil. iiiais iiitis choses cssciilicllcs. l ii nom d'ahonl, 
leur nom vi-ai, li- m-uI [lossiblc, le seul en usai;e dans tous les pays 




Nniivi'llc Surijojiiir : Le grand anipliilliéàtre, 



civilisi'S. \'A\ second lieu, un plein pouvoir disciplinaire sur leurs 
maîtres et sur leuis «'ludiants. Kniin une dotation plus larg^e, plus 
cerliine, plus n'-julil-re (jue le produit des dons et legs et des sub- 
ventions. 

Ce tut le triple don de la loi du Kijuillet 18l)(>. Elledéeidait queles 
eorps de lacultés prendraient le nom d'universités; (jue les conseils 
de> uiM\ersilés, auraient jui*idiction discii)linaire sur les professeurs \ 
et sur les étudiants, enfin que les droits détudes, d'inscriptions, ( 
lie !.il»linili;M|ii<' <i ,],' iiavaux prati(|ues, perçus jus(ju'alors au fu'olit . 



LA XOUVELLi: l' N I V ERS IT K 53 

I (lu Trésor, le seraient désormais au prolit des universités elles- 
niénies. 
/ Ainsi s'acheva par une loi très simple cette lente et méthodicjue 
évolution. On voit sans peine quelles idées l'ont dirigée. Les uni- 
versités sont les organes d'une fonclion scientifi({ue. Du premier au 
dernier échelon (h's études, la science à propagei-, la science à 



^-^ 




Nouvelle Soi'bonut' : Le i,M'aiiil aiii[)liilhi'à(re. 

[ accroilre, est la lin de tout l'oriianismc. Oi'. j)ar essence, la 
\ recherche scientiliijuc est lihre : (die ne i-econnail d aulics lois (|ue 
/ celles des mélhodes, et ce sont lois cjuc la puissance [»nl»li([ue est 
inhahile à foiiiiuler. Mais, d'auli-e pail. en l'rance, renseiiiiiemenl 
supéiieui", comme rensei^nemeiil st'condaire el reusei^iiumenl | i*i- 
mjiire, esl une loiicliou de 1 lllal ; ses piolesseurs sonl au(MUs ,dc 
ri'llat. 1)«'S lors, ils l'oi'ineiil un sei-\ic(> piihlic. Ce ser\ice a sans 
(loule ceci de pro|)re el de jxMsomiel cjii il esl inl(dleclu(d ef moral. 
Cejx'iidanl. connue loul sei'\ ice jiuldic ('lahli jiai' I l'ilal, dans 1 inle- 



M I. i .M\ r.ii>iTi: i)i; taius 

n^l roininiii). il «^l soumis ;i «Irs ri'izlrs rilic-U'cs ji.ir l;i |niiss;iii('(' 

|iul»li<|iii'. 

Il fallait ilonr roncilin- cvWv iii(l«'|M'ii(l;iii(<' cl cclh' (IrjK'ndancc. 
Pour cola, les iini\ crsih's oui «'It' .illV, inclues Ai' toute enlr;i\<' dans 
Irur vie sn'rniilicjue : ellos soni uiaîliesses <le leurs prouraininos, de 
l«'ur oriraiiisatioii srienlili(jue sans aulre ohliizal ioii (|ue de poui'voii" 
aux i'nsi'ii;iu'njenls nécessaires à la colhilion des jj:rades conléi'és 
par l'Klal. Kn (uilre de ces grades, elles peuvent insliluer des tilres 
d'ni-die scienlilicjue. dt'-l i\ i(''s eu leui" iu)ui. luais ne conréi'anl aucun 
lies di'oils et jui\ ili'i:es allaclu'S aux uiades d J^^tal. Sous leur \ ie 
scientili(|ue ci jiour <'u ;icci-oilie les niovens. on a plac!> la vie civile 
la |dus laii:»'. la mieux assuit'e, sans auli'es restrictions ou tutelles 
(jue celles (|ui r«'sulleul (h's lois Lit'nérales du pavs, et le principe 
conslitutioniicl de la i-esponsahilih' ministérielle. Juridiquement, les 
uin'versih's irancaises sont donc des ori:anes de l'Etat, ]j1us souples 
«lu'aulrefois, animés dune vie j)i()pie et trouvant dans leur vie civile 
lies moyens de mieux i(''aliser leur lihi'e fonction scientitique. 

Il 

La constitution de l'Université. 

/ L'Université dr Paris <'sl un corps collectif. A l'origine, en 1890, 
elle cumpnMiail cin.j facultés, la Théologie protestante, le Droit, la 
^Médecine, \v< Sciences, les Lettres et l'École supérieure de Pliarnia- 
eie. La Faculté do Théologie catliolicjue avait été supprimée une 
dizaine d'années plus tôt ; la Faculté de Théologie protestante, inu- 
lile du monuMil (jue l'Etat, ne nommant plus de ministres des cultes, 
n'avait jdus à en former, devait disparaître, elle aussi, en 1902, à 
I application .le la loi (jui a séparé les Églises de l'État L'Université 
de Pans perdait donc avec elle un de ses organes primitifs. L'année 



/ . 



LA NOUVELLE UMVERSITK 

suivante, elle en recevait un 
autre. L'École Normale supé- 
rieure lui était réunie. 

Ainsi constituée. l'Université 
n'est rien sans ses éléments cons- 
tituants. Au contraire, chacun de 
ces éléments était et serait quel- 
que chose hors de cette réunion. 
Chacun a sa personnalité propre, 
son budget, sa vie, sa fonction, 
ses professeurs, ses étudiants. 

La toute neuve Université de 
Paris, comme autrefois l'an- 
cienne, couvre de ses édifices le 
somiiiet, le flanc Nord et les 
confins de la Montagne Sainte- 
Geneviève. Le pays latin du 

^ . moyen âge est resté le « quartier 
latin » de Paris, l)ien que le latin 
I soit la seule lauuue (juon n'y 
parle pas. Son centre est k la 
nouvelle Sorbonne , immense 
palais rectangulaire, face à la rue 
des Ecoles, limité à l'ouesl par 
les rues de la Sorhonne et Victor- 
Cousin, à l'est p;ii- la rue Saint- 
.lacfjues, au sud pai- la rue Cujas. 
\ logent les services généraux 
de rUin'versilé, la section prin- 
/ cipale de la HihIiolluMjiH' iiiiixci"- 

I sitaire, la Taculh' des Lcllics cl 



OD 




■ri -^ 



56 i/iM vi:i{>iTi: i»i-: paris 

|iarli«' «1«' la Faciilh' drs Sciriicfs. Pivs «lu PanllK'oii. la FaculU' de 
Droil. rrll»' «lo Soulllol, srvJT»' .'(lilicc, ai:ian<Ii. |)lus (ju<' (loul)lé, 
sur la riH* Soufll»)!, la iiir Saini-.lac(|ut's cl la iiic (Uijas. Kiic (l'rim, 
rhVoli» Norinali' sujuMit'iiic. cnlrc cours cl jardins. Houlevaid Saint- 
(i«»rinaiii, la Farulh- Ai' MimIccIfic : jdacc dt' l'Iù^ole-de-Médecine, 
l'Krolc pralicjuc, pavillons t\(' disserlion, lahoraloires d'anatomio, 
t\i' |divsioI()Lri(\ d'analoiiiic pallioloiritjuo, (riiistoloii^ie, etc.; dans 
prrsijiic lous les ln'>jiilau\ de Maris, à ril('»lcl-l)icu, à Saint-Anloine, 
à Ucaiijon, à Ijaennec. à SainI -Louis , à la Maternité, les nom- 
lu'cuscs cliniijucs de la 1^'acullé. Avenue de l'Observatoire, l'Ecole 
sup«'*rii'uic de IMiaiiuacie. avec ses immenses laboratoires et son 
jardin bolani<juc. Aux l'orlilications, sur un bastion, le laboratoire de 
pliysiolo^ie expérimentale. I^rîs du .laidin des Plantes un très vaste 
laboratoire i\r la l'acult»' des Sciences pour renseignement élémen- 
taire, tliéoricjue v[ prali(|ue. des sciences physicjues. chimiques, et 
naturelles. \Un^ Micbelet. près l'École de Pharmacie, l'École de Cliimie 
appli(juée, dans un vieux baracjuenient qui va disparaître, et sera 
remplacé, entre la rue Saint-Jac(jues et la rue d'Clni par un vaste 
Institut de Chifuic, lonii" de liO mètres. Entin, pour les besoins de 
«lemain, un jrrand terrain de 20.000 mètres carrés de superlicie, tout 
récemment acheté par l'Eniversité, de ses deniers, Tancien couvent 
des Visitandines. 

Ce n'est j)as tout, FlJuiversité de Paris s'étend hors de Paris. 
A Nice, »dle a Tadmirable observatoire, construit, outillé, doté 
par Haj)liacl Bischuirshein et (ju'il lui a donné avec son annexe 
de haute altitude au Mont-AIounier. Sur la .Méditerranée, à Banyuls, 
le laboratoire maritime Ara-o, créé par Lacaze-Duthiers. ^ur la 
Manche, le laboratoire maritime de RoscofF, si connu des natu- 
ralistes du monde entier, créé par le nième savant. Plus loin, au 
nord, sur la .Alanche encore, le laboratoire maritime de Wimereux, 
construit et donné par M. Lonquety. Enhn, à Fontainebleau, à 



LA NOUVELLE UNIVERSITÉ 57 

la lisière de la forél, un laboratoire de physiologie végétale. 
Tous ces édifices ne lui appartiennent pas en propre. L'École supé- 
rieure de Pharmacie et FEcole Normale supérieure sont propriétés 
domaniales. La nouvelle Sorbonne, la Faculté de Droit, la Faculté de 
Médecine, construites à frais communs par l'Etat et la Ville, sont 
propriétés de la Ville de Paris. En propre. 1 LniversiLé pussi'de 




Nouvello Sorbuniie : Sallo du Conseil de l'Uni\ cr^i'.L' de Paris. 



l'Observatoire de Nice, les laboratoires marilimes, les teri-aiiis de la 
rue Saint-Jacques et dv \i\ l'ue d'Ulm, les laboratoires voisins du 
Jardin des IMantes, construits de ses dcnirrs. 

Toute personne ciNiie doit rli"e i-eprt'scnti'e. Pailois clic l est [tar 
l'ensemble de la collectivitt' : ti'cs l'ai'ciiicnl j);tr un si'iil individu : le 
plussousent [)ar un conseil, (hi ne pou\ait sc)nL:(M" à laii'e délib 'rei* 
sur les int(''rèts communs les li-ois cents pi'olc^seui's. cbai"i:«''S de 
couis. maili'cs de ci>ntV'i«Mices et am'éiîés dt's iaculles d«' l*aris ; 



L r.Mvi; us iTi: m: \'\\\\> 
viu-ort' moins |ii)uv:»il-(»ii «'ii ronlirr l.i rliaïuc à un seul lioinnir. On 
l'a riMnist' à un cnnstMl. !•' Consril ilr I l ni\«'isilr. 

Ce Consoil coinprmd dfs innnldo il«' <1i(m1 cl des iik inhrcs ('lus : 
connni' rncnihn's «li- tlidil. le \ icf-KccIrur <!•' I Ariidt'iuic dr Paris, 
pivsidiMiL l«*s l)n\«'ns du hioil. de la .Mrdccino, des Sciences et 
des Lfllres. le !>iit'chMii- de il^cole su|)érieui'e de Pliai'inacie, le 
Direclfur ri Ir Situ>-I>irr(lrui- de llifole Normale suj)éiieui'e ; comme 
îneinlu-es élus, deux drléj:urs de chacjue laculh' el deux de 1 Ecole 
di' IMiarniacie. a\«M' luaudal de Irois ans. 

Le Cunsi'il s«' rt'unil ii'^ulii'icmenl une lois par mois, à la Sor- 
lioinii' : il |n'ul rlic (mjiin o(ju»'' «'xlraoïilinairemenl ])ai' le Recleui', ou 
>ur la demande du tiers de ses nieiuhres. 

(Juelles sont ses altrihulions ? — On j)eut les grouper sous li'ois 
«•liefs, la \ if ciN ilr de irnisersil»', sa vie scienlilique, sa vie sco- 
iaii-e. Pour la vif civil»', le Conseil statue sur l'administration des 
l)iens di' IL ni\ «'r.silé, sui" l'exercice des actions en justice : il déli- 
hWv ^uv les accjuisilions. ali('nations et éclianues des biens de l'Tni- 
versité, sur les haux d une durée de plus de dix-huit ans, sur les 
emprunts, sur l'acceptation des dons et legs, sur les offres de sub- 
ventions, il donne son avis sur les budgets et comptes des facul- 
tés. — Poui- la vi«' scientilique, il statue sur la réglementation des 
cours libn's, sur l'organisation et la réglementation des cours, con- 
lérences et exercices pratiques communs à plusieurs facultés, sur 
I oriranisalion générale des cours, conférences et exercices pra- 
tiques proposés chafiuc anni'-e par les facultés et écoles de TUniver- 
sité, el il a pour mandat spécial d'y établir la coordination néces- 
saire au bien des études et aux intérêts des étudiants ; il délibère 
sur les créations d'enseignements rétribués sur les fonds de l'Uni- 
versité, sur l'institution et la rég-lementation des titres d'ordre 
scienlifiquc que l'Université est en droit de créer; il donne son avis 
sur les créations, transformations ou suppressions des chaires rétri- 



L A >' C V E L L C U N n' E R S I T !• 59 

buées sur les fonds de TElat, sur le règlement des services communs 
à plusieurs facultés, tels que bibliothèque universitaire, lal)oratoires, 
instituts communs. — Scolairemenl. le Conseil statue sur Tinstitu- 




Nouvoilo Soiboiine : Cabincl du Uoclour. 



lion d'cruvri^s dans TinlértM (b'S étudiants : sur la it'pailition tMitic 
les étudiants (b\s diverses facultés cl écoles de II iiivcrsilé. tirs dis- 
penses de droits prévues pai' les lois et rî'iilenuMits ; il délibère sur 
les règlements l'tdatils aux dispenses de dii)its jiereus j»ar Tl ni\er- 



«0 L l M VI.H>rn. I)K l'A III s 

silr. Il a jiiriilictimi «liscipliiinii*»' sur l«'s iiiofcsst'iirs et les /'huliauls 
i\v huilfs li's farulU's, saul" a|ijn'l au ( loiiscil suid'-iicni- do i'inslruclion 
|mMi<|iif. l-jiliii, «Ml cas ilc dcsonlrrs l:im\<'s dans mit' raciillr, cette 




Cadran sjlaire piovenanl .le la .Suih..iinf de Richelieu. 

faculté ne peut rlrr fcrni.'e totalement ou partiellement sans son avis. 
.î«- viens d'employer les mots sMae, délibère, donne son avis; ils 
.nan,uent trois de^^.^-s dans les pouvoirs du Conseil. Quand il slalue, 
>a décision est définitive ; elle ne peut être annulée (,ue par arrêté 
•iu AFinislre et seulement dans deux cas, excès do pouvoir ou vio- 
lation d-une disposition légale ou réglementaire. Quand il déitôère. 



LA ^'OUVELLE L'MVERSITK 01 

sa décision est soumise à l'approbation du Ministre de l'Instruction 
publique. Celui-ci peut ne pas l'approuver; mais il n'est pas en 
droit d'y substituer sa décision propre. Enfin quand il donne sim- 
plement son avis, le Ministre peut décider à l'opposé de cet avis. En 
outre de ces pouvoirs, le Conseil, sur l'initiative de ses meml)ies, 




Nouvelle Sjurljoiiiie : Coui- inti'rieuro. 



peut émettre des vcrux sur loulc (jueslion rclaliNcà l'enseiiiiieiiuMil 
supérieur. 

Après \v pouvoir déiibt'i'aiil , cl pour it'aliser st-s décisions, le pou- 
voir exécutif". — Il est coiilit' au rcclnir. Pi-ésidcnl du Coust'il de 
l'Eniversité. A l*aiis. en nciIu duii \ icux it-iilemcnl, le Kccicurde 
rAcadéniic de l*aris csl le Miiiislrc de riusIi'uctiiMi puMiciue. Di'UX 
fois seulcinciil, ;i ma connaissance, le Miinslre a exeict , honoris 
Cf/ffs//^ la loiiclioii recloi'ale. Il a pi'(''sitlt' la picmiJ'i'e assetnblée de 



,,i I. iM vi;iisiTi: in: i-ai; is 

ITniviTsitr : il a |nvsi«l»'. laii passé, à la S()ilM)iiiir. la st-ance solen- 

I ni'lltMlt» n'MM'plioii i\r \'[ "in\ nsih' «le Loiidit's par riiiiN crsih' de l*aris ; 

pour la vit' «I»' lous N's jouis, il rniirl sa charge an Vicc-Rcclcur. 

Ci» Vicp-H«'cl«'ur uCsl pas l'analouii»' du rcclrur de la \ieille Liii- 
vorsilr «If Pai-is. ou drs icclcuis de ccilaiiu's iiDiversilés rdran^icères. 
Lr prt'iiiier riail «du poui* un Iruips lit's couil, |)ai' les délégués dos 
farullés «'1 dt's ualions. Il Iriiail dclk's loul son pouvoir, el ne devait 
lies roniptes (ju'à (dlcs. A l'idijuiiier, là où il y a un recteur, par 
«'Xt'iiiple en AllcinauiH'. il rsl un piofesseur, élu le plus souvent 
poui" un an. soi! pai- Ifiisrinlde. soil pai' les délégués de ses collè- 
gues. Sa fonrlion est surloul i cpiésentative ; à coté de lui, agit, 
pour l'administralion. un délégué de TEtat, un curateur. Eu France. 
pays cenh-alisé, les l'eeleursd'Acailéniie existent de})uis une centaine 
d'années. (■.li(tisi> If plus souscnl parmi les prolesseui's de facultés, 
nécessaiiTinrnl p«tur\usdu gi'ade de docteur, ils sont agents directs 
de l'Etal Ils sont placés chacun à la tète d'une circonscription géo- 
grapliiijue, aj»[)(dée Académie et (jui comprend plusieurs départe- 
ments. Ils ont sous N'ur autorité les facultés, les lycées et collèges 
Je garçons ri de lilles, les écoles normales primaires et, en partie, 
les établissements d'enseignement primaire. Quand on lit les Uni- 
versités, on ne voulait pas, on n'eut pas pu bouleverser toute une 
|»arlie de Foiganisation administrative de la France. On fut donc 
tout naluiellement conduit à laisser le recteur à la tète de ILni- 
v«M-sité, comme il était auparavant à la tète des facultés. 

Mais là son rùle est double. Agent de l'État, il représente l'État 
devant V\ nivrrsité. Ace titre, il veille à l'exécution des décisions 
du .Mniistre, à l'observation des lois etrèglements. Pouvoir exécutif 
de I Université, il est chargé d'exécuter ses décisions; il la repré- 
sente devant l'État; situation en partie double, (jui ])eut être parfois 
dt'îirpff.. mais que le libéralisme des Ministres et l'autorité morale 
»- s ne rendront jamais périlleuse. 



LA NOUVELLE L'NIVERSITÉ 63 

Sans ressources, une personne civile est impuissante. Quelles 
sont les ressources de l'Université de Paris, j'entends ses ressources 
propres? Quels usages est-elle en droit d'en faire? Quels usages 
en a-t-elle fait ? En devenant université, les facultés de Paris n'ont 
pas cessé d'être établissements de TÉtat. L'Etat continue donc,- 
comme par le passé, de pourvoir à leurs besoins par des sommes 




Fhotu .Ncur.inii. 

iSouvi'lIt' Sorboniie : Galeiic sur la cour iuléricuit'. 



considérables. Tout ce ([u'il Ifui- donnait auparavant, a él»' main- 
tenu au budget, augmenté même. En 1908, le personnel tic ces 
facultés, nommé et rétribué par l'Etat, est insciil au budget du Mi- 
nistère de l'Instruction [)ubliijut' [)()ur iî.<S3~.075 francs, auxiiuels il 
faut ajouter 2G7.0IK) francs pour les (lt'[)ensiîs propres de TEi'ole Nor- 
niale supérieure. En outre. l'Etat doinie à l'EniN tM'sitt', j)oui" «Mi'e re 
pai'tie pai" son Conseil entio ses dixcis «'lablissemenls. une stunme 
élevé(», all'ectée aux (l(''j)enses de matt'iiel. Irais de cours, ({('«penses de 
laboialoires, de cliauHage, éclairage, etc.. 



A 



f4 i/i:m vKusiTi. i)i: I'aius 

I.i»s ivssouives propres <li' ll'iii\ nsih' sonl Jahoid une pai'lio 
lies tiroils pa\és p;ir l«'s (''liKliaiils. A\aiil IS'.il), lous ces droils 
élaii'iil peirus au prolil «lu TiN-sor. Iji < rraiil Irs imivcisilrs, pour 
leur a>\sun'r «los ressoiiiccs crrlaiiifs. pour t'Ncillcr en elles l'espiil 
<riMnulalioii. <!♦' fcs diiuls on lil dt'ux paris. JjCS di'oits d'examons 
l'ii vut'ili's "radfs d IJal icstiMciil i-cccllcs d'h^tal : ils conl iiiurrciil 
il'rlrr iMicaisst's au prolil du iVc'Sor. Mais lus droils d'élutlcs, d'ius- 
oriplioii. df Idldiolliitjuc, dr liavaux prali(|U('S, eu un mot tous ceux 
tiui SI' l'apportciU à la \\v scicnliliiiuc de It-tudiant, dexinrent receltes 
ill ni\»'rsil»' ri turnil dt-suiiuais \eist*s à sa caisse. A Paris, c'est 
un«* rrcfllr cousidt'iahlt' ; »dlc s"csl élevée en IDOG aux cliillVes 
suivants : drtdls diiniiialiiculaliou, (Hî.l^O Iraiics : droits d'iiis- 
criptioii. 7:^7 liln lianes: droils de bibliothèque, 101.912 Ir. oO ; 
tlroils dr tra\au\ pratiijurs ri de lal)oi-aloires, 397.71)7 t'r. 50: 
Total. 1 ..*il)3,47() IVaiics. auxijutds il convient d'ajouter le produit 
des examens pour les titres scientili(jues établis })ar l'Lniversité 
ellf-mème. en drliors des iirades d'Etat, soit 44.675 francs, eu 190(). 

|)«' <rl!r rrrelle eiitii're l'Lniversité n'est pas libre de disposera 
sa ^'•uise. Klle doit doimer aux bibliotliècjues tout le produit des droits 
dr bibliolb('(|ue ; aux lal)oratoires, le produit complet des droits de 
laboratoires ri de travaux [)rali{{ues. Elle ne dispose donc en réalité 
«jur dr> droits d i iiun alliculation . dinscriplion et des droits d'exa- 
mriis aux litrrs in>lilu»''S par tdle. On a pu le voir j)ar les cliillres 
relevés, la niarge est encore lirande. 

Mîsis eu lui faisant larj^-esse des droits d'étude, la loi en a cepen- 
dant déliniii.' I rni[)loi. Certains abus étaient possibles. On y a 
coupé «oiirt, d'avance, en décidant (|ue les Universités ne pour- 
raient employer ces ressources (juaux objets suivants : dépenses 
(les laboratoires, bibliothèques et eollections, construction et entre- 
tien des bàlinients, création de nouveaux enseignements, œuvres 
dans l'intérêt des étudiants. 



LA NOUVELLE UNIVERSITE G5 

A l'aide des ressources de cette catégorie, F Université de Paris 
a déjà réalisé nombre d'améliorations, les unes extraordinaires, les 



1 




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l'Iioto Ncurtli'iii. 



Ei;li>o ilr la Sorboniuv 



autres ordinaires. A peine constituée, pleine dr loi m sa vilalilé. el 
conlianle dans la persistance de sa personnalité civiliv eilt^ (emprun- 
tait 1.700.000 Irant's au (j't'dil l'oiicier poui" consli'uire. rue (aiviei*. 



t,6 i/iNivi nsm'; hi: paius 

II' vaslr ah'lirr <lr rnisri^iifinfiil ('•h'iiii'iilaii*' des sciences |»li\- 
sitiiH'S. rliimi<|ues el iiMliiielles. 'J'oiil i(''ceiiiiiieiil. laisiinl hloc d une 
siil»vi»nli»»n «lo l'Klal. -1 une lilicialih' <lu riince de .Monaco, de ses 
n'ssoiirc«'S disjionildes. el s'endellaiil eiicoïc nn j^eu, (die aciielail, 
au pn\ d«' I .Si:^'.)."»:i lianes, [loni- ses hesoins acUnds el suiioul pour 
Si'S hesoins tuUns. le counciiI Av^ \ isilandines, hàlinienls el jai- 
ilins. Oans rinler\alle. eIN' consli iiisail. siii- un des haslions à elle 
al»andoiMit'< jiar ladiiiinisli-al ion de la (iuei'r<', un la])Oi'aloire de 
jilivsioloiiie : elle aintdiorail Koscoll. lîanx uls. W'iniereux : clic pei'- 
rechoniiail l'outillaue de ses laculh's, colleclions (rarcliéologie <'t 
•l'arl uKulerne. i-éopfrajdiie, laboratoires de sci<'n('es expérimen- 
laies, séininaiiM's d'dudes à la i'acuUc' de Droil, à la P'acullé des 
Lellres. Va\ uirine lemps, (die cit-ail. à la l'^U'ulU' de J)i'oil. une 
cjiaiie ddiisjoii-e du dioil |)ul)lic romain, une cliaire d'histoire des 
doctrines écon(iiin(|ue>. une (diaire d histoire des ti'aiti'S, une chaire 
de li'Liislalion «'I dt-cononiie l'urales, et trois emplois d'agrégés: à 
la l'acull»'- de Ah-decine. deux emplois (l'agi'égés, trois emplois de 
préparateur ; à la l'aculh' des Sciences, une chaire d'histologie, une 
df jdiysi(|ue gént'iale. un couis de ( himie applicjuée. des confé- 
HMices de nialht''niali(|ues, deux emplois de chefs de travaux, huit 
eiMjdois de préparateurs ; à la Faculté des Lettres, une chaire d'his- 
toire de Tail. inie ( liaire de langue et littérature anglaises, un cours 
• Ir |is\ cli(d(»i:ie e.\|it''rimenlale. un cours de langue et littérature 
lusses, un cours de langues et littératures Scandinaves. 

Les subventions des connnunes, des établissements publics et des 
j particuliers iormeni un second gioupe de ressources. 11 en es! venu 
a 1 I nivi'rsilé de Paris de bien des cotés, voire d'Américjue, toutes 
avec des allectations déterminées. La Ville de Paris, toujours si 
généreuse pour l'instruction publique, ouvre la liste : une chaire 
d Histoire de la Révolution française à la Faculté des Lettres, une 
rKvolution des êtres oriianisés à la l^icullé des Sciences : 



LA NOUVELLE UNIVERSITÉ. 07 

plus tard, deux chaires à la Faculté de Médecine, une de Gynéco- 
logie, une autre de Clinique infantile; tout récemment une chaire de 
Chimie hiologique à FÉcole supérieure de Pharmacie; en' outre, des 
hourses à la Faculté de Droit et à l'École de Pharmacie, un sul).si(h' 
annuel à la BihliothtMjue universilaire, section de médecine, et 
({ualre mille francs pour le personnel du Bureau de renseiiinemcnis 
do \-à Sorhonne. 




l'Iioto Neurili'iii. 



y^ 



Eglise <le la Sorbonin'. — Toiiil)oaii de Birhclifu. 



" I y\^b> Après la Ville de Paris, sur la lisU' déjà lonizuc. je rclévr : suh- 
veiilion du Conseil général dr la Seine, pour pivis dohliiieance 
aux ('tudianls ; suhxcnlion du (iouvei'nciucnl de I Akt'iie cl du 
Gou\ (MUciiKMil tunisien |)oui' un cours de (i(''i»iiia|ihic cl de ('oK)ni- 
salion (h' rArii(|iii' du -\oi"<l ; suhxculiou de riuslilul Pasteur juuir 
uiu' mailrise de coulérences de Chimie liioh)L:i(jue ;i la l'aeulh' de^ 
Sciences: suh\enlion du CouNaMauMiienl l'oniirois poui" un cours de 
Langue el lillt-ral ure lioniiroises ;i la laculle des Lelli'cs : suhveu- 
lion du coinle de Clianihrun . pour un cours d'Ilisloire de I eco- 




68 LTNi vi:i{siTi; in: l'Ains 

ntuiiio sorialf à la l'ariilh' <l«'s Lcllrrs «'I \)nu\- un coins (rMconoiiiio 
soriali» à la Fariilh' «!«• Dioil: siil>\ cnlion de lAiiirricain A. (larne- 
irie, |»oiii- lnuirs<'s au lalMualoirc (Unie; sul»\ cnl ion de 1 A inrricain 
Jaiiu'> ll\<lr jMiur un coins lail. cliaijuc ainK'c, en aniilais. à la 
Farullc «1rs Lcllri's, jiac un |trt)rcsscur do Tl niversité Harvard; suh- 




Nouvrllt' Sorhoniip : Salle de Iceluro de la Bibliothèque de rL'niversité, 



vcntion dr M Alhcrl Kalui, oO.OOO francs par an, pour bourses de 
voyage autour du Monde ; subvention du Gouvernement général de 
riiido Chine. j)uur l'Institut de Médecine coloniale de la Faculté de 
.Médecine. 

Les dons et legs son! une troisième et dernière source de revenus. 
L'Université de Paris, et plusieurs de ses facultés, toutes investies 
comme elle de la personnalité civile, en ont déjà reçu de considé- 
lables. Tous, sauf un, ont une alfectation déterminée. A la Faculté 
•'" l>ioil, le legs Goulencourt, plus de bUO.OOO francs, avec pleine 



L A N L' \' E L L !■: U N I Y E K S 1 T K 69 

liberté d'emploi. A la Faculté des Lettres, le legs Flaminerinonl, 
3.2()(] francs de rente, pour une caisse de prêts aux étudiants dhis- 
toire moderne : le legs Beljame, en faveur des étudiants de laugut* 
anglaise; le legs Duplessis, collection d'ouvrages d'art; le legs 
Michonis, environ oOO.OOO francs, bourses de voyage aux éludiants 
en philosopbie et liistoire religieuse. A TEcole de Pbarmacie, dona- 
tions Buignet, Desportes, Menier, prix aux étudiants. A l'L'niversilé, 
fondation Armand Colin, bourses de voyages à l'étranger ; fonda- 
tion Marinier; fondation de la marquise Arconati-Visconti, prix 
Peyrat, bistoire contemporaine; fondation Lannelongue, bourse à 
un étudiant en médecine originaire du Gers ; fondation du duc de 
Loubat, citoyen américain, cliaire de Clinique Ihérapeuticjue à la 
Faculté de Médecine : donation par M. Rapliaël Biscbolfslieim de 
rObservatoire de Mce et de ses dépendances, le tout évaku'' h 
2.770.G43 francs; legs par le même de 2.500.000 francs pour ren- 
tretien de cet Observatoire ; legs Commercy, 4.000.UOU, pour fa\ o- 
riser les études à la Faculté des Sciences. Enlin, tout récennnent, 
donation Deutscb (de la Meurtbe), 500.000 francs et 15.000 francs 
de subsenlion annuelle, pour la création d un Inslilnt d'aerolecli- 
nique; donation J5asil Zabarolf, 700.000 francs, pour la création 
d'une cliaii'e d'aviation. 

A cet égard, la loi de 1800 n'a donc pas été slérile. 



Les Professeurs. 



A tra\('i"sces clnllVes, on enli-esoil (b'ià l'inlensil»' de ht vieseien- 
lirnjue et scolaire de ITinN cisilt" de Paiis. Ce n Cst pas un «'laldi^M- 
menl int'diocre (jue ctdui (jui. oulre le gros subside de I Fiai, lii«* d»* 
son ;i(li\ilt'' tant t\v icssouiees. et auipiel les liJu'ialit^'S \ ieinient de 



70 LTNiVKllSlTI- lU: l'AMIS 

laiii •!«' rnh'S, paifuis «li» si loin, nomhicusrs, ropiousos cl Narircs. 

I*tiur s'iMi n'Utlrt' un coinpU' rxaci, il laïKliail [x'-iit-licr dans cIkujiu' 




rsuuvcllc Sorljuiinc : Tour de l'Astronomie. 



facullt'", diins (•ha(|UL' service, dans chaque laboratoire aux heures 
où les ru( hes sont en travail, dans les bihliothi'ques aux instants 
où elles regorgent de lecteurs ; on ne le peut ici. A défaut du détail. 



LA NOUVKLLl-: UNIVERSITÉ 71 

une esquisse par grandes masses pourra donner une idée de racli- 
vité universitaire du l^aris contemporain. 




XouvelK' Soibonne : Tuui" tic lu Pli\ s'uiu' 



CL. 



^ Dahoid la masse des pi'olesseurs. Ils soni aupuird Imi au i\oml>re 
de 3:20 : 43 à_la Faeullt' d«' Dioil ; lOS à la l'acuité df Mt'decine. y 
compris '2\) mi'dccins et chiiurmt'Ms des liùpilaux, ejiarut's de cours «le 



Ti I. INIVIKSITI- l)i: I'AU1> 

rliiii(|UOS aiuiexrs : l>i à la l'aculh' des Sciences: 78 à la l'aciilh' des 
l.ellres el i^2 à IKcole de Tliai iiiacie. J^'Kcole Nuiiiiale supéi'ieuie. 
adiiiinislive jiar un Diicdeiii- assisié par un Sous-Dii'ecleur. n a pas 
de professeurs eu jU'opre Ses éleNCS sonl iuiniati'iculés, sui\anl 
lt»s ;secli«»!is. il la l-'acnlh' des Letli<'s ou à la h'aculté des ScitMices. 
Ces iiJil ]ii(»lesseuis lie soiil pas Ions du même litre. On disliiiiiue 
l'ulre eux les prolesseurs lilulaircs, les chai'i^és de cours, les maîtres 
do (•onft'rences. les ai:i'éi:<''s. Les professeurs titulaires, iiomnK's par 





Mu'Jiiillc de ILjiiversilc de l'aiis. 
(GiaMJf i>ur Cliaitlaiii. 

tlrcrel, sur iirésenlalion de la Faculté cl de la Section permanente 
.lu Consvil supérieur de l'instruction publique, sont inamovibles. 
Ils sonl :i7 à la Tacullé de Druit, 38 à la Faculté de Médecine, 
l^N a la l-acullé .les Scien.-es, 35 h la Faculté des Lettres, 13 à l'École 
dr i'Iiarma.i,.. (iénéralement plus jeunes, les cliargés de cours et 
les maîtres de conférences sont nommés par le Ministre, quand ils 
sonl léiribués sur les fonds de l'État, par le Recteur, sur présen- 
lalion du Conseil de IFniversité, quand ils reçoivent leur traite- 
ment sur les fonds de l'Université. Ils sont, suivant les facultés, 
docteurs on droit, en médecine, es sciences ou es lettres. Les ag-ré-és 
sont nommés par concours. Ils n'existent (juà la Faculté de Droit, 



LA NOUVELLE UNIVERSITÉ 73 

à la Fcicultt^ de Médecine et à TEcole de Pliarrnacie. Ils peuvent 
être et souvent ils sont chargés de cours complémentaires. 

Aux chefs d'emploi, dans les services à laboratoires et à tiavaux 
pratiques, sont adjoints de nombreux auxiliaires, chefs des travaux, 
chefs de laboratoires, chefs de clinicjues, prosecteurs, préparateurs, 
aides, moniteurs. 




Obsei'valuire do Nice. — Grande Coupole. 



Au total, l'ensemble du [lersoniud alfecté à renseiiineiucnl atteint 
le chiin-e de i}2H, 

Pour (Mre complet, ii ce clullVe il laul îijouler les coui^ liliie>. Le 
Conseil de rUniseisité les autorise Iri'S libéialemenl. 11 exine seule- 
ment une uai'antie S(Mentili(|ue, soil un doctoiat, soit des lta\au\ 
personnels é(|ui\alenls. une méthode siienliliijue. un sujet l'entrant 
(hms l CncN clopédie uni\ ei ^iliiiic et ne lai>;ml pas double emploi 



71 I. iMVKKsi ri; i)i: l'.vuis 

av«M' li»s sujt'ls Ir.iih's |»ar sos |»rnrt'ss»'iii's. A lilic (rcxoiiiplcs, xoici 
•|iifl«|in's uns «1rs coins lihrtîs ;mloris«''s en 11)08 : J)ioil niusuliiiaii. 
— L«' iv^iiin' iii.iliiiiKniial <'ii «Ji-oil iillciimiul. — Sciences auxi- 
liairi'S ilc I liisloiic du «lioil. — PsNclnaliic applicjuéc à Tétuclc du 
ilroil. — K\llnnit|uc imisi«alc inliiili\t'. — Lanniic cl lillcraLni'e 
li/'l»raï«|ucs. — ]^ani:iic cl lillt-ratui-c scaiHliiia\-cs. — ri'iiici[)cs de 
«•i»loni>alitMi a|i|di(jucs à l'AriitjUc occidentale hancaise. — Le dessin 
«lans Tari IVancais. Le slvle ( lassi(jne ilali<'n à ti'avers les écoles 
d'ail d'I'àiiopc du wi an xvm sii'cle. — l\iiv[)le et Syrie ;ui temps des 
llvksos et di' riiontini'S. — llisU)ii-e de l'assistance publique en 
l-'rance. — Electricité animale. — PlionaLion et audition. — Géné- 
ralités dr la cinnn'c oiL:aiii(jne. — Méthodes (rilamilton et de Jacobi 
en méeaili(jue ct'lesle. 

Iji principe. t(nis les coui's de l Lni\ei*sité sont publics. C'est la 
Iradilioii Irancaise. celle de (ini/.ol, Cousin et \ illemain. Elle a eu 
ses inconvt'iu'cnls. Sou\t'nt tdie a attiré aux auditoires des facultés 
un public inconipc'leiit et IVivole, an nixeau du(|uel latalement se 
mettait le prolesseiu". Il est vrai (jue la mode des cours oratoires a 
été limitée à la Facull»' des Lettres, et à (|uel(|ues cours de vulgari- 
sation <b' la Faculté' des Sciences, (jne jamais elle ne s'est étendue 
aux enseii^iit'inents liardimentésotéricjues de la Faculté des Sciences, 
ni à la Fjiculté (b' Droit, ni à la Faculté de Médecine. On n'y a pas 
leuonc.-. Mais depuis (pu' la Faculté des Lettres et la Faculté des 
Sciences ont de \iais «'tudianls, les cours publics eux-mêmes ont 
pris une alluic plus didacticpu' et un caraclJ're plus savant. Ce sont, 
non plus coidéiences dAllK-né-e pour un public mondain, mais cours 
d initiation à la science et à ses méthodes. L'ignorant désœuvré qui 
syé^are, .s y sent vite en pays étranger. De la tradition, on n"a 
conservé ((ue» Thabitude des larges et claires ordonnances, de l'ex- 
posilion lucide, du solide enchaînement des idées, toutes qualités 
franeaises (ju'il importe de conserver, et de donner en exemple 



LA nouvelle: université Tix 

aux éliidiants des rangs desquels sortiront les maîtres de demain. 
Toutefois ne sont publics (jue les cours ([u'une décision de la 
Faculté n'a pas réservés aux seuls étudiants. Kn fait, la plupart des 
cours et des travaux [)rali({ues donl ils sont assortis se font pour eux 
seuls, privatim, et même privai issimc, comme on dit en Allemagne, 
par gToupes d'autant plus limités i\wv ro])jet du ti-;t\ail csl plus(l('lical 




Lubmaluiic Aiavo a l!aii\ uls-sm-Mor. 



OU plus diflicile. A l'Université, le travail est lihi-c. celui de l'étudiaul 
connue celui du maître. Il ne Test pas cependant au mrine (Icui-é ((n'en 
Allemajiiu'. Là, 1 uni([ue sanction des ('tudcs uni\ crsilaircs csl le i\i\c- 
lorat, et le doctoial consiste en la composition cl la soulcnancc «1 nnc 
thèse sur un sujet clioisi par le camlidat sous linspi rat ion d un maître 
de son choix. Les examens d hltal, en \ ui' de 1 Cxercice des pi-olessions 
jmhli(|ues. mt''dccinc, administiation. ensciiiiicmcnl. harreau. maii'is- 
liature. si stricts, si chariiés, si dilliciles, se passcnl c\\ dehors des 
nni\ crsilés, de\ ani des jui'\ s spt'ciaux .et les uni\ crsilés sont censées 
n \ pas pi'i'parer. (die/, nous, au contraire, ilepuis h» Consulat, les 



71, i/r.MVKHsiTi; i)i: p\iu> 

i;rinl«'S ariulriiii<|urs sdiil ^iiradrs d'I'llal, ri coiulil ions à 1 «'xcirioc 

• Ir rtTlaiiu's professions, ri il ii'csl ni à jut-Noir. ni à souhailcr, avrc 
nos iiururs, (|iril cesse d'en rlif ainsi. Jj'Klal donc en dclennine les 
|iroj:rammes, cl l'alalemcnl ces |>roi2raniines desieinienl en partie 
la rèi:l«' ^U' ra<(i\il('' Ar^ uni\<'isih''s : rJ'L:lc laruc cependant, souple, 
el suns Ixianni»'. (pu. loiil en liinilaiil la lihcrtc acadcmiqi((' , laisse 
à rélmlianl le choix de ses niaili-es. au niaiire le choix du sujcl à 
lrail«T •lan> \\A\'\r\ i:('n('ral de son enseiiinenjenl. el une pleine indé- 
ixMulaiice ^y' pi(»c«''d«''s ri di' jnt'lhodcs. Les (dioses soni ordonnées 

• Ir wWv façon ipir dainH'c en ann('-e. au cours gradué des études, 
croisse la liberté de lidJ-ve. Dahord. pour les déhulants, l'initiation 
aux méthodes, el les i«''sullals «généraux de la science ; puis, une 
preinién' inilialion à la reclici(die : enlin, au sommet, le travail 
persoini«d m loiilr Nhcrh'-. sous la direction plus lointaine des 
niailrt'>, h- doctoral, chef-d leuvre du com})a<inon savant en vue de 
la maîliisr. 

Où h•^ universilés son! all'rancliies de toutes les gênes des 
«rrades d'Etat, c'est dans les titres d'ordre scientiiique qu'elles sont 
libres dinstituei- el de régler. L'Université de Paris a déjà usé assez 
lariremenl de celle franchise. Les titres créés juscjuici par elle sont 
de lieux sortes : les uns d'ordre techni(|ue, les autres d'ordre pure- 
ment scientili(jue. Dans le pi-emier groupe, le certificat de sciences 
pénales, ii la Faculté de Droil, aux études duquel concourent, avec 
des professeurs de la faculté, des magistrats et des médecins légistes : 
le dij)lome de médecin cohmial et le diplôme de médecin légiste, 
psychiatrie .-i médecine h'-gale, à la Faculté de Médecine ; le diplôme 
d ingénieur ehimiste, ii la Facult»' des Sciences, sanction des trois 
années d*étude> d»- l'inslitut de chimie appliquée. Le titre purement 
scientiiique est un, avec des modalités dilférentes, suivant les facultés: 
c*esl le docloral de l'Fniversité de Paris. Les épreuves en sont les 
niènies (jue celles du doclorat d'Ftat Mais comme il ne donne pas 



LA NOUVKLLE UNIVERSITÉ 77 

les mêmes droits, comme il est simplement une preuve de savoir 
approfondi, on peut y prétendre sans justifier des grades antérieurs, 
baccalauréat, licence, exigés par les lois et règlements pour îc 
doctorat d'Etat. Il suKit de prouver qu'on est apte à ce degré du 
ti'avail universitaire. Les Français n'en sont pas exclus : mais les 
étrangers qui viennent à Paris achever ou perfectionner des études 




Laljuialoiie Arago à Banyuls-sur-.Moi-. — Salle des aquarium: 



connnencées ailleurs, sont les plus nombreux à le poursuis rc. Iji 
1907, il a été conféré 44 doctorats de l'Cnivcrsih' de Paris. 1') à la 
Faculté d«* .Médecine, 8 îi la l'^iculd' des Sciences, 10 à la l'aculh' 
des J^ettiTs. I I à Ih^colc de IMianuacie. Kien (|ue par ces cliillVe-. 
on voil (jue le lili'e n'est |)as piodiizut'. Le hou iciioiu de lliiixer- 
site de I\u'is est engagi'' à ce (ju il ne soil pas tenu, à 1»'! lani:»'!', 
j)OUi' inh'rieur au docloi'al d'Fla!. De l'ail, il est si esliuié (juc ceux 
(jui 1 ont obtenu liennenl. uii«* fois l'escnus en leurs pavs, à t'ii 
jjorler la inaiipu'. Ils oui deiuandt- un insigne. Le Conseil de rFni- 



•:s i/TNi V i:usi II, i)i: i'AHis 

\i*i>ili'* i«Mir a jic(M»r«lr !♦• dmil de |M»ih'i r<'|>ilnL:r à li'ois i;inL:> <1 lior- 

iniiu*, iinli«M' (lu uradi' «Ir ilodriir. ;iii\ ((tulciiis de I^aris. loiific cl 

I\ 

Les Étudiants 

.Miiiiilrii;iiil la iiia>s(' des ('liidiaiils l^llc csl ('iioi'mr. ])rosfjM(' aulaiil 
<jii"aii iiiovrii ài:t' : Ki.lTo, vn 1UU~. 'l'ouhdois une i'('inar(|U(' csl ici 
iiéci'ssairr. l'ji lait, lous ces ('liidianls ne soni ])as présents, ,1c ne 
|»ai-lc |»as des in'ci:ulici-s tic Ic'cdIc hiiissonnii'rc. C/csl une espî'ce 
ahondanle. Miilitiil à l;i l-aculh' de Djoil. (juon a connue de loul 
lenijjs. ri (juc les Iciiips ruUirs connaîtront sans doute aussi. Je parle 
des aliseiils p(»iir cause léiiiliine. De par les règlemenls scolaires, 
linscriplidu \aul i»()iii- deux ans : jiar suite reste inscrit et est 
recensé loul éUnlianl dont la dernière inscription ne remonte pas 
au delà de deux années. 15eaucoup sonI dans ce cas, sans parlei' 
di'> iii«''L:uliers. Les uns sonI au service militaire ; les autres, internes 
des ln»|Mlaux, candidats aux agréuations des lycées, candidats au 
doctoral, liavailleni en vue de leurs examens et concours, toutes 
inscrij)linns prises Ils conlinuent d'entrer en compte. Ainsi à la 
seule Faculté de Dioil. eu 1<)()7, I.ri3(l étudiants légulièrement 
dénombrés, iravai«'nl lait aucun acte de scolarité. 

Sous le lj('!n''lice de celle réserve, en Tainiée 11)07, les IG.lTo étu- 
diants irnmaliiculés a ITniversilé de l^u'is étaient répartis de la 
maniî're suivant.' : h la Faculté dr Droit, 7.182, dont ^;82 candidats 
au doch.ial : - à la Faculh' de Médecine, 3.201, savoii- : 3.037 aspi- 
rants au doctoral, ;i rolliciat, vieux litre intérieur supjirimé depuis 
lonirlemps d/Jà, mais (|ue peuvent demander encore ceux (jui en 
avaient nat^uère commencé les éludes, 73 élî'ves sa^es-femnies et 
8n élèves ciiirurtriens-denlistes: — à la Faculté des Sciences. 2.147, 



LA NOUVELLE UNIVERSITÉ 7) 

savoir : G70 candidats au cei'tificat d'éludés physiques, chimiques 
el naturelles, 98 élèves de l'Institut de cliimie appliquée, 9 candidats 
à l'agrégation des Ivcées, 1.206 candidats à la licence es sciences, 
49 aspirants au doctorat, et 11-J étudiants simplement immaliiculés 
pour être admis au travail deslahoratoires; — à la Faculté des Lettres. 
2.C)\\), savoir : 714 candidats à la licence, 298 aspirants aux divcrst's 
agi'égalions de l'enseignement secondaire, 1^:^) candidals aux cerli- 



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Laboraloiic Araiïo à Banvuls-snr-Mor. — Les cinbarcalionà. 



licats d'aptitude à Tenseianement des langues vivantes, 189 candidals 
aux dipliMncs déludes supérieures, 437 candidals au cniilical 
d'études françaises poui* les étrangers ; 72 aspirants au doctoral, 
enfin 781) étudiants simplemeni iunnalriculés [)oui' avoir acci'S dans 
les conférences inlcriics (h* la l'^iculté : — à IKcolc de Pharmacie. 
1.000. doiil M candidals au doctoral de ITiiiN «usilé de l*ari>. men- 
tion IMiai'macir, et 88 aspirants hei-horistes. 

Au total, depuis une» di/.ainc^ d'anni'es. la crue des ('ludiauls n a 
cessé de monter. De Ji.OlMIen 1897, après un ahaissemeni sensilde 
en 1902. léliage passe à li.(i(MI. poni' dt-passer Hi.Onil en 191)7. 
Mais si de ce ciullrt» ulolial ou isole les eoiii|>(»«>;inle^. le uiouxeuient 



80 1. i .MVi:i;srri- m: iv\ mis 

esï loin ilrlr»' 1»' iiirmi» dans loult's les Inoulh'S il«» rrnivrisilr. A 
la Tarulh' dr Droil, .1.' i.(i(lO on IS'.n. U- cliillir loinho à 4.400 en 
\H[)\). ii se reli've à i.TOi) en P.)n|, i-eslo slatioiuiaiic deux ou dois 
ans |)uis bondit loul à (ttuf) à (J.IOO eu 19()(), à T.lOO eu 1907. A 
la l*at'ultt'' ilr Mi'deciue. à l'Kcole de IMianuacie, il en esl aulrenient. 
î.««s jdus liauls ('hiHVes onl été atteints il y a ([uehjues années, 4.^)00 




l'iiolo .Neurdein. 



Laboratoire de RoscofF. — Salle des bacs. 



el 1.8UU en 18'.)8; par une décroissance continuelle, ils tombent res- 
pectivement à 3.10(1 et à 1.000 en 1907. Des pliénomènes sociaux 
el écononnques en sont la cause. Le diplôme de licencié en droit 
est un passe-partout pour nombre de carrières; beaucoup même le 
recbercbent sans intention déterminée d'avenir, simplement pour 
avoir, comme en-cas, ce diplôme en leur poclie. Et puis, on fait son 
droit, du moins juscju'à la licence, facilement, en faisant autre cbose. 
Pour la médecine rt la i)liannacie, il n'en est pas ainsi. Les études qui 
cuiiduisejit au diplôme sont longues, coûteuses. La concurrence est 



LA N0UVELL1-: UN 1 V K R S 1 T K SI 

<levenue arJenle, âpre ; médecins et pharmaciens pullulent. Nombre 
(le laits sociaux, associations de secours mutuels, syndicats ouvriers, 
dimiiuienl leurs profits. ïl est tout natui'el que diminue le nombre 
de ceux qui veulent courir l'aléa de professions si encombrées. 

11 n'en est pas de même pour la Kaculté des Lettres et pour la 
Kaculté des Sciences. Au début de la réfoi'me de renseigrnement 




Laboraloiic de Roscnll'. 



Pliutu Neurdfin. 

Salle (le liavaiix pi'afnjucs. 



supérieur, elles n'avaient iiuère pour é'Iudianls que de futuis prolcs- 
seurs. Le nombi'c des emplois ('laiit limité, ti'i's \ ile b's (b''boiit'lu''S 
se sont l'c'trécis. La loi mililaii'e de 1SS9, cjui donnait une |nime à 
la licence es lettres et à la licence es scienc<'s, amena dans ces tacul- 
té's (les ('tudiants (ju'eMes ne connaissaient pas au{)ara\ant. Au soi- 
tu" fies Kct'es et des colièiies, beaucoup île bons (di'NCs, sûrs «le 
<le\ ('UN' licenci(''s en moins de deux ans. se lirenl (''ludianls en licence. 
C'était ;uilanl de naLiui'' poui' la cullui'c m'-m'iale du [)a\s. Avec la 
loi mililaiic (le I '.)()'). (jui a supiuinu' le pii\ ilcLic militaire des i^rades, 
on pousail craindre une siMisible diminution du nombre de t't^s é'.u- 



^i L'i .M\ i:n>iTi' i)i: i-ahis 

ilianls. Jiisjju'iri il u'vw ;i rifii rlv. L"iiii|tiilsi()ii ;i('(|iiisr ne |i;m;iîI 
pas t'imisr»*, Al>n*s <lr Imiiiih's «''UkIi's sr^oiKhiiics. ii()iiil)i(' (le jcniics 
iji«ns «lui aulrrfnis nain iin'iil |)as (lt''j)asst'' !«' haccalaurt'al. lirnncnl a 
venir à rLni\rr>il«'' s'iiiilici- à son Iravail. à ses nn'-lliodes. Kl |)oui' 
la-ponili*»' à ci'th' nniiNcJlc cl licinauisc Icndancc, raclivitc de la 
Fanillt' (les KrtliT^ ri .je la P'arnlh' i\('> Sciences, loiiizlcnips conrcn- 
Iri'c sur la jin|»aial ion aux lii'ailcs. cl aux concours de ICnseifine- 
nicnl puldic. s'est ('lai-Liic. Leur licence n'est plus la lirriK id (htccndi ; 
c\'sl l<' preunCi' dei:i-(' de la cullui'c sa\anle. avec ce (|u il coiu{)oiie 
de sj)écialih''s. Aussi, nouihreux encor»' à la laculh' des Jjellres. les 
aspii'anls aux lonilious de l'enseiiineinenl le sinil heaucoup moins à 
la |-\ii-ull«'' *\v> Sciences. Sui' plus de 20(1 étudiants qui inani[)ulent 
cjnujue joui' au lal);>i"aloire de pli\si(|ue «générale, uiu' li'culaine seu- 
leuienl se dcNlinenl il renseiiinenn'iil . Les auLi'es lonl de la science 
pour la sciriifc, ou poui- I apj)li(juer ensuite aux traxaux de l indus- 
trie. Cola c'est loule une rt'vcdution. L'Universit»' de Paris la très 
lararemenl faxorisée. en enxisaiieant coiunu' diirnes (relie d'autres 
làcjirs (|uc celle de joiiiier des rt'péliteurs et des j)rol"esseui's, et en 
se rendaiil compte des besoins actutds et futurs de la société fran- 
çaise, tniin. c'est surloul a l;i l^icult(' des Lettres et à la Faculté des 
Sciences (jiie iliaijue année \a ci-oissaiil le nomlire des ('tudiants 
elrauirei-s aitiri-s xci-s l'Kcole de Pai'is. 

n <'ï alleinL eu ItlUT. plus de 'i:M)\) unités, le noml)i«' de ces t'tu- 
dianls é'ii-anuers. Ll il \ eu a du Nouxcau Monde connue de lAu- 
rien. Le ilt'-uouihieiuen! eu est iulér<'ssant. D'abord, une vieiib' 
elienle lidide. lanouiuaiiie. 2X\ : rAutiicbe-Hong-ric, 42; b' Por- 
tuiraL2: ILspa-ne. 8 : l'Italie.!); la (Iri-ce. 22; la Hul-arie, 43 : la 
Serbie, 2« ; l'Fmjiiie (Htoman, 108: la l^'|•se. S : le Japon. J ; la 
Cliine, li: l'Fgypte^ 13; la Tunisie, 1); les Iles Kjitanniijues, Go: la 
^e^'.b. ,t V, Norwège, î); les Pays-Bas, (i: la riidgicjue. .") : le Luxem- 
• Snis^e. 3(1; rEmj.ire allennmd. 127: le Daueniark. 1; 



LA NOL'VKLLi: U N I V K H S ITi: 83 

le Continenl africain. 2: Ifs îles africaines. '-) : le Canada, i: h- 
Mexique, 1) : le Bn-sil, 11; les Antilles, 11: les Républicjucs de 
l'Amérique centrale, G ; les Républiques de l'Amérique du Sud, 2i : 
les Elials-Lnis, 03: Haïti, 1: enlin le vol des oiseaux mijLirateurs 
venus de Russie, 1.200 en chiffre rond. 

Intéressante aussi la répartition des continp^ents par facultés. Bien 




LabiMiildin' de Wiiucicuv. — Graiui<' sali»* tli- liav.iil. 



que. rEii\"jile exceph'T. le di'dil fi-an(';iis n ail d iipjilical ion cl jKir- 
tant dulilil»' pratique (ju'au dedans de nos IVon! iJ'i'es. .")'»!) «'Imlianls 
é'tranii'ers sont insei'ils à la l'aculh' di' Droil. Il n \ en a (|ue \'M à la 
l'acnlh' de .Mc'decine. sans ('Oin[)ler les nondiicnx doii(Mn>> t'tran- 
i^'ers (jni \ kmmkmiI lra\ adicr qn(d(|iit' Irinps dans Ic^ lahoraliurc-- Il 
V en a\ ail da\ anlaLii' il \ a (|nMi/.(' (Ui \ ini:l ans. Mais la loi n a plu-- 
priniisanx cl ianiiei> d Cxt'iccr la nn'tlrcnie ''n liancc, sil>ncsali>- 
iitnl pas à loulcs lc> (•ondi!ioii> Nn;lOs^'c^ aux nalhMiaux : le dqdinnc 



gi LTM vi:n<iTi': in: rvius 

nu'ils <»hli«'mii'iil. <l«' iiirim' \;»lriii- sci<'nlili(jin' <|ii(' le docloral d l^liil. 
iif l« ur iltHHu» ;iii«im «lioit en l'iaiicc Du ('()ii|i. leur iioiiiIh-c a sciisi- 
lilriiit'iil iliinimn'v Pcuir srinl>lal)It' laison, ils ne soiil (jiic 2*) à ll'k'olr 
ili' l^liarmat'i»*. I*]ii rcNanciic. ils sdiiI iS!î à la h'aciilh' «les Sciences, 
ri \UU\ à la l-'aciilh' «les Leilres. 
/ Sui' ces mmiltres, heaiiconji soni des leiiiiiies. — ■ L'[ ni\ei'sil(' de 
Paris. «Ml ellel. ne dislinj;ne j)as enlre les sexes. A condilions éiiales. 
éffal arcès au sa\ oii- e| aux ui;ides. La médaille (jucdle a, lait iira\ ce 
par (diaidain. el à reni|»reiiile de la(|nelle son! sc(dlés ses (li[)l(Mnes. 
porte, à droile el à liauclie d'nne liunre cenliale persoiniiliaid l;i 
>.-ience. un jeune lionnne «Ml cosinine de lalxn'aloire. el niH' jeune 
Mlle. Ce n'est pas siniplenienl un symbole : c'est Texpression 
d im tait. Il \ a une Irenlaine d'aniK'es, l;i ])i'emièro femme (|ui 
\inl à raiNpIiillit-àhe d'analoinie, diss»''quer avec les hommes, lil 
presijue scandale In peu plus lard, celle (jui la premii're éludia le 
di'nil lui une stupélaclion. On s'y est fail. Il \ a des femmes méde- 
cins; il \ a des [n'incesses de science ; ILiiiversilé de Paris a même 
conlit' une de ses (diaires à la veuve dun savant illustre, docteur 
es scien(*es connue lui, associée à ses travaux, à ses découvertes, à 
sa uloire: il y a îles fennnes avocats: le di'oit de plaider a lini par 
li'ur être «-oïdV'i'é par la loi ; il v eut de tout temps des femmes |»ro- 
fessfuis : avec le dévrdoppement de lenseignement des jeuiK'S (illes, 
le imudue en ci'oil d ann«'e en année. Semblables plit-nomènes 
sociaux se passent à I élran<ier, en Russie, aux Etats-Unis, en 
Suisse, en Anj^leteire. ailleuis encore. Aussi n'est-il pas étonnant 
«|u'ji I { uiveisité île Paiis le contingent des femmes étudiantes soit 
de l.i'^M. ri (pie sur (M' uoiubi'»' 829 soient étranfii'res. Elles se ré])ar- 
lisseiit d«' la lacoii suivante enlr<' les diverses facultés : iOS à la 
Faculté de Droit, M) Krancaises el 78 étrangères: 2i() à la Kaculté de 
^'•' ' ••int', 73 Kran(:aises, 173 étrangères : 242 à la Kaculté des- 
^ I SO Françaises, l*)3 étraiJgt^res ; 7 H) à la Faculté des Lettres. 



LA NOUVELLE UNIVERSITÉ 85 

298 rrauçaises, 421 étrangtTes : 4 à l'École de Pharmacie, toutes 
élran<^ères. 

Des dix ou onze mille éUidiants préseiils. moilic environ, paii- 
sieiis de naissance ou de résidence, vit au lover de lamillc Les 
autres, pour la plupart, logent dans les hôtels meuhlés du Quartici- 
Lalin cl mamient dans les brasseries et dans les restaurants à i)(»n 




Laljuratoiic do Wiiiicn'uv. — Gôlc Nord-Esl. 

marclu'. \ ic HM'diocre cl nioiMie, (|ui n'esl pas sans tlan^crs, Sou> 
le (i(»ii\ crnemenl de juillel, (lui/.oL ne soniicail pas sans Irislose u à 
celle d(''pl()|-al)le condil ion de la jeunesse ». aux li'aces (|u (die peu! 
laisser « poiu' loul le icsie de leur \ le. dans les niieurs, les idcc^. 
les caraclèi'cs de ceux-là même (|ui n"\ succomlteiil pas loiil enln-i'^ . 
\'A il rr'\ail. aiilmn' des gi'andes «m'oIcs. de maisons oi'i, san^ la i-on- 
Iramledes collèges, les jeunes gens pouii'aienl . à lein' i:r('*, rell'OU- 
\er (juidijuc (du»se du Ionci- domolnpie l n de me» r«'grel> e>l de 



8G L'UM VI 15^111- l>l'- l'A in S 

n'avoir pas ivus^i ju><|ii Ki à |ii(i\tt(|u«'r un iiioiix t'iiiciil jioiir la coiis- 
Irurlion «Ir ers maisons .Ir les xoinlrais clairrs, saiiirs cl j^aics : un 
l«>jris pour «li.\ ou «lou/.c au plus, avec un»' salle coiuniiMit', salon de 
ron\«Tsalion. salle «le N'clur»-, salle «le jeux, sall«' à luanucr, hains, 
ilomlies, >all«' «raiiu«'> «'I «r«'\ei«-i(«'s j)h\ sicjues, poui' eliacun une 
rhanilii-»' «M un calunel «le liaxail. «l«'s murs clairs, un moliiliei- très 
simple, pailoul «le I aii. «l»- la luniiiTc. cl. s'il s«' pouxail. un [»eu de 
ciel «'I «1 espace où p«'i«lre le rcLiard. 

Du moins. I«'s «'ludianls sans loyer parisien peuvent, en dehors 
des li«'iu-es «1»' c(UMs. de lahoraloii'c cl de bibliollièqiie, se réunii- 
«•nln- eux aill«'ur> «luau «alV' cl à lîullier. C'est grand progrès sui' 
l'étal anl«''rieui-. Il sesl rurnu' enlic eux des associations. On les a 
favoiist''es. la «(Uistilulion «les universités visant un tri])le but, le 
rappriHlicmj'iil «les uiaili«'s. cidui des maîtres et des étudiants, celui 
d«'S «''Uulianls. 

La plus anci«'inie est lAssociation générale des étudiants. Comme 
son n«)ni 1 indicjue, «dl»' reçoit des étudiants de toutes les facultés, 
l'die na(|uil à I lu-ui'e entliousiasle où l'Université de Paris, encore 
loinlaim\ ap[)araissait à tous, jeunes et vieux, comme un bel idéal 
à con«piéiir. Avec elle, 1 étudiant de Paris cessa d'être un être ano- 
nyme, perdu «lans la foule. Sans revêtir un costume archaïque, il 
eut ses mar«ju<'s dislin«ti\es, un béret de velours noir, avec ourlets 
jaune, rouge, verl, amaranthe et ponceau, couleurs des diverses fa- 
«•ullés, en sautoir, sous l'habit, le ruban violet, couleur de TUniver- 
sité, ou bleu et rouge, couleurs de Paris. Le groupe eut son dra- 
peau, le drapeau tricolore, et il le porta lièrement, dignement, en 
iM-anoe, à l'étranger, dans les cérémonies et les fêtes universi- 
laires. 

La faveur des maîtres, celle des })ouvoirs publics leur fut promp- 
leîuent acquis»-. En son modeste logis de la rue des Écoles, ellereç;ut 
des Ministres, voire des Présidents «le la Républi(jue. Après quehjues 



LA nouvelll: université 87 

années, elle lut déclarée crutllilé publique, inajeuie par conséciueiil, 
capable de posséder. 

Aujourd bui, elle compte un millier d adbéreiits. Le recteur, les 
doyens. nond)re de professeurs, beaucoup d'bommcs politiijues sont 




Laboriituiru de bioloî^ic vésélalo de Foiitaiiiehloaii. 



parmi ses [)alioiis et ses membres d bouneni" l'die n'a pas encore 
(juitté son berceau, le modeste ap[>arU'uu'nl du n il de bi lue des 
Ecoles, luais (die v a iijouli', cluoiue annc'c, lauhM un apjiarlemenl. 
lanhM un (daizc entier, et «db' en est Ncinie ;i occuper loule bi maison 
el bi maison soisiiu*, moins b's bouti([ues l'db' a, sans parl<"i' du 
calé, des saHes dT'tudes el de conlei-ences, des bibbolbi'tjues. Ai'S 
commencenuMils de coUeclinns pour ses «liverses sections .Mais |«.us 



^^ I. iNi\ rH>iTr m. i-akis 

vvs loraiix. oonslruils i-t ;imrnii-.'> juMir .laiilivs usaiics, sont iticoin- 
iii,ul.'>, iiiHiillisanls \)i'\^u\^ I..11- Innps, vWr rr\;iil (liiiic iiiiii.soii à 
rll.-, r,Hislluih' •'! aiiirnaiivc |m.iii- rllc. paivc potii' rllc. J)ll jour où 
«'lit' fui iMTSOimr « i\ilt'. «'Il»' se mil à (■conoiniscr dans ce dessein, lie 
«lessfin rsl à la x.-illr tic se iralis»T. Ajni'S hit'H des rcclieiThcs, 
|)i«Mi d»'s |i|-ni<'|s. la <' Maison drs l<]liidiaiils » \a se laire. L Associa- 
h.iii M.lna son bas de laiiif. Mais les 12(1.000 ou 130.000 francs 
(|u'il «-onliciil n\ sulliiaiciil pas. La \ illr. I^^lal. 1rs Ijons vouloirs 
parlirniitTs feront le rcsle J^a ville a loué à lAssoeiation à bail 
ani|dnlli«'oli(ju«'. pour un lo\er ininiine, lancieiine Faculté de Méde- 
riiM", I iir tle la Uùclieiie. (|ui esl pi'opi'iété coniniunale. A la denianile 
du (m>u\.i ncMMiil. les Cliainl)i'es on! accordé à rAssocialion une 
sult\«-nlion di' 21111.0(1(1 francs. S'il faut davantage, rAssociatioii le 
IrouN era. 

Cdiatine année. l'Associalion iiénérale a son banquet. S'y asseoient 
a\»'c les «'hidiants nonibi'e de professeurs. La lete est présidée 
par un boinnir notoire, souvenl illustre, tels que Renan, SuUy-Pru- 
dboinni.'. Kiiiesl Lavisse, Jean Casiniir-Périer, Emile Loubet, Paul 
lltivi.u. Micbel lîréal. La collection de leurs discours, publiée i)ar 
l'Associalion, esl un pii'cieux recueil. 

Plus lard se soni fondées dauli-es associations d'étudianls. parli- 
culii'r«'> celles-là, l'Association corporative des étudiants en pliar- 
inacie, l'Associalion corporative des étudiants en médecine, 1 Asso- 
rialion des élJ-ves el anciens élèves de la Faculté des Sciences. 1 As- 
sociation des <'lJ'v«'s et des anciens éb'ves de la Faculté des Leltres. 
Ceu.\-là se groupenl suivani d'autres afiinités que celles qui ont 
foiiné à l'origfine l'Association jiénérale. Files sont toutes dignes 
dinlérèl et de faveur. Car toutes elles tendent à faire sortir Fétu- 
dianl de son isolement. 

Quant aux étudiants élrangeis, ils Iraienl sans doule avec les élu- 
' ■ '' lis. mais connue autrefois les membres des iiatuuis de 



LA NOUVELLE UNIVEUSlTi: 8') 

la AJoillc UuivorsiU'' de Paris, ils oui tendance iiaUiielle h se 
iii'Oupei' entre eux. Si bien ({non poni-rait voij-, dans la jeune Ini- 
versiLé de Paris, les pi-enn'ers linéaments de nal'ioiia nouvelles. Le 
plus noni])reux, le plus collèrent, est le gi-oupe russe, formé d'étu- 
diants ardents au travail, vivant de peu, se faisant volontiers à tour 
(le r(Ue les serviteurs des camarades. N'exag'érons rien cependant. 
Ce sont là groupements instables, sans organisation, sans passé, 
sans tradition, formés au hasard des circonstances et (|ue les cii- 
constances peuvent modifier. 

^ oilà. en une rapide.' es(|uisse, la nou\elle Université de Paris. A 
p^'ine constituée en sa fornu' moderne, elle a été saluée par les uni- 
versités du monde entier, et leui* est apparue, avec le corps de ses 
maîtres, comme Fbéritiere de ranti(|ue Tniversité de Paris, dont le 
renom vil toujoui's respecté. Avec (dies, elle fait «'(diange réguber 
de publications et de travaux : à leurs fêtes, elle envoie des délé-i 
li'ués ; ta ses fêtes, elle reeoit leui's représentanls. 11 y a deux ans. une 
iinjtoi-lanle dt'putalion de ses niembi'es, l'ecteur en lélc, taisail \ isilc 
à ILnisersili' de Londres : tdie ('tait iXMjue, à \\ indsoi-, par le Roi cl 
la Reine. L'an dei'inCi", une nombi'euse (b'pulalion de l'I nivei'sili- de 
Loiulres, vice-cbanceliei* en Ide. lui rendait sa \isile cl ('-lail iccnc 
à l;i Sorboinic, à ril(')lcI-dc-\ illc. à ^ Crsiiillcs. ;i CbanlilU. à IfllN- 
sée. Connue lendemain ;i ces lélcs, clic \ icnl <\v concluic a\cc I l ni- 
vci'sih' de J^ondres une conxcnlion ^\v \\i\v laijncllc ('ludianls anghiis 
pouiTonl faire clic/ clic un an i\v Icui's ('ludcs. ('ludianls lran(;ai> uw 
an (fes leurs à I l ni\ crsil:'' de l^ondi'cs. 

A\anl (juc de naili'c, clic a\ ail l'cnconliM' jdu^ Av laNcui' encore, en 
T'i-ancc. à Païas. On a \u ce (jUc llùal. la N'illc cl les parliculi'-' - 
(iiil lail pdur elle. I']n outre de ces ui'ands lueiilaiteurs. clic a ses 
amis. Ils se sont group(''S. an nonihre d ini niillu'r environ, en une 
soci('l(', la Socii'lt' do Amis de II iu\ crsilc. (|ui eut pour picinier 



uQ I. INI vKMsi ri: i)i; i'a ius 

pri'siili'iil un .m.'lrii Pr."^i.lriil .If la H. |tiilili(iut'. Jt'au (lasiiiiii-- 
PiTi«M-. aihjUfl a siii-<mm1.' un aiicifii Miiii->ti <■ •!•■ riiislniclioii puhliiiuc. 
Hayimmtl Poiiicaiv, r.'lui-l;i iiiriiir .iiii. apii'S Li'Oii Uourj-eois 
el (ii»«>l*j;es Lrvi:iit'S. soiiliiil 1»' l'injcl de loi d'où rlle est soi'lic. 
Ciianuc aim»'»', di* .ses dons, de m's colisalions, de ses revenus, car 
elle aussi est recoinuie dulilih' puhliiiue. elle accorde des bourses de 
vovaire à l/'lranurr à (|utd(|ues ('ludianls. des subventions ÎKpudcjues 
lal)oraUures. I']l . liiiMiiait jilus pri'-cieux, (die est poui' rUnivei-sité. 
auprès du public une caulioii de baule valeur. 

(*.»■ ne sera jtas li-oj» du concours de tous ses amis, connus et 
inconnus, pii'sciils et à xcnii-. [)oui' aider à son achèvement. Car, 
malui'è tout ce (ju (die a d<'jà, (die n'est pas encore complète. Ses 
ainbilioii> sont liantes el \astes. Sans en tracer ici un programme, je 
dii-ai seulement (ju il lui man(jue encoi'c un inslitul de géoi^^rapliie, un 
laborahni'e sji.'-cial de m.''cani(|ue appli(|ui''e, un institut d'bisloire de 
larl. Le s(d où ils pouiront s'élever est à (die. Viennent les ([uebjues 
millions m^cessaiies, et les constructions sortiront vite de terre. 

T(dle (|u'elle est déjà, elle présente un ensemble in) posant. Certes 
toule> cloisons n'ont pas disparu entre les divers corps dont elle 
esl fonnée. (^e n'est pas en dix. en vingt, ni même en cinquante 
ans, (|ue peu\ent disparaître des mœurs séculaires. Chaque 
lacull»' a sa pli\ sionomie, son caractère, et, si l'on veut, ses préju- 
irés. Un sa\iiit bien, en les r('unissant, (}ue très longtemps encoi'e 
chacune d"(dles conserverait son individualité, et, au fond, il n'est 
peul-èlic pas à souliailer (iu'(dle la perde. Philologues et savants, 
juristes, économistes, médecins et pharmaciens, ont des origines 
tliverses, des éducations dillérentes. Les robes qu'ils revêtent dans 
les cérémonies ne sont pas de même couleur. L'essentiel est qu'entre 
eux, les cloisons soient perméables et qu'ils ne soient plus conlinés, 
les uns et les autres, dans des compartiments étanches. Ui'. il est 
iiiiin.l.vi,. (pi-i travers les pai'ois de séparation s'accomplissent les 



LA NOLVELLi: LM V L RSIT K <jl 

exosmoscs elles endosmoses de la science. La médecine a s«*.s hôpi- 
taux el ses iaJjoraloires. Mais, outre ({uc 1 ('ducatioii du médecin 
débute par un stage à la Faculté des Sciences, partout l'observation 
clinique se double de re.xp/Mimcntation. Depuis ClauJe liernard et 
Pasteur, la médecine est devenue une science expérimentale. De 
même à la Faculté de Droit, les ancieinies méthodes strictement iiéo- 




Laljuraloiru de biologie vrut'lale de I^"()iilaiii«'JjlL'au. 



UK'lriques se sont assouplies dans ralmosj)hèi-e de Ihisloire. (irand 
est le nombi-e des prolesseujs (|ui ont «les uiades dans deux iacullt's. 
à la Faculté des Si'iences el ii la l-'aeullé de Ah'tb'cine, ;i la l'acnlte 
des Lettri'S et à hi l'acullé de Droil. 'l'iJ's siunilieal il aussi le ntunbre 
des étudianis (|ui eludienl siniuhani'inenl d.ms deux e(ablis>emenls. 
Fn 10(17, on en a noh' ')*.) ;i la l''acuht'' des Sciences el à la l'aculh* 
de -Médecine, ',\\) à la Faculté des Scieni-es el à Ihlcole «h* IMiarnia- 
cie, 18 a la Facullé des Sciences el à la hacull»' des Lellres, '.\'2i> à 
la l'acullt' des Leities et à la l'aculle de Di'oil. 



i»» i.T M vi:n>iTi. i>i: i" a ius 

Di'puis tjiU'I(jiH'S jiiiiKM'S. une lois laii. Ions les m.iîlrcs de I l in- 
vtTsilr SI' iVMmissriil. il la Soilioinn'. v\\ (isscmhlrr (jhin'dU'. \À\, laii- 
lol Ir r«Tlrur. laiilitl un doNcii. li'iii' rend coiiiplc de la sihialioii dr 
Il iiix.'rsih'. Ils >(»nl ainsi mis au couraiil des lails (|ui les inh-rcsscnl 
l(»u>. Mais ii's i-aj>iti-»t<li('ui(Mi[s IV-conds dCsprils se lonl, cliaciuc jour, 
jiarlout où se irnconircnl |»i-oi"('ss('urs de lacullt'S diverses, dans les 
arail»''inies, dans 1rs sori(''h''s savantes, dans les hihliolhètjues. dans 
IfN lalioraloires A ces eonlacis, de l'un a l'aulre |>assenl les vues 
(wiirinales et les idées iiouxtdies. 

I.'ajtjMiil de n ni\«'isih'' de Païas au lr<'sor de la science eonlein- 
jioraiiM' e>l di'ja considi'iahle. Je pouirais cilei" à ractif des maîtres 
noiiilirc de lra\au\ indi\ iduols ou colleclils, (}ui sont des cliefs-dVru- 
vi«' ; à laclil des (•ludianls. iu)nibi'e de llieses de doctorat qui sont 
des (eux i-es. nombi-e de int-inoires (jui sont des promesses. L l'niver- 
silé d." I*aii> n"esl pas seuleinenl un li'i'S vaste atelier d'cnseigne- 
inciit. «die es! une colonie d" « écoles », au sens savant du mot. 
Nousauhcs l'iaïK-ais. nous ni' pouvons pas nous décerner des brevets 
de « niaîliise ». Mais (juand cette « maîtrise » est reconnue, procla- 
mée par r«'tran«ier, nous devons ICnregistrer. J'enregistre donc, 
nairuère. les j)ii\ de hautes mathématiques fondés par le Roi de 
Suî'de. d.'cernés à deux mathématiciens de la Faculté des Sciences, 
l'oincai»' et .Vppcdl: les bourses internationales d'éludés fondées par 
I AuH'ricain Andrew (larneg^ie, pour le laboratoire illuslré par Curie ; 
If j»ii.\ Holyai, de lAcadémie honp^roise des Sciences, attribué au 
malhémalicien l*oincaié, de la Faculté des Sciences: le pi-i.\ Nobel 
des Nciences physiques, dccern»'- une première h)is à Curie el à 
M'"- Curie,, une seconde lois au chimiste Moissan, uiu' troisième au 
physi<-ien JJ|)pmann ; tout récenniient le pri.x Nobel de la Paix, 
attribué à Louis Renault, le fondateur, à la Faculté de Droit, de 
r M école u française de droit inlernalional public... La liste j-este 



TROISIKMK l>AI!TFE 

LA NOUVELLE SORROXXE 



Historique. 

LTiiix ci'sih' (le Paris apourcontr»' la iiOLiv«'lle Sorbonne. ^' siJ'genl 
les services généraux de rUniversité, prt'sidence, secrétai'iat liénéral, 
archives, la section princi[)ale de la nil)liotlKM|iie de ILiiiversilé. la 
Fai'iilh' des Lettres et la plupart des services de la l'acullé des 
SciiMices. 

On a vu (ju à FoiMuine, la Sor])oinie, fondée au \ni" siècle par 
Hoherl de Sorhon, lui un colléii-e de lliéoloi:iens. La j)la(jue conun*'- 
nioralive de sa t'ondalion porte celle inscriplion : 

A NX) Ml. ce NI 

UKl.NA.M !•: I.IDOVK.O l\" 

coi.i.kchm sonnoMciM 

Al) rsiM i'Ari';;r,rAi MAïasicoitcM 

IN FAcri.iAii: I Mi.oi.ocic.A srnu-.MicM 

i:i)n"i(.A\ II' i:i eoNsi i ri ir 
>rv(iisri:i{ iioi'.i'.iiirs mens m: seiuîow 

Au wiT' siècle, la maison lonihail en ruine Kichtdieu. proviseur 
du (lollJ'iic de Soilioinie, la lil reconsi ruire à se«> fiai-., au uiiMue lieu 



1,4 I.IM Vi; 15 S III. I»! l'A K l> 

mais sur im j»ln> \ash' rsparc. jiai I aicliih'clc Lriiicicici-. L iiis( rip- 
linn suivanlr. irravro sur int'lal. rdiouN ('c lois de Licoiislruclion du 
nnuvrl r«lili«M'. aujounTIuii dt-post'c à la UiMiotliiMju»; de l'ijinvcrsité, 
,.>l r.i. !.• <\t' nais-«aii(«' dr la seconde Sorhomic. 

1). Ô >!• 

I.IIH. MI.M. 

JI.I.NSIMI lOAN.N. AllMAM) 

ni. IIK.III.I.M.N s. IL i: CAliDINALIS 

(.Ol.l.KCII. xHUtoN i:. iMUiN ISOI'.IS 

(ir. l.hl.S. li'SINS. COM.Kl.ll. N KTlSTAIi: 

( (il.l.AI'.rN'ir.S. AU. l'AK NON. lA.M. I.NSTAV l'.ATAS 

iiN \M N(«\AS r.XTUVCIAS. AD A VC'IAS. RNOUNATAS 

Sor.ll. Snlil'.oMCI. 

(illAIIINI). i:i5(io. 

L. M I'. 

I.\IK)\I(.(). Mil. IHANC. I:T. iNAVAM. 

i"i(». nsro nH'.i.K.i:. regnanti:. 

ANNd. Climsn .M. 1)1.. .wvii. 

.lnM|u ;i la Kt'*volul ion. cllr lui et resta, suivant les intentions de 
son fondaleiir el de son reslaural«'ur, un collège de théologiens 
Loixju il la K(''\ (dulioii eurent disparu les universités, les collèges 
dr l'ancien rt'ginie, les congrégations et coi*|)orations. ses locaux, 
devenus libres, liirenl di'volus à l'État. L'Iùat coniuienca par y loger 
de> artistes, peintres et sculpteurs. !Mus tard, après la création de 
ri niversité iinpéiiale, elle lut assignée, comme siège, aux services 
de l'Académie de Paris, à la Faculté de Théologie catlioli(jue, à la 
Faculté des Sciences et à la Faculté des Lettres. 

Autour d'elle s'étendait un (juartier misi-rable et sordide, (juon 
peut se représenter, par ce (jui reste encoi'e des vieilles rues d autie- 
ToK rm- rialandc tiic des (larmes, pai'tie supérieure, rue du !*uits- 



LA N0[VI:LLK SORBOÎîîfi: Oii 

(le-l'Ermite, rue Laplace, taudis oI)scurs. malsains. « ruelles liideuses, 
disait une pétition rédig^ee en 18iî); au lendemain du cJioléra, prati- 
quées à travers des g^arnis. des réduits de cliifFoiiniers, au milieu 
de cloaques infects ». On commença pardemander, pour l'aison 
dliygiène, louverture dune grande:-iej large voie de l'Ecole de 
Médecine au Jardin des Plantes. Lepercenient de la rue des Ecoles, 




La ISoi'lioiinr ih' Kiclu-licu. (lour inleiieiirc. 
(h'uprc's la uriiMirc (1".\\ cliiu'.' 



plus lard celui du Ixuilexard Saint-^lichel. mii-cnl auliuir de la 
vieille Sorbomic de rcs|)ace. de 1 air cl de la liiniiJ'it'. 

.Malgré la ii(d)lessc de ses lignes, elle n Cii paraissait ([ui' plii^ 
é'ii'oite et plus sombi'e. Hiculi)! le juojcl de 1 agramlir se lit jour. Oi\ 
r(''st'r\a à vr\ cllct loiil iiii l'cclanglc dr tcriain non li;Ui, cnlrc b'>. 
rues Saint-.Iac(jii('S cl de la Soi'lioimc \('i> la ikkincHi' i uc des 
Iv'olcs, lace au .Mii>t''c di' {'.lim\ !*onr jiourNoii aux dépenses de 
l'ag'i'andisseiiicul. ou aiigiiicula lc> «Iroils pa\(''> par les étudiants. 
Tue prcinitTc [lieirc do ci)n>triicli(tn> pictjcti'o lut nniiic pos^e. 



% i.TNi vi'Rsrn: m: pmus 

sol«Min«'lI«Mn»Mil, inaisrrltc jtit'iiiiJ'rc pici-ir icsla seule T.iiil lnCn (jnc 
mal. iiiiil. 1res iduI inèmi'. |>lu((>l (|iii' IhCu. les si'i\ ices iiislallés à la 
\ieill«' Sorhoniir \ reslèreiit à l^'lioil. à la i:rne. vl c'est seuliMiicni apitvs 
ravt'iUMnenl ilr la Iroisièiiic U('|)iil)li(|ut'. lors(|ii(' la l'eshiiii-aliou el 
II» il»'*vi»l(>p|u'iiifiil lie I cnsriuiiciiHMil suju'iaciir a|»j)ai iiicni aux ('Sj)rils 
tM*lair»«s r( sonciciix du bien [uihlic, coiuuu' uue uét'essiLé du relJ'Vc- 
iiMMit nali«Mial. ijur la rccousliiiclion de la Sorhoinic. eu d<'s «'dilircs de 
nahirt' à valisjaiit' aux hcsdius du |»r(''S('iil cl de lavcuir. simnosa. 

On >fiilail al(us d mic lat-oii cucorc un peu confuse (juil fallait 
faire, pour le liaul euseiiiin'UM'uL ce (|ue n'avail fail aucun des 
réjiiuies ault'iieuis. Mais on n'axait pas encore l'idée j)ien claire de 
la loruie uouxelje (|u"il cnuNcnail de lui ddinier. JJien [)eu, parmi les 
maîtres, «'•iaienl au courant des institutions ci des insljillations de 
létran-er: liien peu se rendaieul compte de ce (jue devait èli'e une 
oruanisalidii \raiiuenl rationnelle du haut enseignement. Aarandii- 
<ur place la Faciilh- de Mi'decine et la Taculté de Droit, hàtir une 
nou\<dle l'>(dede IMiaiiuacie, construire uiie nouvelle Sorhoiine deux 
fois |dus vaste (|ue lancienne, mais y laisser la Faculté des Lettres et 
laKacull.'des Scieuces, semblait àpres(|ue tous le plus bel idéal à réa- 
liser. Seul parnn l.'s liouimes de science, Paul Hert, qui savait 
ce que sont les instruments de la reclieicbe scientili([ue. com- 
bien ils s«' modilienl avec les années, quelles installations .dillé- 
renles ils re(|uii'rent suivant leurs transformations, eût voulu séparer 
la Faculté des Sciem^es de la Faculté des Lettres et l'installer, en des 
maisons diverses, adaptées aux modalités variées du travail scien- 
tilique, sur les terrains retrancbés du Jaidiii du Luxembourg". On eut 
reconstruit une Sorbonne monumentab*, mais on n'y eût laissé qu(^ 
les services -énéraux, la HibliotlnMjue et la Faculté des Lettres. Ce 
projet se heurtait à trop d'habitudes pour avoir chance de succès, 

-Mieux eut valu encore, si à ce moment on eut eu le dessein et la 
vision de hi future Fnixeisité de Paris, adopter résolument une idée 



LA NOUVELLE SORBONXE 97 

plus hardie, celle du baron Haussrnann, affecter la Sorbonne agran- 
die à la Faculté des Lettres, à la Jiibliotlu'que universitaire et aux 
services g"énéraux, et bâtir sur les vastes terrains de la Halle aux 
Vins, à coté du Jardin des Plantes, toute une cité pour les services 
scientifiques de la Faculté de Médecine et pour ceux de la 
Faculté des Sciences, des ateliers divers et non des monuments, 
construits chacun, aux moindres frais possibles, en vue de sa 




l'hoto l.■•^\ . 

F. FLA.MiiNci. — Kiclii'lii'u i)Ost' la piciiiiric pinir de la Sortiuiiut'. 
(l'érislyle du premier étaj;e.) 

destination particulière, tous reliés par des distributions communes 

d»'s discrses forces en usai,'"e dans les laboratoii'es. \A encoïc 

mieux eût valu prendre un parti plus dt'cisit". abandoinier le 

Ouaiiier L;itin. et installer à I amt'Ticaine, tous les orijanes de Li 

future y nixersil»' de Paris, hors de l^aiis, mais à ses portes, en 

pleine |)iaiiie. en plein bois, sur les \asles, sains et liants espaces 

du Pare de Saint-l lloud . et \ ert'er de toutes pit-ces la nouvelle cilé 

scolaii'e. Par lîi, bien des choses eussent pu être chanuées dans la 

vie de I ('ludianl parisien. 

r. 7 



98 L TNI VI.MSlTi: \)K PAHIS 

Mais c\'ùl t'ir la rupliii'»' <1'' liop d'IiahiliKlcs v\ (riiiu' hop lointaine 
traililion. On s'oii liiit «•! lOii ciul l'aire pour le mieux, à la recons- 
Iriiotion, à rairrandisseineiil sur jilac»' Il est juste de dire iinniédiale- 
nienl «juon a fait ainsi (|uel(jue chose de Iri's heau. 

Jamais allaire de celle iiuj»orlance ne lui conduile et enlevée avec 
pareille l'aiddilé. Au milieu de l'année 1881, après quelques semaines 
de né^ocialioiis. une couvent ion était signée pour la construction 
d'une nouNclie Sorhonne. pai- Jules Terry, Ministre de l'Instruction 
puldicjue, au nom de IP^tal, pai- M. llérold, Préfet de la Seine, au 
noiu de la N'ille. Le Wi) juin 1881, (die était votée par le Conseil muni- 
cipal. Le (» juillel, le projet de loi l'approuvant, était déposé à la 
Cdiamlire i\<'<, députés. Il était voté le '2(), Deux jours après il était 
transmis au Sénat et voté par lui le lendemain. « Le dossier a fait 
assez lonirtemps anlicdiamhre devant les Conseils et les Parlements 
de tous les réj^imes j)OUi' (jue nous ne le fassions pas attendre, » 
disait Léon Say, à ce moment Président du Sénat. Mais le mérite de 
ce rapide succès revenait surtout au recteur d'alors, Octave Gréard. 
Gréard t'Iait un administrateur hors de pair, doué tout à la fois d'une 
sou|)le diplomatie et d'une autorité impérieuse, sachant user tantôt 
de I une, tantôt de l'autre, suivant les circonstances et suivant les 
honnnes. il menait à terme, sûrement et vite, toute allaire difficile 
à laquidle il s'attelait. Il lit son atfaire de la reconstruction de la 
Sorhonne. 11 la mena à terme sùi'ement et rapidement. 

La convention stipulait (ju'il serait « procédé à frais communs, 
par l'Etat r[ hi Vilh» de Paris, à la reconstruction et à Tagrandisse- 
nient des hàtiments de la Sorhonne » ; — devaient avoir leur siège 
dans les nouveaux hàtiments, l'Académie de Paris, les Facultés de 
Théologie calholi(jue [\j, des Lettres et des Sciences. Le décompte 
général des dépenses était fixé à 22.200.00U francs, moitié à la 

1. Après la suppression do la Faculté de Théologie calholiqu»', la partie de l'édifice 
qui lui .'iiil ! Mrv,'. fut alfcctée à l'Kcole des Chartes. 



LA NOUVELLE SORBONNE 99 

charge do l'Etat, moitié à la charge de la Ville, mais il était 
entendu que si ce chiffre était dépassé, l'excédent serait parta^^-é 
par moitié entre les deux parties contractantes. Sage précaution, 




Ghafîtuw. — Louis W clmlii' les mallK-iiuiliiiucs sous la (Ihoftioii do ViinNMil 

tlo lioauvais. 
(Péristyle «lu premier élaj:e.) 

puis(|u'à la li(juidali()ii (h's (h'pciiscs, le inonlani lolal s'csl élevé à 

32.220.000 francs, dé[)assaii( de 10 millii)iis la pi^'-visioii primitive. 

On ;i\iiil dt'cidt'' de iiicllic au ('(tncoiiis h's pl;ins du inommu'nl. 



too 1. iMviinsrn: m; I'aius 

Ces st»rlrs «Ip (M»ncours nOiil jias rh'- loujoui-s licuiriix. (j'Iiii de la 
Sorlmmu' ivvéla M. Nt'-nol. A \iai diic, .M. Ni-nol s"rlail (h'jà ivvrlr. 
mais Ikh-s «1»' France, m Italie. Il dail loul iriiiic alors, (irand Prix 
«Ir HoiiM' en ISTT. il faisait sa (luatrit'iiic annt't' îi la Villa IMédicis 
(jiiand If (ioiiNt'iiiniiciil italien mit au concoui's un nionunieni à 
Vi.-loi-l-.nnnanut'l. Inudatcui' de runili' nationale. 

M \,n,.t eut laudace d'v pi'endre pari. Sur trois c-enis quarante 
iiroiel> \enus de tous |»avs. le sien lut classé ])reniier. au premier 
tour. <'t |>ar seize \(H.\ sur dix-sept. Mais ["exécution n était pas de 
droit pi>ui- lauleur du projet juim»' : (die était réservée et fui mise au 
eoncour> enti-e artistes italiens. 

Au (•one(>ur> pour la const luelion de la nouvelle Sorbonne, 
M .Nenol lui classt' |»remiei- et eu! Téxéculion. Ce lut un bonheur 
(jue dètie loudtt'" sur un jeune aridnlecte. mailre de son métier, 
d'i'sprit ouvert v[ lécond. ingénieux el plein de ressources, sachant 
linu\er les combinaisons les mieux en rapport avec les hns propo- 
sé«*s. soucieux de la i:randeur de son art, mais sachant aussi que 
raitliitecture. du moins ctdle de noti'e temps, n'est pas une iin en 
soi. mais (ju'elle doit souvent viser à (h's fins pratiques et que 
poui- v alleimlre, elle doit mettre en œuvre toutes les ressources de 
la science La Soibonne est. en certaines de ses parties, un noble 
et beau moinmienl ; en d'auties, un (dief-d'œuvre d'aménagements 
prali(jues. le lout coordonné en un parlait équilibre. 

J.es travaux cattuuencî-rent en 188^). C'était une très grosse entre- 
prise (jue rendait jdus dillicile la nécessité de ménager, pendant la durée 
des liavaux. un abri pour les services logés à la Sorbonne. On décida 
de Tac^'omplir en trois phases. La première comprenait les cons- 
tructions à élever, rue des Ecoles, sur le terrain qui attendait emploi 
depuis 18o4; la seconde, la partie de la Faculté des sciences, ([ui 
devait couvrir les terrains achetés, à partir de TÉglise conservée, 
lT7-;fi'.i .-"i lit îut' Cujas ; la troisième, les constructions à édiher sur 



LA NOUVELLE SORBONNE 101 

J'emplacemont de rancien monument et sur le terrain parallèle en 
bordure de la rue Saint-Ja('(jues. De la sorte, 1<^ liouhle des ser- 
vices serait rt'duil au minimum. 




Wenckku. — l*osc (If la i)i'oini('ri' i)it'rrt' de» la Nimvcllo Sorltomif. 

i^Salon (.aniot.) 

Le 5 août I880, M. Hené fioblel, Minisli'e de lliisliuclion i>ul)li(jue, 
scellait solemielleuuMil la piciniric pierre du i^rand Ampliillu'àlre. 
Quatre ans plus l;u<l. jour poiii' jour, la pr«'iiiii'i'e st-rie d(»s lra\au\ 
élail aelies «'•(', el le :i aoùl 1(S.S'.), I«' i;raud Aui[dHlli«''àl re de l.i uou- 



ioâ L'UNI VKRsrn: m: paius 

\r\\r Sorlioiiiic «'lail iiiauuiir»' par Sadi-Caniol, Piosidenl de la 
l{«'|uil)li<|iir. assislr «le M. Fallii'itvs. alors Miiiish-c de l'Inslruclion 
iniblit|iuv Di'S r.imit'c jii(''('«''(lcnl('. on a\ail alta(jii<'' la (Icuxirino série. 
EU»' «'lail IrniiiiitM' en I(S'.)."). |']ii 18'.)'.^. on a\ail coniiiionc'é la Iroi- 
siÎMiK'. Au mois df juillcl l'.)lll. clic clail achevée. L'onseinble des 
t?'a\aii\ avait v\r accoiiijili i^n moins de dix-sepi ans. 

La sj'ance inaunuralc du )> aoùl 1S81) lui une dalf et une fête îi ne 
pas ouldicr. (Jt-lail l'ainitM' du (icnlcnaiic de la Convocation des 
Klals iiéiiéi'aux. pitdude <lc la Résolution irancaise. Une brillante 
exposition uiii\ t'iscllc ('hiil ou\ crie à Paris. Depuis (jucdques années, 
on commençai! U assii:nei' comme lin au mouscmenl de réforme de 
1 ens»'i-n«'mcnl supiM-ieur l;i consliluliuu dUniversités analogues 
aux i:"rand«'> in>l il niions de {('tianficr. On crut l'occasion oppoi'lune 
poui- afliriner et n'-pandre cette idée. On invita à cette inauguration 
dt' la |)r'eniiri(' pailie de la nouvelle Sorbonne non seulement des 
représentants des grands corps de llîtal et de la Ville de Paris, 
mais des députât ions, maîtres et étudiants, des facultés des départe- 
ments cl des uiMversités étrangères. 11 en vint de partout, et c'est 
en présence dune foule entliousiasle ([ueut lieu la fête de la Sor- 
bonne présidée par Sadi-Garnot. Dans un discours éloquent, aux 
acclamai ions dv l assistance, le Ministre de l'Instruction publique, 
M. l'allières. présenta les idées dont s'inspirait, dans son (euvre de 
réforme et de rénovation, la Direction de renseignement supérieur : 

(• ^ ous savez vos origines et votre histoire. 

« Il y a cent ans, les universités de l'ancien régime agonisaient. 
Abandonnées, depuis longtemps déjà, par cet esprit vivant qui avait 
lait autrefois de l'Université de Paris la grande clarté du moyen 
âge, elles mouraient pour n'avoir pas reconnu un nouveau prin- 
cij.e de vie dans le nouvel esprit, qui, depuis Descartes, avait tout 
conquis et tout occupé. » 

tf A leur place, la Révolution avait rêvé d'établir de vastes écoles 



LA NOUVELLE SORBONNE 103 

encyclopédiques où toutes les sciences se fussent rencontrées, s'ani- 
mant mutuellement dans une harmonie comparable à celle des lois 
de la nature et des facultés de l'esprit humain. )> 




filOtd .Moictii. 

F. Albl'htin. — Le vciiior au boni de la mer. 
(Salle à mander lio ILiiiN t>rsiU^.) 



« Cet admirable proi^ramme n'aboulil pas. Après trois (juarts de 
siècle, vous Tavez repris, Messieurs. Nous le r('[»ienons avec vous. 

« ... Avec la claiI•\()^aIl('e et hi (h''cision des forts, vous avez pris 
vous-mènu's i"initiati\(' de voire léloiiiic v[ (h' votre transformation. 
Vous avez été aidés par une Aihninistration soucieuse ih' ses devoirs 



104 l.TM VI'.HSITK DK l'A 15 IS 

i»nv«'rs If jiavs, «"l i|ui s'««sl a(»j>li(jin''«* à cii'ci' 1rs ori::anes, h mesure 
(ju'iMi vous ajiparaissait'iil l«'s hrsoins cl se inauilVslaienl. les proi^rès. » 

o De relie évohilii)n. «loiil les pliases se succi'dciil et s'encliaîiieiit 
avee suret»', les L:i'aM«ls ellels sont i\v\l{ visihh's aux \<'ux de tous. » 

« C'est d'altord un <(»niiuenceinent de dt'centralisation scienti- 
litjue. Nai:urr«' il \ a\ait un coiilraste excessii entie Paris et la pro- 
viuee. A l*aiis «'tait eonecnlr»' à peu près tout ee (jui éclaire eL 
éeliaulle l'aiis l'esle. sans doute, et restera un foyei' inroniparable 
dt' xinicc. un d«''p(i| uni(|ue de ressources savantes, un centre d'as- 
piralion en luriii»' temps (ju un ](t\ (m- d'expansion et de rayonnement. 
Mais tout à l'entour, dans la zone obscure qui l'enveloppait, nous 
voyons di'|iiiis (jutd(jue temps, briller ça et là des points lumineux 
dont l'intensité va croissant; nous vovons naître et se nouer des 
universités, chacune avec ses caractères propj'es, avec la marque 
de son nnlieu, la saveur de son terroir, la promesse d'une individua- 
lil»' birn décidt'e. » 

« 1ji même temps il s'est fait dans les facultés une concentration 
t'Iiaque jour plus resserrée des forces. Longtemps, Messieurs, vos 
compai:nies ont porté ce vieux nom de facultés : mais à ces 
facultés il manquait d'être les puissances variées d'une même àme. 
Aujourdliui, les choses sont rentrées dans l'ordre naturel. Vous 
êtes dfvenues des personnes, et tout en restant attacliées à l'État, 
du(|u«d vous ne voudriez pas plus vous séparer que l'Etat ne con- 
sentirait à se séparer <le vous, vous avez acquis les attributions des 
pi-rsonnes ^ ous n'êtes plus simplement juxtaposées les unes aux 
autres, vous êtes devenues les organes d'un même corps, à la vie 
du(juel vous concourez toutes, cbacune pour sa part, et si ce corps 
n a pas encore reçu le nom (jui lui convient, ce nom (jue je lis ins- 
ent sur ees murs comme un appel et comme un gage, soyez sûrs 
qu'il ne sera pas refusé, avec ce qu'il comporte, aux mieux faisants 
et aux mieux méritants... » 



LA NOUVELLE SORBOxNNE lOb 

Le soir, à l'Opéra, une soirée de gala réunissait les maîtres et les 
étudiants de tous pays, en costumes nationaux. Ce fui un spectacle 
inoubliable. Quand la Marseillaise, insci'ite au proiiramnie, fut 
entonnée par Tartiste cliargé de Tinterpréter, la salle entière, vieux 
et jeunes, Français et étran<^ers, se leva spontanément d'un seul élan, 
et tous se mirent à en cbanter le refrain, si bien (jue le cbef d'or- 
chestre se retûuina vers la salle frémissante pour diriger cet 
immense chœur improvisé. 

II 

Description de la nouvelle Sorbonne. 

La nouv(dle Sorbonne est un rectangle orienté du nord au sud et 
(jui a pour périmètre, au sud, la rue Gujas, au nord, la i ne des 
Écoles, à Test la rue Saint-Jacques, à l'ouest la rue Victor-Cousin, la 
place de la Sorbonne et la rue de la Sorbonne. La smtare lolale 
est de 21.000 mètres carrés ; elle est donc pres(|iie liiplede celle de 
l'ancienne Sorbonne. 

Le plan général de cette vaste et complexe cité est simple el liar- 
moni(|ue. Sur la façade [)rincipale, rue (b's l^coles, à reiiiresol et 
au premier étage, les services généi'aux de rriuveisih'- . cabinet 
du recteur, bureaux de l'Académie, salons de I Université, conseil 
de l'Université, salles de connnissions. J^n face du uiand xcstibule 
s ou\ re le urand ainphitln'àlre, commun à toutes les |-'aculle>, oii 
peuvent tenir trois mille auditeui's ; il droite el à gauche »le son 
accès cential se développent deux escaliers monumentaux condui- 
sant au périst\le, sui" leijuel s'ou\ l'enl les salons et salles de I l ni\«'i*- 
silé. A dioite et à gauclie du bloc forme'' jtai le graïul ampbilhéàlre, 
deux larges couloii's, celui des letlics. celui ib's sciences, coiuluiseiU 
aux si'rvices de ces facultés. 



106 l'univi:hsitk di: i'aius 

Ajuvs rt» pn'initT massif, un st'coiid, à liois laiigs parallèles, le 
prciiiitT sur la rue île la Sorbonni'. à (rois élaiies, services i^éiié- 
raux, salles «le conféi'enees el salles d études de la Faculté des 




Photo Moreau. 

F. AiBLKTiN. — Le vcrgei' au bord de la mer. 
(Salle à manger de rUiiiversilé.) 

Leilres; le second, central, sur le prolongement de l'axe du grand 
amphithéâtre, comprend, au rez-de-chaussée, les trois amphithéâtres 
de cette faculté, et sa salle de doctorat: au premier, la Bihliothèque 
de l'Université, llan(|uée de magasins; le troisième, sur la rue Saint- 
Jacques, contient divers services de la Faculté des Sciences. Les hâti- 



LA NOUVELLL: SORBONNE 407 

mcnls de la Faculté des Lettres, clos au nord par TEglise de la Sor- 
bonne, seule partie conservée de Ja Sorbonne de Riclielieu, entourent 
la cour d'bonneur dont les dimensions sont exactement celles de la 





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l'Iiot'i Morcau. 

F. AuBUUTiN. — Le Ncr^ci- au Itoid de la nier. 
(Salle il mangei- de l'Ciiiversité.) 



coui* de raiicienne Sorbonne. On v acciMJe, soil pai- la lialeiic des 
lettres, soil par un couloir Ncnaiit de la i:al«'iie do sciences, soit 
par* une porte monunuMilale di)in»anl sui' la lue de la Sorbonne, 
n« 17. 

(( Il iaut IV'licilei- M. Nénol d avoir maintenu ii la coui' d'boimeur, 



108 L'L'MVKRSITi: Di: PARIS 

roiniiK' lunis r.ivions ilt'inandt'. If .aiarli'rc (jui doiniail à rcruivi-c 
<h' LoniPirirr sa Im'II»' ji1i\ siononii«\ \\'\r\\ ii'av;nl ('h' int''nai;(' par 
Hicln'li«ui pour t|in' la Soiboiuic lui un inoiuiiuciil sans ii\al, ses 
pan»»ffvristos nous rapjircnntMil . .Mais le l('inj)s a\ait fail sou u'untc. . 
Nrainnoins «'II»' a\ail «micoic i:rau(l asjx'cl. cclU» cour vieillie, avec 
son oricT^laliou si exacte (jue le soleil y venail louchei', pendant la 
jouiMU'e. les li-ois nu'iiiliens. ses hautes toitui'cs à piiJ^nons. sa I)elle 
or<lt»niiaiice «lont les parties en saillie inlerronipaient sans le briser 
le (l(''\ el«»ppeinenl liarinomCux. le j)ei ron (|ui formait à l'Eiilise une 
sorte (le piirvis. C'est ce g-i'and aspect (jue M. Nénot a su conserver, 
en le niodernisanl. La coui" de Leinercier avait, malgré tout, quel- 
que chose du cloitie... Même simplicité, même pureté de lignes, 
même sér/'iiiti' dans l'(eu\re d(^ M. Ni-nol. Mais de lar<2^es fenêtres 
appellent et font eiili'er paitoul, dans les salles de conférences et 
d'«'tude, l'ail' et la lumièi-e. Au fond, sous le pavillon du grand méri- 
dien, une Lialerie ouverte met en communication le (juarlier des 
lettres «'t celui des sciences. Le jiai'vis de FEglise reculé, sans (jue 
la perspective en souffre, a l'endu à la circulation Tespace et l'aisance. 
Pai'Iout limage du liavail et de la vie. On ne pouvait mieux rendre 
hounnage aux souvenirs du passé en raccommodant aux besoins du 
présent, ni Fuanjuer avec plus de respect et d'indépendance à la fois 
le lien lit''rt''(liiaire des deux monuments'. » 

\u delà de l'Eglise, un troisième et dernier massif, traversé par 
un couloir couvert qui met en communication la place de la Soibonne 
et la rue Sainl-Jac(jues et donne accès, sur ses côtés, aux divers 
laboratoires de la Faculté des Sciences, chimie, physique, physio- 
logie, zoologie, botani(jue, géologie, minéralogie. C'est tout un 
quartier. 



1. u. uiLMi i, Introduction a la Monorjraphie de la Nouvelle Sorbonne, par il. -IV Ncnot. 



LA NOUVELLi: SOR BONNE 



109 



m 



L'art à la nouvelle Sorbonne. 



La nouvelle Sorbonne n'est pas moins reniai'(jualjle par sa déco- 
ration artisli(jue ([ue ])ai* son oi'donnance arcliilecturaie. Les j>lus 




l'Iiulo Neunleici. 

LuERMiïTE. — Claiid"' Bcriianl inloriirclanl une o\pi''iiciice de vivisi'ctioii. 

(SuUc des Coriiiuissionâ.) 



i^rands artistes du temps, sculpteurs cl jicinlres, ont élc appelés à 
.la |)arei-. 

Sur la luc des Kcoles, la façade j)rincipale poilc. en deux Iron- 
-tons, Tiiii à. droite, l'autre à iiauclir. d«ui.\ haiils i-tdicfs. \{'s Scirnces 
par Mcicié, les Le/trcs par (diapu. cl si)n alli(|U(' es! ornée de (mil 
statues en pierre, V Arclicologie pai" Paris. la P/ii/us(t/>/(lr. pai* J^on- 
i;"epied, V llis/oirc , par (loi'doiniiei'. la (icoyrajtliic , (iai- .Mai'ijuesle, 
les Mf///n''//Hili(/ti('s, par Siicliel. la P/if/sif^f/r, j)ar Allteil Let'euvre, 
Vil is/nirr ndl ((n'lh\ pai' ( '.ai'lier el la (liimir, par Injalherl. 



no i/i M V i; KSI ri; in; p mus 

Pi'ni'trons. |)ai" la nu» des ^('olcs, dans le i:r;mil \ cslihiilc. A 
«linilr ri à i^aiiclif, ilt'iix slatlirs île piciit'. Ihunh'(' par Dclaplaiiclic, 
Anhnurdr pac ralmiif'i»'. Montons N's (jii»'l(|iirs inaichcs (jui coii- 
<liiis«'nl à r«'sralii*r «l'Iioiuiriir. franchissons radnnrahic porte de. 1er 
for^é sortie, coniiin' les lainpes cl balcons, des alcdiei'S de Moi'iMUi 
frÎM'es, iifravissons les niaiclies soit des volées de droite, soit des 
volées d«' uaiiclie. au cenlre du péristyle rectanp:ulaii'e, nous trou- 
vons une statue un peu .massive de la K«''[)ul)li(|ue par Dellioinine, 
et à droite et à uanclie, sur les côtés du l'ectaui^le, un magistral 
ensenilile de di.\-huil painieaux de peinture décorative, neuf par 
François blanieui;-, neuf par Chartran. Ils disent tous les dix-huit 
(jutd(|ue phase inijiortante de Thistoire (hi la vieille Université de 
Paiis, ou (juehjue fait capital de l'histoire de la science et de la 
pensée humaine. 

Voiii, p;ii- Fi-ançois Flanieng, Saint Louis remettant à Robert Sor- 
bon la cJuirte de /nndalion. de la Sorbonne. — Abèlard et son Ecole sur 
la Montarjne Sai/ite-Genevièce. — Le Prieur Jean Heynlin et le Biblio- 
thécaire Guillautne Fichet installant dans les caces de la Sorbonne la 
première imprimerie qui ait été établie en France. — Etienne Dolet, 
Ainipit, Ronsard, Clément MaroL, Rabelais, Ramus, la Boétie, Bran- 
tôme, Rude, l'Estoile, Montaigne, réprésentant la pensée française 
au XV l" siècle. — Le cardinal de Richelieu posant, le /^' mai 1635, la 
première pierre de l'Eglise de la Sorbonne^ en présence de V architecte 
Leinercirr. — Le Recteur Galland accompayné des Doyens des facultés, 
offrant, suivant la coutume, un cierge à Henri IV la veille de la fête 
dr la Purification, le /*'" février 1595, et recevant du Prince l'an- 
nonce qu'il a dessein de réformer l'Université, toile où l'artiste a don- 
né au recteur les traits du professeur Gustave Larroumet, alors 
directeur des Beaux-Arts. Deux panneaux plus petits, La Rochefou- 
cauld, Tauleur des Maximes, et Rollin, (jui fut principal du Collège 
de Beauvais. Enfm Une leçon de Michelet au Collège de France oix 



LA NOUVELLE SORBONNE 111 

parmi les auditeurs on reconnaît Edgar Quinet, Villemain, Guizot, 
Cousin, Renan. 

De l'autre côté, voici par Cliartran : Louis IX à la1)haijp de 
Roi/aumont, rtiidiant les mathématiques^ sous la direction de Vincent 
de Beauvais (1223). — Ambroise Paré, au siège de M ftz, pratiquant 
la ligature des artères sur un arquebusier blessé (loo3). — fJer/tard 




Chartran. — Bernard Palissy dans son cours de minéralogie. Ambroise l*ar»' au siège de Metz. 

(Péristyle du premier clage.) 



Palissf/, oucranf ù Paris, arec permission du lioi. un ruttrs pu/flic 
de minéralogie (loTo) . — Buffon, en présence de Pternurd de Jussieu et 
de Daubenton, lisant les premiers feuillets de stui Irui/r d'hisioin' 
naturelle (177G). — Pascal^ en compagnie dr Drsargues et du Père Mer- 
senne, exposant à Descartes, au tnilieu de la place Hoi/ale, ses projets 
(Pexpériences sur la pesmUeur de l\iir [^.iSV^^. — Laruisier, après une 
expérience exécutée dans siut luboratidre, conrerli^^unt Ih'rthollvt 
Il la doctrine pneumatiipie I7S*V. — Cucier réu/tissant les docu^/iC/ils 
pour serrir é/ Ui rern/tstruetion uiuifomiquc des animaux fossiles 



iii i/r M vi;iisiTi; di: i'a ris 

, [^2:i . — L(irnnr(\ // l'Iiùjtital Srchcr, ausiultdiU un phlisKine en 
présence tir ses r/rrrs 'ISI(>\ — Arar/o [disant fin cauvs d aslrononiir 
fuiinilairr à rohaerratiurc. 

I)i» vv l»i'au |)«'rist\l(' on accî-dr (Tiin colr. dans le iirand amplii- 
tli«'àliM', «If raiiliT. (liiiis les salles et salons de rCiiiversité, aux- 
«jiirls csl coiiliiiii rajtpaih'iiit'iil du \ icc-liecleiir. Allons d'abord de 
ee eùh'. el coiiiiiieiirons par rapparleineni du Jiecteur. La décoration 
i\v sou cahiuel (|ui donne sui" le s(juare d<' la Sorbonne, face au 
Mux'f de (iluuy, a eh' coidic'e au peinlie Luc-Olivier Merson. Elle 
coiupoileia six painieaux d'inégale étendue, où de Unes et 
r\pi«'ssi\ es ligures i-epi(''senlei()nt la Thrologie, la Scolastiqne, 
lt> Lrttrrs el Ifs S( ienccs. J)e ees panneaux, Irois seulement, dont 
If plus iuiporlanl. soni en [)lace. L'artiste voudra certainement ter- 
niiuei- >aiis retaid cet ensemble incomparable. 

Lf |iflit salon fst décoré d<' panneaux et médaillons pai- Clairin, 
où sont lepri'senlt's alléiioi'iquement les Lettres, les Sciences, la 
Médn nir. la Pharnidclc el le Droit. Dans le grand salon, le pin- 
ceau de (iuitail a tracé des frises décoratives, et sur les panneaux, 
les imaiies de la vieille Sor])onne, de la Facullé de Médecine, de la 
l'aculh' de Droit, de IKcole des lieaux-Arts et de la Bil)liotliè(jue 
nationale. La salle à manger a leçu un frais panneau décoratif, 
Fin ff l:tr, de Rapbaid Colin. 

Ln continuant, de la luede la Sorbonne vers la rue Saint-Jacques, 
nous voiei dans les salons de l'Université, bauls de près de liuit 
mJ'ti-es. el décorés les uns avec une sévère sobriété, les autres avec 
tout léclat des oi-s et des couleurs. D'abord le salon Carnot. Il con- 
lientune grande peinture de Vencker. C'est un tableau bistorique. 
Il représente la pose de la première pierre de la nouvelle Sorbonne, 
par le Ministre Hené Coblet ;i88o;. Autour de lui sont groupés, 
parfaits de ressemblance, les principaux personnages qui assistaient 
à la cérémonie, le Yice-Recteur d'alors, Octave (iréard, les Doyens 



LA NOUVELLE SORBONNE 113 

Beudant, Brouardel, Hébert, Himly, Cliatin. le Directeur de rEnsei- 
gneinenL supérieur, L. Liard, le Préfet Poubelle, le Président du 
Conseil municipal Michelin, et nombre de Professeurs des facultés, 
tous en robe, entre autres Ernest Lavisse, Gelfroy, Labbé, Colmet 
de Santerre, Paul Janet. 

Par deux portes en cliène sculpté, nous passons dans la grande 
salle académique, longue de 26 mètres, ruisselante de couleurs vivt's. 
C'est là que se tient l'Assemblée générale de l'Université de Paris 
et ({u'à l'occasion se donnent les fêtes universitaires. La décoration 
picturale en fut coniiée à un des peintres les plus célèbres du temps^ 
Benjamin Constant. Sa signature elfacée, on aurait quelque peine 
k reconnaître dans les cin(| panneaux de cette salle, Ta^uvre de ce 
maître de la lumière. Ce sont d'abord, à clia(|ue extrémité, sur les 
petits cotés du long rectangle, un Pvomêthée enchaîné et un Pronié- 
thèe délivre, plus obscurs encore de couleur ((ue de pensée ; puis, 
face à la rue des Ecoles, trois panneaux, dont deux allégori(jues, les 
Sciences, personnifiées par des liommes vieux et jeunes, velus à 
l'antique, se détachant sur le fond vert d'une prairie, les Lettres, per- 
sonnihées par des femmes, vêtues, elles aussi, à l'anticjue, et se 
<létachant, elles aussi, sur le fond \'»'il d'un bois. Enlir 1rs 
deux, un panneau médian, de mêmes dimensions, où. sui* un 
gradin semi-circulaire, sont assis, revêtus de leurs robes, «mi poses 
d'atelier, sans occupation déterminée, le Vicc-UechMii- d les Dovt'us 
4'alors : Octave (iiéard, Lichl<Md)ei'ger, {{eudanLlîrouardcl. litln'il 
4'l llimlv, avec un h)nd de plein aii' où se dessine la silliouelle «miso- 
leillée de l'Eglise de la Sorbonne. 

Pai' drux j)ortes de chêne sculj)lé, comme celles (|ue nous avons 
4léià franchies, nous passons dans la sidic du Conseil de rCni\ tM>ile. 
L'aspect en est sévt'i'e, la décoration sobre. Sur un panneau recLiu- 
gulaii'e. Alhcrt Ir (irand dU cnurrnf dr S(n/i/-./<i( i/ttrs. (laire et 
e.\pressi\t' peinlure pai' Leiolle. \']\\ l'ace, une loile de Devambe/. 
I. 8 



4u I. iM vi:i;siTi: di: iv\in> 

CDiniiifinoit'iM liiculM un «les (•v/'iicniciits les plus ri'Cciils de la 

nouv««l!«' l'iiiN t'isil»' «le l'.iiis. la rciniioii au (•(tips (ju'rllc lorinait 




l'iioto Viz/.a\ona. 

Dkvamiikz. — RcunioM de VEroU' Normale supcTicuro à l'Université de Paris. 

Salle ilu Conseil de rL'iii\ersité.j 

déjà, (le l'Ecole Norinale supérieure : sur l'escalier (riionneur (jui 
conduit à la salle du Conseil, le nouveau directeur de TÉcole Nor- 
male, Ernest Lavisse, présente au Vice-Recteur Liard, entouré des 



LA NOUVELLE SORBONNE 115 

membres du Conseil de 1" Université, les professeurs et les élî-ves de 
rÉcole désormais incorporée à l'Université. 

La série de ces vastes salles se termin»', à l'an^'-le de la rue des 
Écoles et de la rue Saint-Jacques, avec vue sur le prtit square du 
Colli'ge de France, par la g^rande salle à mander de l'Université, 
décorée tout entière, plafonds, caissons et panneaux, par Francis 
Auburtin, le tout en nuances claires et douces. Sur les panneaux 
quatre paysages aux motifs pris dans l'Esterel, mer bleue, rochers 




Andué Buouili-et. — Rt'iiau sur i'Acropolf 

(Salle des Commissions.) 



roui^es, oliviers légers, pins plus sombres, avec cà cl là (jU(d(jucs 
ligures aux simples et belles attitudes, dans une luinitTc tt'iidic, 
dans une atmosphère légère et transluciih'. (h- vi'aies peintures 
décoratives, en harmonit^ a\'ec h' stvle et h's tons de la jtièce. 

Dt; là aux deux salles des commissions, situées au mèine in'\ eau. 
\o passag(; est facile. L'une d'elles conlitMit deux tableaux de Lhei- 
mitte, [)arfaits en leur manièi-e : Sdintf i^lnin' Urrhlr, rilluslro 
chimiste, /disiinf un cours <l(ins Funtphithrulrc de /)/it/st(/Uf (/r fan" 
cienne Sovhttmw. Autoui* de lui. tii's ressemblants, ((u«d(jUi'S -uns de 
ses élè\t's : Dtdjras , llautefeiiille et Ditte. lai lace un auh'e célèbrt» 
professt'ur de la Facull»' des Si-icnci's, Cluuih' Urnuird c/i co^inme 



Ht L'UNI vi'.M^ni: i»i: paius 

de laboratoire^ interprétant à f/itr/f/itrs-t/ns dr ses c/rcrs, I*aul Hcrl, 

Daslrr ri (iivlianl. f/nc n prriciHC de virisci hon. 

Dans rauli'i' salle dfs conimissioiis . deux lahiraiix d'André 
l>rouiII«'l : Jules l-crri/. dans son ( ai»inrL dr la rue i\v (iiT'n(dle, avec, 
autour y\v lui. Alltrii Duinoiil. alois dirrclrur dt' reiiseitinunu'iU 
su|t«'TiruF-. AUrrd Kainhaud. son chcd" dr cahinct, Houjon, son 
serivlaire, signant les plans de la ii(»u\(dlr Sorbonne qui lui sonl 
présentés jtai- rarcliilrcir Nriiol ri Ir Vice-llecteur Gréard. Sur 
la paroi opposer. l;i l^rirrr sttr t Acropole : dans une admirable 
lunni-rr, 1rs trniplrs Av TAeropole et leurs ruines, et les contem- 
planl. adossé à un liil de colonne, Renan, l'auteur de la prière 
(•élJd>re. V\\ Iroisii ine tableau, plus vaste, d'André Brouillet, était 
destiné à eelte salle. Il représente un épisode de la vie de la Sor- 
bonne au niilit'U du xix"^ siècle. Lorsque après la l'évolution de 1848 
Kdirard (Juinel et Micbelet furent rétablis dans leurs chaires du Col- 
lège de France, les auditeurs furent si nombreux que la salle la plus 
irrande du (îollèuc ne |)ul les contenir. Ils franchirent la rue Saint- 
,ïac(jues, entraînant les deux professeurs vers ramphithéâtre plus 
vaste de la Sorbonne. C'est cette scène que l'artiste a représentée. 
Les deux professeurs sont debout sur la chaire, se détachant comme 
deux piophèles, dans une lumii're (jui les frappe de dos, et se répand 
en é\('nlail sur l.i foule animée et enthousiaste qui les salue et les 
ac( lame On a cru bon de placer ailleurs ce tableau. 11 est au fond 
de c«dui d«'s amphithéâtres de cours ayant accès sur la rue Saint- 
Jac(jues. (jui porte le nom de Quinet. 

Revenons au péristyle et pénétrons dans le ^rand amphithéâtre, 
C'est la salle dr cours la plus vaste qui soit à Paris et peut-être au 
monde, puiscju'avec ses deux rangs de cinq tribunes chacun, elle 
peut contenir trois milles auditeurs. C'est aussi la plus belle. Le 
dessin général en est parfait, l'acoustique excellente, les proportions 
harmonieuses. La lumière rjui tombe d'un large plafond vitré y 



LA NOUVELLE SORBONNE 117 

éclaire, au plafond, des ligures allégoriques de Galland, V Académie 
de Paris (à ce moment les facultés n'étaient pas encore réunies en 
Université], les Lettres^ les Sciences, la Médecine et le Droit ; dans 
des niches réparties sur le pourtour, au niveau du premier rang- de 
tribunes, six statues de pierre: Richelieu par Lançon; Robert de Sor- 
bon par Krauk ; Rollin par Cliaplain ; Pascal par Bari'ias ; Lacoisier 




Marcel Baschet. — Riclieliou exaininaiit les plans ilc la Sorboiine. 
(bibliothèque de l'Université.) 



par Dalou et Descarlrs par (loutaii. I^nfin, sur la vaste paroi du 
fond, la merveille picturale de la Sorboiiiie, la liiainle composition 
allégorique de Puvisde (lliavannes, le chel-d'ceuvre du mailre, d une 
ordonnance savante et simple, aux coulcui's apaisé(^s, d'où émane 
une divine impression de pensée hauli' et sereine. La meilleuic 
description ([u'on en puisse donner à (jui ne Ta pas vue est le cro- 
quis écrit (ju'eii a tracé le mailre lui-même : u Dans la (dairière d'un 
bois sacré, assise sui' un bloc de niaibre. la Sorl)onne; à ses côh»s 



ns L iM \ I. i;>i 1 I 1)1. l' A lus 

«lru\ p'iiios. |>orlt'iirs de jiiiliiH's : h s«'s piods, une source jaillis- 
s;nih'. V ili(»il»'. 1rs Lrllics : ri^lcxjueiice dehoul, la Poésie repré- 
sentées par 1rs .Muses éparses. m (lixcrscs alliludes, sur le <iazon ; 
L'Hisloiir ri r Archéologie louillanl Irs eiUrailles du passé; la Phi- 
losophie disculaiit h' iiiN shTr de la vir cl de la mort. A liauche. les 
Seienees : la (léoloiiie, la Ph\ sioloiiie. la liolani(iue, la Chimie 
sMiiholisées |>ar Iniis alli'ihiils: la Physi(|iie eulr'ouvranl ses voiles 
• Icvaiil iiii essaim de jeuiics j^ens (jui lui ollrenl eomnie jirémices 
dr Ifiiis lia\aii\ une llammc délecirieilé ; à l'ombre d'un bosquet, 
la (iJ'oiiK'hi»' iiK'dilanl siii- un problème. » 

Ajui's a\oii- admiré, sortons du liraud amphilhéritre par un des 
nombreux vomiloires par où il s'emplit et se vide comme un demi- 
colssée aiili(jue : nous voici revenus au vestibule. Prenons à droite 
pai' la paierie des Lelli'es. A})rès un plan du rez-de-chaussée de 
la Sorbomu' i:ravé dans la muraille, voici en cinq compartiments, 
ein(j toiles de l^oilpot, marouflées sur le mur : le Palais de l Alhanibra 
la Mn^f^arc de Sainte-Sophie, le Funim de la Rome antique^ Vile de 
Pltilé et le Par/lirjinn. Nous trouverons plus tard le courplément 
de la série, dans la galerie symétrique des Sciences. Pourquoi ces 
suiels, si lointains, si étrangers ce semble, à la Sorbonne '? On a 
V(»ulu placer sous les yeux des étudiants (jui passent nombreux par 
ces iraleries. les principaux tvpes de Tarchitecture depuis lEgypte 
jus(|u'à la Fi'ance moderne. C est une leçon de choses étalée sur 
les murs. 

-\(>us voici sortis du premier massif, et nous pénétrons dans le 
second, en mettant pied sur le sol de la grande cour de la Sorbonne. 
l'.n face de nous s'élève la façade intérieure de l'Église de la Sor- 
bonne, telle (juelle lut conçue et exécutée par Tarchitecte de Riche- 
lieu, Leniercier. Les degrés (jui la ])récèdent portent deux statues 
de pierre, Pa^lear par Hugues, et Viclor IUkju par Marqueste. Avant 
d.. (.r;.x il- ,M's degrés, reloui-nons-nous; sous la galerie ouverte qui 



LA NOUVELLL: SORBONNE llî? 

fait face à l'Eglise, nous voyons se développer, en deux peintures 
vivantes, colorées et pittoresques de Weerts, deux pajies de l'his- 
toire de l'ancienne Université de Paris, la Frfe du Lendit et la 
Foire aux Parchemins ; ici, la longue et turbulente théorie des étu- 
diants se déroulant des rives de la Seine jusque vers la plaine de 
Saint-Denis : là. le cortèg-e plus g-rave du Recteur, du Prévôt des 




Jkan-I\\li. Lauiîens. — l'iaïu-ois Y" visiUiil l'atolicf do Robert Etienne 

(Hibliollici|uo lie rLiiiversilc.) 



marchands, tles doyens, des [)roresseurs arri\ant aux houli([ues à 
parchemins. 

La Sorhonne iiarde en son Eiilise h's restes de Uichchi'ii. Sa 
tombe est surmontée d'un 1res beau marbre de liirar(h)n : If cardi 
nal en grand costume, ex|)irant, soutenu par hi Uehgion ; à ses 
pieds se lamente une lemme sxnibohsanl rilis|«)ii'e. 

En sortant (h' l'I^glisi', au coh' droit (h* hi cour dhouneui'. mms 
trou\(Mis le massif des amphilheàlics propies de la racullé des 



iiO L'UNIVKRSITi: l)i: l'AHIS 

LcMn's, la salir <lii ih^cloial . rain|>itlirjUre Doscarlcs, ramphillu'jitre 
Turjrol. raniphillu'àlrr (iui/.ol fl an ('ciilic. I jiiiiphilliràlrc Ricliclieu. 
La salle «lu «Iddoral oîi ont lieu l«'s soulonanrcs de tlu'scs, a rcru 
mit' tk'CDi'alioii ln-illanh'. hop luillaiilc inriiic. Les ors ol les vives 
couleurs y suraboiulenl. Le jtlatoinl en a été peini par Schomnier. 
De Seli()nini(M- aussi soni les izi'ands médaillons (jiii en ornenl les 
cùlés. N sonI représentés Jiic/ic/ieu, encore Richelieu ! Molière, 
Pascal, liossae/, Descaiirs, Corneille, Hacine. L'ampliilliéâtre Des- 
caries poilc imr [(die pcinlure de Gabriel Ferriei', le Hrve du Poète; 
l'amplnlhéàtre 'luri^ol, un pittoresque tableau de Toudouze, Un 
cours (le throloiiie sur unr place publique au moyen dcje : l'amplii- 
Ibéàlre (iuizot. une l)(dle composition de Commerre, la Grèce 
uiilifjKe se (Irrailaut à ï Arche oloejie, L'ampbithéâtre Richelieu est 
plus important. Semi-circulaire, comme le grand amphithéâtre, il 
p»'ut. a\ec ses trois tribunes, recevoir un millier d'auditeurs. En 
trois niches, il renferme trois statues de pierre : un Richelieu d'Al- 
louai-d, lin et nerveux, ici bien à sa place : un Platon de d'Asta- 
gnières ; un Virgile de Saul. La paroi murale, derrière la chaire, 
porte une noble composition de Dagnan-Bouveret, Paceni Swnma 
tenent, Apollon et les Muses au sommet du Parnasse. 

Sur Ir vestibule, au seuil de ces amphithéâtres s'ouvre l'escalier 
d«' la Jiibliolht'que universitaire. En le gravissant, nous rencon- 
trons, en face et de chaque côté, trois peintures de Rochegrosse, 
Hrre, Science, le Chant des Muses éveillant l'àme humaine, qui ne 
sont pas parmi les plus signihcatives de cet artiste. Nous voici dans 
la grande salle de lecture. Elle prend jour et air sur la cour d'hon- 
neur par seize fenêtres et est aménagée de façon fort confortable 
pour 3U0 lecteurs. Elle est flanquée d'une salle spéciale de tra- 
vail pour les professeurs, de salles de manipulations pour la 
réception et l'enregistrement des livres, et sur son long côté 
opposé aux fenêtres, de vastes magasins, aux travées nmltiples 



LA NOUVELLE SORBONNE li>l 

aux nombreux et bas étages desservis par des escaliers de fer où 
sont rangés les 400.000 volumes de la BibliotlÙMjue. La décoration 
picturale de la grande salle est sobre; mais elle man(jue duiiiLé. Au 
lieu de la confier tout entière au même artiste, on en a distribué les 
surfaces un peu comme une monnaie, sans souci, semble-t-il, d'ap- 
parier les talents. Ainsi le plafond est de Dubufe. Il est exécuté en 




Dagnax-Bouveuet. — Apollon ol les Muses. 
(Ainpliilliôàlre Kichclicu,) 

tons qui conviendraient mieux à une salle de bal. Aux deux cxlr»'- 
mités, deux grandes peintures, lune de .Marcel Basclu'I. lHvlirliru 
examinant les plans de la Sorho/ine, raulic, de Jean-Paul Laurent 
François P' visitant râtelier de Ihnri Es/imnr, lirs \ iNciiicnl con- 
trastées, la première, éclatante de blanc et rouge, la second»', foite 
et sombre. 

Sortons à Tétage par la salle de manipulation (»t j)én('trons dans 
le sanctuaire de l'h^coU' prati(|ue des llaules l^ludes, à laijU(dle la 
Sorbonne est beureuse de donnei' lliospilalilé, bien (ju'elle ne lasse 
pas parlie de ri'nixcrsilé de Paris. Dans le recueillemenl d une de 



,ii I/l'M VlillSlTi: Di: l'AUIS 

ses sallt'S, nous li-oiix ci oiis liois adinirahlcs paysa^j^es do Renc 
Méiiaid. ini irraml ;iili>lr. classiiiuc el inodfin»' à la lois, (jui a su 
rrln>u\«'r. saM> uuiir à ses dons jM'rsoniuds, la nobli'sse de li^-nes 
du Poussin «l la lians|tai('nc(' des ahnospht'res de Turner. 

Allons inainh-nanl mms 1rs srr\ iccs df la Facullr des Sciences. En 
«•liacun tic ses principaux aiiipliilliràlrcs. une (puvrc d ail adaptée à 
la d<'>lination du lieu. Dans rampliilhcàlre de (diiniie, une éclatante 
ri s\ltillinr composilion d'Allx-rl IJrsnard, La Vie naît de la Mort, 
(d)jrl i\r cullr pour l«'s prinli'rs symbolistes; dans celui de physique, 
r.l/7 ni ciel Av (irrvrx: dans crlui àv ^éoloii'ie, un clair et lumi- 
iirux pavsai:*' Ar Provence, ])ar Monlrnai'd ; dans celui de géo^rapliie 
pli\si(|ur. la Citi- Uirusirr de Janin; dans celui de botanicjue, un 
paysapre Ar Jules renv. rnlin, toute récente, dans raniphithéâtre 
Ar jiliNsicdouir. unr vaslr allé^oiie de Roll, Vers la Nature, pour 
I II iiuianiiv. 

Vax revenant vers notre j)oint de départ par les galeries intérieures 
entrons dans la Salle des Actes de la Faculté des Sciences. Elle con- 
tient un tableau bistori(jue. le Jubilé de Pasteur par Hixens, oli 
l'artiste a reproduit avec un rare bonheur de composition la scène 
palhéti(iue, inoubliable du 27 décembre 1892 : Lister, les bras tendus, 
saluant le «i:rand Pasteur, aux acclamations d'une assistance enthou- 
siaste. Outre sa valeur d'art, cette toile est un document. Elle con- 
tient plus de trois cents portraits. 

Au sortir de là, dans la galerie transversale, maroullées aux 
murs, deux grandes toiles d'Henri 31artin : le Crêiniscule, VEtudc, 
impiégnées de la poésie et de la lumière, ici, du soir tombant, là, du 
midi aident. 

Sur celle galerie donne une salle rectangulaire, aux parois de 
pierre, (jui connnunique avec le grand amphithéâtre, et prend jour 
par des plafonds. On l'a appelée jusqu'ici Salle des Autorités, parce 
(|uo les iours de s(dennité dans le irrand amphithéâtre, s'y réunis- 



LA NOUVELLE SORBONNE 123 

sent les Autorités avant d'entrer en séance. La décoration en était 




des j)liis sobres : au-dessus de la cluMiiiiK't' de pierre Idanclie. la 



\n 1/ UNI vi:usiTi: i>k ta m s 

Vénti\i\r ll.'niHM-: aux .l.'iix t'xliriiiih's. -Iciix statuos de pierre loi't 
éirtranles. les Sciences, par Hlaiifliard. les Lettres, par h^iiicl. L(îs 
huil paiinoaux il<" iiicrres (miIit l»'S(|ii('ls sont divisc-s les iimis des 




Chemiuée dans la Salle des Aulorilés, La Vérité^ par IIennek. 



grands côtés, recevront prochainement huit panneaux de peinture, 
quatre de M"'Dufau, quatre d'Ernest Laurent. M'" Dutau a choisi de 
symholiser les sciences. Deux de ses panneaux, la Radioactivité et 
les Mnfhhnaùqups ont figuré au Salon de 1908. Par ('(;s deux échan- 



LA NOUVELLE SORBOXXE 125 

tillons, on peut prédire que son œuvre rivalisera par la ricliesse de 
la couleur et par le mystère du symbolisme avec certaines œuvres 
(l'Albert Besnard. Ernest Laurent représentera, d'un pinceau riclie 
et délicat, en quatre allégories faciles à lire : laPoé.ne, VÈluqin'uce, 
{'Histoire et la P/iilosoijhie. 

Enfin, revenant, par la galerie des Sciences, au vestibule d'oLi nous 
sommes partis, nous y trouvons, symétriquement à la décoration 
de ia galerie des Lettres, la fin de la série des Poilpol : la Cité de 
Carcassonne ^ Notre-Dame de Paris, le Château de Chenonceaux <'t la 
Place des Vosges, types de l'arcbitecture française à différents stades 
de son bistoire. 




Fagei.. — Les Lctiros. 









Ancienne Sorbonno. — Cours intérieure (rat;a<Io Kst). 



TABLE DES GRAVURES 



Scènes de la vie des étudiants au moven âge (xiii'" siècle) (Notre- Dame de 
Paris, portail Saint-Mareel) 

Scènes de la vie des étudiants au moyen ;\ge (Notre-Dame de Paris, portail 
Saint-Marcel) 

Sceau de l'Université en 1292 

.I.-.Ï. ^\'certs. — Le Lendit (Sorbonne. (ialerie cour intérieure) 

J.-.l. Weerts. — La foire aux parchemins (Sorbonne. (ialerie cour iiitcrieure). 

Amende honorable laite en 1440 par les sergents du prévôt de Paris, en 
réparation de rinlVactiou dos privilèges universitaires J)as-rolier .i ll-lride 
des lieaux-Arts) 

Hecteur de l'Université de Paris 

Docteur en médecine, L>86 

Bedeau de l'Université de Paris 

La Sorbonne de Hichelieu. Vue extérieure (da[)rès la gravure d'Aviline 

Le Collège des Oi'<»tre-Nations (d'après la gravure de Pérellc^ . 

Le Collège de Navarre 

Le Collège d'Ilarcourt (d'après la gravure de Martinet' 

Vue générale (\c la nouvelle Sorbonne 

Faeade de l.i nouvelle Sorbonne sur la rue des Leoles . . . 

Nouvelle Sorbonne. (irand veslibiiK» 



11 



15 

17 

I'» 

21 

25 

2'J 

31 

3* 

43 

45 



I2S 



I \ in.i: DIS (. i; A \ i i; i:s 



NduvoIIo Sorbonne liiaii.l escalier ^6 

Nouvollt* Sorbonne. l'éristvle du juvmier élage 47 

Noi^elle Sorbonne. Péristvli' ilii premier élnge >'J 

Nouvelle Sorlxinne. Périsl'vle du premier élage 51 

Nouvelle Sorbonne. Le grand AinpliitijéAtre ^'^ 

Nouvelle Sorbonne. Le grand Ampliilliéàtre 53 

Puvis de C.havannes. — Le Mois sacré {grand AmphilhéAtre de la Sorbonne). 55 

Nouvelle Sorbonne. S.illc du rimseil de 11 nivcrsilé de Paris 57 

Nouvelle Sorbonne. «'.abinel dn Kedenr 59 

Cadran solaire provenant de la Sorbonne de Kichelieu 60 

Nouv(dIe Sorbonne. Cour intérieure 01 

Nouvelle Sorbonne. Calerie sur la cour intérieure 03 

Kglise de la Sorbonne 65 

Kglise de la Sorbonne. Tombeau de Kiclielieu 67 

Nouvelle Sorbonne. Salle de lecture de la Hil)liollieiiue de rUniversilé ... 68 

Nouvidie Sorbonne. Tour de l'Astronomie 70 

Nouvelle Sorbonne. Tour de la Pbvsique 71 

Médaille de ILniversité de Paris ^gravée par Chaplain) 72 

Observatoire de Nice. Crande coupole 73 

Laboratoire Arago a Banvuls-sur-.Mer 75 

Lab(U-aloire Arago à Banvuls-sur-Mer. Salle des aquariums 77 

Laboratoire Arago à Hanyuls-sur-Mer. Les embarcations 79 

Laboratcdre de Koscoff. Salle des bacs 80 

Laboratoire de Koscofl". Salle des travaux pratiques 81 

Laboratoire de Wimereux. Crande salle de travail 83 

Laboratoire de Wimereux (côté Nord-Est) 85 

Laboratoire de Biologie végétale de Fontainebleau 87 

Laboratoire de Biologie végétale de Fontainebleau 91 

La Sorbonne de Biclielieu. Cour intérieure (d'après la gravure d" Aveline) . . 95 
F. Flameng. — Kichelieu pose la première pierre de la Sorbonne (Péristvle 

du i»remier étage) 97 

Cliartran — Louis l\ étudie les mathématiques sous la direction de Vin- 
cent de Beauvais J*éristyle du premier étage) 99 

Wencher. — Pose de la première pierre de la nouvelle Sorbonne (Salon 

Carnot 101 

F. Auburtin. — Le Verger au bord de la mer (Salle à manger de 1" Université). 103 

F. Auburtin. — Le Verger au bord de la mer (Salle à manger de l'Université). 100 

F. Auburtin. — Le Verger au bord de la mer (Salle à manger de l'Université) . 107 
Lhermitte. — Claude Bernard interprétant une expérience de vivisection 

(Salle des Commissions) 109 

Chartran. — Bernard Palissy dans son cours de minéralogie. Ambroise Paré 

ie de Metz (Péristyle du premier étage) 111 



TABLI-: DES GRAVURES 129 

Dewambez. — Réunion de l'École normale supérieure à IL'niversilé de Paris 

(Salle du Conseil de l'Université) ' 114 

André Brouillet. — Renan sur l'Acropole (Salle des commissions) iio 

Manuel Baschet. — Richelieu examine les plans de la Sorbonne 117 

Jean-Paul Laurens. — François l^^"" visitant l'atelier de Robert Etienne [Biblio- 

thèque de l'Université) 110 

Uagnan-Bouveret. — Apollon et les Muses (Amphithéâtre Richelieu^ . . . 121 

Henri Martin.- — Le Crépuscule (Galerie des Sciences) 123 

Cheminée dans la salle des Autorités. La Vérité, par llenner 12+ 

Fagel. — Les Lettres 125 

Ancienne Sorbonne. Cour intérieure (façade Est) 127 

Une des portes du Grand Amphithéâtre 120 

Nouvelle Sorbonne. Cour d'honneur (façade Est) 131 

Grand escalier de la Sorbonne. Rampe de départ (côté droit) 132 



POR' 




Un(' il(>s ])()rlt's (lu GrainI .\rnphilli»'àlfe 





tmmmmmsÊimmgÊÊÊm 

Hfinnonnl | n n 






Donnniilf 



Nouvelle Sorboime. — Cour (riioiini'ur (fa»;afle Est), 



TABLE DES MATIERES 



I. — 

II. — 



I. 

II. 
III 

IV 



PRKMlKRi!: PAHTIK 
LA VIKILLK rMVKKSlTÉ 

Les origines. Le moyen âge \ 

Les temps modernes 1 1 

Le déclin. La lin 20 

DKl'XIKMK l'Ainii: 
LA iNOLVKLLK l MVKKSITK 

La renaissance de ri'nivei'silc 38 

La conslilulion (le rrniversilc. ... 54 

Les Protesseurs . 09 

Les l'Uudianls TS 



132 



lAHLi: ni; S matikuls 



I. 

II. 

III. 



TROISIKMI-: PAUTli: 
I.A NOUVELLE SOHBONNE 

llisloriqu»» ^^^ 

Description <le l;i nouvelle Sorhonno 105 

L'art a la nouvelle Sorbonne 109 




Grand escalier de la Sorbonne. Rampe de départ (côté droit). 



L'UNIVERSITÉ 



DE 



PARIS 



MÎ:MK COLLECTlOxN 



Parus : 

Les Gobelins et Beauvais. i»ai'.Iiilcs (iiiiFiiEv, de llnstitut. 

L Hôtel des Monnaies, pai' Kernand Mazerolle, archiviste à la Monnaie. 

L'Institut de France. 2 vol., |»;ir (iaslon lioissiER, Gaston Darboux, Georges 
Perrot. Georges Picot, Henry Koujox. secrétaires perpétuels, et A. Franklin, 
adininisfrateiir honoraire de la Bibliothèque Mazarine. 

La Bibliothèque Nationale. 2 volumes, par Henry Marcel, administrateur 
^'énéral. Henry Bolchot. l^rnesl Bahelon, Paul Marchal et Camille (^ouderg, 
conservateurs ol conservateur adjoint. 

La Manufacture de porcelaine de Sèvres, 2 volumes, par (i. Lechevallier- 
r.nKvicNAui). secrétaire de la manuCacture. 

Le Musée du Louvre. Les peiidaves, les dessins, la clialcog)aphie, par Jean 
GiiFFREV, attaché au Musée du Louvre. 

En préparation : 

Le Musée du Louvre (4 volumes). Le Palais. Histoire générale du musée. 
— Antiquités égyptiennes et orientales. — Antiquités grecques et romaines. — 
Sculptures et objets d'art du moi/en âge, de la Renaissance et des temps modernes. 



hVUELX, I.MI'HlMElUi; CU. lIÉlUbSEV, l'AUL HÉUISSEV, SUCC" 



LES GRANDES INSTITUTIONS DE FRANCE 



L'UNIVERSITE 



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PARIS 



FACULTE DE MEDECINE — ECOLE DE PHARMACIE 

FACULTÉ DE DROIT 

FACULTÉ DES SCIENCES — FACULTÉ DES LETTRES 

ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE 



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LOUIS LIAIU) 

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Viee-i'cctoiir (le rAcailéinie de l'an'.- 



Volume illustré de 63 gravures. 



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Tous droil> lie trailuclion el iU- rcproduclioii n^serv^» 



^UNIVERSITÉ DE PARIS 



PREMIÈRE PARTIE 

LA FACULTÉ DE MÉDECLXE 



I 

Historique ^ 



A l'origine, reiiseigneinenl de la Jiiéilecine se donnait dans les 
cloîtres, et les médecins étaient clercs. 

Au xm'^ siècle, Texercice médical fut interdit aux moines et aux 
prêtres, mais de ces origines ecclésiasti(jues, longtemps encore les 
docteurs régents conservèrent rol)ligation <lu célil)al. En ces temps, 
les nh'decins ne loiniaient [)as une cor[)oralion dislincle ; ils élaienl 
])ailie de la Faculté des Aris. Peu à peu, de cette gaine se dégagea 
une faculté nou\elle (jui lui pleinemenl consliluée \«'i"s la lin du 
xiii" siè(de. Tout d abord, elle n eu! pas de locaux en pi(»pre. Ses 
maîtres enseignaient chez eux. (Tesl seulement le \i\' siJ'cle Unis- 
sant ((u'elle eut, rue de la Hùcherie. une petite maison à elle, payée 
de ses deniers. J']|le comj)tait alors trente et un rt'Lienls. 

(lonnne mai([ue <le sa pei'somialité'. elle se doinia un seeau d'ar- 
gent : la \ i(M"ge assise, couroinKM' et soiN-e, tenant dune main un 

' V. \'iilicc /lis/iji'i'inc siir iunc'iriiito Faculté de Mé(/ecii(t' vt le Coilèye îles chii'urgifUi* 

Jtii'cs (le l'dris, jmr (!. Slt'iiilnil. l'aiis. T'O». 

II. 1 



i L IM\ 1. U>l I I I)i: PARIS 

rameau toufrii. «Ir l'antre un li\ ic ounciI : sur chacun de ses côlés, 
• les ••hnlianK lisant nu t'conlaiil des cnseiLineuH'nls (liv<n's. Le contre- 
sceau représenlc un ilocicui liai 1)U. encapuclionné, commentant le 
lexle (l'un li\ie jxisi' sur un |injtilre. 

Dans la seci^mlc iiKtilic t\u \v' siJ'cle, el au couis du xm'. de nou- 
\»dl«'s maisons l'urenl ac(juises. de deniers divers, autour du pauvre 
«•I jM'lit lierceau |niiiiilif. Mais c'esl seulement au commencement du 
wn sii'clc (juc. sui' 1 inilialixe e[ pai- la l<''nacité de Riulan, l'analo- 
nnste. lui consliuil sui' l'einidacement de partie de ces maisons, un 
« tli«'àlic anal(tiiii(|ii(' ». adapl»' à sa l'onction. Seulenienl. le sol de 
ces écoles <'tanl en conil'e-bas du ni\('au delà Seine, plus d'une fois, 
aux j»Mirs d'iiioiidal ion. elles 1"ui'(miI envahies par les eaux et force 
«'lail al(us de cliei'clici" asile ailieui's. 

Au iiiilieii du Win' siècle, malgré des restaurations partielles, le 
théâtre tic IJiolan loiiihail en ruines. On se décida à en construire un 
autre, aux irais des docti'urs régents. Une somme de 51.000 livres 
V lut consacrée. C'est l'édifice élégant qui se dresse encore à l'angle 
des rues de la Rùcherie el de rHôt(d-Colbert, et que la ville de Paris 
vii'ul de louer à hail e]uj)hythéoti(|ue à l'Association générale des 
Ktudianls de 1 l'niversité de Paris, avec charge de restauration, 
th» lapptdle l'amphithéâtre de Winslow, parce qu'il fut inauguré par 
un»' h'con de ce maître anatomiste. 

Ti'enle ans plus lard, (juand la Faculté des Décrets quitta, pour 
le hrl édifice construit à son usage par Soufllot sur la place de l'Eglise- 
Sainte-Genevii've, son vieux logis de la rue Jean-de-Beauvais, la 
Faculté de Médecine s'y installa, ne conservant, rue de la Bûclierie, 
que son (( théâtre anatomi(|ue )). Elle avait espéré uiieux, et rêvé, 
sur la ]dace de l'Eglise-Sainte-Geneviève, symétriquement à la nou- 
velle Faculté de Droit, un bâtiment neuf, avec Soufllot pour archi- 
tecte. Mais ellr ir«''lait pas en cj'édit. La faveur était toute aux chi- 
rurgiens. 



LA FACULTÉ DE MÉDECINE 3 

Ceux-ci ne faisaient pas et n'avaient jamais lait parti»' de la 
Faculté de Médecine. Leur art avait toujours été tenu par elle pour 
un métier manuel, indigne de la noblesse universitaire. A l'ori^-ine. 




l'bulo Ncunli'in. 

La vifillo Faciillc île Mt'tlociin', rut' <lo I.i Biicliorio. 



l)ai])iers cl cliiiiniiicns ne laisainil (|u'iin La main t|ui mania!* ! • 
l'a soir Irnail aussi, à 1" occasion, la lance Ile on li' hislonii . Au .\ir siècii'» 
sans se (h'-lachcr des haihicrs. les cJninrLiicns avairnl lorrn»* miu 
coiporal ion spt'-cialc. sons linNocalion des Saints (l«nnc cl Damicn. 



V 1. iMVKHsrn; m: pahis 

ri sous ranliMÎl.' .l.'la Pi-.-s .'h' .!<' Piiii-. I>t'<Ii-<'il <l«'s simples bail)iri-s 
lui alnis liuiilr u à la sai«;néo, au paiisciii.'iil «les clous, aulluax, 
l»o->^.-- .■! rjiarlxuis, à ICx.lusiou .le loulc plaie ouverte ». Les elii- 
ruPi^iens avaieiil .le plus .lioil de faire o la diérèse, la syniliî'se el 




Culli'ge ih'é chirurgiens. — Aiiiphithi-àtre anatuiniiiuc 
Daprès la iiravurc de Simonncau et Pérclle.) 



Texéièse », (jui cUiieut toutes opérations par lesquelles les tissus 
organiques étaient ou séparés, ou réunis, ou débarrassés des corps 
élrantrers et danirereux. Ce fut entre eux et la Faculté de Médecine 
u!ie lutte «le plusieurs siècles, de lacfuelle, forts de la faveur royale. 
con({uise par leui-s opérateurs, ils sortirent vietoii^ux. 

Le premier qui les illustra fut Anibroise Paré. Ouand il eut publié. 



LA FACL'LTl^ DE yiÉblUASE 5 

OU 1545, son livre sur Ja Mél/iodc de traicter 1rs plafjes jaitcs i,ar 
les haequebmes et aidtrcs basions à feu, ils curriil lliahileh' dr lui 
coiiterer la maîtrise en qiiel({iies njois. Far lui, ils liaiinJ'ri'ul 
Cliarles IX, dont il devint le j)j('uiier cliiruruiru Fi-aurois I " ne 
leur fut pas moins favo- 
rable. Par letti'es patentes, 
il leur oetroya les privi- 
lèges de ri ni ver si lé. et 
les inlroduisit au nombre' 
de ses suppôts. Mais, 
devant la résistance opi- 
niâtre dt' l'Université, ce 
furent Ictli'es mortes. 
Louis XI 11. né le jour des 
Saints Conie et Damicii, 
neut que des sentiments 
favorables pour la corpo- 
ration placée sous leur 
palionaj^e ; il eu fut iiiémc 
membre d'bonm'ur . L 11 
instant, ri iiiNcisilé, sans 
toutefois les jui^ci- dij^ues 
d'rlrc siens, rc'ussit à les 

Li- m'ciiiil diii[iliiltnMlic il la lui <iu \\ ni' >Kiii . 

placr sous la dépiMidanc' ^„.^^j,,,.^ ,.^^^,^,^ ,,,. ,.,,,,„,„. 

de la l'acullé' de Alt''d('cint'. 

Le l'arlcnirnl leur inicrdil de [ini'lci' lobc cl Imiincl. v\ lil raxrr dr la 
faradc de leurs écoles le mol (ulleijiuui. Mais, un peu jdus lai"!. 
Louis \\\ , liai^iii'' par son prenne i- (diiiuruicn, l'iancids Itdix. d«-- 
qu'ils auiaicnl [)i)ur clu'l le picmicr cliii niuicn du \\n. Li»i'>t|uf k 
second b'élix l'eul opéré avec succé> de l.i li^hile. il reeul la nobb'S.se, 
el les Irlh'es (|ui la lui cnnlV'iaienl spt'ciliaienl «(ue *. l exercice «b* Li 




6 i/L'.MVi:Hsrn: iœ paius 

• •liiruriiit' m* jk»iiii';iI| lui «'li«' iinjuil»' à drioucimcc ». Du iail, la cor- 
jioralioii loul iMitirre se ti*oii\;iit cimohlie. A partir de ce moiiiciil, 
les faveurs suorrilml aux lavours. J.cs cliiiurjiiens ne sont i)lus « les 
coquins ». les ( ukm liaiilrs pestes » <lont parlait Guy Patin, quel(|ues 
années plus loi i.c Pailciiient icui' recoiinaîl le droit de faire des 
Irchiies en puldic. Ils soiil autorisés à acquérir un terrain des Cor- 
dtditTs cl ;i \ construire un ani|)iiillieàlre de 125 places, l n peu j)ius 
tai'd. nialuré l»'s protestai ions de la Faculté de Médecine, Louis XY 
It'Ui- crée des cliaii-es dont les titulaires devaient être noinnu''S par le 
roi >ur la prt'scnlalion de son premier chirurgien. Le nombre de leurs 
«'■lr\('s s'accroît cluujue année. Aux professeurs titulaires, il faut 
donner des adjoints: ramphitliéâtrecl'anatomie de Saint-Côme devient 
iiisuftisanl : il faut ouvrir une école de dissection dans la Cité. Au 
milieu du xvnT siècle, le nombre des maîtres chirurgiens était de deux 
cents, el celui des élè\es de six à sept cents. Force était d'abandon- 
ner Saint-Come. C'est alors, en 1708, que, par un arrêt du Conseil 
du Hoi. fut autorisée rac(juisition, au nom du Roi. des terrains et 
bâtiments du Collège de Bourgogne et de quatre maisons contiguës, 
et que sur cet emj)lacement fut élevé, d'après les plans de Tarchi- 
tecte Gondouin, l'élégant édifice qui est encore aujourd'hui le centre 
de la moderne Faculté de Médecine. 

A la Révolution, Faculté de Médecine et Collège des Chirurgiens 
disparurent également, avec toutes les corporations et établissements 
d enseignement de l'ancien régime. Ce qui leur succéda fut un éta- 
blissement uni(|ue, où médecine et chirurgie, jusqu'alors séparées 
et antagonistes, devaient être rapprochées et fondues, avec des 
éludes comnmnes et des études spéciales. Par décret du 14 frimaire 
an m, — 4 décembre 1794, — la Convention, pour satisfaire sur- 
tout aux besoins des armées, créait trois écoles de santé, à Montpel- 
lier, à Strasbourg et à Paris. Celle de Paris était placée « dans le local 
de la ci-devant Académie de Chirurgie, au(|uel on réunira le ci-devant 



LA FACULTÉ D K MÉDECINE 7 

couvent des Cordeliers ». L'enseignement y devait être à la fuis 
théorique et pratique. Il avait pour objets : l'organisation et la pli\ - 
sique de l'honiine : les signes et caractères de ses nialadi«'s, d'après 
l'observation : les moyens curatiis romuis : les [jiupriètés des 
plantes et des drogues usuelles; la chimie médicinale; les procédés 
(les opérateurs; l'application des ap[)areils «'t l'usai»- des insti'ii- 




l'ipa.» N.'ui.l. m. 



Fa<-ado tic la Facullr «le Médecine. 



ments ; les devoirs publics des ofliciers de sanh'. Pour assiuci- l;i 
pratique, les élèves devaient élic excicés aux opérations anato- 
iniijues, chirurgicales et chimi(|ues, obseivcr la naliir»' des malailios 
au lit des malades et eu suivre le liailcniciil <lans h's hcqulaux voi- 
sins de l'Kcule. Comme iuslruim'iils (h* liavail. celle-ci (h'\ail avm'r 
un cabinet d'anatomie, une suite d'inslrumenls, d'appareils de chi- 
l'urgie, une coUeclion dhisloire naluiclle im'dicinah', et des labora- 
toires destini'S aux exercices pralicpies des «'li'xcs dans les aris 
(jui doivent assurer leui* succès. Nous sonnues loin de la \ieill«' 



•8 I, i M vi;i{srn; in: i-aius 

barullr (Ir .Mrdcriiir cl Je so coiiiiiiciilaiics dl I i j(|)()cialr. l'ii ('sj)iil 
nuii\raiiii passé; il coiiimnict' à s'aiiir d'obscrN alioii cl (rcxjx'iifiico, 
<'l \"> cllcls (les sciciKM's |>()sili\('s. |>li\ si(|ii(\ cliiiiiic ri aiilics. sur' 




Le grand escalier. 



J'Uidrcl I,. IraikMiifiil (1rs maladies coninienceiil à être cntievus. 

Apn-s la loi du 3 hrumaiiv au IV, — 2u octobir iVX] — rÉcole 

(le Scuité «levirnl IKcuk' dr Médecine de Paris el sadestinaliou pi iu- 

cipale n'est plus de loi uiei de.s ollieieis de santé pour les armées, 



LA l-ACL'LTi: DE MEDEClNi: 9 

iimis des intHleciiis cl des chirurgiens j)OLir le publie. Ses cadres 
resleiil les mêmes, mais son organisation se précise; ses chaires 
reçoivent des titres bien délinis : anatomie et physiologie : chimie 
médicale et pharmacie : phy.sique médicale et hygiène : pathologie 
externe : pathologie interne: histoire naturelle médicale ; médecine 
opératoire; clinicjue externe : clinique interne; cliniijiic de peih'c- 




La salle du Conseil. 



lionnement ; accouidienuMils : iinMleciiic léuab- el hislniit' dt* ht 
médecine. 

Jluil ans plus lai'd. la h)i (hi I '.> veiihoe an M dO mai 18U3^ 
rélabhl h' doctoi'al «mi miMh'ciiie el cii'c le (hxioral eu chirurgie, con- 
h''i*(''s lui» cl limlre |iai' l;i piiissaucc pnl»lii|iic. apri's «'xaiiu'ns >ubis 
d«'\aiil les t'-coles «Ir UKMlecine. sui' IcS hase> cumminio (h* 1 t-ilu- 
calion gént'i-ale du iiK'decin el dn cliiiiiiizieii. ri sur Ir^ inMlirivs 
spi'ciales de chacun do deux ail>. 



10 L LM\ i:iisiTi: iJi: paius 

Mnlin. It)is(|irini«' Kh* d»* ISlMI cul (h'cidt' la consliliition, sous Ir 
Tinui il l iii\ civile inijH'ii;! If. <l un ccuiis cliai'iit'' dassui'ci" les dixcrs 
ilt'jiH's (le 1 t'iisfigMciiit'ul dans (oui I I^mpiri', pour y eulrcr, l'Kcolc 
d«' M('d('(iu«' de Paris, di'jà (''tablisseiiu'iil d'KUit, conlV'ranl ses 
doriorals sous le ((uilrolc cl iwvc la i^arantie de l'Etat, n'eut ((irîi 
jtii'ndrc Ir ikmm dr larulU'*. 

Il ii'rst pas dans uoIrc dessein de raconter ici les \ ieissituJes el 
les tlé\ (dojipeuicnls de la l'aeullé de Médecine de Paris au cours du 
xi\® sit'cle. Disons seulenient ((u'en iH^V), lorsque les Facultés des 
divers ceiUres a(adt''uii(|ues furent réunies en corps, sous le nom 
d l nivcr>ilés, avec des franchises civiles et des franchises scienti- 
fiques (ju'elles n'avaient pas connues sous le régime impérial et sous 
les réiiimes monarchiques, tout naturellement la Faculté de Méde- 
cine <1«' Paris cnira, avec sa constitution propre, dans la nouvelle 
Uni\ejsil(' de Paris. 



11 

La Faculté actuelle. 

Au cours du MX"" siècle, la Faculté de Médecine n'avait pas reeu 
des accroissements en rapport avec son importance et ses progrès, 
hlle n avait toujours que l'ancien Collège des Chirurgiens, le couvent 
des Cordeliers, au voisinage duquel elle avait installé tant bien 
(jue mal, de façon insuffisante et malsaine, son école pratique d'ana- 
tomie, et sa clini(|ue d'accouchements. Dans la ferveur pour l'ensei- 
gnement supérieur qui suivit la guerre de 1870, la troisième Répu- 
hli<jue, en même temps qu'elle construisait la nouvelle Sorhonne, se 
résolut à l'agrandir. Ville et État y ont consacré une somme de 
21.41)0.000 francs. * 

Puisqu'on se décidait a faire neuf et grand, le mieux eût été de 



LA FAGCLTÉ DE MÉDECINE 11 

se transporter ailleurs, eu lieu plus vaste, sans la gène Je rues et de 
maisons trop voisines, et de construire non des édifices aux monu- 
mentales et coûteuses assises, mais des laboratoires ou des ateliers 
légers et simples, adaptés chacun à sa destination particulii-ic Mais 
des hal)itudes étaient prises: et l'on révérait raiiciemic t"a»ultL' 




Salle Je lecUire de la BiblioUièiiue. 



comme un foyer ou comme un bciceau. (h\ se décida donc, erreur 
irréparable, pour ragrandissemenl sui- place. 

La faculté actuelle, non compris ses clinicjues et ccilains sciNices 
accessoires, se compose de deux loris massifs, s'ouvrant I im et 
l'autre sui' la place de l'Ecolc-dr-Médecine, cl liiiiiU's, sur b's (rois 
autres cotés, l'un par la nw llaLilelciiillc cl le boulevard Saint- 
Germain, avec pan coupé à la bauleur de la rue l)u[)uyUeu. l'aulre, 
de forme tra|)ézoïdale, l)onié [lar la rue Aiiloinc-J)ubois, la rue 
Haciiu' et la rue de rKc«)le-d«'-Mede(ine 



<i i- i M VKiv^i 1 1. i)i: l'A in > 

l)an> Ir idcniicr. n «'li'- coiisci-ni' hml nilicr I ('It'Liiml rdilicc cons- 
Iruil >(iii> J.(tui> \N [t;ir ('londdiiiii |m)iii- le ('-(illi'!:»' des Chii'iirijii'ns. 
Sui* Iruis cùlrs, rarcliili'clc diiiaiii la rii\ «'htpjx' de coiisliiiclicHis 
puissaiitos, d«iiil la iniiicipalc dt''\ cloppc ses liiiiics s(''\ i'i'cs. vu iiin- 
s»M'ond(' lacadc. siii' le ItoiiltN ai'd Saiiil (icriiiaiii . \\\\ ce iiiassil. se 
ln>ii\ nil les srr\ iccs du Doxcii. crux du secrélarial, le ^fand 
aiii|dHllit'';ili'«'. un aiiipliiliit'àlrt' plus pclil. rainphillii'àli-c dv \Ai\- 
si(|u«'. de cliiiiii»' cl de pharmacologie, axcclus laboratoires annexes, 
les salle> i\r> examens, le musée Grilla, réinslallé avec un uoùl 
parlail. la salle des acies, la salle du conseil el les immenses ser- 
vices de la l>il)liolliè(jue. 

Laulre massif, loul enliei" de conslructions neu\'t^s, s'est déve- 
lop[>é. sui\an( les plans de rarchileete (iinain. aulour d'une cour 
rccliin^iilan-e. en\(do[)p('e d'un (doîti'e au rez-de-chaussée. L'andii- 
tecte a lin- un excellent parti des irré^^ularités du terrain. A «gauche, 
masqués à tous l'egards par les constj'uctions en façade, les services 
de lanalomie : huit salles de dissection, chacune pour cent éli'ves, 
conjuguées deux à deux eu quatre vastes pavillons, prenant jour el 
ail- par en haut, et doiniant tous sur une l'aleiie centrale ; au-des- 
sous, en sous-sol; et aux alentours immédiats, les annexes de cet 
impnrlaiil sei\ ice, dépôt des cadavres, salle pour les injectei", etc., 
etc... Accolé à l'intérieur du hàtiriienl en façade sur la place, un 
i;rand amphilheàlre de douze ou ({uinze cents places pour les leçons 
et d»'monstrations où s'emploie le cadavj'e. Dans les divers hàtiments 
(jui bordent la place, la rue Antoine-Dubois et la jue Racine, les 
servic<'s de l'hisloloiiie, de lanalomie patholoj^ique, de la physiolo- 
L:ie. de la médecine expérimentale, de la pathologie générale, de la 
])atliologie expérimentale, de la thérapeutique, de l'hygiène, et les 
liavaux j)iatiques delà phytîique, de la chimie et de Thistoire nalu- 
r«dl»' médicales. A linh-rieur de Tangle formé par les bâtiments de 
la rue l{a<ine et de la lue de IKcole-de-MécU'cine, dans la vieille 



LA FACCLTK DE MÉDECINE 13 

église (le rancien eouvenl des Gonleliers, le musée Dupuvtren,, 
oonsacré aux effets or<j;aniques de certaines maladies spéciales. 

Voilà pour les enseignements théoi'iques et pour les enseigne- 
ments pratiques extérieurs au malade. Pour l'étude des malades, la 
Faculté a, dans divers hôpitaux, des cliniques nombreuses, chacune 
munie de lahoratoii'es oi^i se font les examens pliysi([ues, clnnii(jaes 




Muséo Oïlila. 



e( microscopiques, radiographies, analyses des liipiides organi(iui'S, 
ensemencemenls et cultures hach'i'iologiques, désormais n('cessaii-es 
au diagnostic et au Iraileiiieiil des maladies. De ces cliniques, le^ 
unes sont générales cl les aiilics spéciales. Les pieinières snnt 
au iioiiihi-e de hiiil, ([ualre [)OUi" la mj'decine. (jualic [uun- la chirur- 
gie, à ['llolel-Dieu. à la Pilié.à la ChaiMlé, à ^ll(^pilal Sainl-Auloine. 
à ril(q)ital l^ai'nnec, à I ll(q)ilal Heaujoii. à lllôpital Nccker. Les 
<'lini(jues d accouehemeni sont au nomhre de (rois : la ilini(jue l^^u^- 



i4 i/i'M vi:u>iTi; i)i: pahis 

«Irloijiic. r\\ un hTil iiiinil s|H''('ial. à I anulc «le l iiNciiiu' de l Ohscrva- 
tt^iiT ri (Ir la lUc Nolrr ])aiii«'-(lrs-('Jiam|)s ; la ('liiii(jur Tarnici', à 
rHopilal tic la MahMiiilt' : la lioisirinc. toute rrcciilc, s[)écialeinent 
allVclcM' à l'insli iK'lioii des ('-It'ves sapées-femmes, à Tilopital Beaujon. 
Les «liiiiijih's s|)r'('iah's soni disposées dans divers hôpitaux : oplilal- 
iiioloirie, ;i I ll(>lrl-l)i('u : maladies nerveuses, à la Salpètrière ; 
maladit's iiicnlalcs. à l'Hôpital Sainte-Anne: maladies cutanées et 
s\ jdiilili(jU('s. à ril(>j)ila[ Saiid-Louis: maladies des voies uriuaires, 
à Ncckcr: inaladies des enfants, à l'Hôpital des Enfants ; pynécolo- 
ii'w. à r Hôpital Broc a. 

A CCS cliiiiijues lixes s'ajoutent trente cliniques auxiliaires, plus 
mobiles, puisque les titulaires, pris parmi les médecins, les chirur- 
liiens cl les accoucheurs des hôpitaux, sont nommés pour trois 
ans. Dune façon plus générale, on peut dire que tous les hôpitaux d<' 
Paris concourent dans leur ensemble à la formation des étudiants en 
médecine, puisqu'il chacun de leurs services, qu'ils soient ou non 
rattachés ji la Faculté, sont attachés plusieurs internes et plusieurs 
e.rWr/tes, auxiliaires des médecins, cliirurg-iens, et accoucheurs des 
hôpitaux, corps d'élite, recruté au concours par FAssistance publique, 
parmi les étudiants en médecine. A noter enhn, comme annexe de 
la Faculté, un laboratoire de physiologie, construit par l'Université 
de Paris, sur un des bastions mis naguère à sa disposition par l'Ad- 
ministration de la (fuerre. 

Connue la nous (die Sorbunne, la Faculté de .Médecine est, (die 
aussi, à sa iarun, un musée d'art. Seulement la plupart des œuvres 
qu'elle conserve sont d'oriaine et de pro^■enance anciennes ^ 

Quelques-unes seulement datent des années de son agrandisse- 
ineiil . 

Sur la façade de Gondouin, en al tique, au-dessus de la grille 

' V. Not' L.-graïKl. La (, alerte lûslorlque el arlisluitie de la Faculté de Médecine de 
Varia. Pu lis l'JU3. 



LA FACULTÉ DE MÉDEGINL 15 

(rentrée, un vaste bas-relief rectangulaire du sculpteur Berruer. Le 
motif principal représentait Louis XY, accompag-né de Minerve et 
de la Générosité, accordant des grâces à la Chirurgie llanquée de la 
Prudence et de la Vigilance ; à droite et à gauche, des malades el 
des blessés. Il existe toujours en sa place primitive. Mais la [{évolu- 
tion y a fait quelques retouches : par elle, la figure de Louis X\' 
s'est transformée en une figure de la Charité, et aux mains de 
Minerve, le brevet et les croix sont devenus une lance et une branche 
<le laurier. Au fond de la cour intérieure, au-dessus du portique 
d'ordre corinthien, qui fait face à la grille d'entrée, un fionhin du 
même Berruer, représentant Tunion de la Théorie et de la Prdtiquv. 
En avant du portique, la statue en bronze de Bichat par David d'An- 
gers, précieuse à double titre à la faculté, et ])ar sa valeur d'art, 
et par le souvenir qui s'y attache, étant un don du congres nic'dical 
de 18o7. Dans Tédifice de Gondouin, l'aile gauche contenait la Salle 
des Actes et l'École pratique d'anatonn'e ; l'aile di'oite une salle hos- 
pitalière de six lits, fondée par Louis \VI poui* l'étude des maladies 
rares en chirurgie, un petit laboratoire de chimie, Ct un amphithéâtre 
de 1.200 places. Celui-ci subsiste toujours en sa siructuie pi-emiJ-re. 
Mais partie des œuvres d'ait (jui l'onuiieiil oui dispaiu et oui ('t»'- 
remplacées. Les grisailles de Gibelin (jui en coun laieiit le> murs, 
Louis A 17 accordant sa proleclion à la ilhiranjlc ; Es< alapr c/n ourra/i/ 
les secrets de iaiialOi)iie ; des chirurgiens portant secours a des blessés 
sur un cha))ip de bataille, exé'cuttM's à la lres{|ue. ont prouipteiuen! 
disparu. Jùi ISGi, elles furent l'euiplacées par liois painu';ui\ peinte 
de M atout : Ambroise Paré apidiquant la rt(/aiare au.r artères djtrès 
nne amputation et rejioussftnt Ir /'er rou//r ez/tphu/é jusqit'altu^. — 
Lanfranc debout en. robe sur une estrade, une Icte de mort à la main, 
dont il fait la déinonstration a/ufto/ni(/ue . — Desault, entoure 
df'tffdta/tts, en costume it' lulpital, eétement nuir et tablier blanc. 
tdtant le pouls d' un malade dont le pied est entouré d un appareil, A 



16 I. iM vi:i;>iTi- i)i: iv\ lus 

l.'iir huir <N»s p;inin'aii\ «lispariiirnt. t'ii ISS'J. dans un iiicciidic, (|ui 
ilrliuiNil ,iu^>i. an ni«''iin' lit'u. u\\ hcan hnslc d'Anibroisc Paiv, 
u'UVi'»' ♦'! «Ion <1«' David d".Vnj;t'rs. Il y a don/.r ans, la paroi plane 
(jui domine la cliaire du professeur a re(;u une ample et noble com- 
posilion déeorali\e du pcinire Urbain Bourgeois, fij^urant l'histoire 
de la nn-decine. Kn a\anl d'un |)orli({ue aniique, sont groupées, en 
des alliludes div«M'ses, d'un ensemble harmonieux el varié, cin- 
.juanle-six lii:ures. Assis au rentre, Taïeul des aïeux, Ilippocrate. 
à sa droite et à sa gauehe, les médecins et savants de ranti([uité 
pv.-que et de ranticjuité latine, ceux du moyen âge, le groupe des 
médecins arabes et les maîtres modernes. 

l/aile izaucbe du monument primitif a été transformée" en un 
amjdiilbécitre de cours; Taile drbite en un vestibule, d'un beau "style, 
(|ui se raccorde harmonieusement au reste de l'édilice, et par oii 
prennent accès, au rez-de-chaussée, les nouveaux services de la 
faculté, et au premier, la Salh^ du Conseil et la 13ibliothè({ue. Le 
long de ce vestibule, divers bustes de médecins, un groupe du 
sculpteur Thomas, Esculapé et Htjgie, et, au bout, au pied de 
l'escalier, l'adorable statue blanche de Barrias, La Xature se dévoi- 
huit (leiant la Science, chef-d'œuvre de grâce et de pureté. 

Au rez-de-chaussée, en diverses salles, au foyer des professeurs, 
dans le vestibule postérieur, parallèle au boulevard Saint-Germain, 
dans l'antichambre et dans le cabinet du Doyen, une véritable collec- 
tion de tableaux, de portraits et de bustes, parmi lesquels quehjues 
ehefs-d"(jL'uvre. Dans l'ensemble, c'est à la fois une galerie d'art et 
un musée de documents. Beaucoup proviennent en effet de l'ancienne 
laeullé de Médecine. Celle-ci tenait à conserver l'image de ceux qui 
1 avaient bien servie ou honorée. Cinquante-deux de ces images, 
portraits peints ou bustes, sont venus d'elle à la faculté nouvelle. 
Ouelques-unes méritent une mention spéciale : le portrait de 
Claud'i Perrault, l'architecte-médecin, donné par son frère, 



LA FACULTÉ DE MÉDECINE 17 

Tavocat Perrault ; celui de Jean Hamon, Fhumljle médecin de 
Port-Royal, représenté de façon saisissante par Philippe de Cliani- 
pagne ; le portrait de Guy Patin, pétillant d'esprit et de malice ; celui 
de Fagon par Hyacinthe Rigaud; celui de lÉpine, par Xattier; («dui 
de Pourfour du Petit, par Restout, lon*ztemps éiiaré dans les collec- 
tions de Versailles, retrouvé là récemment avec ses titres (rorigiue 




Cluitii' lie l'Ecole |)rati<|Ut' 



par un (h's hihliollK'caires de la l'acuité, M. Noé Leiiiaiid. »'«• (|ui a 
permis de le taire rt'vriiir à la larulh' ; \v husic de W'inslow : cchii 
de Camille Falconncl. par l'alcoiiiicl ; celui «le Fciroin, [lar Piualle, 
incoiii[)ai-al)le de \ ie et d ('.\[)n'ssi()ii. 

Comme la l^'acullé de Médecine, h' (lolli'iif des Chiiiirgions, pro- 
izressivemenl I lioiiiphaiil . avait Nonhi avoir, lui aussi, les images de 
ses héros el de ses hieii lai leurs. Iiislalléescrahoid «Lins l'édilice oii s a- 
hrile aujourd'hui TKcole des Aris Dj-eoralils, iialiirellement elles suivi- 



|g I, l M VI'.HSITI l>i: l'A lus 

rnil le (!ollJ'i:«' dans ses nom eaux locaux (\v Sainl-l îoiii»'. el elles 
lurent iiièlée.s aux jhon eiiances de I ancicinie lacnlh', I()is(|ue dans 
eol édifice, médecine el cliiruriiie lurent enlin iai)i>r(K'liées. A sij^na- 
Iri- |»ai-nii les (eu\ l'cs de celle provenance, les bustes en marlMc de La 
PeMotiie el de La Maiiinière, |>ar,l.-IL Leinoine. el un Imsle en 
iii;iil»re d "Anloine l^ouis. pai" lloudon. 

La faculté nouv(dle a tenu ;i eoni|)léter celte li'alerie des ancêtres; 
elle ^ a ajouté, de ses deniers, un ])récieux portrait d'Ambroise Paré, 
jtar Poritus. Llle a \oulu aNoir aussi sa galerie des niodeiues et des 
eonlempoiains. l]lle est déjà nombreuse. On y remarque bi copie d'un 
beau portrait de Laëmiec, un portrait de Baudeiocque. celui de Mar- 
jolin par Arv Sclieiïer; le buste de Trousseau, donné ])ar sousci'i[)- 
lioii pui>li(jue et celui de Depaul par Bartbolomé. 

J)ans l'escalier (|Ui conduit au premier étage on a fort beureuse- 
nienl placé un vaste tableau d'André hrouillet. don du professeur 
liicbet, L'Aûibiilcuicc dirigcc par lui en 1870 dans le fof/er de la 
Comédie Française. Les parois de la Salle du Conseil sont splen- 
didement oi'iiées de li-ois pièces des Gobelins. avec entre-fenétres, 
d après les dessins de Le lîrun ; Y Elément de l'Eau, avec son 
enlre-feaètres; Y Elément du Feu, également avec son entre-fenêtres ; 
Y Elément de la Terre, avec rentre-fenêtres de Y Air. On a récemment 
ajouté à cette ricbe décoration deux tapisseries de lieauvais, prove- 
nant de l'ontainebleau, aui)aravant tendues dans le salon du Doyen. 



111 

L'organisation de la faculté. 

A oilà 1 enveloppe ei Ibabitat. Voyons maintenant la faculté 
eîle-L ivanle et agissante. Tout dabord, disons, une fois î»our 



LA FACULTK Di: M KDE CI NE 19 

toutes, sans avoir à le répéter quand nous passerons aux autres 
lacuUés, ce qu'est l'oi-ganisation d'une faculté dans l'organisuie 
collectif de l'Université de Paris. 

L'Cniversilé est un corps investi de la personnalité civile. Cha- 
cune des facultés (jui la composent est éj^alement une personne, 
capable de recevoir, acquérir et posséctei*. Coordonnée aux autres 



v 






mk^^j^t!fle|E W^T' ï«^ -^ir^^r^- -Tffm \ r 




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IJiM'iiibIc tli'S |iiL\ill(tii6 (faïuiloiiiii'. 



facultés dans reii^cinhie de l'Lniveisilt'. elle eu csl C('[it'mlanl iiidé- 
|)eudaul(' el elle a sa \ ie projii-c. \ ic cixilc. \ ic scieulili(jiie. INuir >a 
vie ci\il«', (dl«' a un hiuliicl [x'isoinicl. oii elle iiiscril les sul)\ «'uliuu> 
ile riùat, celle de II iu\ ci-siic'. celles que peuxcul lui dmnu'i' il«*!>;u- 
ttiinents, cojuiuuues, »''lal)lisseiiieuts juililics el particuli i^. aiii>i 
que le produit des dons el lei:s lails eu sa l"a\i'Ui' Clle [)OUt Lfuéli- 
eier iudirecleuu'ul des lil»éi*alit»''s laites ;i I lUiv-i'rsilé. Ainsi, la \ i!l«' 
de Piii'is sul>\ eiilionue I rui\ eisiU' poui' enl leteuir tleu\ iliaire>a l.i 



20 L'rNivi:i{>rn': ni: paiiis 

Fanilh' il.' .MrchMÏnt' : «If niriiic. le l«\i;s Coinmorcy, (juatre millions 
jKHir ravanctMiUMil des scirnccs. csl inscrit aubudiiel de l'UniversiU' : 
mais «-'osl la l'aculU' tles Sficncrs (jui st'ulc «mi IxMK'dirie. 

r.a vie civile. ;ivec les ressouices diverses quelle appoile, n'est 
(juiiii iiiovcn de sout(Miir et de d«'veloj)per la vie scientifique des 
lacullés. Enseimit'i- la sricuce l'aile. propa«j;ei' les méthodes qui la 
Idiil avancée, lacci-oîli-e par des découvertes, est la lin véritable 
de l'enseijinenn'nl supérieur. Les facultés y pourvoient par leur 
persomnd. Connue (dles sont établissements d'Etal, ce personnel 
• '>l iKuiiiiié pai' les représentants de l'Etat, tantôt sur présentations, 
lanlol aprî's concours. Ce personnel varie suivant la nature et 
les méthodes des disciplines qu'elles enseignent. Mais en toutes, 
il coiiiprend des pî'ofesseurs titulaires, des chargés de cours et des 
maîtres de contérences, avec cette différence cependant (jue dans 
les l'acullés de Médecine et de droit et dans les écoles supé- 
rieures de pharmacie, cours et conférences sont généralement con- 
liés à des agrégés nommés au concours. Dans les facultés où la 
prati(|ue se joint à la théorie, médecine, sciences et pharmacie, aux 
professeurs, chargés de cours et maîtres de conférences sont adjoints 
des auxiliaires, chefs de travaux, chefs de cliniques, chefs de labo- 
ratoires, préparateurs et moniteurs. 

Personne civile, chaque faculté est représentée par un conseil. 
Le conseil comprend tous les professeurs titulaires. Il statue sur 
l'administration des biens de la faculté et sur les actions en jus- 
tice ; il vote le budget, recettes et dépenses ; il délibère sur l'accep- 
tation des libéralités et sur la création de nouveaux enseignements, 
sur le maintien, la suppression ou la transformation des chaires 
vacantes. 11 peut émettre des vœux sur toutes les questions relatives 
à la faculté. 

Personne enseignante et savante, la faculté est représentée par 
semblée. Plus large que le conseil, l'assemblée comprend^ 



LA FACULÏK DE MÉDKCINE 21 

oulre les professeurs titulaires, les chargés de cours et maîtres de 
conférences pourvus du grade de docteur. D'une façon général»', 
la compétence de l'assemblée s'étend à tout ce (jui concerne l'ensei- 
gnement de la faculté, notamment à la détermination et à la coordi- 
nation des programmes des cours. Gomme le conseil, l'assemblée 




Un pavillon iranalomic. 



peut émettre des vamx mais seulement louchant les ((ueslious rela- 
tives à l'enseignement de la iacullé. 

Ces pouvoirs délibérants supposent un |)ouvoir cxéculir. T.c pi)u- 
voir exécutif de la Faculté est le doyen, le dircdcur d;^l^ Irs 
écoles de pharmacie. Comme celles du rcctcnr, ses attributions 
sont doubles. 11 est \v délégué dv la iacullé pour l'exécution de 
SCS délibéi'alions et décisions. .Mais il est aussi. prî'S d\dle. le délé- 
gué de ri'^lat, pour rcxéculion des lois e! ri'uleinenls. Aussi lienl-il 
ses pouvoii'S lenijtoraires Mi'ois ans d'une double in\ esliliui'. Il • >t 



-a L LM \ I:Ks1 1 I. I»l^ l'A lu s 

Tioimiit- p. Il- Ir iumi>tr<' <!'' riiistni.'!i()n |)ul)li(jU('. sur mit' lislc de 
,I.'UX raiululals à lui |.r<'"sriih''.'. p.ir 1 assnnhlt'r <l«' la laculh' cl par le 
ronseil «!«' 1 l iii\ «'isil»'-. 

Ceci tlil. (jut'ls sonl les Iraits piopres de la Taculté de Médecine 
i\e Paris. 

haliord ses ressouices. Ainiurllcnieiil, elle reeoit <le ri^lal, 
l.IS'J.onil lianes, el d«' il niveisilc' de J^ai'is, i2.800 IVaiies pour son 
personnel. l*oui' son niah'riel. elle reeoit de lEtaL 218.000 Iranes 
ri de ri'nivei'sitr 321.0110 francs, alleclés aux dépenses de la bihlio- 
tliéciu»'. des laboratoires, des Iravaux pratiques des étudiants el 
des eoUeclions. Sa dotation est donc considérable, inlerieure cepen- 
dant à ses besoins. Le revenu de ses biens propres, la plupart pro- 
venant de dons et legs, est de 54.000 francs, affectés principale- 
lu^nt à des prix aux étudiants. 

Son personnel eoniprend 38 professeurs titulaires, 4 cbargés de 
cours complémentaires, 42 agrégés et 30 cbargés de cours de cli- 
niiiues complémentaires, cboisis pour trois ans parmi les médecins, 
cbirurgiens et accoucbeurs des bopitaux. Au bataillon des maîtres, 
il faut ajouter cidui des auxiliaires : cliefs de travaux, cbefs de cli- 
niijue, cbefs de laboratoire, prosecteurs, aides d'anatomie, prépara- 
teurs et moniteurs. H atteint le cbifFre de 150. C'est donc, tous élé- 
ments comptés, un effectif de 204 unités. 

Venons maintenant aux études et aux étudiants. 

Ce sont de longues, de laborieuses, de complexes études, que 
celles de la Faculté de Médecine, et, cbaque jour, à mesure que se 
multiplient les découvertes scientifiques et qu'il s'en fait une applica- 
tion plus large et plus précise à Tart de guérir, elles le deviennent 
davantage. Il ne suffit plus au futur médecin de connaître l'ana- 
lomie et le fonctionnement général de l'organisme bumain, d'avoir 



LA FACL'LTK DE MÉHECISE 23 

observe aux litsdes malades les signes «'t s\inptoiiH's des nialaJirs, d 
d'avoir reeu des iiiaîlres les recettes des traitements. Au cours du 
xix" siècle, une révolution profonde qui n'est pas et ne sera jamais 
close, s'est accomplie dans la médecine, surtout à la suitf «les 




Haillon, par IMiiliiipc do Cliami)u.ign<' 
^Cabinol du iloyoïi.) 



admirables découvertes de Claude Bernaid cl de l^islcui-. F. a méde- 
cine n'est pas, en ell'el, une science cjui se sui'lise à »dlt'-méme 
comme l'alj^'èbre et la i^éomélric Klle est science sans doulc, 
mais [)ar dérivation. Ses proj:,rès sont lies à ceux des sciences 
pbysi<iues et biologiques et en découlent. Daboril empiriciue, (juand 
b'S sciences positives n't'laicnt pas encore iii'''<. «'11.- «'sl ilc\ci\uc 



24 I. IM \ KIlMTi; 1)1. l'A lus 

srirmr dOlixi valion le jour où l'oljscrvalion ml cliassi' de la naliii'c 
1rs «'iililés scliolasli(|iH's. cl iiii> I Csjiril lace ii lace avec les l'ails. 
VA\v rsl (IcNcniic sricncr tr('\|K*riiiU'nlali()n, lo }nuv où, pai- un 
uoiiNcaii «'I (Ifcisir proiiirs. à robscrvation j)Jissive qui conslalc cl 
(Iciiil les lails sans inlcr\ cuii' dans leur marche, so lui sul)slilu«''c 
lobservalion aelive. ou ro\j)éi'ini('ntalion, (|ui modifie les phéno- 
niines. les pi'oduit. les mailrise. et. les lenanl eu uuiin, en élahlil 
les liens avec le dénié de eerlilude auquel peuvent alteimlrc l'expé- 
rience et l'iiidurlion. Désormais les phénomènes vitaux et avec eux 
les idu-nomi-iics morbides qui n'en sont que des modalités, sont 
tenus j)0ur déterminés par des conditions physiques et chimi(jues. 

Kn emjdovanl le premier le terme de médecine expérimentale, 
Cdaude lîernard entendait que dorénavant la médecine devait être 
une science positive, au même titre que la physique et la chimie; 
que son ohjcl. à elle aussi, était de découvrir des lois, celles qui 
réi:issent les phénomènes vitaux à l'état normal et à l'état patholo- 
,i;i(|uc: (|ue le seul moven d'intervenir efficacement dans leur déve- 
loppement, soit pour le provoquer ou l'enrayer, soit pour l'accélérer 
ou le lidenlir. était d'en connaître d'abord le déterminisme particu- 
lier, puis de se rendre compte, par les procédés de l'expérience, des 
modifications quy apportent les substances médicamenteuses. Quel- 
(jucs années plus tard, la théorie pastorienne des microbes, avec son 
cortî'p' iidini de conséquences, venait confirmer et élargir encore 
ecs vues {générales. 

Donc s'il faut toujours au médecin ce tact particulier, cette sorte 
de divination, qui est un don, et qui tient plus de l'art que de la 
science, il lui faut avant tout la science, l'esprit de la science, la 
lechni(|ue de la science. Toute maladie, c'est-à-dire toute altération 
pathologique, est déterminée par un certain nombre de conditions 
et peut être, dans une mesure variable, combattue par certains chan- 
gements introduits dans ces conditions. Déterminer ces conditions et 



LA FACULTÉ DE MEDECINE 2ô 

les effets de ces changements, c'est de la science au preniid* chef. 
Cette façon d'envisager les maladies a transformé profondément la 
technique médicale. Il ne suffit plus au médecin de savoir manier 
le histouri ou le forceps et de formuler une ordonnance. Toute ch- 




Sylvius, par Hiijuud. 

(Cabinet du doyiMi.) 



nique est Ihxncjuéed' un lahoratoire; la hoîte à réactifs, rdiiN càcullures, 
le microscope sont désormais pièces indispensahh's dv l'apitarcil méih- 
cal. Achaciue iiislaiil, la scicncecsl mis»' à ré(|uisilii>ii. Pournomhrc >!;• 
diagnostics, un examen ('liiiiii(|ue. un examen iiii(rosropii|ue, une i\{- 
diograi)liie en disent beaucoup [dus loin: que la simple observation, 
l'auscullalion ou la pei'cussion. De même en llieiapeulique. nombre 



io L iM vi:i{<iTi; di: i* \ his 

«TagiMils |ili\ >it[iit's t'( cliiiiiifiut's. r/'lccl licih''. I«'s puisons oi'^aiiitjueS; 
les viius alU'uiH'S, saii^ j)ail»'r îles aiit'>l Ih'skjih's, (I»'s anlis«'pU(|U('s, 
sont <riii(or\ ciil ion rouraiilr 

|)\tù. poiif l«' tulur MH-drcin. inic doiihlc n«'cessité : «l'ahord, de 
ir»'iili«'|irrn(lrt' les t'Iudcs imdicalcs (ju a\ ce une sullisanlc iiiilialioii 
sri«'iilili(|ii(' : jun>. loul le loni; de ses «'liidcs, dr les lici- loiijoiirs aux 
a|ndi('alioiis des sciences j)li\ sico-('liiini([u«'S. 

A la |irenii('!'e de ces nt'cessih's. on a |)oui'\ n en insliinani, voilà 
<|iialor/.e ans. à la lacnile des sciences, une aniu'e d'éludés [)iivsi- 
(jues, cliiiiiitjues e! nalui'elîes. parliculii'remenl desliiK'e aux luiurs 
«•Imlianls en int-decine. Ils \ sonl iniliés lhéori(|uenienl el prali([ue- 
menl. au deL:r('' sutlisani, à Tespi-il de la science ex[)(''i'inienla]e, à 
ses n'snllals piincipaux, à ses procédés, auxéiénienls de sa Leclnii(|ue. 

In an plus laid, iianlis de ce \iali(|ue indispensable, ils abordent, 
à la lacult.' de médecine, leurs éludes propres, et les applications 
des sciences à la médecine. Kéiileuientaireiiient, ces études durent 
(|ualre ans. aprt'S les(|uelles viennent les examens. En fait, elles sont 
d une dui«''e |>lus longue, cin(| ans, six ans, sept ans, parfois même 
davanlauc, (juand l'étudiant réussit à 1 inteiaiat des bopitaux, pen- 
dant leijuel. suivant les rèj^les fort sages de FAssistance publique, 
1 étudiant doit se consacrer tout entier à son service liospitalier, à 
ses études cliniques, et interrompre à la faculté inscriptions 
et examens. Abstraction faite de cette exception, qui est le fait 
des meilleurs, et qui contribue pour la plus large part à la forma- 
lion des meilleurs médecins et des meilleurs cliirurgiens, la vie 
ordinaire de l'étudiant en médecine, très occupée, très cliargée même, 
se répartit entre les enseignements tbéoriques, les clini(|ues et les 
travaux prati(jues. 

Le malin il va à lliùpital; il assiste à la visite du clief de service 
et reçoit renseignement clinique; l'après-midi, il est retenu à la 
faculté de une heure à quatre par les travaux pratiques, de cin(( à sept 



LA FAGULTK DE MEDECINE iT 

parles cours et conférences. Les cliniques oblij^atoires sont, pendcint 
plusieurs années, la clini({u<' 
médicale et la cliniciue clii- 
rurg-icale, puLs pendant un 
semestre la clinique d'accou- 
chements et , pendant un 
semestre aussi, les cliniiiues 
spéciales , ophtalmoloiiie . 
maladies de la peau, juala- 
dies des voies urinaires, etc. 
Les travaux pratiques onl 
pour objet, pendant deux 
semestres, Tanatomie, pen- 
dant un semestre, la [iliy- 
sioloi^ie, l'iiistolo^ie. lana- 
tomie patliolûiii([ue, la l)iiy- 
sique médicale, la chimie 
nuklicale, et l'iiistoire natu- 
lelle médicale. Les cours 
et conférences théori(|ues 
portent sur laïuitomie. 
l'histologie, la phvsio- 
lo«^ie, la pathologie interne, 
la pathologie externe, la 
pathologie générale, l hy- 
giène, la lhérapeuli((ue . 
la [)harniacologie, la pli\- 
sicjue médicale, la cliimii' 
médicale, la parasilologie. 

Après ces années laborieuses, où sans cesse la pralijjue s'uuil à lu 
théorie, roimm'ucrul les examens, (hi les a r«'ceinmenl modilies. 




MonuMitiil <\i' Hiouanlel. 



i8 L L'M\ KIISITI- IH: l'ARlS 

Mais h's chiniiiriiHMits oui moins porh' sur le loiuls (jui' sur les nioda- 
lilrs. Ain>i on a st'jiar»' conijililcnH'iil 1rs épreuves pralicjucs (1rs 
l'prt'uvt's «le simple iiilcrroi:alion cl on «'n a fail l'objcL <r('Xtiiiiens 
«lislincls. An Tond, la sulislancc des «'xamrns, si l'on peu! dire, 
«'sl n'slt'c la inrinc : aiialoniic liislolo^ic, pli\ sioloj^ie, paliioîoiiic 
inh'ian'. palliolniiic cxlcinc, accoucin'nn'nis, palholoiiie i^inn'ralc, 
llit'iapriili(|Uf. hxLiit'iH'. plivsiijnc <'l chimie apjdiijuées à la médc- 
cint'. cliniciuc nn-dicale, clini(iU(' cliirur^icaic, cliniijuc ohsté- 
Iricalr. clinicjucs spéciales. Kn un niol, loule reiicyclopédie des 
sciences mi'dicales. Comme sanclion : le di[)lôme de docteur en 
iiMMlecine. domianl droit, à (|ni le possède, d'exercer la médecine, 
loule la nK'deciiu', sans reslriclion aucuiie. en lout point du territoii-e 
de la Hépul)li(jue J'^rancaise. 

A celle seule (''numéiation, on com})rend que malgré cinq ou six ans 
de Nt'iienses éludes, ce diplôme ail moins une valeur scientilique 
quune valeur professionnelle. Il lénioii-ne d'un ensemble d'études 
liénérales, et non de la possession d'une spécialité, encore moins 
d'um- maîtrise scientifi(|ue. Aussi pour beaucoup d'étudiants, pour 
les meilleurs, les études sont loin d'être terminées avec le doctorat ; 
elles se proloniient . pour les uns, en vue d'une spécialité détermi- 
née; j)Our les autres, par un compagnonage scientifique.' dans les 
laboratoires et dans les services des maîtres. La Faculté de Médecine 
de Paris, usant de la liberté académique donnée aux universités, a 
créi' deux diplômes universitaires de médecin-légiste, et de médecin- 
colonial. Elle eut pu en créer bien d'autres, autant qu'il y a de spé- 
cialités dans la njédecine. Des considérations pratiques l'en ont empê- 
chée. Elle n'a pas non plus, au-dessus du doctorat en médecine qui 
est essentiellement un grade professionnel, de grade scientifique ana- 
logue au doctorat ès-sciences ou au doctorat ès-lettres. Mais elle a son 
agrégation, concours élevé et difficile, qui maintient haut les études. 



DEUXIÈME PARTIE 

LÉCOLE SUPÉRIEURE DE PHARMACIE 



I 

Historique ^ 



L'École (le Pharmacie n'a pas les aiili(|iH's (juarlicis de la Faculh'' 
(le Médecine. Elle ne vient pas connnc elle de la vieilic l niversih' de 
Paris. Officiidlement, elle date seulement de 1803. Elle ne lut pour- 
tant pas à celle date, It' produit d'unr avn«'ration spontanée. Elle a 
des antécédents et une liliation. En 157G. un brave honnnc d'apollii- 
caire-épicier, Nicolas Houid, (jui aimait les pauvrt's et son niélirr, 
demanda au roi Henri III l'autorisation d'cnlictcnir de ses deniers, 
un établissement de charité « pour nourrii* et institurr des entants 
orphelins à la ])iété. aux bonnes letti'es et à l'art de rajjolliicaiit'rie ». 
L'autorisation lui lui accordée; l^'t-olc naissante dexait ètic ('tablie. 
dans le ([uartier du Temple, à la .Maison des l\nl"anls Kouiies, ainsi 
dénommc'e de la couleur du xèlement des orphelins (ju On \ lecexaii. 
L'année sui\ante, elle fut trans[)ort«''e au laubouri: Saint-Marcel, 
dans l'ancien Ih'untal de Loui'cine. C/esl là, sur une bande irrénu- 
liJ-re de terrain, «Mitre la laie de Louicine et la iiu' de 1 Vrbalt'le, (|u<' 
lut jdanlt''. pai' les soins des a|)otliicaires. le pi-eiiiiei' jaidin lKdani(jUe. 

Nalui'elieineiil, Il niscrsité jalouse de ses [»ri\ilèg'es et de son 

' V. Cmloiiairc' do l'Ilctih' sui><'Tifuio il«' plianiiiU'io »li' rUniversilê tlo Paris, l \"l. 
iii- i '. l'aiis. A. .Idaiiiii et ii'*'. 



iii(iiit»|tiilc. lie fui ji;is ^an.s .s'imiioun oii'. I*as plus jiiix apolhicaires- 
rHicirrs (jnauv iliiiiiiLiiriis-liarlucrs. cllr ne ('(msciilail à rccon- 
naîln' nii «Iroil à niscii^iici . \\\\v réclama donc, hv diUV'iond, porh'^ 
(l('\anl le Pailniinil . se Iciniina pai un anvi de I()24. (jui domiail 
i:ain d«' caiis»' à II iii\ crsilt'. Les iiiailirs cl gardes de la cominu- 
nauh' i\v< aj»(tlliiraii('S-('j>ici('rs dt'vaicnl prrsentor, Inus les Icois ans, 
Irois (I Ciili»' eux. don! un sriail choisi par le Gi'and Aunnuiicr de 
l'^rancc. pour ic'sidcr ii riio{)ilal cl dislrihucr aux pauvres les niédi- 
canicnls ncccssaii^'s Ils claicnl autorisés à planter le clos cl le jar- 
din (\r riiùpilal des simples et des liei'bes nécessaires à la prép(ua- 
lion des ni(''di(ainciils : mais aucun droil à renseignemenl ne leur 
clail rccdiniu. 

HalUis. les apolliicaircs se conlinèrent dans leurjardin. Ils l'aiii'an- 
dircnl. le ciilli\ i'icnl cl en iirent im « séminaire de sim[)les ». (jui 
exislail encore ii la Ri'volulion. (Icjjendant, en raison de leurs éludes, 
ils s'ciroicaicnt de former une cor|)oralion dislincte de c(dlc des 
épiciers. Il Icui' fallut plus d'un siècle pour l'obtenir. (Test seule- 
ment sous Louis W'I, en 1777, que leur corporation fui séparée de 
celle des épiciers, autorisée à prendre le nom de collège, et à faire 
des cours publics et i^ratuils. Son siège était toujours la modeste 
maison de la rue de l'Arbalète, mais c'était désormais une maison 
enseignante. Trois démonstrateurs, choisis parmi les dignitaires de 
la cui'poralion, devaient y faire chaque année un cours de chimie, un 
cours de botanique et un cours d'histoire naturelle. A celle date 
I I niversité était trop all'aiblie pour élever une nouvelle protestation. 
Lv Collège de Pharmacie accomplit jiaisiblement et utilement sa fonc- 
tion nouvelle, cl, au Consulat, il devin! loul naturellement l'Jù-ole 
de I*!iarmacie. 

Sou.^laliéNolution, sa destinée lut unique Le:^mar> ITUi. lAssem- 
1" a\ ait >upprimé toutes les corporations et proclamé la 



Ll'COLE SUPÉRIEURE DE PIIARMACIE 31 

liherlé des professions elrnéliejs. Mais il a[)parul Irî'S vile, aux alms, 
aux accidents et aux crimes, ((uels dangers préseiilail pour la sanlé 
el pour la vie des citoyens, la libei'té de la pliaimacie. Aussi, di-s \r 
17 avi-il suivant, par un décret spécial. rAsseinhléc nationale déci- 
<la-t-elle que « les lois, slaluts et i-éalenicnts existanl au 2 niars der- 
nier, relativement à l'exercice el à renseig-nement de la pliarmacie 




Earadt' «le l'I^colf .-^uitt-riruii' «Ir phai inufii'. 



oonlimicraienl d éli'c «'.\(''cult''s. iiiNiiuii ce (|ii il lui slalin' à ccl (''gard. 
l'^ii coiiS(M|urnc('. il ne |)Oii\ail «'li'c didisic de palciilf pour la jin-pa- 
ration, \enle el dislribulioii (les drogues cl nnMlicamcnl^ (ju :i ceux 
qui soni ou ftofirronf èlre reçus jiour ICxcrcicc de la pharmacie ^im- 
\anl les ^.laluls el li'glemeiils coiiceiiiaul celle piolessiuii > . Seul*' 
«le loiiles les coi|ioi'al ions de I ancien K'gnne. le (lidl.ge de^ pnar- 
jnacieus sui\i\ail, donc par l'aison d nih'icl puldic. 

Il ju>liliai( celle faseur par la \aleiir el la dii« clion scienlilique 



3i L IM VKILSITI': I)i: TA lus 

«1«» son «MlstMiriH'iiH'iil . L(U><iiir i>(tiii" i('iii('(li('i" aux al)us cl ;m.\ scaii- 
«lales «le la IIIktIc .le la jn'oressioii nnMlicalc, l'urnil cnn'cs ks Ecoles 
«le SaiU«''. on ne sonueu pas à v (''lal)lii' une section de pliai'inacic. L«' 
rai»j)orh'ur de la loi. le rliiini^h» l'oiircioN . rendit ce lénioi^nai;e au 
(lollf'i:»' de pliai Miaci»' : « La pharmacie possède à Paris une école 
louiiuirs ouverte, et (|iii. depuis loniitenips. est plus complète (juc 
colle de mt'deciue l'I île clururiiie. La l)olani()ue usuelle, l'histoire 
naturelle des droiiues, l;i (diimie pharmaceutique et la pharmacie 

i,i(»pi(' iil dite, V sont enseignées avec toute l'étendue et le soin 

(n)nvenahles à c«Mle étude. L'élève en pharmacie joint à ces leçons la 
j»rati(|ue dans les lahoratidres des ])harmaciens, chez lesquels il 
demeure et dont il partage les travaux. Il ne lui manque donc rien 
p(tur >e l(uiner. Très peu de changements seraient nécessaires pour 
leiidre renseignement pharmaceutique plus complet, et le (lomité de 
rinstruction pul)li(}ue s'en occupera avec la célérité que 1 intérêt 
puhlic exiiit'. » 

Paroh's à coup sur encourageantes et rassurantes. Cependant le 
Collège d«' IMiarmacie crut prudent de se placer sous l'égide de la 
loi. et de se prénuuiir contre les sautes du hon vouloir. Une loi. du 
23 septemhre 171)") avait donné dioit aux citoyens « de former des 
établissements particuliers » d'éducation et d'enseignement ainsi que 
d«'s sociétés libres « pour concourir au progrès des sciences, des let- 
tres et des arts ». J^es membres du (Collège de Pharmacie usèrent 
promplement de ce droit nouveau, et se constituèrent en une Société 
libre des pbarnuicii'ns de Paris. « Notre intention, disaient-ils, est de 
perpétuer l'établissement d'enseignement formé par les pharmaciens 
de Paris et nous nous engageons naturellement à faire dans notre 
laboratoir»' vl jardin sis rue de l'Arbalète, des cours et démonstra- 
tions publics et gratuits de chimie, de pharmacie, de botani(jue et 
'l'histoire naturelle. » Avec le Consulat, cette école libre allait deve- 
'.Liblissement d'Ktat. 



L" Eco LE SUPKUlEURi: D K PHARMACIE 33 

Une loi du 21 germinal an XI réglementa pour tout le territoire de 
la République l'exercice de la profession de pharmacien. Kl le déter- 
minait ses conditions et ses obligations, les examens que devaient 
subir devant des jurys publics ceux qui se proposaient de l'exercei-. 
Comme conséquence, des écoles de pharmacie étaient nécessaires. 
Dans la discussion, Fourcrov, orateurdu (iouvernement. rendit hom- 




BàtiiiH'uls (les travaux pratinuos. 



mage au CoUh/c des ji/ianuaciens de l\n-is (jui. pciidanl loulc la f{('\o- 
lution. a\ail pei |)t''lu«' son eiiseigiieinenl . Seul u il ('lait resté debout 
au milieu des ruines » : il ('tait '< un centre res[)ectable de luiniè 
res » ; il s'était niontri'' digne de la conliaiu'e de la société u j)ar l'iin!- 
lormiti'' des t'Iudes. la necessili'. le nonibic et la si''V(''rit('' des preuves 
exig(''es dans les cxaineiis >'. Il w \ a\ail (|u a le prendra poui" v\\ 
laire une {\v<. tiois ('coles (|ne la loi (h'cictait. à Paris, à Strasbourg, 
à Montpellier, à cCAv des l^colcs de Sanlc. 



34 I. r.M vi:r>itk ni:: paius 

La nouvell»' Kcole de Pliarinacit' de Paris comprit tout d'abord un 
directeur et quatre professeurs, doublés cliacun d'un adjoint; il s'y 
faisait (jualre cours: bolanicjue. histoire naturelle des médicaments, 
chimie et pharmacie. FJIe rcriit comme sièj2:e, les locaux de la rue 
de r.Vihalt'te, comme inshumenls, les objets et collections (|ui ser- 
vairnl au cours de l'ancien Collège de Piiarmacie. 

(yélail un bien modeste abri que cette maison de la rue de l'Ar- 
bali'te : au rez-de-chaussée, une salle des actes, intéressante par les 
noFubreux portraits de maîtres apothicaires qu'elle contenait; un 
am|)hilhéàtre de dimensions moyennes; un cabinet de physique, un 
petit laboratoire: au premier étage, une salle de collections, ou plus 
exactemcnl un mairasin allecté à la Société de la Thériaque. Au 
cours du \i\' siècle, on y lit successivement quelques additions. La 
plus importante fut la construction, à l'arrière du bâtiment princi- 
pal, dun grand am])hithécUre en hémicycle. En 1865, le prolonge- 
nu'ut de la rue des Feuillantines, aujourd'hui rue Claude-Bernard, 
coupa et diminua le jardin de l'École. 11 fallait aviser. L'Ecole était 
déjà insuffisante pour le nombre croissant de ses élèves. Pour les 
initier aux travaux pratiques de chimie et de botanique, on avait 
construit pour eux de modestes laboratoires; mais ils étaient cinq 
cents et deux cents seulement trouvaient place dans ces laboratoires. 
Même sans l'opération de voirie qui venait d'écorner les bâtiments 
de l'École et de diminuer sensiblement sa surface, l'agrandisse- 
ment s'im[)Osait. Dès le premier jour, les uns demandèrent qu'elle 
fût transférée sur un autre terrain, plus vaste et en rapport avec sa 
destination; mais en majorité, le conseil des professeurs, s'inspirant 
de raisons sentimentales, émit le vœu de rester « au berceau de 
l'École » et de s'étendre vers la rue Moulfetard. La question traîna 
sans solution. L'École de Pharmacie était encore rue de l'^irbalète 
en 1870, et un des premiers obus prussiens qui tombèrent sur Paris 
atteignit la maison du jardinier chef et tua sa femme et son enfant. 



L'ÉCOLE SUPERIEURE DE PHARMACIE 35 

La question fat reprise et résolument, en 1873, sous la direction 
(le M. Cliatin, et grâce à l'appui de Paul Bert, alors député, elle 
aboutit rapidement. A la fin du second Empire, on avait détaché et 
désaffecté une partie du Jardin du Luxembourg-, notamment cette 
ravissante pépinière qu'ont encore connue les étudiants de ma 
génération. Du jardin diminué partait, vers l'Observatoire, une 




Labuiutuire de cliiiiiio minérale et ami>hilliéàLi'es m rd et aud. 



vast(î a\enu(', l'axcnue actuelle de TObservaloire, à droile et à 
gauche de laijuelle des terrains étaient mis en vcnle. Les Ici rains de 
gauche trouvèrent \ ile preneurs, et il s'y t'Ifs a dvs maisons ; ceux 
(le di'oite restaient disponibles. On en allecla un inorci'au d'une 
surface de l.'i.OOO mi'lies caiii's, d'une \ah'ur de I .(ioO.OoO fi'aiics 
à la nonxclle l^^cole. Des crédils de i inilh'ons el de I(!:2.().{1 francs 
lurent xoh'S, le premier pour hi l'onslriuiion. h' second \\oui' 
raména^ieinenl de l'-dince. llunht's à l'aiehileelc Laisn»', h's lia\au\ 



30 L'UMVK KSITl. Iti: l'A MIS 

furiMil cominrnrrs en 1S77: ils ('laicnl achcvi's en 1880. L Kcolc en 

prit possession tii 1881. 

Il 

L'£cole actuelle. 

C'esl un fdil ln'I rdilice (juc l;i nouvelle École de Piuirniacie, et 
(|ui. dans l'ensenihle, répond convenablement à sa destination. Ell(5 
a pour liniilcs. en a\anl. sur la façade, l'avenue de l'Observatoire, 
vu airii'ic la iiu' dAssas; sur les deux petits côtés, la rue Miclielet, 
I,' j.NctM' .Monlaiiziir el l'Ecole Coloniale. En avant, une cour 
d'Iionncur. plantée el décorée de [)arterres ; à di'oite et à gauclie 
deux ailes se i-(diant à an,ule droit à la fa(;ade ; en arrière du bàti- 
lufiil j»iiiici|)al. deux cours intérieures, à l'arrière, deux j^rands 
ainpbilbéàtres, au delà descjuels le jardin botani(|ue, d'une surface 
d'environ 8.0(1(1 mètres carrés, développe régulièrement ses plates- 
bandes, ses bassins et ses serres, entre la rue Miclielet, la rue d'Assas 
et l'énornu' bàtinuMit des travaux pratiques. 

C'est une des curiosités de l'École que ce bâtiment. Comme on le 
verra plus loin, l'éducation des futurs pliarmaciens est à la fois 
théori(|ue et pi'atique. Ils suivent des cours, mais ils sont astreints 
ré'Tulièremenl ii des ti'avaux f)rati(jues de pbysi(|ue, de cbimie, de 
bolani(iuc, <lc microbiolofi^ie el de pliarmacie. Pour ces exercices, on 
a construit, en arrière du bâtiment principal, et perpendiculaire- 
ment à lui, le long du jardin botanique, un immense atelier de 
\22 liiitrrs de long, élevé de trois étages. C'est la rucbe où cliaque 
jour les élu<liants en pliarmacie s'exercent à des liavaux de cbimie, 
de bolaniqu»' et de bactériologie, ruclie toujours bourdonnante, tou- 
jours active, où, à certains jours, un millier d'étudiants ont pu 
trouver cliacun sa place, cliacun son alvéole. 



L'ÉCOLE SUPLIULLRL 1) L PHARMÂGIt: 37 

Dans le bâtiment principal sont installés les services généraux 
(le Tadministration , la salle des actes, la salle du conseil, la 
hibliotheque, les collections de zoologie, de botanicjue, de matière 
médicale, de minéralogie et de pliarmacie, enfin les diverses labora- 
toires des professeurs, laboratoires d'bydrologie et de minéralogie, 
de cbimie médicale, de cliimie organicjue, de cliimie analvti((ue, de 




La siillt' tics aclt'S. 



cbimie biologiijue, de crvptogamie, tb» toxicologie, de pbvsiijue, de 
pbarmacie galéni(|ue et de pbai'macie cbimi(|ue. La bi)laiii(iiie est 
installée dans un pelil bàlimeiil spi'cial, au loiid du jardin botanicjue. 
Sans (Mi'e aussi ricbe (jue C(A\v (b' bi nouscHe Soi-bonn»'. la déco- 
ration de rédibce esl sobic cl dislinguce. A l'cxltM-icui", dans la 
cour dboinicur. au milieu des parterres, deux statues de l)ronze, 
celles de \'au(|uelin cl de l*armenlier, deux des |)lus illustres maitn's 
de l'Kcole. Sui- les diverses bu'es du bâtiment, au-dessus des 
arcades, les mcMlaillmis en marbre blanc de savants français et de 



as Li NI vi:n>ii i; di: paius 

(|in'l(|iirs sa\;»iils «'liaiii^ris. dans un onlic ailnlraiic : (lasaMilou, 
IN'lli'lirr. Ii's in\ «'nh'iiis «le la (|iiiiiiii('. Halard, DunK-ril, lîroiiuiiiarl, 
SchiM'lc. .Mac(jiii'i-. Hoiit'llr. (îcoH'i'ON . S(''ha. I^r Daiilc, Cliaras, 
Ni'wloii, L»Mnri\ . lîonidiic. IJaiinii'. Ijavoisicr. ncilliollcl, (ùliaptal, 
LaiiiiicF-, Tln'iiaid. (iiiilutiiii. Valt'iicicnncs, Liiddu, (irrliardl, de, 
JiisMi'u, II. DavN . Ptdouze. J)uiiias, Claude licrnaid, Swain- 
nit-rdaiii. I'kiiicion . et le hnii Nicolas llouid, le inaîlre apolliicaire du 
\\ I si«'( le (jui Icnla de fondtM' la pri'mière école. 

A riiilt'i'ieur. les iii-ands esraliei's monumentaux qui, à l'extré- 
iiiiti- de cliaiiur aile, conduisent à lélaj^e, sont garnis, à leui's 
IVnrlrcs. de v('iii('i-es de Ilirch. Dans l'un, Linné reçu par Bernard 
(Ir Jtfssira: — Laurrnl de Jussieu fait . en i/SH, replanter le Jardin 
hotanifjue, autrefois Jardin du Uoi. Dans l'autre : Les corporations 
des droguistes et des apothieaires reçoivent en 16^29 des armes et une 
devise : Lances et pondéra servant ; — Lavoisicr, dans son laboratoire, 
est visité par Fourcro//, BertJiollet et Guyton de Morveau. 

Alais le bijou de celle décoration moderne est dans le vestibule 
(jui s ouvre au milieu du rez-de-cliaussée du bâtiment principal. Au 
lond, une verrière de llirclî, représentant symboliquement la bota- 
ni(juc. la j»barmacie et la cbimie ; latéralement, adroite et à gaucbe, 
de claires peintures d'Albert Besnard, (jui sont tenues parmi les 
meilleures de ce maître: la Cueillette des simples ; — le Traitement 
des simples ; — le Laboratoire ; — la Maladie; — la Convalescence ; 
— l'Excursion botanique ; — le Cours de phf/siologie ; — t Excursion 
(jèolof/ifjue ; — le Cours de chimie, toutes, d'un réalisme pénétrant: 
puis buit panneaux plus petits, oii l'imagination du peintre s'est 
donné carj-ii-re : la Formation terrestre ; l'Apparition des plantes; 
rApparition des animaux; lUoinme pjrimitif ; ïlîomme moderne. 

Comme la Faculté de Médecine, l'École de Pliarmacie a elle aussi 
son musée d'ancélres et de grands bommes, mais moins complet 
et surtout de bien moindre valeur artistique. A part quelques por- 



LKCOLE SUPÉRIEURE DE PHARMACIE 39 

traits, ceux de Yauquelin, de Bussy, de Cliatin, de Buignet, de 
Baudrimont et d'Orfila placés dans la salle du conseil, presque 
toutes les pièces de cette collection sont dans la salle des actes. 
Elle mérite une mention spéciale, cette salle des actes. Aux dimen- 
sions près, elle reproduit celle de l'ancien Collèg-e des pharmaciens, 
sauf les g-radins, c'est le même mobilier, la même décoration. Au 




Collection de matière niédieale. 



fond, au-dessus de la cheminée, un lahleau de Simon Voutt. Om- 
représente-t-il au juste? Autrefois, il portait sur son cadic l'inscrip- 
tion suivante conservée dans i'iin t'ulairc maniisciil du CoUège de 
Pharmacie, dressé en 1788 : « Méiiélas, a('com[)a:^né d'Hélène, ariixc 
en l\ii\p[e; Pol\ (laiiiiia, fciniiic de Thanis, les reroil a\ec distinction 
dans ses états. Elle leur fait présent de VEnula campana, qui. du 
nom d'Ih'lènc fut appelé ficlrn'uon, du Xrpcnffws, antidote nuM'xcil- 
h'u.x cl du .\loIf/. » El lauleur de I iiisci-ijil ion a\ait ajout»' pour 
les Icclcins jirolancs : a J^es Eiivpticns, IrJ'S supci-stiticu.x, é-taicnt 



4(1 L l M VKUSITK l»i: l'AlllS 

|Mi -ii,i.i.«, (jii.' la j»lant«', r)U(l(i ramiKuri. »'lail un sj»(''cirKjii(' coiilrc 
la iiu>rsur«' dt'S lirh's Nrniiiiciistvs. cl inMiicipalriiicnl coiili'c celle des 
sorponts. Le nrprulhr^ t'Iail une composition (jui iipaisail les douleui-s 
cl cluissait la tristesse et le nu>li/ une piaule (ju'ils esliniaicuL inlini- 
luent parce (ju'ils lui allriluiaienl la \eiiu de i;aranlir des enclianle- 



nienls el des soi'lilè^:<'S. » 




Galerie de minéralogie et de cryptogainie. 



Sur 1«'S parois, les garnissant, quatre-vinoft-dix portraits, quatre- 
vingts autlientiques, neuf anonymes et un inautlienti({ue, celui du 
maître Nicolas Houël, le premier ancêtre, peint sans modèle et sans 
docuFuenls, au counnencenient du xix'' siècle. De ces (|ualre-vin<it- 
dix irnaî^a'S, soixante-douze représentent des apothicaires recjus à la 
maîtrise avant 1777; huit, des pharmaciens reçus par le Collège de 
Pharmacie, et dix, des pharmaciens reçus par TÉcole de Pharmacie. 
Presque tous proviennent de dons. A défaut de valeur d'art, ceux de 
ces portraits qui sont antérieurs à la Révolution, et ce sont les plus 



L'ECOLE SUPÉRIEURE DE 1>11ARMAGIE 41 

nombreux, soixanle-dix sur quatre-vingt-dix, ont une assez ancienne 
histoire. La (Convention avait oi'donné que partout, dans U'S «'dilioes 
publics, seraient détruits « les attributs de la l'ovauté », « lesaiinoi- 
ries )), « les portraits et effigies des rois », les « signes de rovauté 
et de féodalité ». Par civisme, et peut-être aussi par prudence, le 
Collèp:e des pharmaciens ne se contenta pas de (h'^truire le tableau 




Laboratoire de cliiiiiiL' «.jéncralt' 



où figurait Louis Xlll; des porti'aits des ancêtres, il lit disparaître 
sous une épaisse couciie de peinture b's « signtîs de b'oibilitt' ^) (|ui 
s'y trou\ aient. Et (juels éliiieiit ces sigiies? Les costumes et les 
insignes attribués aux « maîtres » par leuis règlements damien 
régime. 

Ils restèrent sous ce nouxcau costume jusipien lSt>-'>.A ce moment, 
l'Ecole crut bon cb' les faii'e nettover et i(''paiei-. Elle (-onlia co 
soin, moM'iniant 70(1 francs, à un peintre du nom de Nolté. Ignorant 
et inhabile, Notté ne se contenta j»as de faire i-eparaili»' le^ \ icu.v 



42 i/LM vi:n>iTi; i»i: v.\\\\> 

ft»>lmii('s ri iusiuiirs. Il liimriiii loiih'^ !•'> loilcs ii la iiiriiir ioi-iiic cL 
à la inT'iiic iiii'Miir, all(»iii:t';ml les ums. lacourcissant les aiilics, 
faisant rrclani:ulaii"»'s ccllo (|ui rlaicnl ovales. inii(ilaiil ou siijtpri- 
iiiaiit It'S iiisnijilidiis. (It-liaplisaiil l«'> unes. sii])|)iimaiil Trial ciNil 
(1rs aiilrrs. l']||»'s soiil nicoïc «'ii ccl dal. 



III 
L'organisation de r£cole. 

Coimiic les aiilrcs L'lai)lissriiiL'nts compris dans le corps colleclil 
(Ir n iii\('rsih' (le Paris, l'Kcole supérieure de Pharmacie est per- 
sonne (ix il»', cl. sauf If nom. son organi.salion est celle d'une faculté. 
Elle a donc son budiicl et ses biens, son assemblée, son conseil et 
son |>ou\oir exécutif, un directeur nommé dans les mêmes formes 
et a\ t'c les mêmes pou\ oirs (|ue les doyens des facultés. 

L'Ktal lui doinie chaque année 323.700 francs pour traitements du 
persomiel et 7(S.'j().J fiancs pour dépenses de maléiàel. Elle reçoit 
chatjue année de il niversilé 10.800 francs pour le personnel et 
Hlj.nno francs {)Our les dépenses des cours, de la bibliothèque, des 
travaux pratiques et des collections. Le revenu de ses dons et legs 
n'est que de 0.0(51 francs affectés complètement à des prix aux étu- 
diants. 

Le personntd comprend treize professeurs titulaires et neuf agré- 
gés. Le personnel auxiliaire, chefs de travaux, chefs de laboratoires, 
jardinier ehef, préparateurs, etc., arrive à 19 unités. 

A 1 origine le corps pi'oh'ssoral ne comptait (jue quatre professeurs 
doublés chacun d'un adjoint: il en comprend treize aujourdhui: les 
adjoints ont dispaiu depuis longtemps. Ils sont remplacés pai" des 
agréprés nonjuiés périodiquement au concours et au nombre de 
nouf. Les chaires primitives étaient la botanique, la chimie, l'his- 



L'ÉCOLE SUPÉRIEURE DE PHARMACIE 43 

toire naturelle des médicaments et la pliarmacie. Les cliaires d'au- 
jourd'hui, et cette simple nomenclature suffirait à manifester le 
développement des études pharmaceutiques au cours du xix^ siècle, 
surtout depuis la réforme de l'enseignement supérieur en France, 
sont : la physique, la chimie minérale, la chimie organique, la chimie 
analytique, la chimie biologique, la toxicologie, l'iiydrologie et la 







"^'T' 






Laboratoire des travauK praticiues de iiiiciobioloiiie. 



minéralogie, la botanique, la b()lani(|ur ctn j)loL:ami(|uc. 1 liistoiic 
naturelle des mt'dicamenls, la zoologie, la jihariiiacic L:al(''iii(|U('. on 
pliarmacie de Galien, hi pbaniiacic des anciens maîtres, cl la iili;ii- 
macie chimique, la pharmacie nonNclle. aj)plicalion des sciences 
exj)«''iimcntales. 

A c(dles de ces chaires (jui sont assoi'tics de liasaux i»rali(jues 
pour tous les élndianls. sont adjoinls des chefs de lra\au\ jtrali(|ues: 
<à loules, des chefs de laboratoires el des jirepaialeurs. 



44 I. i M V i; KSI ri: de paihs 

l\ 

Les £tudes et les étudiants. 

\ t'iKuis iiiaiiilciiaiil aux (''Imlfs. Là aussi, il laut (listing'uer deux 
(It'LiiM's : au piciiiirr. des ('tudrs (|ui conduisi'iil au lili-(; professionnel 
tif [iliaiiiiarirn, i«M|uis jiar la loi pour la praliijue de la profession ; 
au sfi-oiid. «les (''Unies d(''sinl(''i"esst''es d LUI cai'aclrre pureiueuL scien- 
lili(jue. (|ui oui jiour sauclioiisoil le titre de « pharuuicien su})érieur », 
soil !«' tiliT uni\ cisilaiic de docteur de 11 niversih' de Paris, men- 
tion jtkan/tih ir . 

Natiuère encore, il y avait deux tilres })i'ofessionnels de })hai'nia- 
ciru. cflui de seconde (dasse el celui de première. Pour le premier, 
besoin ir«''lait pas du izrade de baclielier : il suilisail dun examen 
puitant sui- les malièi'es de la classe de quatrième des lycées, clas- 
si(jue ou ujodcrne. IMui* le secondseul, un baccalauréat était requis. 
îMiarmaciens de première et pbarmaciens de deuxième classe fai- 
saient méuics études, subissaient mêmes examens; mais la différence 
ilaiis les études pi('alables avait pour eux une différence importante 
dans le droit d'exercice. Seuls les pbarmaciens de première classe 
pouvaient exercer sur toute la surface du territoire français. Ceux 
de deuxième classe n'avaient droit d'exercice que dans une circon- 
scription détei-minée. Quand ils cbangeaient de circonscription, il 
leur fallait de nouveau subir des examens devant l'École de laquelle 
redevait leur circonscription nouvelle. 

Pour mettre terme à ce (ju'avait d'étrani^^e cette situation et sur- 
tout poui- n'adiuettre au titre de pbarmacien que des étudiants 
ayant lait des études secondaires complètes, récemment, le titre de 
pharmacien de deuxième classe a été supprimé. En conséquence, 
nul ne peut être admis aux études pbarniaceuti(iues, s'il n'est bache- 
lier. Connue consé(|uence aussi, le titre uni(jue de pharmacien 



L" ECO LE SUPÉRIEURE DE IMIARMACIE 45 

donne droit à rexercicc sur tout le territoire de la République. 

L'École de Pharmacie est le seul établissement d'enseignement 
supérieur qui ne reçoive pas ses étudiants tout droit au sorlii- des 
études secondaires. Avant d'y 
entrer, ils doivent faire un stage 
d'une année dans l'officine d'un 
pharmacien, et s'y exercer à la 
pratique. Ce stage est l'analogue 
de celui (ju»* fait dans les hôpi- 
taux, au cours de ses études, 
l'étudiant en médecine. 

Donc, une fois l)achelier, le 
futur étudiant en pliarmacie entre 
dans une ollicine. 11 y reste un 
an. Avant de passer à TEcole. 
et d'y commencer ses études 
scientihques, il lui faut suhir un 
examen dit de validation (h- 
stage. Le jury se compose d'un 
professeur ou d un agrégé de 
l'Ecole, et de deux pharmaciens. 
Pour épreuves, 1 "examen com- 
porte la préparation d'un médi- 
canirnl composé, galéniciuc ou 
chimi([ue; inscrit au Codex : une 
préparation ma(jisfrali'. un mot (|ui seul aussi la \ icillc i'or[ioralit)n 
des apothicaires, oii l'on était successix ciiiciit appi'eiiti, ciun|»agnon 
et maiti'c. cidin hnh'triin i nation de lr»Mitt' [jlantcs ou (h-ogucs a[);iarl('- 
naiil à la matii'i-c iin'dicale. de ciiiti iiit'dicamcnts (diinilcjucs «'t de dix 
médicaments gal»'iu(jues. le tout coiiipli'té di' |(|ueslions sur di\rrs«*s 
opérations jiliaiinacciitiiiin's. 




liKSNAKh. — l/cvfursion liotaiiiiiin 



46 i;uM\ i:i{siTi: m: paris 

Aiuî's a\ (MI* tVanclii ««'l tvxainrn (jui serait loriiiidable s'il était Irrs 
sérieux. rélii<lianl ciilre à l'Kcdle (Ui il a[)|)reiulra les raisons scien- 
lili(|ues «le la |)rali(|U«' <l(»iit il a l'ail la pi-eiist'. 11 y reste (juaire ans, 
suivanl des cours. |)ieiianl paît clnuiue joui' à des travaux praticjues 
distriltu«''s sur ces (jualre années, chimie minérale, chimie organique, 
chimie aiiaU iiiiue, luxicoloyie, microiira})hie, physique et piuirma- 
cit", participant, aux jours de htdle saison, à des herborisations diri- 
ii;ées par les professeurs de hotanicjue, 

i| Au hout de cluuiue année, pour être admis dans la suivante, il 
passe au ciihle des examens de lin d'année, sur les matières de ses 
études. Enlin, après la (juatrième année, il ahorde les examens pro- 
hatoires^ ceux à la suite descjuels, s'il y satisfait, il recevra, avec 
sou jiarcheniin, le droit à l'exercice. 

Us sont au nombre de trois : le premier porte sur les sciences 
phvsico-cliimi(|ues et leurs applications à la pharmacie. Il comprend 
comme épreuves prati(|ues, une analyse chimique et une opération de 
plivsitjue appli(|uée; connne épreuve orale, des interroj^ations sur la 
plivsi({ue, sur la chimie et sur la physique. Le second a pour objet 
les sciences naturelles avec leurs applications à Tart du pharmacien 
et une épreuve pratique de micrographie. Le troisième se subdivise 
en deux parties : la première comprend comme épreuves pratiques 
une opération de chimie biologique ou de microbiologie, et l'essai 
d'une matière alimentaire; comme épreuve orale, des interrogations 
sur la chimit; bioiogi(|ue, l'hygiène, la toxicologie, l'hydrologie et 
la microbiologie ; la deuxième partie comprend un essai de sub- 
stances médicamenteuses et des interrogations sur la pharmacie, la 
matière médicale, la législation et la déontologie pharmaceutiques, 
en outre la reconnaissance de médicaments chimiques et galéniques 
et de produits de matière médicale. 

Gonune on le voit, c'est une vie très remplie que celle de l'étu- 
diant *tn pharmacie et ce sont de savantes études (|ue ses études. 



L'ÉCOLE SUPÉRIEURE DE PHARMACIE 47 

On s'est souvent étonné qu'elles le fussent à oe degré, surtout avr-c 
le progrès croissants des pécialités que les pharmaciens vendent et 
ne préparent pas. Sans doute; mais, sans paradoxe, ce (jue le phar- 
macien fait aujourd'hui le moins 
dans son officine, c'est de la piiar- 
macie. En retour, comhien son 
champ d'action scientifique et 
sociale s'est élargi. Toujours les 
bons pharmaciens ont été curieux 
de science. Combien dans le coin 
où ils étaient cantonnés, ont eu 
la passion delà botanique? Com- 
bien ont fait l'herbier, combien 
ont décrit la flore de leur région ! 
Aujourd'hui ils sont certainemenl 
moins ferrés qu'autrefois sur la 
nomenclature, la classification et 
les noms latins ou \ ulgaires des 
plantes. Mais que ne font-ils pas 
avec leurs microscopes, leurs 
tubes à analyses et leurs bouillons 
de cultui'es bactériologi(jues, pour 
la mt'dccine v[ [joui- I hvgiène 
privée ou pul)li(|ue? A eux (h' 
contribuer à une ap[)licati()n v\- 
goureuse de TanLisepsie, au diagnostic et sou\t'nt à la lht''ra[»i'uti(jue 
des maladies jiar 1 aiiaKse des eaux jiolahlcs, à ragricullur»' [»ar 
raualyse des leries (;L des engiais. Dans les campagnes, plus encore 
(|ue dans les sillcs. leur r(Me esl (•oiisidi'i'aldc, cl souncmI leur ofli- 
ciiu' est, à des lieues à la l'onde, runi(|ue lahoi'ahuie. Itotanisli* et 
(diiiuisle, le pliaiiiiacien doil èli'e aussi uiiciographe. liaflerioh»gisU» 




Hksnaiu». — Le rouis ilc pliysioloj;;ii' 



^f^ 1/L'Mv i:u>iTi: Di: pauis 

,.( un j,,.|i |ili\ >irit'n. Dr là lf> rlmlrs ;i|i|)r(tr(m(lit's cl siirit'cs (|iii lui 

sont iiii|n»st'*es. 

S'il \('ul aller an «Iclà <lr <<• <|iii »'sl i(M|iiis poiii- rcxcicicr dr sa 
lirofrssioii «'1 laiiT <lr la sciciicc (h'siiilt'i-t'sséc, il le jx'ul sans sorlii- 
(If 1 Kcolc. Hraiicoii|. de .ciix (|ui Dul ('<'ll<' ainl)ilioii picimcnl des 
L:i-a(lt'S à la Fariilh" des Sciences, licence cl docloial, el lein-s niaîlres 
les \ encoui ai:enl. Mais c'esl poui' rcNcnir avec plus d<' coni[)éLeiice 
aux t'lude> de IMcide. el I la va ill(>r, dans ses lahoi'aloires, à des 
rc( liei( lies j.eisonntdles. (les re(dierches lerminées, ils peuvent se 
pit'senler pour le lilie de Pharmacien supérieur. (|ui esl à l'Ecole de 
IMiaiiuacie. 1 aiialoiiue du docloiat à la Faculté des Sciences. Il s'oh- 
lieiit en souleiianl une llièse sur les l'ésLiltals de reclierclies per- 
M)nni'lles (le lilie esl lili'e (rKhil el peimel de [)i'endi-e part aux 
concDUis de laiiréiialioii des Ei'ulcs supérieui'es de pliariiiacie. S ils 
n'ont en vue. poui' leurs éludes, aucune sanction d'ordre public, 
ils jx'UNcnl se })réseiiler au doctoral de ICniversité de Paris, men- 
tion />//^//7;/âr/c. Là aussi, ils onl à soutenii- une llii'se exposant le 
résultat de recherches personnelles. L'activité scientili(jue de l'Ecole 
de Pharmacie de Paris n'est iid'érieiire à celle d'aucun autj-e élahlis- 
senn'iil d'enseignement supéi'ieur. 



TROISIÈME PARTIE 

LA FACULTÉ DE DROIT 



1 

Historique. 



A la veille de la Révolution, la Faculté de Droit de l'ancienne 
Université de Paris, installée depuis quelques années dans le Ix'l 
édifice construit pour elle par Soufflot sur la place de l'Église Sainte- 
Geneviève, était très languissante. Elle continuait d'enseigner, 
i^-onime au moyen âge, le dioit civil romain, et le droit canon (|ui 
était le droit des clercs. Par un acte dautoj-ité, Louis \l\' v avait 
ajouté le droit français « tel (|u il est contenu dans les ordonnances 
etdans les coutumes ». Son enseignement ('tait pui'ement e\(''geli(|ue ; 
on interprétait « le décret de Gratien, les Déci'étales de Grégoire l.\. 
avec Tusage des concordats. pii\ ili'ges et tacnltt's de TEglise galli- 
cane ; » on interprétait de même les textes princi[)au\ des Inslilules 
<'t du Digeste ; quant an droit français, au lieu de le ratlaclier à ses 
sources, les ordonnances et les coutumes, on se hornail à le rap- 
pi-ochej- du droit ci\ il romain. 

La iacnlt('' a\ail six j)rofesseurs poni" le di-oil canon et j»oni" le droit 
romain, un pour le droit IVaiK'aisj assistés de don/e agregis. Mais 
les cadi'es «''laieiil larement complets. Un instant même, la lacullé 
a\ait «'lé rt'dnite à un senl pi(de>seni' <jui, [)onr con>ei-\ei' tous les 
rexcnns. i-tdnsail de se donner des colli'gui'S. 

Les études duraient trois an^. \.n piincipe les é-tudianls .elaieiil 



50 L'LîNIVERSITi: DK PARIS 

aslr-riiils à sui\rt'. par joui-, •l«'ii\ Irrons, v[ h i'aii'c \isoi' leurs caliiei's 
j>ar 1rs professt'ui's. l^n lait, la [ilu|iail irassistaiciil pas aux cours. 
Les professeurs irasaieiil mit'ie jtoui* au<lileuis (jue des copistes, les- 
«juels veiidaieiil des cahiers aux candidats. « Les éludes, dira [)lus 
lard FourcroN dans Texposé des inolils de la loi de l'An IV, y étaient 
milles, iue.xacles et rares ; les leçons néj^ligées ou non suivies : on 
achetait des calii«'rs au lieu de les rédi«;ei' soi-niènie. On était l'eçu 
après des «'pieuves si faciles (ju'elles ne méritaient pas le nom d'exa- 
mens. Li's h'Ilres de baccalauréat et de licence étaient un titre qu'on 
achetait s;ins études et sans peine. )> 

Sil n'v avait eu (jue ces abus, on eut j)U les redresser. Mais l'ins- 
titution «'tait coiitlainiit'e par la pauvreté même de son fonds. Rien 
du di'oit public, rien du droit des gens, rien du droit crimincd, « rien 
des constitutions de IKlat, rien du droit des souv<M*ains, rien de 
celui des sujets, rien de la libeité )>, rien en un mot des pensées d'où 
allait sortir la RZ'voluliou. Considérée en elle-même, la Faculté de 
Droit apparaît connue étrangère au xvni'' siècle. La Révolution la 
sup})rima. 

Dès la Constituante, il fut ({uestion détablir à la place une institu- 
tion nouvelle. Dans son projet d organisation de renseignement 
national, Talleyrand prévovait des écoles de droit. Le droit romain 
en eût été banni; on y eut enseigné, en français, le droit naturid et la 
constitution, le droit civil, le droit coutuniier et la procédure civile 
et criminelle. Au-dessus de ces écoles professionnelles, dans llns- 
titut national enseignant, il y eut eu un compartiment pour la science 
du gouvernement. C'est seulement en l'An X[L sous le Consulat, au 
lendemain de la promulgation du Code civil, qu'une loi du 22 ven- 
tôse, complétée par un décret du quatrième jour complémentaire, 
créa et organisa les modernes écoles de droit. 

Destinées à former des magistrats et des avocats, elles furent 
placées sous la double autorité du Grand Juge, Ministre de la Justice^ 



LA FACULTÉ DE DROIT 51 

L't du Ministre de rintérieur. Ce qu'elles ont mission d'enseigner au 
noniderÉtatet pour le bien de l'État, c'est le droit nouveau, issu 
de la Révolution. Le droit canon en est banni. Le droit romain v 
subsiste, mais comme initiation au droit français, et comme type de 
l'esprit juridi({ue. Comme matières nouvelles, sont inscrits sur leurs 
programmes les éléments du droit naturel et du droit des ^ens, b,' 




i'Iioto .Neurtlein. 



^'uo sônérale de la Facullti de droit. 



droil ('i\il iVanrais, (huis l'oi-di-e l'dalili pai' le Code civil, bi b'gislalion 
criminelle et la procédure civile et ciiminelle, enbn b' (boil [)ubbc 
français et le droit civil dans ses l'apjjorls avec raibiiinislialion 
publi(|ue. « Les b»is dadmiiiistralion pul)li(iU(.\ écrit Fouicroy, dans 
re\[t()S(' des motifs de bi loi, ne pouxaieiil rire apprises ludle pnil ; 
elles t'iaieiit en (juchiiie s*»rle enseNclies ou conceiilrées dans les 
hureaux el dans la coi-i'espondaiice des adiiiiiiisi rai ions ; co n clail 
(|u"en adniinisliani iiiiin('(lial('iii('nl (jii'on pouSiiil se birmer a leur 
connaissance et à leur applicalion. •> 



Sî i;iMvi:iisiTi' i)i: pahis 

La (Iiii-«'m' «les rhuU's «'>! lixrr à (l«'ii.\ ans poiii' l<' biicciilaiiiral . à 
li'dis [KUii- la litt'iifc, à (|iiali(' |MHir le ddcloral. A ces iiradcs soiil 
allaclio tics droits cl j»ri\ il('i:c> dordrc public. Il laul la licence en 
dinit |u»ni' «''li-e JMuc. coniniissaii'c du izouverneinenl. ou subslilul 
dans le> Irihunaux de cassalion. d'appid <■! de preniiei-e inslance : il 
la laul »'i:aleiiieiil pouièlie avocat . Il laul le docloiat pour être pro- 
loscur ou >up|dt''ant dans inie t'cole de droil. 

Pour pi«'\('nir le letoui' des abus, on crée des insj)ecleurs ^éné- 
r.iux (|ui ont droil d'assister aux coui's et aux examens; on place 
reiisciiinenient sous le contrôle de l'opinion publi(jue, en décidant 
»|ue toutes les leçons sei'onl pul)li(]ues. 

A riù'ole de Di'oil «le Paris, on assigne comme siège les bâtiments 
de rancieime Faculté. Elle eut d'abord cinq professeurs et quatre 
suppléants. Elle s'ouvrit le r*" frimaire an XIY, en grande solennité. 
Fourcroy présidait la séance, ayant à ses côtés les inspecteurs géné- 
raux des nouvelles écoles, les membres du bureau d'administration 
et du conseil de discipline de l'École de Paris, le directeur, les pro- 
fesseurs, les suppléants. L'inspecteur général Vieillard, président de la 
F.our de Cassation, prononça en latin l'éloge de l'Empire et de l'Empe- 
reur. Apres lui, le directeur, Portiez (de l'Oise), un ancien conven- 
lionnel, célîdira, en français, la restauration des écoles juridiques et 
leur restaurateur. Grâce au « nouveau Justinien », au « nouveau 
Cliarlemagne », la France rentrait « en communauté avec la grande 
famille eui-opéenne, avec le monde civilisé ». On lut enfin un arrêté 
approuvant une délii)ération de l'École, « pour qu'une statue en 
niarbre, représentant Sa Majesté Impériale et Royale, fut érigée, 
aux frais des professeurs, dans la salle principale de l'École ». Pen- 
dant la séance, le canon annonçait a Paris l'enti-ée triomjjbale de 
l'Empereur à Vienne. 

Peu de temps après, l'École cliangea de nom et de maîli'e. Dans 
l'organisation de l'Université impériale, elle devint faculté, et du 



LA FACULTÉ DE DROIT 53 

même coup, elle passa de l'autorité du Grand Ju^re, Minisire de la 
Justice, sous celle du Grand Maître de l'Université. Rien du reste ne 
fut changé à son organisation, à son enseignement, à ses obligations. 
A partir de ce moment, son histoire se déroule paisiblement, sans 
grands événements. Les seuls faits à notei* sont dt's créations rt des 




Salle (les aele 



supj)r('ssions dv chaires, (jui siM'aienl sans impoi'tancc s'ils iTiiiili- 
(juaiciit des chaiiiicmciils dans la façon doni le doux tM'iH'iiiciil cl 
jiarh)is ropiiiioii conce\aicnl son l'olc cl sa dcsl iiKilion. \ iic ACm- 
siMiiblc. celle liisloii'e leiid el aboulil ;i un chaiiLit'iiienl de nielluHles, 
el à une destination plus laiî^c. Dahord coniint'e dans ce (ju'on 
poui'iail apptdei- la lii'onn'liie iuridi(jue. la faculh' en vient peu à 
peu à C(»nsid(''rei' le dioil, non connue une pui'c d»'<luclion do cer- 
lains principes a priuri^ mais eonune un produit hisloriipu" des \\n- 



:,4 i/iM vi;ii>iTi: di; tahis 

linix sociaux ri jK)lili(iui'.N. cl i» laiiT j»la(r en elle îi dr.s cnscij^iK'- 
mcnls n'sl»'s en dcliors d»' ses juciiiicis cailics. Iriilc li-aiislonnalion 
lanlot lavoristM'. lanhM ('(mliarii-t' pai- les |»(m\()irs puldics. selon le 
libiTalismc \ariaMr des i^om ciiumiu'iUs. 

Sou> la Hcslauraiion. en 1(S11), le noinhi-»' d<' ses éludianls élail 
dt'M'iiu si considr'raldc. (juc Ions oc |ioii\aiciil li'oiivcr place dans les 
aiiijdiilln'àlrcs. Alois on les di\ isc en denx sections parallides, ayani 
cliacunc d«'s |H'(trcsscnis de code ci\ il . de dioil l'oinain. de droil |>ul)lic 
litMn'Tal. de jiroccdnre cl de It-iiislalion criniinellc. Mais, cl c'esl là 
inic nonxt'ault' siiiiiilicalivc, à (duujno section on ajoute des matières 
d'ens«'ii:neuienl cnliiTcmcnl nou\«dlcs : à Func. le code decouiinerce, 
à rauti'c, le droit public positil'el le droit adininislialil" français, l'iiis- 
loin- pliilosopln(|ue du dioit loniain cl du droit français, enfin, à titre 
facultatif, réconomie polili(|ue. C'était le pi-einier indice d'une oiien- 
talion iKuivellc. Il disparut proniplenu'iil. Dès 1822. une ordonnance 
du Hoi (b'faisait ce (|u une ordonnance avait fait trois ans plus tôt. Le 
di-(»il couiinercial subsistait; mais le droil public positif. 1 bisloire 
pbiloso|)lii(jue «lu droit romain et du droit français, l'économie poli- 
ti(jue dis|)araissaient des })roiiraunnes. A leur place, on créait une 
cbaiie de Pdiidectes, pour une exégî'se plus approfondie des textes 
du di-oit l'omain. Seule la cbaire de droit administratif fut rétablie six 
ans j)lus tard. Une ordonnance de 1829 portant (ju'il serait érigé une 
cbaire de droit des gens et une cbaire d'bistoire du droit romain et 
du «li-oit français ne semble pas avoir reçu d'exécution. 

La Fa<*ulté élait-tdle fa\oi-able à ces innovations? On peut en douter. 
En 1834, Guizot, alors Ministre de l'Instruction publique, créa une 
cbaii-e de di'oit constitutionnel, et la confia à l'illustre Rossi, Italien 
d'origint'. Cinc] des professeurs de la Faculté déférèrent, d'ailleurs 
sans succès, cet acte au Conseil d'État. S'en prenaient-ils au nouvel 
enseignement? S'en prenaient-ils à la personne? Ils faisaient valoir 
que Rossi n'était ni docteur en droit, ni Français. 



LA FACULTÉ DE DROIT ô", 

Un (les ministres les plus libéraux du GouvernenienI de Juillet, 
Salvandy, donna une attention particulière aux facultés de droit. Une 
première fois, en 1838, il réunit une Connuission des Hautes-Études 
de Droit pour rechercher et déterminer de (|U(dles réformes avait 
besoin cet ordre de facultés. Entre autics (juestions, il posa les sui- 




Sallo Liouloncourl. 



vailles : renseiiiiu'iiienl iiesL-il pas lr()[) lillt'ial et trop e\éi:éliijue ? 
N'est-il pas eu même temps troji reslreinl '! \\ a-! il pas lieu de crt-er, 
à Paris, au-dessus de rcuseiLiiicmciil |ti()ressionnel, auijuel s'esl 
jus(|n ici limili (' la tacullc. nu ciisei^ncmcul pliil()soidii(|ue du dniit 
« renionlaiil au di'oil aiitciiciii' à huiles les léiiislalious, séparant !e 
dfoil iialmcl du dioil dt's izciis cl di^linuuanl Ir droit des iivns pri- 
mitif du droit iniciiinl idiiiil. jxuir «■oiiipicndi-c t'ii>iiil(' dans un j'usei- 
jj^iiemeul éleudu et raisoiiiu' les (|(iali(' LiiMudo Itiaui'lics Ar la 



56 I, INIVIlRSITi: I)i: PAlilS 

S(*i»»îHM', le (lidil iMiiiain, !»• «Iioil »'C('l«''si;isl itjih'. N' \ iciix droit liaii- 
rais, l«' (li-nit acliu'l ilr la l-'iaiicr. t-l l'aii'c coiiiiail l'c ainsi à la jeu- 
lU'ss»' rt' Iciil cl \ aslc lra\ ail tic la ci\ ilisal ion poiii" i'(''i:lcr les rappoils 
dos liomincs. a\cc les aulrcs lioimncs. avec 1 Klal, ave<' U's aiilres 
étals. a\«'c la s(»<'it'l«' luiinaine loiil eiilicre. avec Dieu? » Ny a t-il 
pas lieu (r/'lciidrc IV-hidc coinpai-t'c di'^ ii-iiislalioiis au droil j)iil)Iic 
«los {grands lùals. de inaiiicTc à ce (|iie les législalioiis étrangères 
jiiiis^ciil èli-e coiiiiues de la jeunesse française ? Ces larges vues, 
si tdlcs avaii'ul reçu réalisai ion, eussent constitué, dans la Faculté 
«le Paris. au-«h'ssus de renseignement professionnel, un enseignement 
scienlili(|ue. plul(»soplii«|ue el histori(jue du droit et des problèmes 
(|ui s'\ lallachenl. Salvand\ nv put les suivre. La politi(|ue lenleva 
du Minislèi'c de l'JnsIruction })ul)li(|ue. Quand elle l'y ramena, 
en 1847, ses idées s'étaient clariliées, avaient pris corps, et il déposa 
un pi-ojet de loi (|ui eût réalisé dans les facultés de droit un progrès 
considérable. 

Il posait en principe que renseignement de ces facultés s'applique 
à toutes les brandies de la science du droit et de l'étude des lois, ce 
• jui leui- assignait une fonction scientifique en outre de leur fonction 
piolessiunnelle. 11 en répartissait les enseignements en cours fonda- 
mentaux et en cours spéciaux. Les cours fondamentaux, obligatoires 
pour la licence, devaient être : 1 introduction générale à l'étude du 
droit, ou droit naturel; le code civil; le code de procédure civile, 
le code d'instruction criminelle, le code de commerce, le droit admi- 
nistratif; le droit romain, particulièrement les Institules. Les cours 
spéciaux, pour le doctorat, variables suivant les facultés, eussent 
été : les Pandectes, Tliistoire du droit ancien et du droit moderne, 
le droit des gens, le droit maritime, le droit constitutionnel, 1 éco- 
nomie politique, l'iiistoire des traités, les législations comparées. 

Consultées par le ministre, les facultés de droit, sauf celle de 
Strasbourg, toujours à l'avant -garde, manifestèrent peu d'entbou- 



LA FACLLT1-: DE DROIT 57 

siasnie pour ses idées. Pénétrées de l'esprit juridi(jur, à peu près 
fermées alors aux études histori(jues et pliilosoplii(ju<'s. lié«'s par drs 
affinités d'origine et des réciprocités de s«'rvices à la nja<iislrature et 
au barreau, elles n'étaient pas encore mûres pour unr conception 
complète de leur rôle scientifique et de leur destination sociale. A 




Salle de lecLuic do la IJililiolJn'ijUf 



la Faculté de Paris, en [)ai'li('uliei", ce « bine eiilariui" » ne di>ail rien 
(jui vaille. Son but, disail-tdie. n'est pas (( dVnibi-asseï- le dt'lail de 
toutes les parties de la l(''iiislat ion, mais (reuseiuiiei' les piineipcs ••! 
les ('dt'iin'nts ». (]e but nCst-il pas atteint et lut^ne (b'-passi- ? Cepen- 
dant elle consentait, a pi't's un ('(UU's (Tet udes uniloi'iue >ur les matières 
oidniau'es, à (|uel(|ues coin's sp(''ci;iu\. a\('c un examen parliculiei', 
pour u les licen<'i('s aspii'ant à certaines ('arrièi'es o. 

La Ht'N olulion de 1 (S i.(S emporta le pi'ojel (b' Sal\and\. Le (iou\er- 



çg 1. IM VKUSITK \)i: l'A lus 

iii'iiinil j.Kts i>()irt', liiU'lr à la Iradilion df la lM''|tiil»li(jUr, voulul 
pour II l'iaiicc un cnsriijnrnit'ii! >ujM''ri«'ur «le la poli! i(|U('. Mais il 
u'i'Ui uai-.lf <li' \r coulicr ;i la l-'aculh- de Droit. Jl eu lit une rcole 
.s|u''cial«'. ri'lcolr (rAdiiiinistialiiui. (K)ut la dui'rc lut ('pluMiiÎTc. 

I.r second Kiiipiic. et |»()ui' cause, léiiioiiina jx'U de sollicitude 
en\('i> les lacullt's de droit. Il lui sui'lisail ({u'elles fussent de bonnes 
écoles prolessionnelles. et ce n'est jjas lui (jui eût suscitt' en (dies des 
vtdh'ilés d'idéolouie. Il >uj»j)rinia même à la Faculté de Paris, une 
cliaire (|ui l'iiKjuit'tait. ctdle de dioil coiistilutionnel. et la remplaça 
par une (diaire de droit l'omain. Pourtant vers la lin, (juand l'Euniire 
se tut dt'Ieiidu. un ministre novateur. Victor Duruy, rétablit à la 
Facull('' une ( liaii'e d'économie politique. 11 prépara uiéme un projet 
pour \ t'-lablii' une section ])oliti(jue et administrative. Approuvé par 
le Conseil Sup» rieur de l'Instruction Publi(jue, le projet était au 
Conseil d'État, (juand il lut retiré par ordre supérieur. 

Il 

La Faculté actuelle. 

Dans le renouvellement de TEnseig-nement Supérieur, la Faculté 
de Droit n"a [)as été oubliée par la troisième République. Ses bâti- 
uM'iits. ceux de Soulllot, étaient devenus insuffisants pour le nombre 
croissant de ses chaires et de ses étudiants. Ils ont été doublés. 
Aujourd'bui, la Faculté occupe tout le quadrilatère, à pan coupé, que 
limitent la plac*' du Pantbéon, la rue Cujas, la rue Saint-Jacques et 
la rue Soulllot. Les dépenses de son agrandissement, partagées par 
moitié entr<' l'État et la Ville, se sont élevées à o. 000. 000. Dans cet 
énoiine cube de maçonnerie, s'ouvrent sur une cour intérieure et sur 
de vastes couloirs, oii peuvent circuler à Taise des centaines d'étu- 
diants, des ampbitbéàtres, des salles de cours, la salle des actes, la 
salle du conseil, des salles particulières pour les professeurs, et des 



LA FACULTÉ DE DROIT 39 

séminaires d'études pour des ^iToupes d'étudiants. Au r<'z-d<'-rhaussée, 
sur la rue Saint-Jacques, une vaste l)ibliotliè(jue, riche en collec- 
tions, qui peut recevoir plus de deux cents lecteurs. 

La Faculté est pauvre en œuvres d'art. A peine (juelques bustes 
d'ancêtres, un panneau décoratif de Lehrnann, et, dans la salle des 
actes, une grande composition mi-allé^ori(jue, ini-hislori(|ue de 
Steck, représentant le Droit, la Loi, el la Jurisj)rLKlence. Prochai- 
nement, la salle du conseil recevra six panneaux admirables du peintre 
René Ménard, ({ui seront pour elle une parure et une richesse. 

Les ressources de la Faculté lui viennent de FEtat, de l'Université 
de Paris et d'elle-même. De l'État, elle reçoit environ GOU.OOO francs 
pour son personnel, et 50.000 francs pour ses dépenses de matériel. 
De l'Université, 19.000 francs pour le j)ei'sonnel. traitements de 
quatre chaires, d'un cours et de trois emplois d a gré lié s créés [ku- 
l'Université, et lO.OOU francs pour sa bibliothè(jue. A son budget 
propre sont inscrits 32.000 francs environ connue revenus de dons et 
legs, et 10.000 francs de subventions. De ces legs, le plus gros, le 
legs Goulencourt, lui a été fait sans condition. Elle en di.spose an 
mieux. 

Son personnel se compose de professeuis lilulaires. de chargés 
de coui'S et d'airrécrés. Le nombic des chaires est de 3". celui des 
cours complémentaires, de 8. 

Voici, groupés d'aprî's leurs allinités, les enseignemenl.^ actuels 

de la Faculté : 

Droil roiuiiiii. Droit iiiai-illimv 

Histoire du droit i)id)lir romain. Procédure civile. 

Droil romain ai)[)rotondi. Droil criminel. 

l'andecles. l'roccdm'c criminelliv 

Histoire i:énérale du droil français. Léi:'^l:^ti(Ui |M'nale conji'ar.'tv 

llisl(dre approlondie du droil Irant.ais. Lcj:i.->lalion induslri.dlc. 

Droil civil français. Léiiislalion rurale. 

Droil civil approfondi. Léui^li'lioi» «idoniaUv 

Léirislation civile couiparée. Ilisloire du droil puldic français. 

Droit int( ruatioual. privé, \)vo'\[ puldic général 

Droil commercial. Droil con-lilulioiuieL 



r.o i.iN I \ K ii^i ri: di: paiiis 

hroil «'onsliliilioiuh'l romjiai'o. Kconomic iM»lili(|iit>. 

hroit ailiiiinistratir. Slatistiqiio. 

Scit'iiii» linamitTO. Kconoiiiit' iinliislriello. 

LcL'i-lalion IVani.aist» il«>- linaiices. hconoiiiie rurale. 

Droit iiileriialional l'uMi.-. K«'onoiiiic coloniale. 

Ili-liiro «los Iraili's. Etononiio sociale coiiijiaréo 

lli-U»iiv «les iloclrines éronoinitjik's. 



lïl 

Les Études. 

.\ la sculr lecture de ee tableau apparaissent les changements pro- 
toiids sui\riuis (It'pui.s treille ou trente-ciii(| ans dans la Faculté de 
Droit D'abord une niodilicaliou dans les nuHliodes. Auparavant, 
r«'ns('ii:"iu'!iit'iil ne sortait uuère de Texég'èse des textes. On traitait 
du droit ru vue de la prati(|ue judiciaire. Aujourd Iiui, à l'exégèse 
s'ajoute riiisloii'e et la comparaison des législations. Le droit n'appa- 
raît plus exclusivement comme un ensemble de règles absolues, 
indépendantes des faits et des circonstances de temps et de lieu. Il 
est rapporté à ses sources premières qui sont les phénomènes varia- 
bles de la vie sociale : il s'éclaire à la comparaison avec les légis- 
lations des autres pays. 

(yest ensuite une extension considérable de domaine. Nous sommes 
loin des enseignements de la première heure. Peu à peu se sont 
formées et ont pris place dans les cadres, des sciences nouvelles, 
les sciences administratives, le droit international public, les sciences 
économi(|ues, formations jeunes eiu'ore, nuiis déjà riches de faits 
et de théories. En sorte qu'au vi'ai, avec les accroissements qu'elle 
doit il la libt'i-alité d'esprit et à la libéralité Unancière de la troisième 
Kepnbli(iue, la Faculté de Droit est à la fois une école de droit, une 
école de sciences administratives et une école de sciences écono- 
mi(jues. 

Toutefois, dans ses programmes et dans l'organisation de ses 



LA FAGULTK DE DROIT 01 

enseignements, la distinction n'est pas aussi trancliée. Les grades de 
la Faculté de Droit sont restés des grades en droit, baccalauréat et 
licence, pour le degré élémentaire et professionnel, doclural. pour le 
degré supérieur et scientilique, et c'est sous la rubri(jue générale 
droit que sont encore groupées certaines «lisciplines lorl diflércntcs 
du droit, par 1 objet et la métbode, telles (jue les sciences écono- 
miques. 

Quand on entreprit, voilà trente ans, d'élargir le cliamp d'action 
de la Faculté de Droit, on cCit pu l'organiser, en trois sections dis- 
tinctes, ayant en commun certains enseignements fondamentaux, la 
section juricli(jue, la section administrative, et la section économiijiic, 
cette dernière avec des emprunts à la Faculté des Sciences et à la 
Faculté des Lettres. Les vieux grades en droit, requis du magistral 
et du défenseur, fussent restés à la section juridicjue ; pour les 
autres, on eut créé des grades ou des certificats nouveaux. Mais on 
ne travaillait pas sur une table rase; on n'avait pas à construire 
une cité idéale. Les bonnnes étaient là avec leurs conceptions, leurs 
liabitudes. Pres({ue tous avaient le souci très lionorable de maintcuii- 
à l'institution son caractère décote de droit et de jurisprudence. v[ 
son unité, et ils vovaientdans les nouveautés, un danger de faiblesse 
pour les études juridiques. D'autre pai'l. chaque jour, la pression «le 
l'opinion se faisait })lus intense pour agrandir les cadres de la taciille 
et lui ou\rir de nouveaux domaines. Connue pres(jue toujours. v\\ 
pai-eils cas, au lieu dun parti nel et li-anclii'. on se contenta de com- 
promis entre les deux tendances. L'J're de ces comiiromi> n e>l pas 
close encore. Dans le n'ginie des ('ludes et des examens, on a res- 
treint certaines matières pour faii'e place à des matii'res nou\tdle> : 
dans ces places libres on a inli'oduit plus (ju'idles ne pouxaienl con- 
tenir. On a ainsi (diargé, surtdiai'ge les [)i'oi:rannnes. 0\\ a mêle a 
doses variables des disciplines (juil eut nueux \alu sé[KU'er De loul 
«•(da les incon\('nients liinronl par apparaître, et. peul-èli-e. d»' cell»' 



Ci i/r.M vKusi ri: di: i'ahis 

foirt' «It's clioses, sortira une oruaiiisalioii plus rationiiclh' dos études. 
'r«dl»'s <|u"»'ll.'s sont ccpriidaiil, «'llrs n'alisciil , à certains égards, un 
proii'rès très sensible sui' Iflal ant«''iieui". 

LiCENOK KN Diioii. — Tiois aiiiu'es d'études, trois examens, un au 



^ >^ 1 


^H 




3H 








1 




^ 


^^^■t- 



René Mé.naud. — L'àiie d'or. 



bout de cba<]ue année. Primitivement la licence ne comportait que 
l'étude du droit romain, du code civil, du code pénal, de la pro- 
cédure civile et criminelle. Plus taid on y avait introduit le code de 
commerce, le diuit administratif, et facultativement, l'histoire du 
droit et le droit des gens. En 1880, on y ajoute, obligatoirement, Tliis- 
toirc générale du droit français, ce (jui marcjue un changement 



LA FAGL^LTÉ DE DROIT 63 

dans Tesprit et les méthodes, le droit international privé et l'éco- 
nomie politique. 

Quinze années après, nouveau remaniement, introduction de 
matières nouvelles, et, pour leur faire place, resserrement du 
droit romain qui perd un semestre en seconde année ; établissement 




René Men.vku. — Là;;o d'or. 



de cours semesli"iels pour cerlaines iiialiJ'res ; racullt' d opliou 
laissée aux candidats eiihc disciscs nialii'rcs. Les choses iimi\(dles 
sont les éléments du i\vo'\\ coiisliluUDniitd cl l'oi-i^anisatiou des 
pouvoirs pul)lics, les t'h'intMils du droit iutci-ualioiial puldic, la Iriiis- 
latioii liiiaiicii'i'c ('I le droit iiiariliiiic. 

La pré'occiipalio!! es! «''\ idciilc. ( hi a en \ ii«' non pas K-s d«diats 



54 i.rMviiKsiTi: i)i: ta m s 

ilii |ti-«''l(»ii o ou les (l(''lil>i''iiilit»iis (le lii cliaiiiliir <lii conseil, mais la 
forinalinn du ciloNcu. de I liniiiuic |uil)lic. A noicr aussi un clianpre- 
iiirnl <lt' uu'IIumIc dans ICnsciL: lU'int'iil du di'oil l'oniain. Cr nVsl 
[dus I Cxt'Lii'St' des h'\l «'S : c'csl. connue inlioducliun au droil iraïu'ais, 




René Mé.naui». — Rrvo antique. 



rtMiscnil)le des institulions juridiques de Rome d'après leur dévelop- 
pement liisl()ii(|ue. 

Tout réeemnienl, en 190o. nouvelle modificalion, cette fois au 
profit des sciences éc()nonii(iues. Enseiiinée seulement en première 
année, l'économie poliliijue lest maintenant en première et en 
seconde. En outre la faculté d'option est étendue à des matières 



LA FACULTK DE DROIT 05 

(le même ordre, législation industrielle et législation commerciale. 
Pom' faire place à léconomie politique^ ont reculé, devenant facul- 
tatifs, le droit romain en seconde année et le droil international 
public. 




René Ménmu>. — Urve anli<iiio. 



Aujourd'hui, rcnscmhlc des enscigiu'iiicnls de licence se présenic 
ainsi : 

Pri'inu'ic aiuicc. — lnsLiUilii)ns jiiri<li(|ues de Konie dans leur 
dé\(doj)penienl Insloiiijue. — llisloire ii('n«''i-ale du dipit iiaucais. 
KlénuMils du di-oil conslilnlioiniel el uaianlies des liheidés indi- 
\idnelles. Droileixil. léconomie judiliiiiie. 

il. 5 



Mi LiNi vKHsrn: m; paius 

Driirirnir annrr. — Dioil eixil. Droil ciiiiiiin'l. Droit adiiiiiiis- 
tralir. Kcoiioniit' iMtlili(|U('. Oj)lion cnli»' un des cours scnicslricls 
suivants : Eludo de (|ut'I(jurs lli(''oii('s iinjioiiaulcs de droit romain. 
Droil international public. 

Troisihnr (inncr. — Di'oil cixil. Dioil conninTcial. Procédure 
ci\ilc. Droit international [ni\('. Option cnli-c la législation indus- 
Irirll»' cl la Iciiislalion coloniale. Option entre deux groupes de 
couis semestriels : voies d'exécution et droit commercial ou droit 
mai-itime. Droil public et législation financière. 

.Malgré les options (jui l'alK'gent un peu, ce bloc est lourd, trop 
lourd, el lait dé'lt'ments trop divers. Est-il une construction défi- 
nit ixc ? 

DocTouAT K.N Diiorr. — Gomme à la Faculté des Sciences et à la 
Kaculté des Lettres, le doctorat est à la Faculté de Droit le degré 
scientiliijue. En outre des connaissances générales, il témoigne, 
par la composition et la soutenance de la thèse, de recherches per- 
sonnelles, el de l'usage des méthodes scientifiques. A l'origine, il 
comportait simplement une année d'études après la licence, deux 
examens de révision et la thèse. Peu à peu son champ s'est restreint 
à certaines matières déterminées et la thèse a pris importance et 
valeur. Depuis une cinquantaine d'années, nombre des thèses pré- 
sentées à la Faculté de Paris sont des œuvres très personnelles qui 
ont tait date dans la littérature juridique, politique, historique ou 
économique. 

La structure du doctorat s'est, elle aussi, modifiée sous l'influence 
des idées plus haut rappelées. Mais ces modifications se sont 
accomplies de façon moins empirique que celles de la licence. Jus- 
(ju'en 181)o, le doctorat en droit était un ; tous les candidats devaient 
répondre sur le droit romain, le droit civil, l'histoire du droit, 
le droit coutumier, le droit constitutionnel ou le droit commer- 



LA FACL'LTl-; DE DROIT ,i7 

cial. Seul le sujet de la thèse était laissé à leur choix. C'était 
donc une épreuve d'ordre exclusivement juridique. Depuis 18!)o. il 
est sectionné, et à son titre légal, doctorat en droit, s'ajoute, suivant 
le g-roupe d'études choisi par le candidat, une des deux mentions 
suivantes : sciences juridiques, — sciences politiques et ècononiiqiK'^. 
On a eu soin de doser les matières de chacjue j^roupe de façon à 
donner à chacune même poids, ou à peu près, et mcmc difliculté. 
Dans le groupe des sciences juridiques, au premier examen, le droit 
romain avec une interrogation sur les pandectes et lliistoire du droit 
français. Au deuxième, deux parties du droit civil ciioisics pai- 
le candidat : option entre le droit criminel et le droit administialil". 
juridictions et contentieux. Dans le groupe des sciences poli- 
ti(jues et économi([ues, au premier examen, Thistoii'e du droit puhh'c 
iVançais ; les principes du droit puhlic et le droit constitutionnel 
comparé ; au choix du candidat, le droil administratif ou le droit 
international puhlic. Au second examen, l'économie polit i(jue et 
riiistoire des doctrines économiques ; la législation hancaise des 
finances et la science financière : enliii au choix du candidat, la 
législation et l'économie rurales, la législation et It-conomie intliis- 
trielles, la It'gislatioii et r»''Conomie coloniales. On le voit, ce sont 
hien là des groupements homogènes, et des disciplines n'gies par 
des méthodes propres. 

Le sujet de la thèse est choisi pai* le candidat, suiv;uil la inenlion 
(ju'il désire, soit dans les sciences juiidicjues. soit dans les sciences 
politicjues ou dans les sciences économi(|ues. 

Pour èti'e corn[)let, mentionnons le rcr////VY// do rupucitr ru dmif 
C'est ini lilre d hllat, de degri' (dc'menlaii-e, pour let[uel le h.K'calau- 
r(''at de renseignement secondaire nCsl [tas re(|uis A delaut Ai' la 
licence, il (»sl e.\!i:t'' des notaii'cs el des axoui'S Ijnnt»' pcndani très 
lonuleinps à une anni'c d ('Unies, il en conipoi'le deux mainlenani 
a\ec deux examens : au preinuM", les elfUienN «lu <Ir»til ci\il. les 



68 i;l;.m vi;usiTi; di: I'aius 

l'Irint'iilN (lu flioil criiiiim'l. les «'"ItMiinils du dioil juildic ri adniiiiis- 
tralil'; au second : la suite des (di-iiicids du di-oil ciNil. les j'd(''iii('iils 
(le la procédure ciNih', cl iinr inalii'i'c à oplioii. 

On a \ Il (|ur lilx'rh' a\ail r\v doniit'c aux iiiiiNcrsités de créei' et 




Hem; Mkxakd. — La vie pastorale. 



d'organiser des litres d'ordre scientilique, répondant à des études 
particulières, sans droits, sans pri\ ilèg-es d'État. Quand l'Université 
de Paris, usant de cette liberté, institua son doctorat, à Fin verse 
des autres facultés, la Faculté de Droit n'a pas demandé qu'il s'étendît 
à elle. Il n'y a donc pas de doctorat de ICniversité de Paris avec 
mon! ion droU. Mais la Faculté de Droit a demandé et obtenu la créa- 



LA FACULTÉ DE DROIT 69 

tion de titres répondant à cei-taines de ses études. D'al)or<l un certi- 
ficat d'études pénales. Il comporte des études approfondies sur le 
droit criminel français et étrang^er, sur la médecine léjrale, sur les 
systèmes pénitenciaires français et étrangers. L'enseif^nement est 




Ri:nk Mii.\ARi>. — La vie i)asl()ial(' 



donné' par des [)i'ofcss('ui"s de la raciilh'. des niauisli'als. des admi- 
nistralcurs cl un aiiréiié de la raciilU' Av Mt-ilccinc. Toul réccinnu'iil 
un certificat d^ études (iitminisfratirc^. Le l»u( de (•clic créai inn est 
de dii'ij^'ci' cl Ak^ coniph'lcr 1 insliiiction inridi(|ur, adniinistralive, 
économiijnc cl linanciér»* des jeunes i^cn^ (|iii se dcslinenl aux car- 
rières adininisiralivrs. L'cnsciuin'incnl coui prend des leçons spéciales. 



70 L'UM \ i:i{si ri; di. pauis 

des coiilV'roncos, des excrcicrs jtial i(|ii<'s. oraux «•( rciils, sur le droit 
conslitulioniH'I cl adimuistral il', sur la scicuce cl la Iciiislalion linau- 
l'irres. sur rrconoinie iioliliiiu»'. la C()nii)tal)iliU' i»ul)li(jue et Tcnre- 
Lrislu'incnl 11 csl (lirii:('' j>ai- des professeurs de la faculté et j>ai- 
des iMTsoiines élranuères à la faculté olfianl des garanties spéciales 
de l'ouijM'lriicc 

(^n voit pai- rr (|ui j)réccde, comnicnt s'échelonnent et se liroupcnl 
les éludes de la faculté. d(^puis les éléments jusqu'aux rechercluîs 
scienlilicjues. Les éludiants en droit, capacitaires, licenciés, doc- 
leui-s, sont léiiion. près de 8.000 en 1908. On se demande ce qui 
adviendrait si tous venaient s'asseoir sur les bancs de la faculté, 
pour entendre ses cours. Les agrandissements d'il y a vingt ans n'y 
suflii'aient i)as ; il faudrait construire une faculté nouvelle, ti*ois ou 
«juatre fois plus grande; il faudrait tripler, quadrupler le nombre des 
chaires. En fait, cette nécessité ne semble pas prochaine. Nombre 
d'étudiants (|ui exercent des fonctions publiques, surnuméraires 
d'enregistrement, employés d'administration, sont de ce fait dis- 
pensés d'assiduité. D'autres s'en dispensent d'eux-mêmes^ profitant 
de l'impossibilité oii sont les professeurs de faire procéder à des 
appels. Ceux-là étudient dans des livres, dans des cahiers rédigés 
d après les cours des professeurs, détestable méthode renou- 
velée de la vieille faculté. Il en résulte que la faculté fait subir 
des e.xamens à nombje d'étudiants quelle n'a pas formés, et 
« baille, comme autrefois, des lettres de licence » à des candi- 
dats (ju'elle ne voit qu'une fois l'an, au jour de l'examen. Avec 
une t. lie légion d'étudiants, ce mal est inévitable. Mais le nombre 
des étudiants vrais, des étudiants laborieux, suivant les cours 
assidûment, est encore considérable. Chaque jour la vaste biblio- 
tlH'(|ue de la faculté est ])leine du matin au soir; chaque jour, 
amphitiiéàtres et salles de cours sont icniplis à éclater. J)'où ])Our 
les professeurs liuipossibilité d'entrer en i'ap})Oi-t avec cha(|ue 



LA FACULTi: D !•: DROIT 71 

étudiant en particulier, et la nécessité de s'adresser à tous du haut 
des chaires. 

Or ce' n'est pas là la meilleure façon de former les esprits. La 
vraie discipline de Tenseig^nement supérieur est le compa^munnaiie 
du maître et de l'élève. Elle est impossible à la Faculté de J)roit 
au degré licence. Elle le devient heureusement au degré dodorat. 
A ce degré, une sélection s'est faite, il ne reste qu'une élite moins 
nombreuse. Pour cette élite, l'enseignement devient plus ésotérique ; 
le maître connaît ses apprentis; il les dirige ; il les inspirr' ; il suit 
leur effort personnel, et déjà de cette collaboration sont sortis des 
travaux collectifs, œuvre commune des maîtres et des étu<liants. 
Depuis quelques années, cette faron de travailler en comnmn, (jui 
est la bonne et féconde façon, se g"énéralise. Il s'est formé pour des 
équipes distinctes, des séminaires Aq droit romain, de droit pénal, de 
droit public, d'économie sociale, de droit international, de droit 
civil. Au-dessus de la rumeur des grands cours publics de licence, 
ouverts à tous, ce sont les alvéoles discrètes où s'accomplit le bon 
travail de la recherche scient ilique. 



QUATRlKMi: PARTIE 

T. A FACULTÉ DES SCIEXCKS 



I 

Historique. 



La Facultt' des Sciences n'a aucune attache liistorique avec la 
vieille l iiiversité de Paris. Celle-ci ignorait renseignement supérieur 
(les sciences. Tous les savants qui ont illustré la fin du xviii^ siècle 
se sont formés en dehors d'elle, le plus souvent par leur propre 
effort. Klle se contentait d'enseigner, dans la classe supérieure delà 
Faculté des Arts, les éléments des mathématiques et de la physique. 
Tout autres furent les conceptions de la Révolution sur le rôle 
des sciences dans l'enseignement national. Les comités d'instruc- 
tion pul)li(}ue des assemhlées révolutionnaires conçurent, pour la 
culture des sciences, de vastes établissements, où elles auraient été 
toutes enseignées, avec leurs applications. Ces grands projets, ceux 
de Talleyrand et de Gondorcet, ne furent pas réalisés. On se con- 
tenta de transformer en Muséum, pour les sciences naturelles, l'an- 
cien Jardin du Roi, et de créer l'École Polytechnique pour la forma- 
tion des Ingénieurs militaires. L'École Normale, instituée vers la 
même époque pour former des professeurs, reçut des élèves desti- 
nés à renseignement des sciences. Mais, comme on le verra plus 
tard, en sa première forme, elle n'eut qu'une durée éphémère. 
Une loi du3 brumaire, anIV, 25 octobre 1795, créa les Écoles Gen- 



LA FACULTK DES SCIENCES 73 

traies, destinées, elles aussi, à disparaître prompteinent. Elles avaient 
deux sections, l'une littéraire, l'autre scientifique ; mais l'une et 
l'autre étaient du deg"ré secondaire etnou du degré supérieur, puis- 
qu'on y enseignait seulement les éléments des mathématiques, de la 
physique et de la chimie expérimentales. Au degré supérieur, la 
même loi prévoyait des écoles spéciales pour raslronoinic, pour la 
géométrie et la mécanique et pour les sciences naturelles. Elles ne 
furent pas organisées, faute de ressources. Du reste, (juel(|ues 
années plus tard, une fois venu le Consulat, une loi nouvelle, celle 
du II floréal an X, 1^'" mai 1802, modifia profondément l'organisation 
générale de l'instruction publique. 

Les Écoles Centrales, qui n'avaient que médiocrement réussi, 
disparaissaient. Elles étaient remplacées par les lycées, cahjués, à 
part les modifications devenues nécessaires, sur les collèges de 
l'ancien régime. Pour « l'étude complète et approfondie ainsi (jue 
le perfectionnement des sciences et des arts utiles », cest-à-diri'. 
pour l'enseignement supérieur, on restait fidèle à la couception des 
Ecoles spéciales, affectées chacune à une science déterminée, com- 
partiments distincts sans comnmnications. Un [jrévoyait quatie de 
ces Ecoles spéciales pour l'histoire naturelle, la physi(jue et la chi- 
mie, deux pour les arts mécani(jues et cliiiuiques, et une [)()ur h's 
mathémati(jues transcendantes. Comme celles de la loi de 1 an l\ , 
elles restèrent projets sur le papier. 

Il faut arrivera 1806 et à iSllS, [)Our voir a[)para[li(' les pi-einiei's 
linéaments de la Eacultt' des Sciences. A ces dates, Napc)léon 1 "' 
instituaitet organisait, sous le nom d rni\ersilé impériale, a\i'c un 
Grand Maître pour chef, une soile de corpoiation laïque, chargée 
seule (le distrihuei", sur toute la suilace de l'Empire, un enseigne- 
ment uniforme. Coinuie ('lahlissements, elle comprenail, pour l en- 
seignement secoiulaii-e, des Kcées et des colK'ges, [»our l enseigne- 
ment supt'rieur. des facultés chargéi^s de conftM'er, au \\o\\\ de l'I'Jat. 



74 L I M vi:k>iti; I)i; p. mus 

les gradi'S (Jt'sorinais rrcjuis pour cciiaiiH's fondions j)ul)li(|U('s cl 
pour ToxorricM» de cnlaiiu^s jnoFcssions. jtar t'xeinplc, poui* le har- 
roau cl |)our la iiu'drc'ine. On iclil des Facultés de Thcologic, des 




Cour de la physiologie. 



facultés de Droit et des Facultés de Médecine. Mais, pour les sciences 
et les lettres, on ne se contenta pas, comme sous la vieille Univer- 
sité, des classes supérieures des établissements secondaires, rhéto- 
rique et philosophie. On créa des facultés spéciales, celles des 



LA FACULTK DES SCIENCES 75 

sciences et celles des lettres. Parallèlement, on ci'éait des grades 
en sciences et des grades en lettres, baccalauréat, licence et doc- 
torat, qui n'avaient pas existé sous l'ancien régime. 

A vrai dire, les facultés nouvelles des sciences et des lettres 
étaient plutôt des corps d'examinateurs, chargés de conférer ces 
grades, que des corps enseignants. La façon dont on les composa 
en est une preuve. Ainsi la Faculté des Sciences de Paris n'eut pas 
tout dabord de professeurs en propre. Elle était formée pai- la réu- 
nion de deux professeurs du Collège de France, de deux professeurs 
du Muséum d'histoire naturelle, de deux professeurs de l'École Poly- 
technique et de deux professeurs de mathémati(jues des lycées. 
En des sessions régulières d'examens, ces professeurs examinateurs 
conféraient le baccalauréat es sciences aux bacheliers es lettres (jui 
répondaient sur l'arithmétique, la géométrie, la trigonométrie recli- 
ligne et ses applications à la géométrie; la licence es sciences, aux 
bacheliers qui répondaient sur la statique et sur le calcul diilV'- 
rentiel et intégral; enfin le doctorat es sciences au.x licenciés (jiii 
avaient composé deux thèses soit sur la mécanique et l'astronomie, 
soit sur la physique et la chimie, soit sur une des trois parties de 
l'histoire naturelle et qui les soutenaient devant toute la faculté 
solennellement réunie, le recteur présidant. 

Entre les sessions d'examens, ces professeurs faisaient «h's cours 
publics sur le calcul dillV'i'enliel et iuh'gral, sur raslioiiomie. sur 
la phvsique théoi'i(}ue et expérinieiilale, sui* la cliiiiiie. sur la miné- 
ralogie et la géologie, sur la botanicjue el la |)h\ si(|ue xégélale. la 
zoologie et la physiologie, cours au.\(piels dexaieul siiiscriie les 
candidats h la licence. 

T(ds lurent les modestes e()ninieii('einenl> de la l'aculli' des 
Sciences. A l'origine, elle n'asail même [»as un local (|ui lui >ien. 
Elle (Miseignail dans le \ieu\ (lollf'ge du IMessis. vnisiinle Loui>-le- 
(irand. ("/est seulement en ISlM (|uuiie i»ai'lie de lancienne Sur 



7**. I/INI VKMSlTi: l)i: l'AHlS 

l»oimi'. (Ml 1.1 Ki'Noliilion avait lou»'» des artistes, lui lut assif^néo 
«'omiiH' sii'^t' cl K'^idciicc. IJIc s \ installa inrMliocrenicnt, à Téli'oil, 
en des locaux tiiii ne it'iioiidaicnt pas à sa destination, et elle y vécut 
lie loniiues années, inaïKjuan! du nécessaire, sans laboratoires, sans 
instruments de lia\ail. nialiiii' tout brillant de l'éclat de professeurs 
illustres. Parmi ses j)i'eniieis maiti'es, ceux de l'orif^ine, je relève 




Cour de la pliysi(|ue. 



les noms de liiot, de Gay-Lussac, de Tbénard et de GeoUroy-Saint- 
Hilaire. Elle sentait ses insuffisances ; elle sentait aussi qu'il pou- 
vait èti'e fait Fueilleur et plus utile emploi de son activité. Le plus 
intéressant document à ce sujet est un rapport de son doyen Tlié- 
naid. sous le Gouvernement de Juillet. C'est à la fois un constat de 
situation et un pro^^ramme d'avenir. Le constat est lamentable. Les 
anipbithéàtres de cours sont insuffisants ; l'enseignement y est trou- 
blé par les bruits de la rue : aucun n'est assorti des organes indis- 
pensables il l'enseignement des sciences expérimentales. Elle n'a 



LA FAGULÏi: DES SCIENCES 77 

pas de laboratoires pour ses professeurs ; elle n'en a pas pour ses 
élèves : elle n'a pas de bibliothèque scientifique, ses collections sont 
incomplètes ou nulles : ses chaires sont loin de répondre par le 
nombre et la variété à l'état des sciences; ses professeurs de sciences 
expérimentales n'ont pas les auxiliaires sans lesquels un travail 
fructueux est impossible. Aussi leur activité semble-t-elle limitée 
aux cours publics. Or tel n'est pas l'uniciue rôle ni même le rôle 
principal de la Faculté des Sciences de Paris. Si eUe répand dans h' 
public la connaissance des sciences exactes par des coui's auxquels 
tout le monde peut être admis, sa vraie raison d'être est de former 
la jeunesse aux épreuves delà licence es sciences, de l'aurégation et 
du doctorales sciences. Mais elle ne saurait v prétendre tant ([ufllr 
n'aura pas d'autres locaux, plus de professeurs, des auxih'aircs à 
ces professeurs, des laboratoires, des collections, des cri'dits puui- 
l'entretien de ces collections et la vie de ces laboratoires. 

Il fallut attendre, juscju'à la lin du second Empire, la venue diiii 
ministre novateur et entreprenant, Victoi- Duruy, [)oiir que queb|ue 
intérêt lut témoii^né à la Faculté des Sciences. l*ar lui les plus 
importantes des chaires d'ordre expérimental furenl un peu mieux 
dotées sur les crédits de l'Ecole des llautesEludes. Par lui encore 
en attendant laiirandissement de la Sorboinie, toujours jjromis, tou- 
jours retardé, dans les couis inli'rieures, «Uroites, bumides, sur- 
plombées par les vieilles maisons de la rue Sainl-Jac(|ues. il lut 
aménagé, en des b;u'a({uements provisoires, des laboratoires de 
physique et de chimie. Quelques élèves puicut \ trou\er place à 
côté des professeurs. Ce furenl les premiei-s ateliers de l";i[q)renlis- 
sage scientifique à la vieille Sorbonne. 

Avec la troisième Répul)li(jue, en quel(jiu's aniu-es, la transfor- 
mation allait de\enir conndt'le. 



LL'NIVKUSlïi: b]L PARIS 



il 



La faculté nouvelle. 



L;i l'aciilh- (les ScitMices a son sirij^e principal dans la nouvelle 
Sorhoniif. Là, dans un lonu hiiliincul, parallMe à la cour «riionneui* 
cl à la Uil>liolht'(|uc <lc rTniversité, en façade sur la rue Saint-Jac- 




Le four électri([ue. 

(jucs, puis, «lans un massif rectangulaire ({ui couvre toute la sur- 
face comprise enlre l'Eglise de la Sorbonne, la rue Victor Cousin, 
la rue (Jujas et la rue Saint-Jacques, elle a ses principaux services : 
les mallu''mali(jues, la pliysi(jue, la chimie, la zoologie, la botanique, 
la géologie, la gcograpbie physique, la minéralogie et la physio- 
logie. Tout en les groupant, l'art de rarchitecte a su donner à cha- 
<un un agencement et une physionomie propres. Ce sont, réunis et 
adossés, autant d'ateliers distincts, aménagés chacun en vue de sa 
destination personnelle. Les locaux de la physique avec leur puis- 



LA FACULTÉ DES SCIENCES 79 

sant outillage de machines ne ressemblent pas à ceux de la hota- 
ni(|ue. La machinerie des physiciens fonctionne au niveau du sol 
Les terrasses, les serres, les jardins suspendus des botanistes sont 
en plein air, au niveau du chevet de l'Église. 

Tels ont été les développements de la Facultr', (|u"à [)«*ine <'oii- 
struite, elle s'est trouvée insuffisante pour le nombre sans cesse crois- 




Aiiipliilhéàti'e de cliiuiio. 



sant de ses chaires et de ses étudiants. Ouand hi \'ill(' de l'aiis rul 
créé en i88() une chaire {{'Evolution des rirrs orf/a/iisrs, on ne dis- 
posait plus à la nouvelle Sorhoniu' diiii iiit'lre ciwir poui- la rece- 
voir. Il fallu! doue l'installci' liois de la Sorbonnc. lur d'I lin. dans 
le local où l'arciiilecte Soufllot a\ail son alelici- (juand il conshiii- 
sait le Pantbéoii. Klle v est encore L(»rs(|ne, (inin/.e ans plus laid, 
sur riinLiali\ (* de M. l)en\s Cochin. tl(''|»ult'', le^ CJianilti'es iM-t'iMcnl 
à la faculté un enseignement lli('()ri(|ue el prali(|ue poui' la chimie 
appli(|n('e, il lalliil ile même lin-^laller dan«^ un bara«|uemenl. 



80 i/univi;h>itk in: paims 

liriii('iiN«'iiiriil i'orl i«'sisl;ml. à l'aiiL:!!' <!(' IAnciuic de 1 Uhscr- 
valoiiM' rt lie la rue .Miclicicl. où ."M. Ni'iiol avait ahrih' les soi'- 
vices tlf cliimic jifiidaiil la coiisIriKiion de la iiouNcilt' Sorljonno. 
Il \ t'>t ciicoi'c. Ldixiiic plus i-('C('m!iiriil 1rs ("Jiaiiibres créèrent, 
jutur I illiislic cl rcuiclh' (luric. la cliaiic de j)li\si(jU(' générale 
(|u (HTiipc aiijoiii'd liui >a xcuxc. il fallut 1 iiislallcr pi-ovisoii'cinciit. 




Amphithéâtre de géologie. 



iiors d«' la Sorbonne, dans une annexe de la Faculté. Elle y est 
encore. 

La portion de la nouvelle Sorbonne, allectée à la Faculté des 
Sciences, est donc, depuis longtemps déjà, insuffisante. L'agrandir 
étant impossible, force était donc d'émigrer en pai'tie et de con- 
struire ailleurs les annexes indispensables. Cette nécessité apparut 
impérieuse lorsque fut créé l'enseignement préparatoire des sciences 
physiques, chimiques et naturelles. Destiné essentiellement aux 
Il ••ludiants en médecine, cet enseignement devait, à Paris, 



LA FACULTÉ DES SCIENCES 81 

être suivi par plus de quatre cents étudiants. Astreints à des tra- 
vaux pratiques quotidiens, il leur fallait d'immenses laboratoires. 
Ceux de la Sorbonne, dailleurs occupés déjà par d'autres catéirories 
d étudiants, ne pouvaient recevoir ces nouvelles et nombreuses 
recrues. Pour elles, on construisit, aux frais de l'Université, sur un 
terrain domanial situé rue Guvier. en face du Jardin (h's Plantes, un 




Aii4)liilliéàtn' do physique. 

immense atelier scientilique où louspeuveiU trouver place aux tables 
^lexpérience ou d'obseivalion. 

(yest un parti sembhil)lc (ju'il a fallu adopter poni' donner (|U»d- 
(|ue aisance et qu(d(jne jeu aux sei\ ices instalb's dans la nou\elle 
Sorbonne. ( In a \ii an prenne i' \(dnine (|ue 1 l ni\ ci'site de Païas a\ ait 
r('ceninnMit aclietc', avec le conconis de l'I^lat et de la \ ille, un \ asle 
tei'rain de dix-nenl niille nietres. entfe la rne Saint-.laccjues e( la ru«* 
<1 Llm. C Csl sa icsei'NC poni* les besoins de l'axcnn' l'ille coiniiienci' 
|>ai' \ construire, en ce nionu'nl niènic. sni" neuf niille inJ'lres de 



ga i;iM VKRsii i: in: i»aius 

surfac»'. im vash» Inslilul de clHiiiir. loni:- do \ï'2 iiiMi'os. Là vont 
IroiivtT \)\dcv It's li-()is scrvirt's dr cliimit'. acliii'llciiicnl log'és à 
rt'lroil clans la Sorbonne, et lo sorvicc <lo la chiiiiit' appliciuée qui 
♦Houll'c, en juM-il (riiic('iitli(M'l .rriroinlrrnKMil, dans les baraquements 
dr la rut' Micludcl. ('.»' sci-a le j)i«'ini('r édiiice de la nouvelle cité 
,s.i»Mililiiiiie de n'iiixci sih' de Paris. Il serait à souhaiter que bien- 
tôt, sur un coin des teriains libres, s'élevât un laboratoire spécial 
pour rt'lude des substances radioactives et un laboratoire de méca- 
nique appli(|uée. Par le dépai'l de la chimie, se trouveront a^a-andis, 
dans la nouvelle Sorbonne, les espaces affectés à la physi(|ue et aux 
sciences naturelles. La chaire de chimie biologique a son siège et ses 
laboratoires à l'Institut Pasteur, rue Dutot. 

Outre ces annexes parisiens, la Faculté des Sciences a des annexes 
en province : trois laboratoires de zoologie marine, à Roscoff (Finis- 
tère), à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), et à VVimereux (Pas- 
de-Calais), et un laboratoire de physiologie végétale, à Torée de la 
lorèt de Fontainebleau. 

Hoscoir et Banyuls sont dus à l'initiative entreprenante du pro- 
fesseur Henri de Lacaze-Duthiers. Ses études Favaient conduit à 
plonger dans les fonds de la mer et à courir sur les grèves pour y 
récoller des animaux marins. Il estima que le laboratoire devait être 
voisin des lieux (h' récolte. Il aménagea d'abord Roscoff, pour la 
faune de la Manche, puis Banyuls, pour celle de la Méditerranée. 
En ce temps-là, les crédits étaient rares. Il se fit frère quêteur de la 
science, et réussit à réunir les ressources nécessaires. Il a voulu 
être enterré dans le roc qui domine sa belle création de Banyuls. 
Depuis sa mort, les deux laboratoires n'ont cessé de se développer. 
Celui de Roscoff en particulier est aujourd'hui parfait, grâce aux 
efforts de son directeur, le professeur Yves Delage : un vaste vivier 
où Teau de mer entre à chaque marée, un aquarium oii vivent à l'aise 
.1 ux en expérience, une collection classée de la faune marine 



LA FACCLTÉ DES SCIENCES 83 

et tei-j'cstre de la région, de largues et claires stalles de travail, munies 
des instruments et réactifs nécessaires aux recherches, où circulent 
Teau de mer et la force electri(|ue, et, dans le petit port de Roscoff, 
pour la récolt(î des animaux, un hateau à vapc'ur, don du prince 
Roland Bonaparte. La station maritime de Roscolf est fort connue des 
savants étrang^ers. Chaque année, ils y viennent en irrand nomhre. 




l'h..l.. N. ., 



Aiiipliillit'dlre Caucliy. 



Le laboratoire de Wimereux est du à l'inilialivc de M. le profess^nir 
(liard et à la générosité de AI. Loncjuétv. De consli iiclion élégante, 
parfaitement outillé, il est malheureusement a au p(''i'il de la mer ». 
(jui, cha([ue année, rongeant hi dune où il s'éK've, s'appi'ot'lie dav.iii- 
tag'e de ses assises et les menace. 

Le laboi'atoire (h* l'oiitaimdth'au esl l'ieuvie du pi'olosseui' liabioii 
Bonnier. h]|;ihh' (h' fat-oii conforlahle à la lisU'i'" de la foi-è'. il est 
un champ di'ludes \){){iv les e.\j>éi'iences de physioloj^ie végétal»* qui 
nepeuNt'iil se poul■^ali\l•e à rinl(''iieui' <1 un lalxu'aloii'e uihain. 



84 



L iM vi;i{sii i: i)i: i-aris 



III 

L'organisation de la faculté. 

Kit'ii <!(' jiailiciilit'i- à diic siii roiiianisalion iiitéi-ieure de la Faculté 
(1«'S Srieiicos. l'^llc csl s('inl)Ial)l(' à celle de la l'^icullé de AFédecino : 




Laboratoire de physique. 

personnalité eivile ; pouvoirs délibérants, l'assemblée et le conseil ; 
pouvoir exécutif, le doyen. Pour son personnel, la Faculté des 
Sciences recjoit de l'État 1)42.000 francs, de la VilJe de Paris, 
14.000 francs, chaire de l'Évolution des êtres organisés ; de TUniver- 
sité 51.500 francs, chaires d'histologie, de physique générale, cours 
de cliimie appliquée, divers emplois de chefs des travaux et de pré- 
parateurs. Pour ses dépenses de matériel, elle touche de l'État 



LA FACULTÉ DES SCIENCES 85 

I60.OOO francs et de r[rnivei'sité 364.000 francs, aiïectés aux frais 
(le cours et de laboratoires, aux travaux pratiques des «'tudiants, à 
l'entretien et ;i raccroissenient des collections. 

La première affiche de la faculté date de 1811. (i'ost un tout priit 
papier, haut de trente centiniètn^s, lariie de vingt-cinq. Elit' puitc 
onze noms. Les enseignements (ju'elle annonce sont au nomi>r»* de 
dix, astronomie, calcul différentiel et intég-ral, mécanique, ali:»'hrp 
supérieure, physique, chimie, minéralogie, géologie, hotanicjuc d 
physique végétale, zoologie et physiologie. L'afliclie actuelle couvre 
une surface de près d un mètre carré ; elle porte, pour les deux 
semestres de Tannée scolaire, les noms de soixante professeurs, 
savoir trente professeurs titulaires et trente chargés de cours et 
maîtres de conférences, secondés dans leurs travaux pai' (juatie- 
vingt-six directeurs de laboratoire, chefs de travaux el pré[)ara- 
teurs. Elle réunit en trois groupes les enseigUiMuents suivants, 
à certains desquels sont attaciiés simultanément plusieurs profes- 
seurs, chargés de cours et maîtres de conférences. 

G H U 1» K I) K s s ( ; IF-: X C K s .M A I' 1 1 l': M \ V I n U K S 

MalliiMiiiilifiues générales. Calriil (lillV'ronticI c[ inlégral. 

-Mécanique l'alionnclle. .Mécaiiiiiue plivsiiiiio el exi><''i-iiiitM»l;ile. 

Analyse supérieure. (iéoniélrie su[iérieure. 

Astronomie. Piivsique malliénialiiiue. 
Mécanique céleste. 

Guoui'L ui:s scii:x(:i:s ru vsic.d-lhi .m lo l: i:s 

Plivsi(|ue. Chimie oruaniciue. 

Cliimie minérale. Gliimie hiolouiqut». 

Chimie plivsitiue. Cliimie applicjuée. 

Chimie analytique. Miiit'rMldiiie. 
Cliimie générale. 

(;ii(»ii'i: i)i:s se i knc r. s na i r lu: i. i.ks 

l!uil»rvol(>uie ut'MK'rahv .Vu.ilouiit' compirét». 

niologie uénérale. l»o(auique. 

Hi>l()lt)L:ic. Tcral<)|o::i(V 



86 LIM VEHSITK Di: l'A |{ I S 

l*alôoi:ra|ilii(V IMivsiolduif vt'-^rliile. 

Kvoliilion «lo> «Ires oriianisés. nolaniiiiii' roloniale. 

Phvsioloiîie jîônrral»'. (li'olo;:!»'. 

Zooloirio. Palconlolouic. 

A CCS cnscii:iiciiicnl> Sdiil ;imic\(''s (|ii;iianlc-lruis laljoialoires, les 
uns (l'cnsciuncinciil. les autres de l'ccherches. 

l/«''tal pit-scnl c()iii|iar(' à celui de I (S 1 1 sufiil à monli'ei' tout le 
pro^irès ri'alist'. et à nianilester Fauipleur scieiilili(|ne de la l*'acult(' 
des Scit'nccs. Uien de ce (|ui est ol)jel de science ne lui est étranger. 



IV 

Les Études. 

Quelle V est récononiie des éludes ? A Toriuine, son enseigne- 
menl s'adressait seulement aux candidats à la licence, et en ce 
temps, seuls les futurs professeurs, se préparaient à ce grade. Long- 
teni])s il en fut ainsi. Aujourd'hui, sur 2.000 étudiants de la Faculté, 
cent ou cent cin(juante a peine se destinent aux fonctions ensei- 
gnantes. Les autres sont de futurs médecins, de futurs industriels, 
ou des jeunes hommes qui s'adonnent aux tiavaux de la science 
d'une façon désintéressée. La faculté a donc cessé d'être exclusive- 
ment une école préparatoire au professoiat <les sciences : son acti- 
vité scientili(jue et sociale s'en est sinj^ulièrement élargie. 

Par suite des hesoins nouveaux auxquels il lui a fallu satisfaire, 
une vraie révolution s'est accomplie dans l'organisation de son 
enseignemeni : <dle s'est faite suivant des règles si simples, que 
désoi-mais il lui suflira de simples retouches pour s'adapter aux 
besoins nouveaux (ju'eng-endreront et le progrès des sciences, et 
le nombre ci'oissant de leurs applications aux choses de la pra- 
tique et de la vie. 

Dans ces études, il y a lieu de distinguer plusieurs degrés. Tout 



LA FACULÏK DES SCIENCES 87 

d'abord, un enseignement d'initiation. Pour les mathématicjues, ce 
qu'il est indispensable aux pbysiciens et aux cbimistes desavoir en 
géométrie analytique, en calcul différentiel et en mécani({ue pour 
aborder avec compétence leurs études propres, ce sont les matlu'- 
matliiques générales. Parallèlement, un enseignement préparatoire 




Salle do travaux pialiciues. — Lal)oiat</iro elo chiiuio IViolo^'itiue. 



des sciences pbysiques, ('lnini([ues cl naturelles, inleriuédiiiiie entre 
ce (|ui peut s'apprendre de ces sciences au lycée, el renseignement 
supérieur de ces niéuics sciences (|ui ne connucni'c \ rainiml (|U a 
la licence. Institué en 189i jiour les fulurs nuWb'cins. cet enseigne- 
meiiL (|ue les éludiaiils ont app«dt' l*. C N , abi't'N ialion de v» sciences 
pbvsicjues, chiniiiiues el naluiidles » est utile aussi à beaucoup «I au- 
tres ("ludianls. Il esl en ellel uiu' encxclojx'die tdt'inenlaire de ces 



8S L'UMVI.IJSlTi: I)i: l'A IMS 

st'iriKM'S. (ju';i\aiil de se spi'cialisci-. il es! hoii t\i' iiossi'dcr. Curie 
nie .li-;iil un jinii' «[u'il rc^rcllail sixciiiciil (lUc de son U'inps, pareil 
enseiiiin'iiK'n! nfùl juis (vxish'. Le IV C. N., ]>()iir l'appc^M- pai- son 
nom lircl' cl |u)|iiilaii't', iliiif une aiiiit-c. Il est à la lois lhéori(jue vA 
|.rali(lih' Le matin, les ('ludiaiils cnlcndciil des lirons : raj)rès-midi, 




Une salle de Liuvaux pralii|ues de botai)i(jue. 



trois lieures cluKjue jour, dans de vastes laboratoires, ils sont initiés 
aux ex|)«'riences les plus simples de la pliysi({ue, aux opérations de 
la cliiuiie, à la disseclion des animaux et des végétaux, au nianie- 
nienl du microscope, à la détei'mination des plantes, toutes choses 
(jui sont, apivs les leçons des maîtres, leçons de réalité et premier 
apprentissage du métier et de la technique de la science. 

Au second degré, la hcence. Avec elle, commencent vraiment les 
études supérieures. Naguère, il y avait trois licences, faites exclusi- 



LX FAGULTK DES SCIENCi:S 89 

veniofit pour les professeurs, la licence es sci«'nces inatlK'nialifjues : 
calcul différentiel et intégral, mécanifjue rationnelle, astronomie: la 
licence es sciences physiques : pliysi([ue, chimie, minéralojzie, et 
la licence es sciences naturelles : zoologie, holani(|ue et <iéolog"ie. 
Lorsqu'on voulut acci'oitre l'activité des facultés des sciences, 
agrandir leur champ d'action et leur attirer d'autres étudiants ([ue 
les futurs répétiteurs et professeurs, par une idée féconde, on dislo- 
({ua la licence. On autorisa les facultés à délixrer des cerlilical., 
d études supérieures correspondant aux enseignements (lonn«'S par 
elles, et on décida que, sur la produclion de trois certificals, piis 
soit dans la même faculté, soit dans deux ou trois facultés dilféreides, 
les étudiants recevraient le grade de licencié. 

Jamais changement n'eut meilleurs résultats. Au lieu ([iie leiii- 
choix fût limité à trois groupes strictement déterminés, les étudiants 
se trouvaient lihres de grouj)er leui'S éludes et de constituer leiii- 
licence suivant leurs aptitudes et leurs hesoins. La l^u ultt' (h • 
Sciences de Paris délivj-e à Iheui'e j)résente les certilicals suivants : 

.M;illiriiiali([iies générales. Miin'i-aloirie. 

Calcul dilléreiitiol et calcul iiilé;:ral. (.liiinie l)ioloi:i(|ue. 

Méeani(iiie rationnelle. Zonlouie. 

A.strononiie. iJolaniqiie. 

Analyse supérieure. CiéoloLiie. 

Géométrie supérieure. l'hvsiolotiie uéncrale. 

Mécanique céleste. (iéoirraphie phvsique. 

Pliysicjue niathémati(|ue. I.nihrvoloirie liénérale. 

-Mécanique plivsique et ex|)éi-inieulale. Chimie supérieure. 

lMivsi((ue générale. Chimie ap|tliquée. 

Chiuiie générale. lii>lolouic. 

Entre ces nomhreuses disci[)lini's. l'(''tihli;iiil. lil>ieineiit. en rlioisil 
trois, suivant ses goûts, suivant ses vues d ;i\ enir : lelulur pi'olc-- 
seur (le mathémati(|ues choisira |»;ir exeuiiile le caliMil dilh'i'enli»'!. la 
iu<''('ani(iue et l'asti-oiioiuie ; le tulur éleet ricicti choisii-a les inalhe- 
niatiijues géiu'rales, la pli\si(jue géiu-rule et telle autre hranclie 
des sciences phvsi(|ues à son gr«'' ; le futui- chiunsie, la chinne gtue- 



i»o LiM\ i;i;siTi; i»i: paiiis 

ralt', la |ili\>itjin' cl la cliiiiii»' a|i|ili(|ii('('. rie. Aulaiil dt' coinlunai- 
sniis |>o>>lltIrs (jiic (le \ai'l('h''S dans 1rs \'()('al ions . 

Les l'ci'lilirals sonl ilclix rcs à la lin ilc l'aniu'c scolaire, apirs fies 
«'xainens (|ni coinpitMiin'iil iiiic ('■jhciinc ('ciile, des iiilerro^ations 
orales, el iiin' ('prciixc jdaliijnc lorl iiiiporlante. 

Au (roisiJ'ine dei:i-é, les liantes (Indes scieiililiques, les recherches 
iM-rsonncllfs. (|ni sont Niainicnl la lin de lenseignenienl supérieui'. 
La licence, liicn cjne d un nixcau »'le\('', n'esl en eflet (|ue rinitiation 
à la science laite, ce n'est pas encore liineslii^alioii originale : c'est, 
dans une discipline donni'e. une culture générale. Le degré supé- 
lieui' ne se iii-avil ([ue lentement, sauf Texception du génie, aj)rès 
une l(uiL:ue ri('(|uentati(tn des lahoratoires, après un compagnonnage 
assidu au})rès des maîtres. 11 a pour sanction le doctorat, doctorat 
d'Llat. (»u doctorat de TUniversité de Paris. Mais avant d'y atteindre, 
l'étudiant peut, s'il le veut, se présenter aux diplômes d'études 
supérieures, récemment institués pour les candidats aux agréga- 
tions scientiliijues des lycées, mais sans exclusion des autres 
étudiants. 

Inlerieurs au doctorat, ces diplômes sont déjà une preuve d'études 
personn«dles et de possession des méthodes. 11 yen a de trois sortes: 
les scieiu'es physiques, les sciences mathématiques, et les sciences 
naturelles. 

La nature des épreuves montre hien le caractère et le degré de ce 
titre. Pour les sciences mathématiques, composition d'un travail 
écril sur un sujet agréé par la faculté, recherches originales ou 
exposé soit d'un mémoire, soit d'un cours d'ordre supérieur ; interro- 
gation sur ce tiavail et sur des questions données trois mois au 
moins à lavance par la faculté et se rapportant à la même partie des 
mathématiques. Pour les sciences physiques : composition d'un tra- 
vail exposant les résultats des expériences faites par le candidat sur 
un sujet de physique, de chimie ou de minéralogie, choisi par lui 



LA FACL'LÏÉ DES SCIENCI::S 91 

et agréé par la faculté, j-echerclies originales, ou étude d'un nn-nioire 
avec reproduction et vérification des expériences, ou encore étude 
étendue sur une question de physique mathématiriur ; interrogation 
sur ce travail et sur des questions données au moins trois mois ;i 
l'avance et se rapportant à la même partie des sciences pli\ si(ju«'s. 




Collection de géolojiie. 



Pour les sciences naturelles : composition d'un tr;i\;iil ('\i»osanl 
les résidlals des expériences ou ohseisalions laites par le cainlidal 
sui" un sujet de i)l()logie, de plivsiologie g"én(''iale. de zoologie, de 
botanique ou de géologie, choisi pai' lui et agiét' par la t'aeulh'. 
Inlenogations sui" ce ti-a\ail et sur des (jueslions de sciences nalu- 
ridles donn('es pai- la lacullc'. 

[.e doctoi'at es sciences es! le gi'ade supi'ème de la taculte. Il t-sl 



•.»-2 



L'UNIVKRSlTi; l»i; l'A IMS 
OU «liHioral dl^lal. iTijuis pai- la l(»i [toiii- les lonclioiis de inorcssciir 
«lans les l"'acullt'S des ScitMKM's. ou dochual df II Jii\(M'sih'' de I*aris, 
inciiliiMi xicjici's, ne (MudV'iMnl aiicim droit d'ordre piihlic. hjilic les 
dt'ux. la dill(''i"t'ii('(' rt'sidc non dans la naliii'o ou le dcui'i'' des ('pi'cuN es, 
mais dans Ifs grades pi-i'alahlcs. P(un' se pi'éscnlcr au (loctorat d'Klat, 




Laboratoire d'histologie. Travaux prati([ues. 

il taut être licencié, avec certains groupes déterminés de certificats. 
Pour se présenter au doctorat de l'Université de Paris, mention 
sciences, il r,ullit de deux certificats d'études supérieures au choix 
• lu candidat, et, pour les étudiants étrangers, la faculté est libre 
<[ aduK'ttre des érjuivalences. 

Poui- le doctorat d'Etat, les épreuves consistent dans la composi- 
tion et la soutenance publique de thèses exposant les résultats de 
recherches personnelles sur des sujets de mathématiques, de sciences 



LA FACULTK DES SCIENCES 03 

physiques ou de sciences naturelles. A la soutenance s'ajoutent drs 
inlerrog-ations sur des questions indiquées par la faculté. De même, 
au doctorat d'Université, le candidat <loit jiroduirc en une tlii'se 
imprimée qu'il soutient pul)li({uenn'nt, le résultat de recherclies pj-r- 
sonnelles, et répondre à des interrogations sur des questions projio- 
sées par la faculté. 

On voit comment s'éclielonnent les études scienlili(ju«'s de la 
faculté. Elles s'élèvent de degré en dcgi-é juscjuaux sommets. Noin- 
hre de thèses de doctorat soutenues devant la Facult*' de Paris >(»nl 
des œuvres de premier ordre, qui ont réalisé un progri-s «lans la 
science. 

La science pure et désintéressée est et doit rester le souci ])rin- 
cipal et l'essentielle destination de la Faculté des Scirncrs de Paris. 
Elle ne s'interdit cependant i)as l'étude des applications. Ainsi, après 
un vote des Ghanihres dont il a été question plus hanl. elle a ciéé 
et organisé un enseignement de chimie applicjuée (|ui piospi're Les 
études y durent trois années consacrées dahoid à la chimie en gi-n»'- 
ral, puis aux ap})lications de cette science à l'industrie. L inslilulion 
est palionnée par un grou[te d'industriels. Les étudiants (jui satis- 
font aux épreuves de sortie reçoivent le di[)lùme \.{ tiKjrnirur c/tmus/c 
de r Université de Paris. Elle a inauguré de même voilà (lutdques 
années un enseignement de mécani(|ue a[q)liqu»''e . Mais elle ne 
pourra le développer complètement (jiie le joui-. espt''iH»iis le piot'Iiaiii. 
où soit avec les ressources de l'Unix i'i'sili', soit j>ar la lilu-ralite d un 
particulier, il lui sera [)ossil)le de con>tiuii(' el (lOuliller un iusiilut 
spécial. Va\ attendant. 'j:v[\rv à la liluMa lili' de deux pail iculiei-s, 
IM. Ileiu-v Deutsch de la Meurtlie^ el .M UaMi /ahai-(»ll. elle va avoir 
mi institut dai'ioteclniiijue et uiu' cliaii'e d'aNialitui. 



CINOUIKME PARTIE 

LA FACULTÉ DES LETTRES 



I 

Historique. 



Il iiv a\ ail pas de EaciiUé des Lettres dans raiicieiine Université de 
Paris. Tuiil leiiseiiiiieiiient littéraire s'y donnait à la Faculté des 
Arts. Après les classes de grammaire et d'humanités, venait la 
rhr torique, hut t't couronniMuent du système. Un y enseignait Télo- 
(juence pai- préceptes, exemples et amplilications. Les préceptes 
étaient tij'és d'Aristute, de Longin, de Gicéron, de Quintilien, et con- 
densés dans le manuel du parfait rhétoricien ; les modèles étaient 
les harangues de Démosthène, les discours de Gicéron, quelques 
sermons de Massillon, quelques oraisons funèbres de Bossuet ; les 
exercices consistaient en compositions, tantôt en hitin, tantôt en 
français, où les élèves s'évertuaient à faire bien parler, tantôt des 
personnaires historiques, tantôt des personnages imaginaires. Bien 
dire était ral)Outissant de cet enseignement formel, sans profondeur, 
sans criti(jn«', oii tout se bornait k l'expression élégante et ordonnée 
des idées générales alors acceptées et des sentiments généraux de 
Pâme humaine. 

La. Révolution, née de la philosophie du xvni' siècle, fut une réac- 
tion contre ce formah'sme. Dans ses projets d'organisation d'un 



LA FACULTÉ DES LETTRES 95 

enseignement vraiment supérieur, à côté des lettres se placent Ic^s 
sciences morales et politiques : méthode des sciences, analyse des 
sensations et des idées, morale, droit naturel, science sociale, éco- 
nomie politique, droit public, législation générale, géograpliie, his- 
toire pliilosoplu(jue et politique, en un mot toute l'idéologie dcs'ques- 
tions morales, sociales et politiques. 

On sait que ce projet ne reçut pas exécution. Quand on m vint aux 
actes, ce large idéal fut abandonné, et il n'en survécut (pi'iinr ou 
deux velléités. Ainsi la loi de l'an IV créa les écoles centrales, coi"- 
respondant au degré secondaire de l'enseignement. Un y «Hablit um» 
section littéraire pour l'étude de la grammaire générale, des belles- 
lettres, de riiistoire et de la législation. Au-dessus, poui- le drgré 
supérieur, la même loi instituait des écoles spéciales pour 1 t'UnIr 
approfondie des diverses disciplines. On n'en prt'voyait (juune, pour 
les antiquités. Quelques années plus tard, la loi du 1 1 llor»''al an \ 
supprimait les écoles centrales et les remplaçait par leslvcées. Au- 
dessus des lycées, elle prévoyait, elle aussi, des écoles spéciales. 
L'école d'anti(juités n'avait pas été organisée. Il \\ vi\ était plus lait 
mention. A sa place, on ins('ri\ait une école spéciale de gi-ogiapliir, 
d'histoire et d économie jjolitiijue, (jui ne fut pas organisée da\an- 
tage. En fait d'enseignement supérieur des lettres, l;i Rt'volution n'a 
donc rien laissé. 

L'Empire, en organisant l*Eni\ crsité' impt'riale. er<''a les facultés 
des lettres. On peut dire (ju'asce les facultés des sciences, elle^ 
naissaient de la dissociation des matières scientih(|ues et des matières 
littéraires, naguère enscii^Miées dans les faculti's des arts. Leur 
\('nue ('tait une ci)nsé(|uence de riiislitui ion des gi'aiies d'Etal. 
Comme je Tai déjà dit à [»ro[)OS de la h'aculte des Scienctîs, elles 
fui'ent moins des corps enseignants (|ue des corps d'(*xanii?ïa- 
teurs. Là «'tait leui' tonction piinciiiale. leur rai>on (Lèlre ; h' i*esle. 
c'est-à-dire renseignement, était en sui'croil. hilles avaient a\anl 



96 i/LMvi:Ksrn: di: pauis 

huit a coiilci'cr le iKiccalaui'cal aux cIcncs ilv^ lyrvvs (pu iTpoii- 
(li-aifiil sur Irs iiialitTcs ciisciuiifcs dans les liaiilcs classes de 
ces rlaldisseiin'uls ; la liciMici'. aux bachcliei's (|iii coiiiposei'aieiil ni 
laliii cl «'Il lraii<;ais sur des mijcIs domu'S : le docloi-al, aux licenciés 
(|ui it'diizj'raicul cl soulicndraicul deux llii'ses. l'une sur la rliélo- 
ii(juc ou la lt)L:i<|uc, raulre. en latin, sui" la liLléralure ancienne. 

Naluit'llcincnl il \ eut une J'iieulLé des Lettres à Pai'is. Mais j)as 
jdus (|uc la Facullt' des Sciences, -elle n'eul d'ahoi'd un personiKd en 
|)i"opre. Piiiuilixt'nienl elle devait être composée de ti'ois professeurs 
du C(.>llèiie de France, et de trois professeurs- de belles-lettres des 
Ivcées. Ou ne lai'da pouilanl pas à l'élargir. Dès 1810, le nombre de 
ses coui's lui poi'lc de six à neuf, avec les titres suivants, dont (juel- 
cpies-uns durent encore, maliiTe ce (ju'ils ont d'inexact et de sui'aniu' : 
littérature lireccjue, élp({uence latine, poésie latine, ébxiucnce fi'an- 
caise. ])oésie française, pliilosoi)liie, liistoire de la pliilosopbie, 
iiistoire ancienne et moderne, iiéograpbie ancienne et moderne. 

C'étaient à coup sûr cadres plus larges et plus variés que les hautes 
classes de la Faculté des Arts. Mais, par Fesprit, par la méthode, 
étaient-ce vraiment les embryons d'un enseignement supérieur des 
disciplines littéraires ? Qu'on en juge par la direction et le programme 
général de (|uelques-unes de ces chaires. 

« Le professeur délotjuence latine expliquera les traités de Cicéron 
et de Quintilien, et les plus beaux morceaux d éhxjuence des auteurs 
latins. ;) — (' Le professeur de poésie latine développera les beautés 
des grands poètes du siècle d'Auguste. » — « Le professeur d'élo- 
quence française donnera les préceptes de tous les genres d éloquence. 
Il en choisiia les modèles dans les plus célèbres écrivains français. )) 
— u Le professeur de philosophie traitera de la logi({ue, de la morale 
et de la métapiiysicjue, et s'attachera à montrer l'origine et le déve- 
lojjpement successif des idées, à indiquer les causes de nos erreurs 
el à fair<. connaître la nature et les avantages de la méthode philo- 



LA FACULTÉ DES LETTRES 97 

.sophique. )> — a Le professeur d'histoire ancienne etmodrrne exposera 
les principaux systèmes de clironologie, \v synclironisnie des -randes 
époques de l'histoire: il présentera le tahleau comparé «les lois, des 
arts et des mœurs, l'oriii-inc des empires avec les causes <le l.-urs 




l'holo Nt-ur.l 

Sorhoiiiic. (jaloric ilr.-i lotlrcs. 



progrès et de h'iil- (It-Ciideiice II t't ;il»lii;i les i-è-lcs .le la ;,cienc«' 

criti({ue el en t'ei'a la ppliea I ion aii\ ri'cils des historiens. » — u Le 

prolesseur «le i;éoi:iapliit' pi(-se!ilei;i celte science (huis ses rapports 

malli('maliqiies. pli\ si(|iies, ln'slt)ri(|ues et [K»lili(|ues, iieluslriels el 

coinnieiciaux. » A pari les piourainiiies amlnl ieii\ cl ili'iuesun's des 
u. 7 



98 LLNl VKKSlTi: IJ K l'A Kl S 

professours dhisloiit' «-l «le iit'oiiraj)lu<'. où soiil hi (•iili(jii(' cl la 

si'icnoo, ces deux mai«im's dr rciisciiziH'inriil su|>«''iiriii' des Icllics.* 

N'est-ce pas ciiforc ICspiil roi-iind des .It-suiles cl de rancieiiiie 

Universilé!' 

Les prt'iiiicis jn^ylcssciiis riirciil-ils lidtdes à ces directions? Je ne 
sais. A pari les leroiis du pliilosoplie Laroiniiiiiii're sur les causes et 




Salle du doctorat. 



les origines des idées, aucun souvenir n'est resté de leur enseigne- 
ment. Mais ce (jui est cerlain, c'est que ces hommes ne tardèrent 
pas a s'airranchir de ces programmes et à porter plus haut leur 
]»arole. 

A la iin de la Restauration, soutenu et excité par le libéralisme de 
l'opinion, l'enseignement de la Faculté des Lettres devint tout à 
coup avec Cousin, Guizot et Yillemain, une des manifestations les 
plus retentissantes de la pensée française. Avec ces trois grands 



99 



La fauultk des lettres 
maîtres, éloquents tous les Irois, chacun à sa t'aron, la phil()so|Jiir, 
l'histoire, la critique littéraire, entraient avec h'urs méthodes, à la 
Faculté (les Lettres, et du coup par leur rayoniumt succès, était fixé, 
pour de long-ues années, l'idéal du professeur franrais di' faculté. 

Cet idéal, ce n'est pas la formation des étudiants, — la Faculté des 
Lettres n'en a pas, — • leur initiation aux méthodes de l'érudition, de 




AmphitliéàU'o Richoliou. 



la criti(jue et de la science. (Vest le cours oiatoirc le cours puldic, 
pour des auditeurs instahles (ju il laul atliici- cl coiiscin ci-, chatjiu' 
sr'niaine, à loi-ce d*es[)ril, d'arl, de talciil, parfois de manî-ucs «'l de 
dij)loniatie. La « lirande h'ron » est Id'UNic hebdomadaire (|ui 
absorhe le plus somt'iit le maître La u petite leeiui », iiilime, lami- 
lière, plus ajtprofondie, se fait le plus sou\enl de\anl d»'S Lailt|uelles 
vides. La chaire de laculh' se ti-ansfoiine paidois en Irihum*. C/esl 
pai- exem[)le, ,iu lenth'iuaiii du !)< ii\ Mécemhre, .luh'S Simon, sup- 
pléant le (a)usiii, di'i'laianl à ses audileui's (|ue >i au ph'hiscile, il ne 



100 L'UISIVERSITK DK l'AIUS 

SI' li(Hi\t' dans riinic (|ii'iiii l)iillr|iii mm, ce Lullcliii sera le sini Plus 
laiil. M>us le stM'oiid l']mj)irt'. cCsl la i^ucire (ralliisions lailt' ù la 
hiaimic. Saiiil-Marc (liiardin. oilt-aiiislc lidJ'Ic. loinbaiU coniiin' 
sullVxjih' lit' douleur .sur le lauh'ud de sa cliairr, le jour où Ion 
aj>|tr<Miail la iiioiM de la (luclicssr d'Orléans, et s'écriaiil dans un 
saniilol. sans pouvoir conlinuci' : « Alcssicurs, une non\«dl('. . . » ; 




Amphithéâtre Guizot. 

Sainl-Keiié Tciillaiidier prolestant contre la mutilation du Jardin du 
Luxembourg par un commentaire pathétique de linvective de Ron- 
sard aux BûcJwrons de la Foret de Gdtine. Un peu plus tard, cette 
fois sans ])oliti(|ue5 ce sera le succès du philosophe Caro, attirant à 
lui «'I ;i la philosophie spiritualiste les femmes les plus éléii:antes de 
Paris, irrévérencieusement dénommées par les étudiants les Caro- 
line s. 

Pourtant à ces cours élégants ou spirituels, ne se bornait pas 
toute l'activité de la faculté. Dans la plupart des cabinets des proies- 



Là FACULTI-: DES LETTRES lOi 

seurs, on travaillait beaucoup et supérieurement. Nombre d'œuvres 
qui comptent dans Tbistoire de la littérature, dans la critique, <lans 
la pbilosopbie et dans l'bistoire en sont sorties alors. En outre, avec 
un doyen comme J.-V. Leclerc et des professeurs comme Emile 
Egger, Berg:er, Saisset, Paul Janet et Himiy, le «loctorat i's lettres, 
à Torigine dissertation courte et banale sur des sujets va«^ues, 
rebattus et très généraux, était devenu une fcuvre précise, sérieuse, 
souvent considérable, et les soutenances, très suivies, étaient moins 
des joutes d'éloquence et d'esprit que des assauts de (riii(|in3 et dr 
science. Mais dans l'ensemble, l'activité de la Faculté des Lrihcs 
n'avait pas une matière propre où s'appliquer. En un mol rllc man- 
quait d'étudiants. 

Lorsque vers 1875 on entreprit la réforme de renseii^nemeiil supé- 
rieur français, on résolut de lui en donner. 



II 

La faculté nouvelle. 

Ces premiers étudiants ne pouvai<Mil «Mre (jue des aspirants aux 
fonctions de renseijinement, candidats soit à la licence, >o\[ à 
l'agrétiation. Vainement Victor Ouruy, à la lin du second Enijtii-»*, 
avait fait appel aux facultés pour oriraiiiser (b* véritabh's «toIcs 
normales. A part ([uebjues essais beni-eux, tdles étai«Mil restées 
sourdes à l'appel, en particulier la h'aculté des Eelires de Paris. Elle 
estimait sans doute (jue sa voisine, l'Ecole Normale supéTieure. dont 
les élèves dexaient suivre ses « j)elites leeons » — ce «[u'ils ne 
faisaient i^uère, sauf poui' deux ou trois professeurs — suflisîu't ît 
celte làcbe. Les « Douze ^lands Dieux », comnie on appelait alors 
les douze pi'ofesseurs de la Soiboime. l'estaient dans leui* (H\mpe 
Ils n'en seraient pas descendus pour les deux dou/ain«'s de boni- 



102 i;iM vi;i;>iTK m: pahis 

si«M-s (|in fuiciil (loinirs à \i\ FîK'iiIlt' des Lcllics, cl (|ui consliliii'i'cul 

son |)rt'ini«'r ol solide noNaii d t'I udianls. 

(hi prit le saut' paili d'(»ii:anis(M', poiii- ('«'Ile Ix'souric noiivelU', 
iliscriic v\ utile, uiu' ('(|uij»r de jcuiu's iiiailrcs. actils, dévoués, 
disliiii^in's. \ laiiiit'iil iiiailrcs ( liaciiii v\\ sa partie. Ce furt'iit les pre- 
iiiieis niaîlics de coidV'reiuM'S de la l'acuité. Il \ eu cul d'ahord ciiui. 




AmpliilliL'àtrc Tuigol. 

un ])()ur chacune des littératures classiques, un poui- le sanscrit, un 
pour le \ieux iVancais. (Jlomnie la faculté ne disposait à la Sorbonne, 
en outre du «iraïul ainpliitUéàtre, (jue d'une salle de cours et de la 
petite salle basse où se [)assait la redoutable épreuve du doctorat, 
pour la nouvelle é(juipe d'étudiants et de maîtres on construisit, à 
deux pas de la Sorbonne, pies de la salle Gerson (jui servait aux 
compositions du concours général, des baraquements comprenant 
chacun une salle de conférences, une salle d'études, avec rayons 
garnis de livres et un cabinet pour le maître de conférences. Ce 



LA FACULTÉ DES LETTRES 103 

furent les premiers ateliers de la Faculté des Lettres. Le vieux secré- 
taire de la faculté les appelait ironiquement « le navire Arffo ». II 
ne savait pas si bien dire. Eux aussi, ils ont conquis la Toison d'or, 
ces nouveaux Argonautes. 

Qu'on en juge. Vers 1875, la Faculté n'avait (lue douze enseigne- 
ments, et, comme étudiants, elle ne comptait qu<' les quohjues hour- 




Anipliithijàtic Dcscarlos. 



siers institués de la veille. Aujouid'luii elle a soixanl«'-(juinze 
enseignements, soixaiitc-cjuinze {)rofesseurs, chargés de cours «M 
maîtres de conférences. Avec ces acci'oissemtMits, son alticlic ('(ait 
devenue si longue (juon avait peine à la liic II a tallu la démnii- 
brer en trois, une [)our les cours publics, deu.x pour les «'nscigne- 
ments de divers degi'és réservés aux étudi;inls Aux deu.\ douzaines 
de boursiers de la picniirie heure, ont succt'ib- plus de trois milli«Ts 
(r(''tudiaiils, dont plus de uiillr ('dangers. 



loi L'UNIVERSITi: l>i: l'AHlS 

INtiir se rtMidi"»' ci)iii[»lt' ilii prouirs accoinidi, il suIliL dv uicLLi-c 
en iM'uard les rns»'ii:ii(Miiriils dv [HIV) cl cvux (!<■ P.)(IH. 

Des (lou/.«' chairrs dr IS"."». six a\ai<'iit pour obj»'! les liltrratiircs 
classiques, ti'ois la j»o«''sic irrccijuc, la poésie laliue ol la poésie IVaii- 
(;aise, trois rélocjnence m'ecMjue. réloquenei^ hifiue et l'élo(juenee 
française. Il v avail vu ouli'e une chaire ])Our la |>hilosophie cl une 
pour riiisldirc de la pliilosophie : une pour l'iiistoire ancienne et une 
pour riiisloire moderne: une pour la liéoii'rapliie cl une pour les 
littératures élraniières, pour toutes les littératures étrangères. 

Aujourd'hui, certains enseignements sont donnés simultanément 
par (jualre ou t'in(j professeurs, chargés de cours et maîtres de confé- 
rences. <'t les enseignements les plus divers se sont ajoutés à ceux 
de l'origine. En voici le groupement, (jui montrera l'ampleur des 
études de la faculté. 

SCIENCES PHILOSOPHIQUES 



IMiilosopliie. 
Psvcholoirie. 

Psychologie expérimentale. 
I^oirique et méthodologie. 



Sociologie. 



Histoire de la l^liilosophie ancienne. 
Histoire de la Philosophie moderne. 
Histoire de la Philosophie du moyen Age. 
Histoire de lEconomie sociale. 
Science de léducalion. 



SCIENCES HISTORIQUES 



Histoire ancienne des peuples de 

lOrient. 
Histoire grecque. 
IMsloire romaine. 
Histoire Inzaniine. 
Histoire du moyen âge. 
Histoire moderne. 
Histoire contemporaine. 
Histoire politique et diplomatique. 
Histoire de la Révolution française. 
Histoiie de la civilisation dco peuples de 

rE.\lréme-Orient. 
Méthode historique. 
Sciences auxiliaires de Ihistoire. 



Archéologie. 

Histoire de Tari au moyen Age. 

Histoire de Part moderne. 

Histoire du christianisme aumoyen Age. 

Histoire du christianisme dans les temps 

modernes. 
Histoire de la littérature et des idées 

chrétiennes depuis le xyi*^ siècle. 
Histoire coloniale. 
Géographie générale, 
(iéographie physi([ue. 
Géographie coloniale. 
Géographie et colonisation des peuples 

de l'Afrique du Nord. 



LA FACULTI-: DES LETTRES 



105 



SCIENCES P H I L I. (i I O U E S 



Langue et littérature de l'Inde. 

Grammaire comparée des langues indo- 
européennes. 

Langue et littérature hébraïques. 

Grammaire des langues classiques an- 
ciennes. 

Eloquence grecque. 

Éloquence latine. 

Éloquence française. 

Langue et littératm'e grecques. 

Poésie grecque. 

Poésie latine. 

Poésie française. 



Histoire de la langue française. 
Langue et littératiu-e françaises. 
Grammaire historique. 
Philologie romane. 
Langue et littérature anglaises. 
Langue et littérature allemandes. 
Littératiu'es de lEurope méridionale. 
Langue et littérature espagnoles. 
Langue et littérature italiennes. 
Langue et littérature russes. 
Langue et littérature hongroises. 
Langue et littérature Scandinaves. 



Dans ces larges et riches cadres se meut l'aclivitt' de la facull»'. 
Elle n'a pas renoncé aux cours publics. Ils sont une tradition fiaii- 
çaise qu'il importe de ne pas abandonner. Mais ils ne sont plus, 
comme naguère, son occupation principale. Le nonil)re en a étt' 
réduit. En revanche, le nombie des cours, conférences et exercices 
intérieurs, réservés aux étudiants, a été multiplié. Pour cette double 
fonction, en outre du grand amphithéâtre, la faculté dispose à la 
Sorbonne de quatre amphithéâtres qui lui sont [Jiopres et df nom- 
breuses salles de conférences et de travail. Dans ces salles, les é'iii- 
diants trouvent les pricipaux instruments de leurs études, bihlio- 
lhè(jues spéciales, collections d'art, de moulages, d'estampes, 
d'aquarelles, de photographies. 

Tout cela est l'indice du changement de fond accompli dans la 
direction des études. On a pu le voir, par les j»reMiiei's prourauiines 
<le la faculté, à Torigine son enseignenieul t'dail une suite de I hu- 
manisme du xvir siècle. Un eiovail encore à un beau absolu dans 
les œuvres litttM'aires, à des ri-gles absolues dans la composilioiï 
de ces œuvres. Un cite un mot expressif de .\ isard à Labputive» 
« Mon ami, lui disait-il en se frappant le front d'un geste las et «h-t-ou- 
ragé, tout tirei- de là 1 » Aujourd'hui la faeult<' n'a plus la préten- 
tion de lout tirer de son cerveau. Elle a chanL:»'' d'espiit el .le ni.dhode 



406 i;i .MVi:H>rn. di; paius 

Son a(li\ ilt" csl iiiir «MKjiirlr j'xaclc siii' It's (lisrrst'S mainfoslalioiis do 
riiuinanih'. religions, lanuiics. jdiilosojdiirs. hisloirc. littératures, 
arts. Sans r«'nonc«'r ;i lirii de ce (|iii a loiijours lail l'honneur du 
g:éni»' IVanrais, à la claih'' de la forme, à lordoniiance log'i(jue des 
enscmMes. au lalciit d'i'ciiic cl de (Kirler, (die poursuit son enquête 
jiai- rt'ludc rt la ciilicjue des laits et s'elFoiTe d'initier ses étudiants 
aux Mit'lliodt's de ces disciplines. C est l'esprit scientilique appli(jué 
il toutes les nianit'estations de l'iunnanité. 



111 

Les Ëtudes. 

Cechano^ement de direction et de méthodes a eu pour conséquence 
d'assez profonds chani^ements dans l'org^anisalion des études. Inutile 
de parler ici des certilicats institués par la faculté pour partie de ses 
étudiants étrangers, certificat d'études françaises, diplôme d'études 
universitaires. Ce sont titres fort recherchés, mais de degré plutôt 
élémentaire. Les études propres de la faculté visent à la licence, 
aux diplômes d'études supérieures et au doctorat. 

A l'origine, la licence es lettres fut une sorte de haccalauréat 
supérieur. On pouvait s'y présenter avec succès au sortir du lycée 
sans avoir étudié à la faculté; les épreuves en étaient les composi- 
tions classiques de l'enseignement secondaire, composition française, 
composition en latin, vers latins, thème grec, explications de 
textes. Un pi-emier progrès fut, tout en conservant des épreuves 
connnunes d'ordie classique, dissertation latine, dissertation fran- 
çaise, explications d'auteurs, d'y introduire au gré des candidats, 
des épreuves spéciales de philologie classique, de philosophie, d'his- 
toire et géographie, et de langues vivantes. Dans cette voie, les 
épreuves communes devaient perdre peu à peu de leur importance 



LA FACULTK DK.S f.KTTRKS i07 

relative et les autres en gagner. Aujourd'hui la licence es lettres est 
subdivisée en quatre sections: philosophie, histoire et g-éoii rapide, 
langues et littératures classiques, langues et littératures étrangJ-res 
vivantes. En chacune, la version latine a été inainleiiue coninie 




l'iioto Neurdein. 
(lollt'cthMl «le srllliittires ;iIlli<lllt'S. 



épreuve coniiiiunt> de ciihuic ( lassi(|ut'. d cihoi»'. \v Icxlr à tra- 
duire doit-il éti'e tiré d'un hisloiicii pour h's hisloricn^-. d un ].hi_ 
losophe pour les jthilosophrs. 

Une nouN'eautt' loil inh'n'ssanlr à siLiiudri- dans ces prograinnu's. 
Qu<dle que soil la spéciahh' (dudsie |>ai- le candidat, un»' de ses 



lus I. r N i\ KHsi ri; dk pauis 

«'lUTuvcs t'crilcs (•( mir de ses «'pmiNcs oi'alcs porlfiil à son choix 
sur un sujcl liii' (11111 <lrs (misci^ihmikmiIs proiessés soit à la Faculh'' 
(les Lrllros, soil «lans une aulre des lacullés «le rriiiNcrsilé. Ainsi 
on voil (les j>lnloso|)lies olioisir une nialit'it' delà Facultédes Sciences 
ou (le la l'acullf «le Médecine ; des historiens une matière de la 
l'acull('' (le Droil. L»' choix des candidats n'a pour limites (juc les 
limih's nicnies de 11 nixersité. Rien de plus heureux et de plus 
lécond (jue celte innovation. 

Pour I(*s épreuves spéciales de chaque série, les limites de la spé- 
cialité* choisie; mais, dans ces limites, une large liberté donnée au 
candidat, lin philosophie, il peut choisir entre quatre sujets : un d<' 
philosophie générale, un de psychologie, un de logique et méthode 
«les sciences, un de morale et sociologie. En histoire, option entre cinq 
sujets : un d'histoire ancienne, un d'histoire du moyen âge, un d'his- 
toire moderne, un d'histoire contemporaine, un de géographie physi- 
(jue.La science étant précision, exactitude, rigueur, on a voulu par 
ces options forcer les candidats à donner autre chose que des souve- 
nirs de manuel. Mais comme la licence n'est que le premier pas vers 
la spécialisation scientifique, comme celle-ci pour être vraiment intel- 
ligente doit s'éclairer aux lumières d'une culture générale, aux 
épreuves orales, les candidats doivent justilier de connaissances 
plus étendues que la spécialité choisie par eux. Ainsi les philosophes 
ont à répondre sur la philosophie générale, sur la psychologie, sur 
la logi(|ue et les méthodes des sciences, sur la morale et la sociolo- 
gie et expliquer deux textes tirés de deux auteurs philosophiques 
écrits en deux langues différentes, grecque, latine, fran(;aise, alle- 
mande, anglaise. De même les historiens doivent répondre sur 
l'histoire ancienne, sur ccdle du moyen âge, sur l'histoire moderne, 
sur l'histoire contemporaine et sur la géographie. Les philologues 
expliquent littérairement et grammaticalement un texte grec, un 
texte latin, un texte français et répondent sur un des cours de 



LA FACULTÉ DES LETTRES 109 

langues et littératures classiques enseignées à la faculté ; les néo- 
philolog^ues expliquent littérairement et prramniaticalemeiit un tt-xte 
de littérature étrang-ère et répondent sur Ihistoire littéraire «lu pays 
dont ils ont choisi la iang-ue, et font la traduction d'un U^xU- facil»- 
écrit dans une seconde langue choisie par eux. 

Les études de licence sont une transition entre les études du Iv.-éi» 




Colloctiuii (If sculplurcs modernes. 



et les études vi-ainient su{)érieures: elles oui encore un t aiaclî ic de 
g"énéralité; mais elles sont dt'jà iww picinii'it' iiii(ialit»n aux niélliod«'s 
d une spt'cialilt' détei'minée. Au-dessus dCllo. mais sans que I Oldi- 
galioii en soil imposée à (raulres (ju aux camlidaU à ragrégalion des 
lycées, les éludes en \ ue des dipltunes su|)(''riein^. (ies di[dùmos sunl 
d'institution assez, n'ceiile. .Nagut're encoi'e les di\ ci'ses ugréjçiilioiis 
des l\c(''es a\ aient à la lois un caiacli'ic scieiitdicjue et un t'aratMèn* 
|)i()lessi(»inud (hi a cru hoii d en st'parer les ('pieuveN en deux 
g:roupes. Du picmiei- on a lait la malii'ie des iliplt'imes d eludi'S 



no i;rM vKiisiTi; m; i'aiiis 

siijM'il«'iii('S. (If l'aiili»' r<>l>j«'l |)in|)i-(' <I«'S (•(tiicours (Ta'^Té^'alioii . Les 
«li|iloiU('s «r«''tU(les su|)t ricurt's sont au iionihi'c de (juatie : pliiloso- 
\t\\'u\ liisloirt', lanjiiu's cl lilliraUircs classiciucs, hiiigiics et liltéra- 
liircs t'Iraniivrt'S. Les caiididals aux agrépilions doiveni, a\ oir ()l)l('nu 
«•tduiijui cori'cspond k la sjK'cialih' de Iciu" ai^régatiou. Mais loutaulre 
t'Iudianl, Mirinc non licciicit', peut s'v présenlci'. Ils niaiMjuciit dans 




Photo Neurileiii. 



Salle d'archéuloffie. 



rinitiatioii à la science et à ses mélliodes un étiage plus élevé ([ue 
la licence. 

La science est essenliellemcnl recherche lihre et personnelle. A 
chacun îles dij)lônies d'études supérieures, l'épreuve principale est 
la composition et la discussion dun mémoire, impliquant des 
recherches personnelles. Le candidat en choisit lihrement le sujet 
sur les conseils et sous la direction de ses maîtres ; il en recueille 
lihrement les matériaux; lihrement il les compose en un tout. 
Accessoirement à la discussion du sujet choisi et traité par lui, il 
répond sur des (jueslions se rapportant à l'ohjet propre de ses 
/■tnd.'s; en philosophie, il «'Xpli(|ue et discute un passage étendu d'un 



LA FACULT H DES LETTRES 111 

texte pliilosoplvique intli(jué trois mois îi l'avance; en histoir»*, il dis- 
cute une question dhistoire et une question de j^éograpliie indicjuées 
également tiois mois à l'avance; il fait l'explication critique d'un 
texte historique et d'un texte géoj^raphicjue choisi par lui et rt-poiid 
surunci des sciences auxiliaires de l'histoirt', ar('héok)*J^ie. épig-raphi«', 
paléographie, dipl()matiqu<', hihliographie ; en lant^ues classicjurs, il 
explique d'une manière approfondie, littérairement et firannnatical(*- 




riiotu Ncurdrin. 



Salle Aiborl DuinonL 



UKMit, un texte lircc, un texte lalin. im texte IVaneais et i-i-noml sm* 
une matière clioisie pai- lui paiini les (li\»'rses |)arlies df la philolo- 
gie ; paléographie, hihliographie, institutions grecques et i-omaiii<'s. 
ai'chéologie, grammaire comparée, giaiumaiic «les langues classi- 
ques, liistoire littéraire, histoii'e <le la langue française, etc. 

Les diplômes d'études supéi-ieures «le la Tacullé (h'S Lettres de 
Paris sont très rechercht's: cluujue ainit-e ils donnent lieu .i des 
mémoires variés dont heau('ou[» sont th'jà tlintcressanles contiihu- 
tions à la science égales aux meilleures lhi'«>es du docloi-at aUemand 
de philosophie. 



11;. LL M VLKSlTi; DE l'AlUS 

Li' "Tdtl»' MijM'iiriii- i\r la l'aciilh' des Lettres csl \v doctorat. J'ai 
(h'ià dit jdiis liant (jutd caracliTc sa\ant il avait pris à |»arlir du 
(lécaiial de .loseph-Victoi- Lccleir 11 it'slt' à ce niveau, le plus élevé 
(|ui si.it dans auruue Université. Les thèses de Paris sont loules 
<riiiipoitantes conliihut ions aux sciences plnlosophi(iues, liistori- 
iiues ou philoloLiiiiues ; Ixm noinhic sont des ouvia^iies de i)remier 
or.li-e(lui Iniit date. A l'oriiiine et pendant longtemps, une des deux 
thèses à soulenii- devait être écrite en hit in. A la demande delà faculté, 
cette exigence a été supprimée. Depuis (juelques années, la deuxième 
thèse peut être un mémoire ou un travail critique. Elle peut ôtrerédi- 
*»:ée soit en français, soit dans l'une des langues anciennes ou modernes 
enseignées à la Faculté. Les ellets heureux de cette innovation sont 
dt'jà sensihles. La faculté s'en félicite. 

l'arallèlenient au doctorat d'État, (jui est grade donnant des droits 
et privilèges, usant de la liherté conférée aux Universités depuis 
i(S'.)7 dinsliluer des titres 'd'ordre scientifique ne conférant aucun 
(h's droits et privilèges attachés aux grades, la Faculté des Lettres a 
étahli un doctorat de l'Université de Paris, mention Lettres. 11 est 
recherché surtout par les meilleurs de ses étudiants étrangers qui 
lU' veulent pas passer par l'intermédiaire licence exigé des candidats 
au doctorat d'État. Les épreuves en sont élevées. Elles consistent 
en la composition et la soutenance d'une thèse écrite en latin ou en 
français, et en interrogations sur des questions choisies par le can- 
didat et agréées parla faculté. 



lY 

Ressources et besoins. 

Il ne me reste plus qu'à dire en ((uelques mots les ressources dont 
la faculté dispose et ses hesoins. 



LA FACULTÉ DES LETTRES 413 

Gomme dans les autres facultés, son personnel est presque tout 
entier payé directement par l'État. De ce clief elle reçoit par an 
691.000 francs. De la Ville de Paris, elle reçoit 12.000 francs, pour 
la chaire d'histoire de la Révolution française. L'Université lui a 
donné une chaire d'histoire de l'art, une chaire de langue et de litté- 
rature anglaises, un cours sur la civilisation des peuples de l'Extrême- 
Orient, un cours de psychologie expérimentale, une conférence de 
langue et littératures russes, soit 56. 000 francs. Par l'intermédiaire 
de l'Université, elle reçoit les fonds nécessaires à la chaire d'Iiistoiie 
de l'économie sociale, au cours d'histoire coloniah', au cours de géo- 
graphie et de colonisation de l'Afrique du Nord, et à la conférerur 
de langue et littérature hongroises. 

En dehors du chauffage et de l'éclairage, ses dépenses malérielh's 
sont peu importantes. Cependant elle doit pourvoir à Tentretien cl à 
l'accroissement de ses collections d'archéologie, d'histoire de l'art ri 
de géographie. Elle y est aidée par l'Université et par la Société ilrs 
Amis de l'Université de Paris. Elles sont déjà convenahh's, ces col- 
lections, mais bien loin encore de ce ((u'elles devraient tMre. (Jiiand 
on rebâtit la Sorbonne, il ne fui rien prévu pour un musée daithéo- 
logie et d'art. On s'aperçut après coup du besoin. Pour y parer, on 
couvrit deux des petites cours intérieures du nouvel édilict' : on \ 
installa des moulages de sculptures anti(jues el de sculptui'es du 
moyen âge et de la Renaissance. Mais combien à l'éti'oit, combien 
insuffisantes. On alh'cta certaines salles du |»ren!ier elage ii des col- 
lections d'estampes et de {)hotographies. De iiiènie pour des collec- 
tions de cartes géographiques. l'^lle aus.si. la Kaculh' des Lettres, 
devra en partie, sorlir <le la Sorbonne. l ii large espace est à sa 
disposition sur les ti'rrains actjuis par l'L'niversilé entre la 
rue Saint-Jac(jues el la lue d'Ulni. Je rêve d'y voir s'éle\ef. 
le plutôt (|ue faire: se pouiiii. d'abord un Institut de f/cof/ra/t/ut\ pour 
les études théoriques el [)rali(|ues île géographie ph\>iqu<' e! de car- 
II. î* 



114 i.iNiviCRsiTi: m: paris 

to^rraj'lii»*. pui^ i"» in'^tilut d'histoirr de l'art, où seraient réunis (M, 
coordonnés les onseij;nemenls «rarcliéologie, d'Iiistoire de l'arl an 
moyen à^e, d'Iiistoire de Tari moderne (jue possède la Faculté, avec 
d'amples rolleotions de moulaij:es,, d'estampes et de pholo*,n'aplnes. 
Sur ces deux |»oinls, il niversité de Paris est inférieure à plusieurs 
Tniversités de l'élranirer et à plusieurs Universités françaises, Lyon, 
Montpellier. lîordeaux, Lille et Nancy. 



SIXIÈME PARTIE 

L'ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE 



I 

Historique. 



Dans l'ancienne Lniversité, les maîtres se lunnaienL d'eux- nirincs, 
sans entraînement spécial, dans les collèges ou dans les tac ni! «'s, et 
devenaient maîtres sans preuves particulières, j)ar la srule \«'ilu 
de la maîtrise es arls, du doctorat en théologie, en médecine ou «n 
droit. Les Jésuites, eux, préparaient leurs t'uluis professeurs dans 
des noviciats. Après leur expulsion, eu 17()2. les l*arlemeulairrs, 
pour assurer une certaine unité à l'éducalioii iialioualr, stj pi-éoc- 
cupèrenl d'instituer une uuiison où les iuluis luailies de la jeunesse 
de France seraient soumis à une règle spéciale, et exei-cés en vue do 
leur profession. A cet ellèt. ou i-éuuit au (lollège F^ouis-le-tiiaud les 
boursiers, auparavant dispersés dans les divers collèges de ri'in"\ er- 
sité. On lit d'eux des sortes di* novices enseignauls et poui' eux ou 
établit les agrégations de plùlosophie. de lilléialui-e et de gram- 
maire. 

A la Révolution, ce iu)viciat disparut, avec le cidlège où il s'ahri- 
tail. Mais le besoin de le rélahlii- sous une loiine nouvelle a|>parul 
bientôt. 

L'Illcobî Normale est une eréatiou de la (lonveuliou. Ou lelaldil 



iiti Li'M vkhsitT: I)i; pahis 

jMiui- ioiim-i- (les j»i-(ir«'ssriii-s «'I |)ai' là sci'n il' de iJ'iilc ;i rcnscif^iH^- 
iiu'iil dans Idiilc la l{(''|ml)li<|iit'. Illlc dalc df 17*.Vi-. Pour la consli- 
liicr. oïl ajijit'la à Pai'is. de Ions l«'S j)oiuls de la l'^i'ancc, j)lusiriiis 
(•(•iilaiiu's dr jciiiH'S izcns cl dlioinincs d»')à iiisliMiils On les mil à 
récolc d«'s inaîircs les jdiis illuslrcs. non pour recevoir dCux nne 
iiislinclion (|ii(' ccnst'menl ils possédaient déjà, mais pour ap|)rendi-e 
à ('onnnnni(jner lenrs coiniaissancos an\ autres. C<'t apprentissaji^e 
ne devait duicr. cliacine ann»''e.(|ne (|U(d(jues mois. Une l'ois formés, 
ces élèves-maîtres devaient retourner dans leurs lieux d'orijj^ine, et à 
leui" tour, transmellre il d'autres les méthodes reçues à Paris. Ainsi 
se pi-opaiici-ait renseigiu'inent réi»ulaleur. Il s'agissait donc de 
torniei- des instituteurs, (rappli(juer — c'est le texte même de la 
loi de la (lonvi'iilion — à « l'enseignement de la lecture, de l'écri- 
lui-e, des premiers éléments du calcul, de la géométrie pratique, de 
riiistoire et de la grammaire française, les méthodes prescrites dans 
les livi-es élémentaires adoptés par la Convention nationale et 
puhliés par ses ordres. » 

L'École s'ouvrit au Muséum, le l" pluviôse an III. Elle avait 
environ (juatorze cents élèves, venus de toutes parts, inégaux par 
l'âge, des jeunes gens et des vieillards, inégaux surtout par les con- 
naissances. Connue pédagogues, ils eurent les plus illustres savants 
d'alors Monge, Lagrange, Laplace, Berthollet, Dauhenton, Haiiy, 
Volney, Bernardin de Saint-Pierre et La Harpe. Au déhut, ce fut une 
allégresse enthousiaste : les hommes de génie « jusqu'ici profes- 
seurs des nations et des siècles, » devenant u les premiers maîtres 
d'école dun peuple! ». Après (juehjues semaines, ce futla confusion, 
et hientcM un pamphlétaire appelait la iu)uvelle école : la Tour de 
lia bel du Jardin des Plantes. Combien, dans ce grand troupeau, 
manquaient des connaissances indispensables et qu(dle distance, 
entre le niveau moyen de leur instruction et l'enseignement de leurs 
maîtres ! On a conservé les conférences et discussions de cette 



L'KCOLE NORMALi: S U P ÉR 1 1: L' H K 117 

première École Normale. Il y a là d'admirables lerons «le Hlt- 
tliollet, de Laplace, de Laiiraiige et de Moni:-e, [)Hrl"aih's de sim- 
plieité, de clarlé et de méthode : mais elles portml sur i«'s hautes 




Kcolt* Noniiale siipi-riciiro 



^(''iir'rahU'S. l^a jxMlim'ouic di' ce^^ lii'iuiiIs hninim-s. r .-«^i |;i |ihi' 
losophie (h's sciences. A jciil (|iich(ii('s r\cep!ioiis. 1res rai'i's. 
elh' p;iss;iil |»;ii"-ih'ssiis h's h'Ies. Il lallail hini a\tMit'r «jii'oii a\ail 
lail Fausse l'ouîe. (Juali'e nioi^ a'tiès (|u «'He st'-liil ouxeile. It'Ciih' 



ns i/i'Ni vKHsrn- m: pahis 

(le lii (Convention fui Icinn'c l'Cllc ne se rouvrit pas. Rcslail l'itlée. 

Kllc «levait se r»''alisei' mais sous une autre loiine, «|iian(l lui oriza- 
nisée, en ISnS. ILIniversilé impériale. On décréta (juil serait ei'éé 
à Pai'is (( un jiensionnal iu)iinal. » où « trois cents élèves sei'aient 
loiinés à 1 art (renseigner les letlies el les sciences. » C'est donc 
bien d'uiu' cuit nie ])rofessionnellc (ju'il s'agit. La nouvelle école 
n'est ]»as un «'liihlissenuMil (renseit:nenienl, analogue aux facultés 
créées en même temps (ju (die. C'est un noviciat universitaire. Cela 
est si Mai (|u"à l'origine ses élèves ont pour uni(jues maîtres les pro- 
fesseurs de la Faculté des Sciences et de la Faculté des Lettres. Logés 
à coté (Teux. dans l'ancien Collèae du Plessis, ils sont astreints à 
suivre leurs leçons, A l'Ecole, ils sont censés l'ecevoir des direc- 
tions pratiques en vue de leur future profession. 

Je ne raconterai pas en détail toutes les vicissitudes de l'Ecole 
au cours du xix'' siècle. Suspecte aux régimes d'autorité par son 
libéralisme, elle fut naturellement et légitimement clière aux autres. 
La Restauration en particulier lui fut liostile. Voyant sans doute en 
elle, avec Lamennais, la génératrice dune « race impie, dépravée, 
révolutionnaire, » après quelques tentatives infructueuses pour 
l'abaisser, ellepiil le ])ai-li décisif de la supprimer (1822). Quatre ans 
plus taid, j)our former une milice enseignante, modeste, pieuse et 
passive, sans visées pliilosopliiques, sans aspirations libérales, elle 
la rétablit, mais en l'amoindrissant, sous le nom d'Ecole prépara- 
toire. N'y devaient être admis que des jeunes gens d'une piété 
éprouvée, soigneusement triés par tout le royaume, incapables d'ins- 
pirer la moindre inquiétude au pouvoir royal et à l'Église qui alors 
tenait en laisse le pouvoir royal. A la Révolution de Juillet, avant 
même que fussent balayés les restes des barricades, une ordon- 
nance du Lieutenant général du Royaume, la rétablit avec son 
nom primitif, et son organisation antérieure. Le Gouvernement de 
Juillet lui fut constamment favorable. La réaction de I80O se fit 



L'ÉCOLE NORMALE SUPKRIKURE UO 

sentir en elle, y abaissa le degré des études et s'efforça, sans grand 
succès d'ailleurs, d'y comprimer les intellig-ences et les caractères, 
par une discipline tatillonne, indigne d'une telle maison. Quand Ir 
second Empire se détendit, la détente se fit également sentir en ell<? ; 
le niveau officiel des études se releva, avec le rétahlissement des 
agrégations spéciales ; d<' nouvelfi'S conférences furent instituées. 



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Cour centrale 



la discipline se (it plus lilx'i'ale et jtendani (|uarante ans ce fui une 
période de paisible et lihre a('li\ité. 

Plus (jue ces vicissitudes, imjtoilenl les lian>lniinalions inleiiies 
accomplies dans l'Ecole, et ijui e.\jtli(|uenl son histoire. .V l'origine, 
elle de\ait èti"e une (''cole àdeslinalion ju'olessionnejle, une école do 
service public. Formel" des prolesseuis elail ^on but Le st»iu de 
donnei- à ses élèves la cullui-e scienlili(|ue el I;i culture lilléraire 
('lail l'eniis à l;i l'\icull('' des Sciences el à la l'aculh' des E«'lti"es. lus- 



120 I. (M VKhsiTi; i)i: PAïus 

liilK'c |ii iiiiili\ t'iiit'iil à coh'M'cllt's, diins le (1o1I('l:p du IM<»ssis, 
voisin «le L(tnis-l('-(ii'aii<l . elle <'ii ('(ail une adiicxc. Son (riiNic 
|iritjii f «'lail diiiilici' ses (''li'vrs aux niélhodcs ri à la })i'ali(jii(' de 
rcusfiuiicim'iil Sdii jncmirr rri^lcmciil pi't'sciil . unr l'ois a('lit'\«M' 
la lornial ion s<-it'iilili(jiH' ou lilli'i'aiic des t'ii'vcs pai' la raciilh' des 
S('i»'ii('('s on |»ai- la l'acnllt' des Lctti'es, de s *a|)pli(jn('r à « l'arl d»' 
liansnn'llrc 1 inslruclion aux autres, » dv « rrlournci" aux li\i"t's 
t'dt'nh'nlaircs », de u s'cxcrcci' à (lév('loj)p(M' les principes, à coni- 
])ar('i- les nu'tliodes », el de faii'e (euvre de professeui'. 

Aussi explicite est le règlenuMit de 1834, rédigé par Victor Cousin, 
au nionienl où (die ('tait en pleine pi'ospérité, en pleine faveur : 
Trois ans (Téludes, la première pour la revision des connaissances 
antérieurement ac<[uises, la seconde poiu' l'aiMjuisition de connais- 
sances supérieures. l;i troisième poui' la t'orniation au métier, « en 
incuhjuani aux ('di'ves l'esprit de ci*iti(|ue, et en les exer(;anl à la 
prati(jue des méthodes. » 

Eti lait, pres(|ue dès l'origine, très vile, sauf pour la section des 
sciences, l'Ecole s'était isolée des facultés, tendant à se suf{ir(; à 
elle-nit''me. Très vite, ses répétiteurs de la première heure avaient 
fait place à des maîtres de conférences, et ceux-ci, pleins d'ardeur 
et souvent de talent, avaient assumé tout entière la Tâche d'instruire 
leurs élèves. Promptement l'École était devenue, ;i c(jté des Facultés 
des Sciences (,'t des Lettres, une faculté des lettres et une faculté des 
sciences ne s'adressant (ju'à un petit nombi-e d'étudiants d'élite recru- 
tés par concours, vivant sous le même toit, dans la familiarité d'étu- 
des à la fois diverses et communes. C'était une déviation, mais une 
déviation heureuse, bienfaisante ({ui, alors que les facultés ne 
recherchaient pas d'étudiants et se dépensaient tout entières dans le 
demi néant des cours publics, assura à la France, pendant de Ion- 
iques années, un recrutement dlionnnes solidement formés aux 
lettres et aux sciences. Sous cette forme, l'Ecole normale a rendu 



L'KCOLE NORMALE SUPK R I E U R K 121 

au pays (rin<'oiupai'abl('.s services. Elle ost justement liJ'i»' de s»'s 
élèves. C(Mix qui ont servi le pays avec distinction ne se comptent 
pas; ceux (jui lont illuslr/' sont léiiion. 

Fatalement, à mesure que s'élevait à l'École Normale celte eulture 




[]iïo salit" ilflt'ves. 



intensi\(> des sciences et des lellres, le liiil [u-imitil. le ImiI lonc- 
ti(Mni(d. (|im', lli(''oii({nemenl, hjin ail jamais cesst' d'èti'e la fi>rma!ii)n 
des (dè\es an in(''liei- de pi(d"esseui'. |>assait au second plan, à l'ar- 
l'it're-pian, et tiin'ssail même pai- lomltei dans l'ouldi et le d«''dain. el 
l'Kcole. ton' en \ivant d'niie Ici's helle \'\r inlellechhdie 'f -cienli- 



122 L'UMVKHSITl' Di: PAIIIS 

ii(|iii' m- \i\;iil |iii> coiilniiiK'iiit'iil à s;i loiicl ion. ( >r un rli'c (jui no 

\il |ia> M'Ioii >;i loiirlidii ne priil \i\i(' iiulc'liiiiiiiriil. 

Pai' (1»'m'I('I fu date «lu 1(1 iioxcnihro 1903, l'Ecole Normale siipé- 
i-ieiire T'Iail réiniic à 1 l^iii\ crsih'' de Pai'is. Son coi'ps s|)«''rial de j)i'0- 
lesseuis ('lail siipjMiiiK' : ses élèves loujours recrutés au concours 
el soumis à des oldiualions |)ul)li(|ues, devaient désormais éli-e ('lu- 
«lianls soil de la l'acullé des Sciences, soil de la Faculté des Lettres. 
A rKcole. ils ne devaient plus recevoir que les enseignements théo- 
ri(jues ou prali(|ues de nature à les formera leur fonction de pro- 
fesseur. Qu(ds faits avaieiU r<'ndu nécessaire une (elle mesure? 

(hi a \u, dans les parties antérieures de cet ouvrage, quelle révo- 
lution a Iransfoi'UH' l'enseignement supérieur de France, dans le 
dei'nier (juarl du xix"^ siècle. Un des traits de cette métamorphose 
fui à I^iris Ja réorganisation de la Faculté des Sciences et surtout de 
la Faculté des Lettres. Aux cours publics qui jusqu'alors avaient 
été le tout de l'enseignement supérieur, s'ajoutèrent, à partir de 
1877, des enseignements intimes pour de vrais étudiants. On com- 
men(;a par organiser la préparation méthodique à la licence es let- 
tres; aux professeurs titulaires furent adjoints déjeunes maîtres de 
conférences. Plus tard s'ouvrirent les conférences d'agrégation, 
« Alors naquit un personnage imprévu, l'étudiant en lettres. Raj)i- 
dement il se multiplia; rapidement les maîtres qui s'intéressaient 
à lui devinrent plus nombreux. Peu à peu le régime nouveau sor- 
tant des cachettes, apparut en pleine lumière. Chaque année crois- 
sait le nombre des étudiants. Des directeurs d'études furent nom- 
més... Les enseignements de la faculté débordant l'ancien cadre 
classique se sont multipliés... Pour tous ceux (jui ont connu la 
vieille Sorbonne, très belle, mais solennelle et froide et à laquelle 
le tondjeau de Richelieu semblait communiquer une dignité sépul- 
crale, c'est un plaisir de voir la nouvelle occupée à ses fonctions 
multiples, abritant les étudiants dans des lieux de travail tran- 



L'ÉCOLE NORMALE SUPKRIECRE J23 

quilles, el, en même temps recevant des foules (jui parlent ilrs 
langues diverses, parlant elle-même des langues étrangÎTes, et 
devenue une des maisons intellectuelles les plus vivantes (ju il y 
ait au monde*. » 

Donc en face de l'admirable petite faculté des lettres que. |)ar la 




Salle ik' lecliii't' «le la bibliolluHiuc. 

force des choses, était dcvrimc IKcole Noriiialc s'était cnliii consti- 
tuée la grande faculté des lettres de II lUNcisilt' de P;iii>, a\»'c nue 
pléiade de maîtres et des plt'iadcs d"(''liidianls. La pn-iiiii'n' a\ail- 
elle encore sa raison déti'c? N'élail-cllr pas im doiildt' cinpIiH .' 

D'autre pari, piuiiii les ('ludianls de la SorlumiH' se li-ou\ail un 
groupe considt'iaMc dasiiiraïUs aux loiilicuis de renseiguenieul, 
hoursiei's el aulics. Il \ a\ail i\()\\c « îi -o[c d'un»' x'cfion «le 



1. Ernest Lavisse. Piscoin\s prononcé à VKcole Sormale stipèrifutt, le 20 novembre IVOI. 



Ii4 I/INI VKUSITK I)i: PARIS 

ri']r(»N' .\\)iiiial«' <I<'\»'nii«' imr raciilh' «les Icllics, iiiic laculh'' «les 
It'llics, (|ui coiiU'ii.iil uiir «'colc iiornuilt' ' ». N «'lail-cc [)as une 
«lé|M'iilili(m (11' lorct' iiilrllt'ctiicllt', uih' (limiiiiilioii de ractiNih'' scicii- 
tili(|in' ? N »''lai(-«'(' pas. en cr (\u\ Ioiu'Ih' à la loi'iiialioii des liilurs 
liridcssi'uis. la (lualih' (1 Oiiiiine et (l'espi-il, là ou il faiil liinih'. puis- 




Salle des actes. 

([u une doit elle lunivre de léducaliou nationale ? Frappés de ces 
inconvénients, (|uel(jues-uns songeaient à supprimer pui-enient et 
simplement l'École Normale, comme désormais inutile. Il parut 
plus sage de la réunir à la Sorbonne et de la rendre à sa primi- 
tive et véritable fonction. 

De l'ait, ni à la Sorbonne ni à IKcole Normale cette fonction (jui 
est de former des professeurs à leur métier n'était pleinement réa- 



1. J"nM'.--t Lavisso. ILid. 



L'ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE 125 

lisée. Dans les deux maisons, la culture intellectuelle et scientili({LH' 
était le souci dominant : la culture professionnelle était néulisée, 
presque nulle. Dans l'enquête ouverte en 1900 par la Ciiambre des 
Députés, on s'en était plaint vivement de toutes parts, saut" df lEcole 
Normale. On avait demandé que celle-ci fût réoruanisét' de faron à 
devenir à la fois un atelier de hautes éludes et un institut pédajio- 
gique. On avait demandé é^^alement que la culture professionnelle fùl 
donnée en commun à ses élèves et aux étudiants de ILniviMsilé de. 
Paris, candidats aux fonctions de l'enseignement. Le meilleur iin»\ en 
de satisfaire à ce vœu de l'opinion et du Parlement, parut être de 
faire de l'École Normale le collège des boursiers de l'Université de 
Paris, aspirants au professorat, de leur dcjnner la culture iiilcllrc- 
tuelle dans les larges cadres de la Faculté des Sciences et de la 
Faculté des Lettres, et de les fornu'r en commun dans l'Fcol»'. à leiii- 
futur métier de professeur. 

11 

L'École Normale dans l'Université de Paris 

En entrant dans rUniversité de l*aris. l'I^cole Normale n a pas 
perdu sa personnalité. Elle est restée [>ersoinie civ il»'. capabN* d»' 
recevoir, de possédei*. d'accjuérir. Elle continue d'avoii- son luiduel 
propre. Par là, elle ressemble .à chacune des la<-uhi''s dont la réu- 
nion avait auparavant constitué l'Universiti'. Mais aloi^ que eliaruiie 
de ces facultés est un cor[>s enseignant distiiu't. I VxAk' Normale ne 
Test [)lus. Ses éli'Ves étudient le.s uns ;i la Facull»' des l.elli'es. h-s 
autres à la b'acullé des Sciences. Ils ne ivcoivt'nt à l'Ecoie <jue les 
enseignements tht''Oii(iues et piati(|ues (jui les pr«''parenl aux diverses 
auréiiations des Imm'cs et 1er. initient à leur futui- nnlier. Il> lormenl 
cependant dans l'ensemble des étudiants sorboimique> un groupe 



iic i/L'NivKR s rn': i>i: paris 

('ararl«''i'isr'. par Inir oiiiiiiic (jiii csl le coiicoiii's, j»ar leur (jiialih'' (1(» 
ponsiomuiires (Ui de iMiuisici-s du (Ioun criUMiit'iil, par Ifurs ('ludt's 
prolcssionnrlles, cnlin par Iciir dcslinalion. 

L'Ecole a loujours à sa \v\v un Directeur el un Sous-Directeur, 
tjui radiniiiishcid el \ diiiizcnl les études. L'un est de Tordre des 
lellics; laulic de lordre des sciences. Les deux sont nommés pour 
(•int| ans sui" pr»''senlalions du Conseil de l'Université de Paris 
el de la Seiiion peinianente du Conseil supéi'ieur de lliislruction 
])uMi(|ue. Les deux sièiicnt de droit au Conseil de l'Université de 
Pai-is. 

Avant la réunion, le régime de TÉcole était l'internat. C'est pour 
un internat (|u'avait été construit et aménajs^é à la lin du Gouverne- 
ment de Juillet, le vaste bâtiment de la rue d'Ulm. Aux pièces 
essentielles de l'internat, études, réfectoires, dortoirs, salles de con- 
férences, avaient été ajoutés peu à peu les services nécessaires à un 
double enseignement supéiieur des sciences et des lettres, biblio- 
tbècjue, salles de collections, laboratoires. L'internat subsiste ; les 
lUo pensions qu'entretenait l'État à FÉcole ont été maintenues. Mais 
le nombre des élèves ayant été porté de lOo à 171, aux premières se 
sont ajoutées des bourses. 11 y a donc à l'École des internes et des 
externes, des internes fort libres en leurs mouvements, des externes 
<|ui, moyennant une modique redevance, peuvent prendre leurs 
repas à l'École et y passer leurs journées dans les salles de travail, 
la bibliotlièque et les laboratoires. Pensions et bourses sont attri- 
buées d'après l'option des élèves admis, suivant leur classement, 
au ccmcours d'entrée. 

Naguère ce concours était spécial à l'École Normale. Parallèle- 
ment fonctionnait un autre concours pour le recrutement des bour- 
siers; de licence entretenus par l'État près les Universités. Aujour- 
d'bui les deux concours sont fondus en un seul. Une seule liste 
d'admission est dressée pour les lettres, une autre pour les sciences. 



L'ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE [-21 

Suivant leur rang, les candidats choisissent entre l'École Normale et 
les bourses de licence dans les départements. 

Le séjour à l'École dure trois années, que^iuefois quatre pour les 
naturalistes, pour les physiciens, pour les candidats aux agrégations 
de langues vivantes. Ces derniers passent obligatoirement un ou 
deux ans à l'étranger. D'après les épreuves des concours d'où ils sor- 
tent, les élèves constituent deux sections, celle des sciences et celle 
des lettres. Celles-ci se subdivisent ensuite spontanémenl, ci par i:ii 
libre choix, suivant les aptitudes et les vues d'avenir de chacun, «mi 
sections secondaires: mathématiques, sciences physicjues, sciences 
naturelles, philosophie, littérature, histoire et géographie, gram- 
maire et langues vivantes. 

Dans toutes les sections, le régime général des études est le 
même. D'abord la licence, puis le diplôme d'études supérieures, 
enfin l'agrégation avec l'apprentissage professioimel. Les éludes en 
vue de la licence et du diplôme d'études supérieures se ioni, en 
pleine liberté, à la Faculté des Lettres et à la Faculté des Sciences. 
Pour la licence, dans le vaste ensemble d'enseignements qu elles 
offrent à leurs étudiants, les Normaliens choisissent ceux (jui leur 
conviennent le mieux. Pour le diplôme d'études su|)érieures cjui est, 
on l'a vu, une épreuve d'ordre vraiment scientili([ue, ils choisis- 
sentie maître qui dirigera leur travail. Ils vivent ainsi peiulanl «hux 
ou trois ans de la vie de l'Université. La dernière ainu'-e, ils se 
replient sur l'École, s'y préparent à l'agi'égation, sous la «liieetion 
de maîtres détachés des facultés et s'inilienl h l'Iiisloire, aux piin- 
cipes et aux méthodes de l'enseigiuMnenl. On nallend l'ependanl pas 
cette dernière; année pour leui* ra|)pe!er qu'ils sei'onl professeurs. 
Même dans l'année de libre travail scient ili([ue, consacr/'eà la recher- 
che (lu diplôme d'études supéii«'ures, discrèlement, leur «leslinalion 
reste placée sous h'urs \eu\. Ainsi s'unisseîil la eulluie savante 
à laciuelle un professeur du w" siJ'cle ne peul èlre étranger, et 



1:28 I/UNI Vi:i\SlTr: Dl! l'A 111 S 

rappriMilissauc «lun iii'lii'i- d'Iifal cl iinpoilaiil ciilre lous. Ainsi, 
saiil" rchniflit's jiislili-'i's |iai- rrxpt'iiriicr. rb^colc Normali' Sii|)é- 
riciiiM'. rt'-imif à II iii\ crsilr de l*aris. poun-a (Mic, sous celle lonne 
ni»u\«'lle. ce (jifoul voulu les CJianihres : une Keole de haute cul- 
lure scient ili(jue el un \erilLd)le inïiLilul pédagogicjue. 




FacuUc de Médecine. Fronton de la eoiir inléricure. (Photo de M. Nué Lf'rand. 



TABLE DES GRAVURES 



La vieille Faculté de .Médecine, rue de la Buclierie 

Collège des chirurgiens. — Amphithéâtre anatoniique 

Le grand amphithéâtre à la fin du xvnr- siècle (d'après l'atlas deGondouin' 
Façade de la Faculté de Médecine 



Le grand escalier 

La salle du Conseil 

Salle de lecture de la Bibliothèque 

Musée Orfila 

Cloître de IFcole i)ratique 

Ensemble des pavillons d'anatomie 

In pavillon d'anatomie 

ilaiiion, par Philippe de Champaigne , cabinet du doven) 

Svlvius, [);u' Kigaud (cabinet du doven' 

-Monument de Brouardel 

Fiirade de l'FcoIe supérieure de Pharmacie 

Bâtiments (les travaux prali([ues 

Laboratoire de chimie minérale et .\mphilhéAlres Nord ci Sud 

La salle des Actes 

Collection de matière médicale 

(lalerie de minéralciiie et de crvplnirnmie . , 

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130 TA luj; in;s (iiLwi in:s 

Laboratoire de ihiniie généraK' 41 

Laboratoire des travaux pratiques de niicrobioloizie 43 

Besnard. — L'excursion botanique 45 

Hesnard. — Le cours de pbvsiologie 47 

Vue générale de bi Kacullé de Droit 51 

Salle des actes 53 

Salle Goulencourt 55 

Salle de lecture de la Bibliollièque 57 

Kené Ménard. — L'Age d'or 02, 63 

René Ménard. — Rêve antique 04,65 

René Ménard. — La vie pastorale 08. 69 

Cour de la pbvsiologie 74 

Gourde la pbvsique 70 

Le four électrique 78 

Anipliitliéàtre de cbiniie 79 

Aniphilbéàtre de géologie 80 

Anipbilhéàlre de pliysique 81 

Anipliitliéàtre Cauchj 83 

Laboratoire de pbvsique 84 

Salle des travaux pratiques. — Laboratoire de cbimie biologique .... 87 

Une salle des travaux pratiques de botanique 88 

Collection de géologie 91 

Laboratoire d'histologie. — Travaux pratiques 92 

Sorbonne. — (ialerie des lettres 97 

Salle du doctorat 98 

Amphithéâtre Richelieu 99 

Amphithéâtre Guizot 100 

Amphithéâtre Turgot 102 

Amphithéâtre Descartes 1U3 

Collection de sculptures antiques 107 

Collection de sculptures modernes 109 

Salle d'archéologie 110 

SaHe Albert Dumont 111 

Ecole normale supérieure 117 

Cour centrale 119 

Une salle d'élèves 121 

Salle de lecture de la Bibliothèque 123 

Salle des actes 124 

Faculté de Médecine. Fronton de la cour intérieure 129 

École Normale. — Ancien laboratoire de Pasteur 132 



TABLE DES MATIÈRES 



pri:mii-:re partie 
LA FACULTÉ DE MÉDECINE 

I. — Historique . 1 

IL — La Faculté actuelle 10 

III. — L'organisation de la Faculté liS 

DEUXIÈME PARTIE 
LÉCOLE SUFÉUIEURE DE PilAKMACiE 

L — Historique 20 

II. — L'École actuelle 30 

m. — L'organisation de l'Ecole 42 

IV. — Les Études et les étudiants ii 

THOISIÈMI: PARTI i: 
LA FACULTÉ DE DHOIT 

I. — Historique 'J't 

il. — La Faculté actuelle •'»^ 

IIL — Les Éludes tiO 

QUATlUKMi: pAurii: 
LA TACULTÉ DES SCIENCES 

1. — Historique "2 

IL — La Eariilté nouvelle "^^ 

m. — L'organisation de la l'acuUc ..... *** 

IV. — Les Éludes . »0 



i;j2 



TA 15 ij: hi:s m ati \:ï\es 



ClNQllKMK l' ART 11-: 
LA lACUI/rÉ DKS LKÏTUKS 

I, — llistoriqiio '.Il 

II — l.a ra.iiU»' noiivello. Mil 

III — L»>s illiides 100 

IV. — Kessources et besoins 112 

SIXIÈMi: PARTII-: 
L ÉCOLE NORMALE SUPÉIUEURE 

L — llistoriqno li:i 

IL — LEcoie .Normale dans l'L'nivei'silé de Paris . 12") 

Tahlk des cHAvriiEs 129 




Koole Nuiiiiale. Ancien laboratoire de Pasteur. 



University of British Columbia Library 

DUE DATE 



fïRN 6 1980 



UM. — 8-J9î^ 



mi 



3 - 1972 



Subiiîut i o f^^. 



5 19 73 /? FCp 



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Mât^ 






JUL 9 1974 



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•'"^ ' 1 2 1975 



JUL 271976 RET'lJ 



flUG 1 197^ 



J?£C'D AUG ? 7 7& 



'OAM 24 1981 



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UNIVERSITY OF B.C. LIBRARY 



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